Les Mal-aimés de Mr Jean Christophe Tixier chez Albin Michel Édition

Bonjour à tous

Voici une très belle découverte grâce à Mme Brigitte Maréchaux.

Un premier roman émouvant et qui ma fait penser aux nouvelles de Mr Guy de Maupassant très noir.

Des personnages qui ont tous choses à cacher, la noirceur humaine et de la culpabilité collective.

L’auteur Jean Christophe Tixier réalise vraiment un très beau roman sur une période que l’on parle pas.

Un roman qui vous prend à la gorge et vous lache pas jusqu’à la fin et comme moi à la fin vous irez vous documenter pour en savoir plus sur cette période sombre de notre histoire.

Une réussite que ce roman et une écriture que l’on oublie pas de sitôt.

Voici un résumé du roman :

1884, aux confins des Cévennes. Une maison d’éducation surveillée ferme ses portes et des adolescents décharnés quittent le lieu sous le regard des paysans qui furent leurs geôliers.

Quand, dix-sept ans plus tard, sur cette terre reculée et oubliée de tous, une succession d’événements étranges se produit, chacun se met d’abord à soupçonner son voisin. On s’accuse mutuellement du troupeau de chèvres décimé par la maladie, des meules de foin en feu, des morts qui bientôt s’égrènent… Jusqu’à cette rumeur, qui se répand comme une traînée de poudre : « ce sont les enfants qui reviennent. » Comme si le bâtiment tant redouté continuait de hanter les mémoires.

Les Mal-aimés est lauréat du Prix Méditerranée polar du premier roman 2019

Je vous souhaite de très bonnes lectures noire sous la canicule de juillet

Bienvenue sur le divan du concierge Mr Tixier . Ma première question pour mieux vous connaître : pouvez-vous vous présenter aux lectrices et lecteurs qui ne vous connaissent pas.

Je suis auteur de romans pour la jeunesse (un peu plus d’une vingtaine), d’une BD en tant que scénariste, de fictions radiophoniques pour France Inter, et de ce roman pour adultes.

Comment êtes-vous venu à l’écriture ?


Je suis arrivé à l’écriture un peu par hasard, en mettant par écrit l’histoire de l’exode de ma grand-mère en mai 40, au volant d’une Rosalie (voiture de la marque Citroën) qu’elle avait appris à conduire en une journée.Je n’ai ensuite plus arrêté d’écrire ;-)


D’où vous est venue l’idée de ce roman noir les Mal-aimés ?

J’ai plongé dans ce sujet par l’intermédiaire du poème de Jacques Prévert, La chasse à l’enfant, qu’il avait écrit pour dénoncer la chasse à l’enfant organisée en août 1934, à Belle-Île, pour retrouver 55 jeunes bagnards qui s’étaient évadés.Au gré de mes recherches, je suis tombé sur ce bagne, qui se trouvait à Vailhauquès, dans l’Hérault. Plusieurs centaines de jeunes y sont mort, durant les trente-quatre années de son existence.

Texte de Mr Jacques Prévert La chasse à l’enfant

Votre romans me fait penser a des nouvelles de Maupassant , tellement tout vos personnages ont quelques choses a se reprocher, parlez nous de vos personnages,quel personnage fut le plus dure à créer ?

Je ne souhaitais pas écrire l’histoire du bagne en incarnant les jeunes bagnards, mais plutôt celui de cette communauté rurale qui a travaillé dans ce bagne. Gardiens, lingère, cantinière. Tous ont vu, et se sont tus.J’ai eu envie de fouiller cette noirceur humaine et de traiter de la culpabilité collective.

Parlez-nous du bagne pour enfants, une terrible trace de notre histoire française qui hélas ont ne parle pas beaucoup.

Il y avait plus de 70 bagnes sur le territoire français. Le premier a été créé en 1839 à Mettray. Jean Genet l’a immortalisé dans Le miracle de la rose.C’est l’ordonnance de 1945 qui a mis fin à ces bagnes.Certains jeunes étaient là pour délit de vagabondage ou de mendicité. D’autres pour avoir volé deux pommes ou un bout de pain.


Avez-vous une anecdote sur votre roman à partager avec nous ?

On m’a demandé une fois sur un salon si c’était un roman feel-good…


Quelle musique accompagnerait le mieux votre roman ?

Il existe une version du poème de Prévert, La chasse à l’enfant, interprétée par Marianne Oswald.Prévert a écrit ce texte pour dénoncer les événements d’août 34, dans un autre bagne, situé à Belle-Île en mer.

Comment écrivez-vous?

Je suis plutôt du matin, et j’aime beaucoup écrire dans le train et les hôtels.

Quels sont vos écrivains préférés ? Quel est votre livre de chevet actuellement ?

Parmi les classiques, c’est Hugo et Zola.Puis Larry Brown, Chris Offut…

Victor Hugo

Devient-on auteur de roman noir pour exorciser ses envies de meurtre ?

Je n’ai jamais eu envie de tuer qui que ce soit, ou alors de manière très passagère ;-)C’est plutôt la dimension sociale qui me plaît dans le roman noir.


Quelles sont vos références cinématographiques préféré?

J’étais fasciné par les films de Costa Gavras.

Le concierge est curieux ! Êtes-vous en train d’écrire un prochain roman ?

Oui, mais… chut !!!


Quel est votre premier lecteur, ou lectrice, quand votre roman est terminé ?

J’ai quelques personnes dans mon entourage, qui lisent. Ce premier retour est extrêmement précieux, et toujours très riche d’enseignement.

Pouvez vous nous parler de la bande dessinée L’a Révolution chez Michel Lafon édition ?

Sur ce projet, j’ai été scénariste.J’ai travaillé avec Ohazar, qui est illustrateur.Cette BD évoque la lutte contre une dictature qui n’est ni datée ni située géographiquement.Il y est question de lutte, et de symbole.


Quel sera le mot de fin de cette interview ?

À suivre… ;-)

Jean-Christophe Tixier © samuel kirszenbaum mail@samuelk.net