L’Expérience Cendrillon de Mr Sébastien Fritsch

Bonjour à vous tous cette semaine sur le divan nous accueillions Mr Sébastien Fritsch pour son roman L’Expérience Cendrillon.

Et ce nais pas un compte de fée ce roman mais un brillant roman noir qui va vous enchanter.

Une écriture personnel et unique qui va vous faire découvrir un rythme, une course en avant de tous les dangers.

Défie réussie pour ce brillant écrivain que je vous conseille vraiment de découvrir.

Il vient de remporter en 2017 Prix Virtuel du Polar 2017

Et en compétition pour le Prix littéraire du Balai de Diamant 2018 qui récompense un roman en autoédition

http://www.concierge-masque.com/2017/10/20/prix-du-balai-de-diamant-2018-les-nomines/

 

Voici un résumé du roman

 

Fuir : Milica n’a pas d’alternative. Parce que son mari est mort, dans sa maison réduite en cendres. Parce qu’elle ne sait ni qui l’a rendue veuve ni qui pourrait lui venir en aide. Parce que dans chaque ville qu’elle traverse, d’un bout à l’autre de l’Europe, de nouvelles questions se lèvent et de nouveaux cadavres tombent.

Alors, elle continue.

Sans savoir si sa course la rapproche de la délivrance ou de sa propre fin.

 

 

Bienvenue sur le divan du concierge ! Ma première question pour mieux vous connaître, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs et lectrices qui ne vous connaissent pas ?

Bonjour et merci pour cette interview. Je suis écrivain, auteur de sept romans publiés, polars, thrillers ou contemporains. Sinon, parler de moi… disons que je préfère parler de mes romans.

Comment êtes-vous venu à l’écriture ?

Depuis toujours, j’ai eu tendance à m’inventer des histoires, à partir de rien, de détails qui m’entouraient, d’attitude ou d’expressions de personnes que je croisais. Quand j’ai commencé à lire des romans, j’ai découvert que les mots pouvaient donner forme à ces histoires. A dix douze ans, j’ai dévoré Pagnol, puis Jules Verne, H.G. Wells, Agatha Christie et d’autres romans d’aventure ou de science-fiction dont j’ai oublié les auteurs. Et j’ai tenté de les imiter. En plus de cette incapacité à faire autre chose que de l’imitation (j’avais même tenté d’écrire une pièce à la manière de Molière !), mes textes n’allaient jamais très loin. Pourtant, je prenais déjà un grand plaisir à agencer des petites scènes ou rendre compte de certaines sensations. Et j’ai eu la chance, dès le collège, d’avoir des profs de français qui m’encourageaient dans ce goût pour ce qu’on appelle aujourd’hui « l’écrit d’invention » : en quatrième et en troisième, nous avions une rédaction à rendre chaque semaine ; et plus d’une fois, les profs de ces deux classes ont décidé de lire ma production devant la classe. Mon envie de partager mes mots avec les autres date de cette époque.

Heureusement pour mes lecteurs, les choses ont évolué : après de nombreuses années, de très nombreuses lectures et une observation méticuleuse des styles et des méthodes de narration de bien d’autres auteurs, j’ai appris à construire des intrigues qui font plus de deux pages et à développer un style qui, il me semble, me soit vraiment personnel.

 

Comment vous est venue l’idée d’écrire votre roman « L’Expérience Cendrillon» ?

Le fond de l’histoire, ce qui constitue la clé du mystère, me trotte dans la tête depuis des années. Je ne peux rien en dire, puisque cela constitue la révélation finale. En ce qui concerne la forme, j’avais envie de me lancer dans un roman qui avance au rythme d’une personne en fuite. Chacun de mes romans est un nouveau défi, un exercice de style qui impose un type de construction ou d’écriture bien défini. C’est pour cela que j’aime changer de genre et qu’aucun de mes romans ne ressemble à un autre. Pour celui-ci, l’idée était donc de retranscrire le plus fidèlement possible le sentiment d’urgence (et de danger) qui s’empare de mon héroïne. Les lecteurs jugeront si le défi a été relevé convenablement.

 La cruauté de la mise en scène dépasse l’imaginaire dans votre roman, d’où vous vient cette imaginaire ?

C’est une question qui me surprend : je ne trouve pas que ce roman soit particulièrement cruel : il existe des romans horrifiques, gore, qui sont, à mon sens, très cruels, et j’avoue n’être pas friand de ce genre (ni en tant qu’auteur ni en tant que lecteur). Mais peut-être que la cruauté, dans L’Expérience Cendrillon, est plus psychologique que physique ? Je reconnais que je ballade ma narratrice (et mes lecteurs, par voie de conséquence) d’une manière pas très tendre. Mais est-ce pour autant de la cruauté ? Et si je n’en suis pas conscient, cela veut-il dire que je suis un abominable manipulateur ?

Tout bien réfléchi… je crois que oui. Mais la volonté de manipuler les lecteurs, n’est-ce pas l’essence même d’un auteur de romans à intrigue ? Alors, je crois que je ne vais pas changer…

Pour répondre plus directement à la question sur la source de mon imaginaire, c’est essentiellement lié à ce que j’observe. En réalité, je n’invente rien : je pioche autour de moi des éléments de toutes sortes (des attitudes, des comportements, des profils psychologiques, des décors…), soit en étudiant des personnes que je côtoie, que ce soit ma famille, mes amis, des relations professionnelles… voire des auteurs ou des lecteurs rencontrés dans des salons du livre, par exemple (méfiez-vous quand vous croisez mon regard !), soit en m’inspirant de documents (romans, articles de presse, biographie de « personnalités » un peu particulières). Et ce qui vaut pour les protagonistes de l’histoire vaut aussi pour les décors et les éléments déclencheurs de l’intrigue.

Mon rôle en tant qu’écrivain consiste ensuite à trouver la meilleure manière d’agencer tous ces « matériaux » pour donner vie à des personnages qui « tiennent debout » et pour dérouler un scénario qui soit cohérent, original, surprenant, dans un univers qui donne l’impression aux lecteurs que cela peut se passer dans la rue d’à côté, ou dans l’immeuble voisin… voire dans leur propre chambre…

Cela pose donc la question suivante : l’imagination existe-t-elle ? Ne serait-elle pas en réalité, une conjonction d’influences extérieures et d’un travail pour les organiser de manière cohérente ?

Milica m’a énormément marqué, pouvez-vous nous en parlez ?

C’est une jeune femme énergique, intelligente et courageuse, qui connait pourtant des moments de désespoir profond… ce qui peut se comprendre : son mari est assassiné à la première page du roman, elle perd tout, elle est obligée de fuir et elle ne cesse de croiser des personnes qu’elle n’arrive pas à identifier et dont elle ne sait pas si elles ont pour objectif de l’aider ou de l’éliminer. Mais ses moments d’abattement sont toujours brefs : cesser d’avancer, c’est prendre le risque de se faire piéger. Alors, après chaque nouvelle épreuve, elle se ressaisit, elle reprend sa fuite, elle repart dans sa quête de la vérité. Démontrant à chaque fois qu’elle est effectivement une jeune femme énergique, intelligente et courageuse. Et que ce n’est pas un hasard si elle rassemble toutes ces qualités.

 

Avez-vous une anecdote sur votre roman à partager avec vos lecteurs ?

Dans mon premier roman policier, Le Sixième Crime, paru en 2009, le point de départ était une série de cinq meurtres, inspirés par cinq romans noirs. A l’époque, j’avais juste inventé des titres pour ces cinq romans, sans aller plus loin… sauf pour l’un d’eux : j’avais bien en tête la machination qui en constituait la base et, surtout, j’avais organisé précisément une scène : une jeune femme traquée par des inconnus reconnait l’un de ses poursuivants dans un restaurant ; elle se réfugie dans les toilettes, espérant y trouver une issue de secours… mais il n’y en a pas ; s’en suit un meurtre… au couteau.

En lisant L’Expérience Cendrillon, écrit environ dix ans plus tard, on retrouve la scène, le lieu, l’arme. Surtout, la « machination » que j’évoque (et dont je ne révèlerai aucun détail ici) est la même.

Pour « boucler la boucle », j’ai donc décidé d’insérer dans mon dernier roman un petit clin d’œil pour rappeler mon premier polar. C’est ainsi que Milica, l’héroïne de L’Expérience Cendrillon, réfugiée dans une librairie au centre de Budapest, achète deux livres, histoire de se donner une contenance pendant le voyage en train qui doit la conduire à Vienne. Troublée par la rencontre menaçante qu’elle a faite quelques minutes plus tôt, elle ne parvient pas à choisir ; elle demande conseil à l’une des libraires qui lui propose deux romans noirs, dont les titres sont évidemment en Hongrois : « Cukor kékség » et « Hatodik bűncselekmény ». Le premier est une œuvre bien réelle d’un vrai auteur hongrois, Attila Hazai, tandis que le deuxième n’existe pas (du moins pas encore), puisque « Hatodik bűncselekmény » signifie tout simplement « Le Sixième Crime » (qui n’est pas encore traduit en Hongrois, mais si quelqu’un veut s’en charger…).

Bien sûr, en insérant ce clin d’œil, je voulais juste m’amuser : je me doutais bien que personne ne s’en rendrait compte. Eh bien j’avais tort : ma correctrice, qui vérifie (entre autres) le kilométrage de chaque trajet ou encore le nom des sorties d’autoroute et des rues de toutes les villes traversées, vérifie aussi l’orthographe des mots étrangers ; et leur signification. Je le sais parce qu’elle a inscrit sur les deux mots « Hatodik bűncselekmény », ce commentaire, bref, mais explicite : « Ça va, les chevilles ? ». J’ai compris qu’elle avait compris.

La morale de cette historiette est donc double. Tout d’abord, cela montre que l’écriture de mes romans, même si elle ne prend qu’un an ou deux ans, fait suite à des années de réflexion, de préparation… et que c’est pour cette raison que je suis bien incapable de répondre quand on me demande combien de temps je mets pour écrire un roman. Et la deuxième conclusion est que ma correctrice (http://lucile-orliac-correction.fr), voit tout, tout, tout. Méfiez-vous !

Quelle musique accompagnerait le mieux votre roman ?

« The Loneliness of the Long Distance Runner », d’Iron Maiden, à la fois pour le sens du titre et du texte, mais également pour le rythme soutenu du morceau. Comme dans la nouvelle et le film éponymes qui ont inspiré Steve Harris (bassiste du groupe et compositeur du morceau), l’héroïne de L’Expérience Cendrillon est contrainte de fuir, de courir pour sa survie, sans pouvoir s’arrêter, et elle se trouve, tout au long de sa course, dans la plus grande solitude. Par ailleurs, tout comme le héros du livre et du film, elle est, elle aussi, une ancienne championne d’athlétisme. Ce qui, là encore, n’est sûrement pas un hasard.

Comment écrivez-vous ? 

Pour écrire, j’ai besoin de savoir que je ne serai pas dérangé et que je pourrai disposer d’au moins trois ou quatre heures d’affilée. Alors, ce que je préfère, c’est commencer vers quatre ou cinq heures du matin, quand tout le monde dort dans la maison, quand tout est silencieux, figé par la nuit et que l’esprit est encore clair… Et obtenir un beau lever de soleil comme récompense du travail fourni, c’est plutôt agréable ! Ça vaut tous les prix littéraires… et ça se répète tous les jours !

Sinon, pour le lieu, je n’ai aucun préférence, du moment que je dispose d’une table qui fasse au moins les dimensions de mon ordi portable et d’une chaise à poser devant la table… et qui soit adaptée à mes dimensions.

 

Quels sont vos écrivains préférés ? Et quel est votre livre de chevet actuellement ?

Vian, Modiano, Irving, Balzac et, côté polars, Michael Connelly, Philip Kerr, Fred Vargas, Serge Brussolo, sans oublier, parmi les disparus, Georges Simenon, Agatha Christie ou encore Patricia Parry.

Des styles et des univers très variés, mais j’aime changer d’ambiance, de monde… Je dois aussi préciser que ce sont quelques-uns de ces auteurs-là qui m’ont enseigné l’écriture, la construction d’une intrigue, l’agencement des dialogues, la mise en place des décors, la création des personnages… même s’ils ont tous des techniques différentes.

Actuellement, je suis plongé dans un roman coréen sombre (pour ne pas dire neurasthénique), mais d’une très grande beauté, très poétique. Ce n’est pas un polar, même si la narratrice, partie sur les traces de sa meilleure amie d’enfance, aujourd’hui décédée, semble mener une véritable enquête. Le titre est « Pars, le vent se lève » et l’auteur est Han Kang.

Quel est votre premier lecteur, ou première lectrice quand votre roman est terminé ?

Ma femme lit toujours mes romans la première. Elle me fait des commentaires sur les grandes lignes, la compréhension globale, la fluidité des phrases, l’intérêt du sujet. Elle me signale les fautes qui lui sautent aux yeux, mais elle ne dissèque pas le texte pour traquer toutes les erreurs : cela ralentirait sa lecture et l’empêcherait donc de juger la vue d’ensemble. En plus, j’ai une correctrice professionnelle qui intervient à la fin et qui fait un travail parfait (mais peut-être l’ai-je déjà dit ?).

 

Quels sont vos films préférés ?

Pour répondre à cette question, j’ai pensé aux films que j’ai vus, revus, re-revus…

Ils sont nombreux, mais les principaux sont Blade Runner, Vertigo, Retour vers le futur, Oblivion, Minority Report.

Ils ont en commun d’associer des intrigues enchevêtrées, conduisant à plusieurs interprétations du même événement, des univers définis avec la plus grande précision, des personnages un peu perdus, confrontés à des défis et, enfin, des questionnements, assez divers, mais parmi lesquels on retrouve presque toujours des interrogations sur la signification que l’on peut donner à ce que l’on voit, ce que l’on vit, et donc : qu’est-ce que la vérité ? la confiance?

Toutes ces caractéristiques (intrigue complexe (mais lisible), univers précis, dans lequel le spectateur est immergé facilement et complètement), personnages auxquels on peut s’identifier et invitation à réfléchir) sont, à mon sens, ce qui fait la qualité d’un film… ou d’un roman.

 Le concierge est curieux ! Êtes-vous en train d’écrire un prochain roman ?

Non… mais peut-être que oui. Je n’écris pas, dans le sens où je n’aligne pas des mots sur une page blanche, mais je réfléchis, je me documente, je lis beaucoup sur un sujet qui me tient à cœur depuis de nombreuses années. Je suis donc déjà dans ce prochain roman… mais les mots qui le composeront attendent encore de voir le jour.

 

Qu’aimes-tu dans les thrillers?

Les scénarios inventifs, surprenants, les renversements de situations inattendus ; mais j’aime aussi trouver des personnages réalistes, auxquels il est possible de s’identifier ou qui peuvent ressembler à des gens que l’on connait. Cela dit, ces caractéristiques existent aussi dans d’autres genres que les thrillers (y compris quand on parle de scénario tordu, conçu pour piéger les lecteurs). De toute façon, je ne suis jamais très à l’aise avec les étiquettes (même quand il s’agit de définir mes propres romans). Alors, thrillers, polars, romans noirs ou romans contemporains, je dirais que les qualités dont j’ai parlé m’intéressent autant, quel que soit le genre.

 

Devient-on auteur de thriller pour exorciser ses envies de meurtres ?            

Là encore, je ne sais pas si je peux prendre l’étiquette « auteur de thrillers » ? J’ai écrit 3 romans noirs, parmi lesquels le dernier, L’Expérience Cendrillon, possède plus le rythme et l’ambiance d’un thriller que les deux autres. A côté de ça, j’ai écrit aussi un roman médiéval et trois contemporains, dans lesquels le scénario est toujours construit autour de questionnements et de dissimulations qui ont pour but de créer le suspense.

Par ailleurs, l’un de mes romans « contemporains », Invitation pour la petite fille qui parle au vent, comporte certainement beaucoup plus de cadavres que tous mes autres romans réunis. Il faut dire que le personnage central de cette fresque familiale est médecin légiste… et qu’on le voit plusieurs fois en pleine action. Et s’il a choisi ce métier parce qu’il est plus à l’aise avec les morts qu’avec les vivants, il lui faut pourtant, au bout d’un moment, se confronter à la réalité de ses proches, pas toujours facile à assumer.

Un autre de mes romans de « littérature générale » (histoire de changer la formulation de l’étiquette), intitulé « Se Retenir aux brindilles », comporte des scènes beaucoup plus flippantes que mes romans noirs : ses deux thèmes sont la violence conjugale et la peur. Je fais donc un parallèle entre la peur avec laquelle on joue (en lisant des thrillers horrifiques, par exemple, ou en regardant des films inspirés de Stephen King en plein nuit au milieu d’une grand bâtisse en ruines) et la peur que l’on subit et à laquelle on voudrait bien échapper, comme c’est le cas pour ma narratrice qui (des années après ses virées nocturnes avec d’autres gamins du quartier pour regarder des films d’horreur dans un château abandonné) est devenue mère de famille et n’a d’autre choix que de fuir un mari violent.

Alors, tous ces morts, cette violence, présentés sous forme de thriller ou pas, c’est sans doute pour apprendre à apprivoiser ces peurs, ces menaces, mais c’est surtout, pour moi, un moyen de me mettre à la place des personnes qui les subissent. Mes personnages, en portant le fardeau de ces victimes, tentent de faire comprendre à mes lectrices et lecteurs ce que représente le fait de vivre de telles épreuves.

En résumé, dans mes romans, quels qu’ils soient, je cherche plutôt à prendre la place des victimes que des criminels

Quel sera votre mot de fin à cette interview

Je ne vais sans doute pas être très original, puisque mon mot de la fin sera de souhaiter que de nombreuses lectrices et de nombreux lecteurs se laissent séduire par L’Expérience Cendrillon ; que cette lecture les emporte dans son rythme, dans son intrigue, dans toutes les émotions qui secouent son héroïne, et qu’elle suscite également une réflexion sur les thèmes qui la sous-tendent.

 

Merci pour ces questions et pour la mise en lumière de ce roman.