« Le Chant de l’assassin » de Mr Roger J Ellory

Bonjour à tous cette semaine sur le Divan un habitué du Divan Mr Roger J Ellory pour son son roman « Le Chant de l’Assassin » chez Sonatine Edition.

Et comme d’habitude un vrais régal de lecture, nous retrouvons la plume éfficace et belle de Roger.

un style unique que je ne retrouve nulle part

La profondeur de ces personnages vous grave pour longtemps la mémoire.

L’acier des barreaux d’une cellule forge les plus solides promesses. A sa libération, le jeune musicien Henry Quinn a juré de remettre une lettre à la fille d’Evan Riggs, son codétenu incarcéré depuis vingt ans et à jamais. Problème : Sarah se résume à un nom sur une enveloppe et à une ville de l’ouest du Texas, Calvary. Son propre père ne l’a jamais vue.

Calvary. Un de ces endroits oubliés par Dieu, un territoire d’hommes à la peau dure où l’étranger n’est pas le bienvenu, un bout de terre broyé par le poids d’un passé que personne ne semble prêt à ­révéler. Henry vient d’atterrir au milieu d’un nid de serpents à sonnette, et il ­risque de le payer. Mais l’homme est de ceux qui, lorsqu’ils se font mordre au bras droit, tendent le gauche. Une ­teigne que Carson Riggs, le shérif du coin, a envie d’écraser du talon. Un duel au sommet se profile.

Un grand merci à Madame Sandrine Gerbe pour la Traduction de l’interview, chapeau madame ;-)

BIENVENUE SUR LE DIVAN ;-) Comment t’es venue l’idée d’écrire le roman « Le Chant de l’assassin » ?

Et bien l’idée de ce roman vient de mon amour de la musique. Plus directement, elle me vient du moment où j’ai commencé à jouer avec le groupe. Cette histoire est liée non seulement au type de musique que j’aime, mais aussi au type de musique que j’écris. J’ai toujours écrit des romans sur des choses qui m’intéressent, et j’ai un grand intérêt pour la musique, elle a toujours été une grande source d’inspiration pour moi. La musique peut être très motivante. Elle est aussi un sanctuaire. Tout comme les livres, un morceau de musique ne sera jamais perçu de la même façon par des gens différents. En outre, écouter un morceau de musique peut réveiller toutes sortes d’émotions. D’une certaine façon, nous avons tous une bande son pour illustrer notre vie, et ça, pour moi, est aussi important que les livres que nous avons lus et les amis que nous avons eus. J’ai toujours dit que les livres, la musique et les images (photos ou cinéma) sont des aspects importants de notre vie tant d’un point de vue du divertissement que d’un point de vue esthétique.

©PHOTOPQR/L’EST REPUBLICAIN

Parle nous du West Texas, fermé et hostile aux étrangers fouineurs.

C’est une genre d’atmosphère que je voulais créer pour le roman . En fait mon expérience personnelle du Texas est totalement différente. J’ai trouvé les texans très chaleureux et accueillants, sans la moindre hostilité. Je crois que ce type d’atmosphère hostile se retrouve partout où la culture et les traditions locales sont menacées par des influences extérieures. Le Texas est un état rural, une pays d’élevage, avec des villes très éloignées les une des autres, et l’histoire de l’Ouest Sauvage y est toujours vivace. Une grande partie du Texas a très peu changé depuis la fin du 19ème siècle. Le progrès technologique est une menace pour ce mode de vie, demeuré immuable depuis des décennies, et les gens résistent souvent au changement, même quand ils ne comprennent pas vraiment ce que représente ce changement. L’atmosphère que j’ai créée dans ce livre tient plutôt de la création littéraire. C’est un livre sur le secret. La première manifestation d’un secret est une réaction hostile de la part de la personne qui garde ce secret. Le Shériff Rigg contrôle la ville depuis longtemps, et il ne veut pas perdre ce contrôle. C’est pourquoi il réagit de façon hostile envers tous ceux qui remettent son autorité en question.

Que t’on fait les shérifs, une mauvaise expérience ? (ha ha ha ha) ?

Il s’agit d’une situation où une personne supposée être honnête, droite, décente, et respectueuse de la loi se trouve être en fait la pire personne imaginable ! Sans tomber dans le cliché, je voulais surprendre les attentes du lecteur, et mettre Henry dans une situation où non seulement il se bat contre le passé, l’absence de vérité et une accumulation de mensonges, mais aussi contre la loi elle-même.

Et puis en te lisant j ‘ai aimé ces deux époques que tu montre, Le Mal qui se construit doucement mais sûrement.Pour te rendre hommage j’avais l’impression de lire le grand roman de Monsieur Truman Capote « De Sang Froid » tellement c’était très fort.

J’accepte avec gratitude ce compliment très généreux. De sang froid est une vrai classique, et, à mon avis, une des plus grands livres jamais publiés.

Et il y a aussi dans ce roman une part belle sur la Musique, parle nous de ça.

Et bien, comme tu le sais, je suis musicien. Mes passions dans la vie sont la littérature, la musique, le cinéma et la photographie. J’ai écrit sur des auteurs, sur Hollywood (dans Kings of America, qui n’a pas encore été publié en France), et maintenant sur des musiciens. Le livre que je viens juste de finir et qui sera le prochain publié en Angleterre raconte l’histoire d’un photographe de guerre anglais. Comme je l’ai dit plus haut, j’écris sur des sujets qui me fascinent. Assez ironiquement, je n’ai pas écrit de roman qui se déroule en Angleterre. Même le livre que je viens de finir, et dont le personnage principal est anglais, ne se passe pas en Angleterre mais à Istanbul, aux Pays Bas, Berlin et Paris dans les années 70.

As tu une anecdote sur ce roman à nous raconter ?

Un des personnages principaux, Evan Riggs, enregistre un album de musique country avant d’aller en prison. Le titre de cet album est The whiskey poet. C’est aussi le nom du groupe dont je fais partie, et le nom du groupe m’est venu bien avant que j’écrive le roman. C’est une chose à laquelle j’ai pensée il y a longtemps alors que j’étais à New York. J’étais en tournée promotionnelle, et j’avais un jour de libre pour visiter la ville. Mon chargé de publicité et moi avons marché longuement dans la ville, et une de nos balades nous amenés de la White Horse Tavern de retour vers le Chelsea Hotel. C’est dans cette taverne que Dylan Thomas (écrivain et poète gallois mort à New York en 1953-ndt) venait boire, et il vivait au Chelsea Hotel. C’est aussi dans cet hôtel qu’il est mort. Pour moi ils est devenu le « Whiskey Poet », et c’est ce qui m’a inspiré pour trouver le nom de mon groupe, ce qui fait que même dans ma musique il y a une forme d’hommage littéraire.

 « Celui qui ménage le baton hait son fils, mais celui qui l’aime cherche à le corriger »  explique nous un peut cette phrase.

En fait ça veut simplement dire que si un enfant se comporte mal et que les parents se refusent à le discipliner, l’enfant ne fera rien de bon de sa vie. Un minimum de discipline est nécessaire pour être sûr qu’un enfant comprenne quand son comportement est mauvais, cruel ou malhonnête.

Et dans ce roman tu mais la Femme à l’honneur car ils ont un caractère très fort à comparé aux personnages Masculin non ?

Je pense que dans ma vie j’ai été plus influencé par les femmes que par les hommes. Je n’ai jamais connu mon père, ni rencontré ses parents à lui, et ma mère est morte quand j’avais 7 ans. Ma mère était fille unique, donc je n’avais ni tantes, ni oncles ni cousins . Mon grand-père maternel s’est noyé dans les années 50, et ma grand-mère maternelle est devenue ma tutrice légale. Je suis allé au pensionnat, et la surveillante était responsable de notre bien être. Elle est devenue notre mère de substitution, si tu veux. Je pense que je traduis juste ma perception des femmes comme étant capables, fortes, aptes à comprendre toutes les situations de la vie et à s’en sortir, à rester calmes dans les moments de stress et à être une sorte de point d’ancrage. Je crois qu’il y a toujours eu dans ma vie des femmes importantes, et toujours pleines de vie et de caractère. Peut-être que ma façon d’écrire sur les femmes est juste un reflet autobiographique de mes propres expériences.

Je voudrais revenir sur ton avant dernier roman parus en France, Les fantômes de Manhattan, un roman noir mais aussi un roman d’amour non ?

Oui en effet, c’est le cas. C’est avant tout un roman sur l’amour. Il y a d’autres sujets bien sûr, la famille, la confiance, la trahison, la rédemption, mais l’amour est le sujet principal de l’histoire.

Et dans ce roman Les fantômes de Manhattan tu as une fascination également pour l’Histoire, la grande histoire de la Pologne.

Oui, absolument ! L’Histoire me fascine. Je suis aussi accro à la recherche, et aujourd’hui je lis beaucoup plus de non-fiction que de fiction. J’aime l’idée de lier l’histoire de personnages fictifs à la vraie Histoire, d’utiliser des éléments réels et des personnages réels en toile de fond.

En 2011 tu sortait ton premier album des Whiskey Poets, la tu sort ton deuxièmes album, comment voit tu l’évolution de ton groupe ?

Apparemment je suis attiré par les activités aléatoires, ambitieuses et dans lesquelles il y a beaucoup de concurrence, faire partie d’un groupe et trouver le succès est aussi imprévisible qu’être romancier ! C’est encore une chose, comme l’écriture, qu’il faut que je fasse. Ça évolue. Nous jouons plus souvent. On ne s’arrête jamais d’écrire des textes. Un jour, peut-être, les conditions seront réunies pour que nous attirions l’attention à laquelle nous aspirons, mais pour le moment nous sommes déjà contents de pouvoir jouer aussi souvent que nous le pouvons.

Que lis tu actuellement ? Et pour toi quel roman aurais tu aimé écrire toi même tellement c’était fort quand tu la lu.

Je suis en train de lire The Blue Nile d’Alan Moorehead (non traduit en français-ndt). Ce n’est pas de la fiction, c’est un récit d’aventuriers et d’explorateurs qui ont parcouru le Nil au début du 19ème siècle. En ce qui concerne le choix un roman qui m’aurait tellement marqué que j’aurais aimé l’écrire, je pense que ce serait De sang froid.

Quel sera ton mot de fin à cette interview ?

Il est difficile de trouver les mots pour dire ma gratitude envers les Français. Je vends beaucoup plus de livres en français que dans n’importe quelle autre langue au monde. J’ai beaucoup plus voyagé en France que n’importe où ailleurs, y compris l’Angleterre. Je suis allé partout, j’ai été reçu extrêmement chaleureusement et généreusement, et ma passion pour les livres a été pleinement partagée. J’aime le pays, les gens, leur sensibilité et leur intérêt pour la musique, la littérature, l’art, tout ce qui est culturel et esthétique, et je me considère comme exceptionnellement chanceux d’avoir un deuxième foyer spirituel de l’autre côté de la Manche! Les lecteurs français non seulement me mettent au défi, mais ils me rappellent continuellement la raison pour laquelle je me suis mis à l’écriture. Revenir en France est toujours une grande source d’inspiration, et un jour, qui sait, peut-être que je viendrai vivre en France.