Le Tueur en Ciré de Mr Samuel Sutra chez Alter Real éditions

Sur le Divan cette semaine Mr Samuel Sutra qui récidive avec un nouveau roman « Le Tueur en Ciré » chez Alter Real éditions.

Et je me suis régalé tellement j’ai rigolé et aussi je me suis régalé par l’intrigue policière.

Cette plume est incroyable et montre de roman en roman qu’il fait parti des auteurs français qui mérite d’être suivie absolument.

Ces le roman à mettre dans son sac pour les vacances non d’un balai!

Concarneau, 1982.

Quatre meurtres émaillent la tranquillité de la ville. La police locale, dépassée, fait appel au 36 quai des Orfèvres pour l’aider dans cette enquête. Mais le commissaire parisien ne prend pas l’affaire au sérieux et envoie son pire collaborateur : l’inspecteur divisionnaire Auguste Lambert, un homme gentil, bien qu’un peu maladroit, mais surtout, qui semble vivre dans un autre siècle. Quand la quatrième victime se révèle être la tante du préfet de Paris, le commissaire se retrouve dans une position délicate. Conscient de sa bourde et des répercussions sur sa carrière si l’enquête tourne mal, il décide de laisser Auguste Lambert en charge de l’affaire, mais envoie dix hommes en renfort, sous couverture, pour limiter les dommages collatéraux.Leur mission : guider le maladroit Lambert dans sa quête du mystérieux Tueur en Ciré.

Bienvenue de nouveaux sur le Divan pour une nouvelle séance de thérapie, ma première question car je suis très curieux , l’histoire ce passe à Concarneau et le tueur est en ciré jaune, est ce un hommage au Festival Le chien Jaune qui ce déroule à Concarneau?

Tout à fait ! Et, par rebond, au Chien Jaune original de Simenon, auquel je fais un hommage décalé lorsque mon personnage sort de son hôtel. La manière dont est né ce roman me forçait à camper l’histoire en Bretagne. Il me fallait un décor, un paysage familier, et j’ai eu la chance de participer deux fois à ce festival, ce qui m’a offert toutes les images nécessaires pour dépeindre l’endroit au plus juste.

Peux-tu nous dire comment t’est venue l’idée de ce roman « Le tueur en Ciré »?

 D’une bêtise, comme souvent. Je buvais un verre en terrasse, je discutais polar, et le grammage aidant, au lieu de dire « tueur en série », j’ai lâché « Tueur en Ciré ». Il en faut parfois moins à mon esprit tordu pour se lancer dans une nouvelle délirade. Mon tueur en Ciré jaune venait de naître, et de fil en aiguille, il devait être en Bretagne, à Concarneau, et se faire courser par un policier toujours à côté de ses pompes. 

Concarneau

Ton personnage principale est vraiment réussie Auguste Lambert, peut tu nous parler de lui et comment ces passé sa construction.

J’ai dû franchir la ligne cette fois-ci, et ne plus camper un truand mais un flic. Mais comment se défaire de ses démons ? Il devait être le reflet de Tonton, mais du bon côté de la Loi. Je le voulais prétentieux et hautain, mais dans une posture tellement poussée à l’extrême qu’elle devait en devenir grotesque et comique. Il lui fallait un nom un peu « daté », Auguste Lambert m’a paru parfait. Et, quitte à « dater » le décor, paf ! Campons ça dans les années quatre-vingt. 

Je vois aussi qu’il faut que je rajoute un anti dépresseur  à l’ordonnance après la séance car je vois dans ton roman 4 meurtre de Femme, que ton t’elles fait? ha ha Ha

Mais rien du tout ! Au-delà d’être les victimes d’un tueur, elles sont surtout les victimes de la bêtise et de la prétention de certains hommes. Mais refuser, par principe, d’égratigner les femmes dans mes romans, quand tu vois à quel point je démolis les bonshommes, ce serait leur rendre un bien piètre hommage. Le ridicule offre de la place pour tout le monde.

à tu une anecdote à nous raconter sur ce roman et à partager avec tes lectrices et lecteurs?

Quand j’ai cherché un éditeur qui accepterait de prendre cette loufoquerie en charge, j’ai eu un refus qui sonnait comme le plus beau des compliments : « Pourquoi écrivez-vous si bien des conneries pareilles ?! » On part du principe que, quand c’est drôle, c’est que c’est mal écrit. Qu’on s’est rabattu sur le burlesque par défaut, faute de pouvoir écrire « mieux ». Cet éditeur m’a fait un bien meilleur compliment en me refusant ce texte avec cette remarque que s’il me l’avait accepté en me disant que « puisque c’est con, ça doit pouvoir se vendre »

Bon Mr Pierre Faverolle dit que tes bourré de talent ( moi sa m’aurais pas plus qu’il parle de ton alcoolémie comme ça ) je te remet sa phrase et tu lui répond ;-)

« Samuel Sutra se permet d’écrire derrière le coté drôle du livre un vrai roman policier, avec une intrigue, un mystère et une résolution à la Agatha Christie. Les personnages sont tous bien décrits avec toujours un sens décalé de la vérité. Et puis, je ne peux m’empêcher de tirer un coup de chapeau à ce roman qui est un vrai hommage à Peter Sellers et Blake Edwards. Sans hésitation, ce livre est LA comédie de l’été.

Samuel Sutra est un auteur que je défends depuis ses premiers romans, car c’est un auteur (bourré )… de talent, capable de nous offrir des comédies hilarantes et de nous écrire des romans policiers bercés par la musique jazzy de son style, comme Kind of Black.

C’est vrai que Pierre me suit depuis mes débuts. Il sait que je ne me pointe jamais vraiment là où l’on m’attend. Passer de la plume désinvolte à la plume noire est ma manière à moi de garder mon écriture vivante. Et, il a vu juste sur un point : quand le titre de ce roman m’est venu, le talent n’était pas à ma table. J’étais juste bourré. 


https://blacknovel1.wordpress.com/

Quelle musique accompagnerait le mieux ton roman ?

Une musique de Henry Mancini, évidemment. Pierre a vu dans mon histoire des reflets de Blake Edwards. 

Nous avons il y a longtemps  eu Arsène Lupin contre Sherlock holmes quand est que nous aurons Tonton contre Auguste Lambert?

Figure-toi que j’y pense. Mais les Tonton sont une littérature de niche. Lambert s’inscrit de même dans cette lignée des romans qui font tout pour se rendre populaires auprès d’un petit nombre de lecteurs. Je ne suis pas doué en calcul, mais un petit nombre pour Tonton qu’on multiplierait par un petit nombre pour Lambert, et qu’on déracinerait au carré, j’ai peur que les éditeurs m’avouent que ce n’est pas l’idée du siècle.

En parlant de Tonton, j’ai deux questions: une nouvelle aventure bientôt? Et à quand toute les aventure de tonton regroupé en volume?

Pour un regroupement des Tonton en un volume, ça doit pouvoir se bricoler tout seul à la maison, ça, non ? ;-) Quant à une nouvelle aventure, eh bien, pas pour l’instant. J’ai un texte presque fini, avec titre et final sous le coude. Mais j’anticipe ta question suivante…

Tu as changé de Maison d’édition?

Oui, j’ai changé de maison d’éditions. Flamant prend de l’ampleur, et tout naturellement, montre des exigences vis-à-vis de ses auteurs. Je reste fier d’avoir vécu la naissance de cette maison, mais laisse dorénavant la place à des auteurs à la hauteur. Voilà pourquoi Tonton est pour l’instant sans un avenir réellement tracé.

Quel est ton livre de chevet actuellement?

« La vraie vie », d’Adeline Dieudonné. Une amie auteur m’a offert ce roman. C’est une écriture fraîche et percutante. J’envie les gens capables d’écrire avec une telle facilité, ou du moins, qui laissent croire que tout est facile alors que c’est si travaillé.

Devient-on auteur de polar pour exorciser ses envies de meurtre ?

Pas du tout ! On devient auteur de polar par pudeur. Écrire un polar, c’est rester en retrait, ne pas parler de soi. À moins d’être flic, meurtrier ou cadavre. Certains auteurs sont flics, d’autres sont des criminels ou l’ont été, quant aux autres, très peu écrivent d’outre-tombe. Je ne suis rien de tout ça. Quand j’écris, je peux rester embusqué derrière une histoire fantasque sans jamais parler de moi. Par discrétion, ou par timidité. 

Juste une question angoissante qui m’empèche de dormir vraiment: As ton retrouver le Stylo de Auguste Lambert offert par sa maman?

Ce stylo n’a jamais été à Lambert. C’est le mien, que ma maman m’a offert. Je l’ai prêté à Lambert pour les besoins du bouquin, mais ce con a failli me le paumer pour de bon ! 

Quel sera le mot de la fin de cette interview ?

Que retrouver ton divan est toujours un vrai régal. Je jette un oeil discret sur mon Balai d’Or, me dit qu’il y a eu du sacré beau linge qui est passé par chez toi. Et c’est toujours un honneur que tu t’arrêtes un moment sur mes petits bouquins. Merci, mon concierge !