« Dans la maison »chez Rageot Edition de Mr Philip Le Roy

Bonjour à vous tous, cette semaine sur le Divan du concierge un habitué de ce divan pour ces nombreux roman à succès Mr Philip Le Roy.

Cette fois pour son roman jeunesse « Dans la maison »chez Rageot Edition.

 

http://www.concierge-masque.com/2016/08/25/marilyn-x-de-mr-philip-le-roy-chez-cherche-midi-edition/

 

http://www.concierge-masque.com/2014/07/10/philip-le-roy-la-porte-du-messie/

 

http://www.concierge-masque.com/2011/08/29/interview-de-philip-le-roy-la-derniere-frontiere/

 

Pour changer voici un roman jeunesse très bien réussie, qui vous tient en haleine jusqu’aux bout.

Qui me rappelle ma jeunesse et les grands films d’horreur que j’ai regardé.

Comme à son habitude Mr Philip Le Roy dans cette interview se confit à 100% et fait un très beau constat sur la peur.

Non Mr Philip Le Roy continuer à écrire, ces vos lecteurs et lectrices qui vous le demande, continuer à nous faire vibrer par votre écriture.

Huit lycéens d’une section Arts Appliqués ont l’habitude de faire la fête le samedi soir dans une maison de campagne isolée. Pour changer, l’un d’eux propose d’organiser une soirée frissons. Le but du jeu : effrayer les autres, et les faire boire. Mais avec des ados aussi créatifs, les bonnes blagues laissent bientôt la place à des mises en scène angoissantes. L’ambiance devient pesante. Et quand un orage éclate, le groupe se retrouve coupé du monde. Bientôt, des bruits étranges retentissent dans la maison, des pierres surgissent de nulle part, un garçon disparaît, puis une fille… La soirée bascule dans un huis clos horrifique.

 

Bonjour Philip et bienvenu sur le divan du concierge. Comment t’es venue l’idée de ton roman « Dans la maison » ?

Bonjour Richard. Pour répondre à cette première question, je dirais que j’avais besoin de m’éloigner un peu de l’univers encombré et dévoyé du polar, et que je brûlais d’envie d’écrire un roman qui fasse peur. J’ai toujours mis de l’horreur dans mes thrillers, mais cette fois je souhaitais vraiment être les deux pieds dans ce genre que j’affectionne depuis l’enfance, tant en littérature qu’au cinéma. Je disposais d’un décor mystérieux tout près de chez moi et de l’expérience de ma fille en section arts appliqués. L’idée de cette soirée lycéenne qui tourne mal s’est donc très vite imposée.

Peut-on manipuler la peur ?

La peur se manipule comme la nitroglycérine dans Le salaire de la peur. Avec précaution et délicatesse. Les techniques pour provoquer la peur sont nombreuses, que ce soit avec des mots, des images ou des sons. Stephen King classifie la peur selon trois niveaux en fonction de l’effet voulu : la répulsion qui stimule nos viscères par des effets gore, l’horreur qui stimule la vue en faisant jaillir le monstre sous nos yeux et la terreur qui stimule l’imagination. C’est cette dernière qui fonctionne le mieux en littérature. Je manipule le lecteur en me servant de son imagination et de mes peurs en espérant que ce seront aussi les siennes. Bien qu’il soit déconseillé au moins de quatorze ans, Dans la maison est classé en littérature jeunesse. Je ne peux donc pas recourir à des scènes violentes ou sexuelles explicites. Finalement, cela nécessite un travail très fin. Et c’est encore plus efficace. L’un des films qui m’a le plus terrorisé est Rosemary’s baby. Pourtant on ne voit aucune goutte de sang, ni aucune scène violente. C’est une référence pour moi.

Tes personnages sont très imbus d’eux-mêmes et n’accordent pas beaucoup d’importance aux personnes extérieures à leur groupe. Je ne me trompe pas ?

Il me fallait des personnages très créatifs, brillants et sûrs d’eux pour lancer la machine à faire peur. Les personnages banals et conformes m’ennuient car ils subissent l’action plus qu’ils ne la génèrent. C’est ce qui fonctionne dans un film comme Calculs meurtriers où les deux jeunes héros atypiques incarnés par Ryan Gosling et Michael Pitt font avancer l’intrigue. Ils font passer les enquêteurs au second plan. Je voulais aussi que les performances de mes huit protagonistes soient tellement réussies que l’on ne puisse pas détecter à quel moment ils perdent le contrôle. En outre, quand des personnages sûrs d’eux perdent le contrôle, la chute est plus grande et l’effet plus puissant.

Peux-tu nous parler du mystère du Col de Vence ?

Pour faire peur il faut bien définir le lieu où la peur va se diffuser. Et moins il y a de possibilités de quitter ces lieux plus la tension est grande. Alors quand en plus ces lieux sont source d’angoisse, on a toutes les conditions pour donner des sueurs froides au lecteur. J’ai choisi le col de Vence car cet endroit, situé à une vingtaine de kilomètres de chez moi, est un haut lieu de manifestations paranormales en France. On y a signalé des bruits étranges, des chutes de pierres intempestives, des incendies inexpliqués. Les photos prises sur les lieux font apparaître des sphères blanchâtres et on y a maintes fois observé des OVNI. Des journalistes, des experts, des gendarmes ont témoigné là-dessus. De quoi alimenter les légendes urbaines les plus terrifiantes. En marchant à travers la garrigue on finit par tomber sur le plateau des Idoles, un vaste ensemble d’immenses rochés dressés au milieu de nulle part et aux formes étranges. Certains y voient la marque d’extra-terrestres, mais chut…je n’en dis pas plus pour ne pas dévoiler l’intrigue.

As-tu une anecdote sur ton roman à nous raconter ?

La particularité d’un roman d’horreur, surtout lorsqu’on y travaille la nuit, c’est qu’il rend poreux la frontière entre le réel et la fiction. Un bruit dans la maison pendant que tout le monde dort est tout de suite suspect. Le peur distillée par un roman d’horreur est contagieuse, tant pour l’auteur que le lecteur. Je me souviens par exemple d’une soirée à Lyon chez ma belle-sœur. Je venais de lui offrir Dans la maison lorsque les ampoules de sa maison ont commencé à griller les unes après les autres. On s’est tous retrouvés dans le noir. On a commencé à flipper jusqu’à ce qu’on sorte de la maison et que des techniciens nous informent tout simplement qu’il y avait une surtension électrique dans le quartier.

 Quelle est ta plus grande peur ? 

L’une de mes plus grandes peurs serait de me réveiller la nuit avec la sensation d’une présence étrangère dans la maison. Une autre chose me terrifie, c’est la capacité de l’être humain à créer l’enfer sur terre, comme Tchernobyl ou Daesh.

 

Ton roman est plein de référence de film d’horreur, quel est pour toi ton meilleur souvenir niveau film d’horreur ?

 

Je collectionne les bons souvenirs liés aux films d’horreur. Cela va de mon cinéma de quartier à Toulouse qui projetait successivement trois films d’horreur le samedi soir, jusqu’aux soirées  Saw ou  Hostel entre potes. Mais c’est surtout le Festival International de Paris du Film Fantastique et de Science-Fiction dans les années 70 et 80 qui m’a offert les plus belles émotions liées au genre. Je me souviens encore de la projection dans la salle survoltée du Grand Rex de l’un de mes films cultes Assaut de John Carpenter ou bien de Mad Max de George Miller bien qu’il fût interdit à l’époque en France.

Quelle musique irait avec ton roman ? Pourquoi ?

 

Ma chanson préférée, Creep de Radiohead, collerait parfaitement au dénouement. Je prends aussi n’importe quelle musique de John Carpenter qui a signé les BO de ses films. Celles de Assault on Precinct 13 ou de Halloween sont des bijoux de compositions minimalistes horrifiques ancrées dans la mémoire collective.

C’est important pour toi d’écrire de la littérature pour la jeunesse ?

 

Les jeunes à partir de 13 ans sont les plus friands des récits horrifiques. Ils en connaissent toutes les ficelles surtout grâce au cinéma. Si je voulais écrire un roman d’horreur, c’était à eux que je devais m’adresser en priorité. Ils ont vu plus de violence et d’horreur que la plupart des adultes à cause d’Internet, des séries, des films, des jeux vidéo. Les jeunes sont du coup plus difficile à impressionner que les adultes. Cela réclame une plus grande exigence, ce qui me convient parfaitement.

 

Quand tu étais jeune, que lisais-tu ?

 

J’ai avalé tous les Club des Cinq, les Jules Vernes et les Bob Morane.

Le concierge est curieux, es-tu en train d’écrire un nouveau roman ?

 

Pour être franc, entre deux bouquins, je songe de plus en plus à arrêter ce métier. Je dis bien ce « métier » car ce n’est pas un loisir pour moi, ni une activité secondaire. Aujourd’hui, il est très difficile de vivre de la littérature, surtout quand on s’emploie à se renouveler à chaque ouvrage et qu’on est difficile à étiqueter donc mal barré pour devenir une marque commerciale. Alors oui, j’ai un recueil de nouvelles ultra violentes qui n’entre pas dans la norme et fait hésiter les éditeurs pusillanimes de la place de Paris. Alors oui, j’ai un gros projet de roman qui nécessiterait au moins un an d’écriture à plein temps. Mais cela a un coût. Pas question de faire ça en dilettante, ni d’expédier le travail en trois mois, même si aujourd’hui un boulot bâclé s’écoule mieux qu’une œuvre ambitieuse. J’ai aussi un nouveau roman d’horreur pour Rageot dans les starting-blocks car Dans la maison a reçu un accueil fantastique. Rien n’est signé pour l’instant. Dans six mois, je serai peut-être devenu scénariste ou jardinier. Dans tous les cas, je tiendrai mes lecteurs au courant sur ma page Facebook.

 

Quel est ton livre de chevet actuellement ?

Depuis Le Manufacturier, thriller choc et définitif de Mattias Köping, publié aux très audacieuses éditions Ring, je n’ai pas pu m’intéresser à d’autres polars. Je suis donc en train de déguster Et que les barrières sautent, savoureux livre de mémoires de Michael Caine aux très distinguées éditions Baker Street. Du talent sur 300 pages et une belle leçon de vie qui contient ce conseil précieux: « Courir après le rêve, pas après la compétition ».

 

Devient-on auteur roman noir pour exorciser ces envies de meurtre ?

 

Certes cela fait du bien de se défouler ou d’aller à contre-courant dans les mondes parallèles de la littérature noire où tout est permis. Mais ce qui me fait vibrer c’est la création artistique. Sans l’art, la vie ne vaudrait pas la peine d’être vécue. C’est la seule chose qui nous élève vraiment. En ce qui me concerne, cela aurait pu être la musique mais je suis un piètre musicien, ou bien le cinéma mais j’ai préféré privilégier ma vie de famille. Comme j’ai découvert très tôt le pouvoir des mots, j’ai vite pris goût à l’écriture, d’abord dans la pub puis dans la littérature. Inventer des histoires saisissantes, trouver les mots justes qui ouvrent des fenêtres sur des mondes insoupçonnés, s’arracher du quotidien, émouvoir, observer la réalité sous un autre angle, créer un univers et y entrainer ses lecteurs, ça c’est un sacré trip !

 

Quel sera le mot de fin de cette interview ?

Teketeketeketeketeke