Phrom Thep de Mr Marc Lasnier Vainqueur du Prix du Balai de Diamant 2018

Sur le Divan cette semaine Mr Marc Lasnier pour son roman Phrom Thep  lauréat du Prix Littéraire du Balai de Diamant qui récompense un roman policier ou noir ou thrillers en Autoédition.

Et quel Thriller! Quand je vous dit que l’autoédition à des pépites en Or

Gros coup de coeur

Alain photographe décide de partir en vacance en Thaïlande pays qu’il aime suite a ses reportages , il fait la rencontre de Wannapa coiffeuse et masseuse , très vite ils tombent amoureux l’un de l’autre mais cet idylle n’est pas aussi simple, qui a pénétrè chez elle , qui cherche a lui faire peur? . Alain l’invite a venir faire un séjour a Paris mais son comportement est de plus en plus bizarre quel lourd secret cache t-elle de quoi ou de qui a t-elle peur mais aussi pourquoi mème en France on cherche a lui nuire . Elle repart en Thaïlande juste après avoir confié son lourd secret a Alain . Grace a des connaissances Alain réussi a repartir la rejoindre mais arrivera t-il a temps ?
Ce livre est effrayant sachant qu’il est basé sur des faits réels mais aussi prenant et dépaysant, on découvre une partie de ce pays et ses coutumes . Un vrai coup de cœur pour moi
et que je vous recommande les yeux fermé tellement ces du très grand roman.

 

Ma première question pour mieux vous connaître : pouvez-vous vous présenter aux lectrices et lecteurs qui ne vous connaissent pas ?

 

Je suis un incorrigible touche-à-tout : après des études scientifiques et un passage par l’École des Mines de Paris, j’ai intégré l’entreprise familiale de bâtiment, puis j’ai monté en parallèle une société de production dans l’audiovisuel qui m’a permis de découvrir une quarantaine de pays. C’est en Thaïlande que j’ai choisi de me fixer définitivement, il y a six ans. J’ai épousé une Thaïlandaise, et nous construisons un hôtel à Rawaï, un village de pêcheurs du sud de Phuket.

Comment êtes-vous venu à l’écriture ?

 

Travailler dans l’audiovisuel amène naturellement à l’écriture scénaristique, mais rien ne me prédestinait à «commettre » un jour un roman…

Comment vous est venue l’idée d’écrire votre roman Phrom Thep ?

 

En 2012, celle qui allait devenir ma femme a été victime d’une agression. Elle a rapidement sombré dans une profonde dépression et j’ai choisi de rentrer la faire soigner en France. Petit à petit, elle s’est confiée sur son terrible passé. J’avais pris l’habitude de tout noter dans de petits carnets, que j’ai fini par remettre au psy qui la soignait. Après les avoir lus, le médecin m’a affirmé : « son histoire est incroyable, ça ferait un bon roman ! » L’idée était lancée…

J’aimerais beaucoup que vous nous parliez de vos personnages principaux que j’ai beaucoup aimés : Alain et Wannapa.

 

Alain est photographe, il arrive en Thaïlande en espérant oublier une séparation douloureuse. À l’approche de la cinquantaine, une solide expérience de l’Asie en poche, il va pourtant s’apercevoir qu’au Pays du Sourire, rien ne se déroule jamais comme prévu.

Wannapa représente tout l’inverse des clichés que l’on peut voir ou lire sur les forums ou dans nos médias français. Elle est l’incarnation de la vraie Thaïlande, celle du respect des autres et des traditions. Au fil des pages, le lecteur découvrira que cette femme fragile et meurtrie, au passé particulièrement traumatisant, garde en elle une force exceptionnelle.

 

Et puis, il y a le méchant : « Lek ». Un vrai régal !

 

Lek a vraiment existé. Il n’est aucunement le fruit de mon imagination, c’est même tout le contraire : il m’a fallu « édulcorer » les évènements, « aseptiser » le récit, pour faire en sorte que le roman soit lisible par tous. Mais si Lek n’est pas le seul méchant de l’histoire, il est assurément le plus pervers…

J’ai retrouvé dans votre roman l’atmosphère de la Thaïlande. C’est quoi le Guide du Mensonge ?

 

Ce petit guide a figuré longtemps en librairie, Il était destiné aux filles de bar, et listait tous les mensonges conseillés pour soutirer de l’argent à un étranger esseulé : l’accident de scooter du frère, l’opération des yeux du grand-père, et même la patte cassée du buffle y figuraient en bonne place. Un bestseller particulièrement imaginatif en passe de devenir collector puisqu’il a même été traduit en anglais !

Avez-vous une anecdote sur votre roman à partager avec nos lecteurs ?

 

Phrom Thep est, vous l’avez compris, issu d’évènements tragiques réels. Il m’a semblé indispensable que les droits du roman participent à quelque chose de positif.

Dans un premier temps, ils ont permis d’assurer l’éducation des petits enfants de l’héroïne, mais cela ne suffisait pas. Sur Facebook, un autre auteur, Christophe Amarger, galérait pour lever des fonds afin d’aider sa nièce thaïe gravement brûlée. Ensemble, grâce à nos lecteurs, nous avons commencé à espérer. Puis, une autre autoéditée, Azel Bury, a entrepris de mobiliser cinquante-trois auteurs pour publier un recueil de textes pour la petite. Et finalement, avec la participation de deux chirurgiens bénévoles de Necker, la jeune Boilt a pu être opérée avec succès cette année en France. Comme quoi du pire peut naitre le meilleur !

Comment écrivez-vous ?

 

Je n’ai pas de règle. Mais une grande partie de Phrom Thep a été rédigée sur une table de café, les pieds dans l’eau, avec vue sur la mer d’Andaman. Il y a pire, comme bureau…

 

Devient-on auteur de thrillers pour exorciser ses envies de meurtres ?

 

Normalement, je ne pense pas. Mais dans mon cas, cela m’a beaucoup aidé à surmonter la série d’évènements dont le bouquin est le reflet…

Quels sont vos écrivains préférés ? Quel est votre livre de chevet actuellement ?

 

Je n’ai pas de préféré, mais j’aime beaucoup Jean-Christophe Grangé.

Je lis en ce moment un ouvrage d’un genre totalement différent, écrit par l’ami Nicolas Kempf : Malencontre. Trop tôt pour émettre un avis, mais généralement quand je ne quitte plus un bouquin, c’est bon signe…

Quel est votre premier lecteur, ou lectrice, quand votre roman est terminé ?

 

Mon fils Eliot. Un œil aiguisé pour traquer les incohérences, et un humour déjanté qui fait passer en douceur les critiques.

Quels sont vos films préférés ?

 

Encore une fois, pas de « préféré », mais une préférence, là encore, pour le domaine policier et thrillers.

Le concierge est curieux ! Êtes-vous en train d’écrire un prochain roman ?

 

Maha Buha, la suite de Phrom Thep, est sur les fourneaux depuis quelques temps, même si j’ai provisoirement coupé le gaz pour me consacrer au plus urgent : terminer mon hôtel. Avec environ 3500 lecteurs en vingt mois, le premier roman peut passer pour un succès, mais malheureusement, espérer vivre de sa plume me semble illusoire…

Quelle musique accompagnerait le mieux votre roman ?

 

Pour la première partie, sans hésiter, Beyong Rangoon, d’Hans Zimmer.

Pour la suite, ce serait plutôt « two steps from hell ».

On donne les liens ? Allez, cadeau !

 

L’autoédition, quel est votre point de vue sur le sujet ?

 

Il est possible de produire un ouvrage de qualité sous cette forme, à condition de faire abstraction de son ego : avoir écrit un texte ne veut pas dire que l’on est tout à la fois graphiste, champion d’orthographe, spécialiste de la PAO, et avant tout critique. Il faut savoir déléguer à des professionnels certaines tâches, et aux betas-lecteurs les premières approches critiques. C’est un investissement minimum indispensable si on compte se passer d’une maison d’édition, ne serait-ce que par respect du lecteur.

Mais surtout, il faut du temps, beaucoup de temps ! Car lancer un bouquin à une époque qui compte de moins en moins de lecteurs, sans aucun appui publicitaire, cela signifie que le seul moyen de communication se résume aux réseaux sociaux. Activité gratuite, certes, mais hautement chronophage. Et pendant que vous vantez votre premier « produit », vous n’écrivez pas le second…

 

L’autoédition me convient assez bien. Toutefois, il n’est pas impossible que dans un futur assez proche, je valide l’une des propositions d’éditeur qui m’ont été faites, simplement parce que j’ai en tête deux autres aventures de Wannapa et Alain, qui n’auront rien d’autobiographique cette fois, et que je préfère écrire plutôt que parcourir Facebook !

 

 Vous venez de remporter le Prix du Balai de Diamant 2018, comment vous sentez-vous ?

 

Évidemment, je suis ravi !

Lorsque j’ai écrit Phrom Thep, je n’espérais pas plus d’une centaine de ventes dans le milieu amical et familial. Et c’est plusieurs milliers d’exemplaires qui se sont vendus en quelques mois sur Amazon, ce qui m’a conduit à faire imprimer en Thaïlande, et à monter un petit réseau de distribution au Pays du Sourire. Cette fois, c’est en quelques semaines que six-cent livres se sont écoulés. Et aujourd’hui un prix vient récompenser ces deux ans de travail… C’est d’autant plus formidable qu’une polémique récente a montré que mettre un autoédité en lice d’un prix peut déchaîner les passions ! Immense merci au jury et au courageux Concierge Masqué ! J

Quel sera le mot de fin de cette interview ?

 

Longue vie aux Balais de tous poils !!! J