« BORÉAL » de Mme Sonja Delzongle chez Denoel Edition

Bonjour à tous cette semaine nous accueillons sur le Divan Mme Sonja Delzongle pour son roman Boréal chez Denoel édition. Un roman qui ma énormément surpris par sa qualité aussi niveau suspense.Son roman le plus abouti et qui nous entraîne au Groenland .Un Thrillers très bien réussie et qui va hanté vos nuit.J’aime les romans qui me font réfléchir et me poser plein de questions à la suite de sa lecture.Je vous conseille énormément ce petit bijoux qui sort absolument du lot.Bravo à Mme Delzongle.

Voici un résumé du roman:

BIENVENUE SUR LE DIVAN, MA PREMIÈRE QUESTION CONSISTE À SAVOIR COMMENT CES PASSÉ LA CONSTRUCTION DE TON ROMAN « BORÉAL » ?

Merci à toi de m’accueillir sur le confortable divan du Concierge Masqué.

La construction s’est bien passée, merci. Briques après briques, la maison BOREAL  a été achevée en huit mois.  Blague à part, ça s’est déroulé comme pour les autres romans, à savoir un synopsis, un plan et une bible des personnages, chacun ayant sa propre fiche de renseignements. Avec ce que le lecteur saura sur chacun d’eux et ce que je suis la seule à savoir.

QUESQUE T’ÉVOQUE LE GROENLAND POUR TOI DEPUIS TOUJOURS ?

   Le bout du monde. Une immensité glaciaire, un désert blanc peu peuplé. Les Inuits, les ours polaires, les chiens de traîneau, le blizzard, la glace, les icebergs, la banquise, les grandes expéditions, la nuit de plusieurs mois qui alterne avec le soleil de minuit. Cette partie du globe où a vécu Paul Émile Victor et où se rendent régulièrement d’autres explorateurs et scientifiques, m’évoque l’aventure la plus extrême qui soit, la survie. Mais également la menace qui plane maintenant sur notre planète et le danger de catastrophe écologique qui se manifeste dans cette partie du monde par la fonte accélérée des glaciers.

J’AI APPRIS PLEIN DE CHOSE GRACE À TON ROMAN, PEUT TU NOUS PARLER DES TARDIGRADE DIT OURSON D’EAU ?

M’intéressant à la science par le truchement de revues de vulgarisation scientifique et de livres, je connaissais déjà cet animal, mais j’en ai appris encore davantage sur lui au cours de cette documentation recueillie pour BOREAL. Comme, par exemples, les expériences menées par des équipes chinoises sur ladite « immortalité » du tardigrade. En tout cas une exceptionnelle longévité grâce à sa capacité de se plonger dans un état de cryptobiose pour, ainsi déshydraté, traverser les années sans avoir besoin de se nourrir (comme s’il était lyophilisé). A tel point qu’il y a des hypothèses sur des origines extra-terrestres du tardigrade. Et puis, il a une bouille trop sympathique. On dirait une sorte de tubercule à pattes. Dans Boréal, il a servi dans une sorte de métaphore des sentiments qu’éprouve Luv Svendsen.

EST CE UN THRILLER ÉCOLOGIQUE ? CAR TU MONTRE DES CHOSE CATASTROPHIQUE QUI SE SONT PASSÉ, ET J’AI VÉRIFIÉ APRES AVOIR LU TON ROMAN ET SA C’EST VRAIMENT PASSÉ CERTAIN FAIT.

   Certains événements se sont vraiment produits et ont inspiré quelques parties du roman. Des lieux authentiques ont également servi de décor.  Mais pour autant et malgré un message fort, je ne classerais  pas BOREAL dans les thrillers écologiques, parce que je n’aime pas les étiquettes et s’il en avait une ce serait plutôt thriller tout court ou thriller scientifique, malgré son caractère engagé et la réflexion philosophique qu’il propose en même temps que l’action et la tension narrative. Mais c’est avant tout un roman qui entraîne le lecteur très loin, au-delà des limites.

 J’AI AIMÉ TES PERSONNAGES VRAIMENT, JE LES AI EN MÉMOIRE ENCORE AUJOURD’HUI, PEUT TU NOUS PARLER DE LUV SVENDEN.

 

   Après un premier chapitre de présentation de la base ARCTICA et de l’équipe internationale sur place, dans le deuxième chapitre, le lecteur découvre déjà Luv dans son cadre familier, une scène qui se veut rassurante, pourtant on s’aperçoit au fil des pages que cette apparente sécurité puise ses origines dans quelque chose qui a ébranlé la vie de Luv, tout comme cet autre événement plus tardif dans sa vie, mais qui va arriver assez vite dans l’histoire, faisant l’objet d’une intrigue policière parallèle.
Outre l’un des personnages principaux, si ce n’est le personnage principal, autour duquel s’articule une bonne partie de l’histoire, Luv représente sans doute ce que j’aurais pu être avec un parcours différent, une biologiste spécialisée dans les hécatombes animales. Premier élément important qui ancre Boréal dans le message qu’il tend à faire passer sur l’environnement, la fragilité de la planète dans un contexte de réchauffement climatique. Luv Svendsen est très différente de mon héroïne Hanah Baxter, de par son vécu aussi, mais elle est également une femme cabossée, fêlée de l’intérieur et sous emprise, malgré ses ambitions qu’elle va vite remettre en question.

    

 PEUT TU NOUS PARLER DE MATHIEU ET SON CHIEN LUPIN CE DUO INCROYABLE.

 

  Mathieu, le plus jeune membre d’Arctica, le Frenchie de l’équipe et son chien, un loup tchèque, d’où son nom, Lupin, en plus d’un clin d’oeil à un voleur bien connu…qui a cette capacité de disparaître à la vitesse de l’éclair. Un duo qui marque les lecteurs, il est vrai. Déjà par le lien qui les unit et ensuite par ce qui va les séparer. Mais je n’en dis pas plus à ce sujet. Lupin est aussi un hommage à Buck, de Jack London, dans l’Appel de la Forêt. Un personnage essentiel, incarnation de la part du loup (qui est d’ailleurs le titre du dernier chapitre ou de l’épilogue en tout cas), sauvage et instinctive qui le rattrape au fil de leur séjour sur l’inlandsis et celle du chien « humanisé » au contact de l’homme.
    Mathieu est-il celui qu’on croit ? Que cache-t-il sous l’apparente nonchalance de son jeune âge et quelle noirceur habite cet esprit brillant qui consacre cette période de sa vie à un travail de thèse sur un sujet pointu ? Oui, il s’agit vraiment d’un duo. Un duo d’amis, de frères.

LE PEUPLE INUITS, QUE RESSENT TU POUR SE PEUPLE ET SA CULTURE QUI TA MARQUER DANS TON ROMAN ?

 

 La même colère et la même révolte que pour les tragédies qui ont touché le peuple amérindien dans les luttes territoriales, subissant un véritable génocide et une intention de les parquer dans des réserves après  les avoir dépossédés de leurs terres riches en matières premières. Dans Boréal, les Inuits ont du poids, même dans leur absence presque tout au long du roman, sauf un personnage fort qui incarne le métissage et toute la mémoire inuit, Sangilak, le shérif de Qaanaaq. D’ailleurs, je ne sais même pas si « shérif » est le terme adéquat pour désigner le chef le police dans cette petite ville du Groenland, mais c’est un choix délibéré qui est un clin d’oeil au western, un genre que j’aime et qui a nourri ma jeunesse. Boréal peut également être une sorte de western nordique.
Les Inuits, très reliés à la nature, de tradition polythéiste et animiste, sont les forces spirituelles de ce roman, le lien avec un passé volontairement oublié, enfoui dans la calotte glaciaire. L’Homme-Ours est lui aussi un personnage clef.

AS-TU une anecdote sur votre roman à partager avec vos lecteurs ?

 

Après avoir remis le manuscrit de Boréal à mon éditrice, fin août 2017, je suis arrivée à Montréal où m’attendaient des amis québécois, avec une belle surprise en me faisant découvrir une bière portant le nom de Boréale avec un ours polaire sur l’étiquette !

 Quelle musique accompagnerait le mieux ton roman ?

 

 Celle d’Olafur Arnalds, mais déjà utilisée dans la série Broadchurch. La mélancolie qui l’habite va très bien avec Boréal que j’ai relu en écoutant un des morceaux en boucle.  Egalement Résistance et Uprising de Muse, tirées de leur album The Resistance. Là, surtout pour les paroles.

 

Devient-on auteur de Thrillers pour exorciser ses envies de meurtres ?

 

    Dans ce cas précis je ne peux parler que de ce qui me concerne. Donc, non, je ne suis pas devenue auteur de thrillers pour cette raison, même si ça m’est déjà arrivé d’avoir des envies de meurtre. Très rarement, heureusement ! Mais justement, en tant qu’auteur de thrillers, je m’intéresse à cette part dite sombre de l’âme humaine ou de l’esprit humain qui peut générer des pulsions irrépressibles et un passage à l’acte. En fait c’est l’acte meurtrier et criminel chez les autres qui me pose question. Peut-être aussi sur des envies qui m’ont déjà traversée, mais si je ne suis pas passée à l’acte, je ne pense pas que ce soit grâce à l’écriture de thrillers. Plutôt grâce à des barrières morales chez tout être capable de distinguer le bien du mal.

Le concierge est curieux ! Et tu en train d’écrire un prochain roman ?

 

Très curieux, oui ! Il est terminé et en cours de correction.

 

Quel est votre premier lecteur, ou lectrice, quand ton roman est terminé ?

 

 Mon éditrice est ma première lectrice. Et je n'en souhaite pas d'autre pour le moment.

Quel est ton livre de chevet actuellement ?

 

 J’en ai plusieurs en cours, la plupart du temps. En ce moment, après avoir terminé Soeurs de Bernard Minier, je navigue donc entre Trois saisons d’orage de Cécile Coulon, Sharko de Frank Thilliez et Homo Deus de Yuval Noah Harari.

Est tu optimiste pour le peuple Inuits et le Groeland dans l’avenir ?

 

Ma nature plutôt optimiste ne m’empêche pas d’être réaliste et lucide sur le destin de l’humanité et plus immédiatement, de notre civilisation qui tend sans doute vers sa fin avant l’apparition d’une autre. Il y aura un déclin, c’est certain. Nous le connaissons peut-être déjà. Quant au peuple inuit, il a des représentants au gouvernement groenlandais qui plaident en sa faveur et le défendent. Groenland, malgré les apparences, veut dire « terre verte ». Ce qui sera  bientôt le cas, une fois la glace fondue. Les espèces qui se sont adaptées à cet environnement de froid extrême, seront certainement désorientées par les conséquences du réchauffement et devront modifier leurs habitudes alimentaires et leur habitat, mais la vie est dotée d’une telle force qu’elle s’adapte toujours, même à de nouvelles conditions climatiques et géologiques. Elle s’est toujours frayée un passage et même si l’homme en a accéléré le processus de disparition de façon très dommageable et regrettable, les espèces vivantes sont apparues un jour sur terre pour, des siècles ou des millénaires plus tard, disparaître au profit d’autres espèces. Ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas agir, et vite, contre la disparition de certaines espèces, notamment celles dont dépend aussi la survie de l’humanité. Qu’on le veuille ou non, l’homme, animal lui-même, est indéfectiblement lié à l’animal, domestique ou sauvage.

 

 Quel sera le mot de fin de cette interview ?

 

       Merci. Un mot qui a tendance à se perdre, aujourd’hui. Une espèce en voie de disparition, lui aussi.