masses critiques de Mr Ronan Gouezec chez Rouergue Edition

Cette nuit-là, les Banneck, père et fils, se sont embarqués pour une pêche interdite, comme ils en avaient l’habitude. Le père à la barre. Les deux fils en plongée. Le vieux Banneck avait trop bu. Le bateau n’est pas rentré au port.

René Joffre, le restaurateur dont l’élégant établissement domine la rade, a cru que s’en était fini de l’extorsion de fonds, du chantage que ces trois-là, mais surtout le vieux, lui infligeaient depuis des mois. Et que la vie allait se poursuivre en paix, avec Yvette, sa femme, et Marc, son ami d’enfance, son alter ego, celui sur qui il avait toujours pu compter.

Sans imaginer que ce dernier compromettrait leur amitié, ni que les Banneck reviendraient des abysses, plus vengeurs et dangereux que jamais.

Voici un roman prometteur d’un écrivain que je découvre.Une belle plume réaliste, des personnages touchant qui vous restera en mémoire. L’âpreté des personnages vous touchera j’en suis sure. Un écrivain à suivre absolument.

Bienvenue sur le Divan du concierge Monsieur Gouezec, ma première question pour mieux vous connaître : Pouvez vous vous présenter aux lecteurs et lectrices qui ne vous connaissent pas ?


J’ai 55 ans. Je vis dans le Finistère. J’aime la voile, la lecture, la marche. Le reste…

Ronan Gouézec met en avant les éléments climatiques et le décor car ils ont une influence sur la psychologie des deux personnages principaux.

Comment êtes vous venu à l’écriture ?


Entre 25 et 35 ans, j’ai écrit des textes courts, des chansons, des nouvelles.
J’étais un gros lecteur, ce qui a amorcé mon envie d’écrire.

D’où vous est venue l’idée de ce roman noir ‘masses critiques’?


C’est le développement d’une nouvelle écrite il y 25 ans.
Je suis parti de l’histoire de ces deux amis d’enfance, et je l’ai « noircie ».

Dans votre écriture je ressens la colère de gens simples , l’âpreté des gens de la mer comment créez vous vos personnages pour vos romans et lequel fut le plus dur à créer ?


Il y a d’abord l’idée d’un personnage ET d’une situation. Le personnage seul n’est rien, il doit être dans un contexte, avoir une vie personnelle, des problèmes à résoudre. Une fois la situation posée et développée, elle se complexifie, se nuance, des récits secondaires viennent enrichir l’idée du début.
Les personnages interagissent, il n’y en a pas de véritablement plus compliqué à créer. Ce qui arrive parfois, c’est qu’un personnage secondaire prenne de plus en plus d’ampleur, l’intrigue alors se modifie, l’histoire change. C’est surprenant et très intéressant.

Marc et René parlez nous de ces deux personnages ?


Ce sont deux amis d’école primaire, qui ont construit leur amitié autour du partage d’un handicap commun. Ils sont obèses tous les deux. Ils se sont épaulés depuis l’enfance, ne se sont jamais perdus de vue. Ils croient tout savoir l’un de l’autre, et se trompent.

Avez-vous une anecdote sur votre roman à partager avec vos lecteurs et lectrices ?


La scène où Marc se fait littéralement « casser la gueule », elle m’est vraiment arrivée, dans un autre contexte, lors d’un accident, mais j’ai subi les mêmes blessures.

Quel musique accompagnerait le mieux votre roman ?


Chacun  choisira sa bande son préférée. Je n’écris pas en musique. Je pense que du blues, le piano de Didier Squiban, Miossec seraient pas mal.

Comment écrivez vous ?


Le matin, entre 8h et 12h. Il me faut un minimum de3h : 1h de relecture, 1 h d’écriture, 1 h de relecture encore.

Devient on auteur de roman noir pour exorciser ses envies de meurtre ?


Pas dans mon cas. Mais le pouvoir de vie et de mort sur les personnages est une drôle de sensation.

Quel sont vos écrivains préférés ?Et quel est vôtre livre de chevet actuellement ?


J’aime beaucoup la littérature américaine contemporaine. James Crumley, pour sa gouaille, son humour décalé, sa rudesse, Donald Westlake pour son inventivité, son humour aussi, les auteurs des grands espaces, James Galvin, Kent Haruf pour son observation précise et empathique des petites gens…
Il y a tant d’auteurs inoubliables, Cormac Mac Carthy, Russell Banks…
Je m’apprête à lire Forêt furieuse, de Sylvain Pattieu, un « collègue » du Rouergue.

https://www.babelio.com/auteur/James-Crumley/4967

Pouvez vous nous parler de votre premier roman »Rade Amère »?


Il m’a permis de rencontrer mes premiers lecteurs. C’est mon roman d’initiation. J’aime la sensibilité des personnages, le ressenti des éléments marins, sa lumière, sa rudesse, j’aime ces personnages qui se redressent, ils sont dignes, forts, et minuscules aussi face au destin.
Il m’a mis à l’épreuve, m’a permis de me prouver que j’étais capable d’aller au bout d’une histoire, d’intéresser une éditrice.
C’est mon passage du Cap Horn à moi, mon marathon, mon Mont Blanc.

Quel sont vos références cinématographiques préférées ?


J’aime les films français intimistes des années 70, Claude Sautet, les films noirs de Verneuil, sinon les frères Cohen…

Le Concierge est curieux ! En train d’écrire un nouveau roman ou d’autres projets ?


Je travaille sur un texte qui terminera le triptyque brestois, avant de me plonger dans d’autres univers.

Quel est votre premier ou première lectrice quand votre roman est terminé ?


Mon fils de 22 ans.

Quel sera le mot de fin de cette interview ?



… inspirer