Demain c’est loin de Jacky Schwartzmann Seuil Edition

Ce soir c’est un honneur pour moi de recevoir sur le Divan Mr Pierre Faverolle Chroniqueur de talent sur le Site : https://blacknovel1.wordpress.com.

Un Ami qui depuis le début me soutient pour Le Prix du Balai D’OR , qui fait aussi Une rubrique sur 813 « Le Panier de Pierre ».

également un très bon Cuisinier, je vous dit pas son escalope de Veau à la Crème ! A tomber!

Un Amoureux du Polar, un grand monsieur et surtout un grand passionné.

Bienvenue à toi Pierre ;-) Non d’un balai!

Richard Contin

 

J’avais mis de coté Mauvais coûts, son précédent roman qui vient d’être réédité au format poche par les éditions Points. Finalement, je me suis décidé par son petit dernier. Rien qu’en lisant les premières phrases, on voit bien à quoi il faut s’attendre : ça va flinguer fort !

« Je m’appelle François Feldman, comme l’aut’ con. »

Il y a des gens qui n’ont pas de chance. Dès la naissance, ils sont pourvus d’un certain handicap. François Feldman est l’homonyme du tristement célèbre chanteur de variétoche française. François Feldman n’est pas juif, même si son nom peut le laisser penser. Avec son apparence de rebeu des banlieues, François Feldman n’est pas non plus arabe. Bref, François Feldman est bel et bien français et a grandi dans la cité des Buers près de Lyon.

Mais François Feldman a deux énormes qualités : Il est bourré d’idées et il ne baisse jamais les bras. Il a ouvert une boutique de T-shirts, qu’il achète à un prix modique et sur lesquels il tague des citations humoristiques de son cru. Et dans le domaine de la blague de mauvais goût, il fait preuve d’une créativité sans égale. Sa préférée est : « On est bons, avec les nouveaux freins ? Ayrton Senna ». Ou bien « Puisque je vous dis que ça passe ! Le capitaine du Titanic ».

Ce matin-là, François a rendez vous avec sa conseillère bancaire, Juliane Bacardi, pour obtenir un nouveau prêt afin de financer sa nouvelle citation : « Bonjour, c’est bien ici Charlie Hebdo ? Chérif Kouachi ». Essuyant évidemment un refus, il trouve une nouvelle idée qui ne rencontre pas plus de succès. Alors, il a l’idée de demander l’argent dont il a besoin à Saïd, son copain d’enfance et actuellement à la tête de plein de trafics dans la cité des Buers.

Malheureusement, Juliane se retrouve au même moment dans la cité des Buers et écrase le petit frère de Saïd par accident. Par malchance, François doit faire équipe avec Juliane pour échapper à la fois à la police et à la bande de Saïd.

Dans la forme, Jacky Schwartzmann va jouer sur la célèbre recette d’associer deux personnages que tout oppose mais que les circonstances vont réunir pour le meilleur et pour le pire. François Feldman et Juliane Bacardi n’ont effectivement rien en commun et n’auraient jamais du se rencontrer autrement qu’autour d’un bureau bancaire. Et ce sont bien des événements dramatiques qui vont les réunir.

De ce point de vue là, les rebondissements sont nombreux et on voit nos deux personnages s’enfoncer petit à petit dans une mélasse dont on voit mal comment ils vont s’en sortir. C’est aussi avec les différents protagonistes qu’ils vont rencontrer que l’on s’amuse beaucoup. Car tout cela est décrit avec beaucoup d’humour noir : Jacky Schwarzmann fait dans le cynique méchant et il défouraille à tout va.

En effet, en faisant avancer son intrigue, il se permet de donner son avis sur tout un tas de choses, du racisme ambiant au délit de sale gueule, des actions de la police aux méfaits des riches pourris, avec toujours cet humour corrosif. Et c’est bien dans ces moments où il diverge de l’intrigue qu’il fait montre d’une certaine lucidité et que le lecteur en prend plein la figure. Même si on n’est pas forcément d’accord sur tout ce qu’il dit, la façon dont c’est écrit invite à réagir.

Alors que l’on aime ou pas, ce roman, sous ses dehors de divertissement, permet de se poser des questions, de réfléchir sur la réaction vis-à-vis des étrangers. L’écriture est suffisamment fluide et vive, bondissante pour que l’on s’amuse et qu’on lise vite ce roman. Et son format de quels 200 pages est suffisamment court pour que l’on n’ait pas envie de le poser. C’est donc une lecture grinçante, politiquement incorrecte qui secoue juste bien comme il faut.