« Odeur de sang à Penvénan »de Mme Catherine-Marie Schubert

Sur le divan cette semaine Mme Catherine-Marie Schubert pour son roman « Odeur de sang à Penvénan » chez Alain Bargain Editions.

Un premier roman très bien réussi et très prometteur pour les suivants.

Elle aime relater la complexité des relations humaines, les blessures, les frustrations qui peuvent parfois conduire au crime. De cette passion, est né « Odeur de sang à Penvénan »

 

Capitaine de gendarmerie au sein de la brigade de recherche de Saint-Brieuc, Marc Morini est confronté depuis près de deux semaines à quatre crimes monstrueux. Convaincus que les victimes ne sont pas tuées au hasard, le capitaine Morini et ses collègues cherchent le lien qui les unit. Pourtant, rien ne laisse penser aux enquêteurs que les victimes se connaissaient, voire même qu’elles se soient un jour rencontrées. Par chance, un détail qui semblait au départ insignifiant va se révéler essentiel dans la poursuite de l’enquête. Morini et son équipe devront alors tout mettre en oeuvre pour arrêter l’assassin avant qu’une cinquième victime n’endeuille le département, plus habitué à gérer de petits larcins ou des rixes entre ivrognes qu’à lutter contre un tueur en série.

 

Bienvenue sur le divan du concierge !

Bonjour concierge masqué et merci de m’inviter sur votre divan.

Catherine Schubert en pleine dédicace

Ma première question pour mieux vous connaître, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs et lectrices qui ne vous connaissent pas ?

J’ai 59 ans, je suis mariée et mère de 3 enfants. Je partage ma vie entre les Côtes d’Armor et la Bavière. Ma famille maternelle est originaire du centre Bretagne, près de Josselin et ce, depuis plus de trois cents ans. Après le lycée, je me suis rendue en Allemagne où j’ai travaillé au pair dans deux familles de Francfort, avant de rencontrer mon futur mari.

       

Comment êtes-vous venue à l’écriture ?

Depuis toute petite, j’adorais m’inventer des histoires que je faisais vivre dans mon esprit en m’endormant. J’avais deux vies, une réelle et une fictive. Aujourd’hui encore, je suis capable d’inventer une vie à deux personnes croisées dans une gare. Mon imagination est sans borne.

Comment vous est venue l’idée d‘écrire votre roman « Odeur de sang à Penvénan » ?

 

J’étais à Berlin le 9 novembre 2009. C’était la fête, malgré la pluie. Je n’en dirai pas plus à ce sujet pour éviter de trop dévoiler l’intrigue.

Je souhaitais écrire une histoire qui pose la question du hasard ou pas. Je m’explique, dans « Odeur de sang à Penvénan », les gendarmes ne trouvent aucun indice qui relie les victimes entre elles. Ils se demandent s’ils ont à faire à un tueur en série, un psychopathe, qui n’agit que par pulsion, jusqu’au détail qui va permettre de faire avancer l’enquête.

 

 

Pourquoi avoir choisi les Côtes d’Armor ?

Nous avons une maison dans les Côtes d’Armor et c’est sans doute le département breton que je préfère. Ses habitants sont simples, ne jugent pas, ne jalousent personne, ils acceptent tout le monde tant qu’ils se sentent respectés. Leur seul souci est de connaître la météo pour améliorer les récoltes. Il n’y a pas beaucoup de criminalité dans les Côtes d’Armor, beaucoup moins que dans le reste du pays. Quelques beuveries qui tournent mal. Je crois même qu’il n’y a jamais eu de tueur en série breton.

Pourtant, cette histoire aurait pu se passer partout en Europe.

 

Un personnage qui m’a énormément marqué, le capitaine de gendarmerie Marc Morini, pouvez-vous nous en parler ?

Oui, j’aime beaucoup ce gendarme corse qui s’est pris d’amour pour la Bretagne. Mais est-ce si étrange ? La Corse et la Bretagne se ressemblent tant. Elles partagent le même amour pour la mer, elles ont une langue reconnue, sont souvent opposées au pouvoir central de Paris.

Marc est un gendarme qui ne juge pas, il souhaite juste comprendre. Il est un peu spinosiste. Depuis la mort de sa compagne, il a une autre approche de la mort et comprend la douleur des familles de victimes.

 

Avez-vous une anecdote sur votre roman à partager avec vos lecteurs ?

 

Oui, une assez drôle. Le dernier meurtre a lieu dans un parc animalier près de Penvénan. Pour éviter des problèmes juridiques, j’ai décidé d’inventer les autres lieux de crimes, seul celui près de Penvénan a vraiment existé, mais il est fermé depuis 2014. Lors de ma première séance de dédicaces à Penvénan, un vieux Monsieur fort sympathique décide d’acheter mon livre et en me demandant une dédicace, m’explique qu’il était propriétaire d’un parc animalier près de Penvénan. Je comprends que c’est le parc où a eu lieu le dernier meurtre. Je me tais. Puis, dix jours plus tard, en dédicace à Lannion, je revois ce Monsieur. Je me dis qu’il va se plaindre et me reprocher de ne pas lui avoir demandé la permission de parler de son parc. Au contraire, il était très fier et m’a invité avec mon mari à rendre visite aux quelques biches et au cerf qu’il a gardés.

 

Votre roman est très réaliste en ce qui concerne la gendarmerie. Comment avez vous procédé pour connaître aussi bien, la façon de travailler de la gendarmerie ?

Un adjudant-chef à la retraite de mon village m’a donné des conseils et des informations concernant le travail de la gendarmerie. Puis, il y a les séries policières qui nous apprennent parfois comment fonctionne une enquête. Pour finir, un ami policier et écrivain à Toulouse a répondu à certaines de mes questions concernant le rôle des enquêteurs et du juge d’instruction.

 

Quelle musique accompagnerait le mieux votre roman ?

Celle de « Pierre le loup » de Prokofiev, entendre les cors lorsque l’assassin s’approche de sa victime.

Sinon, j’aime Franz Schubert. Il m’arrive d’écouter de la musique classique en écrivant. J’aime beaucoup « Der Tod und das Mädchen » ( la mort et la jeune fille) de Franz Schubert.

Comment écrivez-vous ?

 

Surtout le matin, l’esprit est encore libre et reposé. Mais, si j’ai du temps le soir, il m’arrive également d’ouvrir mon ordinateur. J’aime particulièrement écrire dans mon salon, près de mon poêle à bois, devant la baie vitrée. En Bavière, de même, je privilégie le salon et les heures matinales.

 

Quels sont vos écrivains préférés ? Et quel est votre livre de chevet actuellement ?

J’ai adoré « le comte de Monte Christo » d’Alexandre Dumas et « les mystères de Paris » d’Eugène Sue. Dans ces deux romans, la victoire de la justice sur l’injustice me plait énormément. Je suis assoiffée de justice et révolté de voir comment certaines personnes hautes placées utilisent leur pouvoir pour leur intérêt personnel.

Niveau polar, je suis une fan de Franck Thilliez

Actuellement, je m’intéresse à l’histoire de l’humanité. Je lis le livre de Yuval Noah Harari

« Sapiens, une brève histoire de l’humanité » et ensuite je m’attaquerai au 2e Tome « Homo Deus, une brève histoire de l’avenir ».

Quel est votre premier lecteur, ou lectrice quand votre roman est terminé ?

Mon mari ! Malheureusement mes enfants pratiquent plus l’allemand que le français et ont des difficultés à lire des livres en français. J’aurai peut-être un jour la joie de voir « Odeur de sang à Penvénan » traduit en allemand.

 

Quels sont vos films préférés ?

La trilogie du « parrain » de Francis Ford Coppola, « les tontons flingueurs », « le père Noël est une ordure » et « E.T l’extraterrestre de Steven Spielberg.

Le concierge est curieux ! Êtes-vous en train d’écrire un prochain roman ?

Un deuxième roman va sortir à la fin de l’été et je suis dans l’écriture d’un troisième roman qui verra le capitaine Morini et son équipe confrontés à l’horreur. Le livre commencera par le massacre d’une famille à Tréméreuc, un village de 600 habitants, à la frontière avec l’Ille et Vilaine. En écrivant cette scène horrible, j’ai moi-même ressenti la peur. Comme quoi, les auteurs de polar sont un peu psychopathes.

 

Qu’aimez-vous dans les tueurs en série ?

Si on parle des tueurs en série psychopathes qui agissent par pulsion, Rien du tout ! Ils ne me fascinent pas, ils me font plutôt peur. Pourtant c’est vrai qu’on peut s’attacher à Hannibal Lecter et à l’affection qu’il porte à Clarice Starling. Quand j’étais enfant, j’imaginais que mon lit était un bateau, et ma chambre, la mer infestée de crocodiles. Il m’arrivait de m’imaginer enfermée dans une cave, attachée à un crochet. Plus tard, j’ai toujours eu peur pour mes enfants qu’ils soient victimes d’un psychopathe, qu’ils soient tués et qu’on ne retrouve jamais leur corps. Évidemment cette peur n’était pas permanente, mais revenait après chaque fait divers d’enlèvement d’enfant.

Je crois qu’écrire des romans policiers et des scènes de crimes violentes me permet de conjurer cette peur.

Quel sera le mot de fin de cette interview ?

Tout d’abord, MERCI Richard de me donner la possibilité de parler de moi, de mon premier roman policier. Je remercie également mon éditeur Carl Bargain de me donner la chance de vivre cette aventure et de rencontrer des gens sympathiques comme le concierge masqué.