Mr Romain R. Martin pour « Vermines » chez Flamand Noir Edition.

Sur le Divan cette semaine Romain R. Martin pour son roman « Vermines » chez Flamand Noir Edition.

Premier roman qui m’a beaucoup plu, une écriture surprenante et à l’humour corrosif, je dirait même féroce.

Dernière publication de l’excellente maison Flamant noir qui décidément trouve de belles pépites

Un taxidermiste, affublé d’un caractère comme ce n’est pas permis, ne trouve plus trace de son fidèle compagnon de journée. Celui-ci (c’est un chien) va se retrouver écrasé comme une crêpe sous une grosse armoire normande… Alors pour Arnaud notre taxidermiste, c’est la goutte qui fait déborder le vase : il va donc s’empresser de découvrir qui est l’auteur de ce méchant forfait. Un hasard, un accident malheureux… ou alors doit-il penser à un acte totalement volontaire ?

Un roman que je vous conseille absolument. Je vous dit, cet écrivain, ira loin s’il garde ce talent à l’état pur.

Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle rencontre.

 

 

 

 

Bienvenue sur le divan du concierge ! Ma première question pour mieux vous connaître. Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs et lectrices qui ne vous connaissent pas ?

Bonjour à vous et merci pour cet entretien. Je m’appelle Romain R. Martin, j’ai 38 hivers. Je suis normand, mais exilé à Paris depuis maintenant neuf ans. Au cours de ma vie, j’ai travaillé dans des univers assez différents comme la musique puis l’infographie et dernièrement comme réserviste de la police nationale durant cinq ans. Mon premier roman « Vermines » est sorti le 2 octobre chez Flamant Noir Editions.

Comment êtes-vous venu à l’écriture ?

J’ai ressenti le besoin d’écrire pour m’extraire du quotidien, pour ne pas sombrer et pour me prouver que j’étais capable d’écrire une petite histoire. Ma mère m’a toujours poussé à écrire, mais c’est l’accumulation de situations improbables, tristes, voire grotesques, rencontrées au sein de la police, et plus généralement au fil de ma vie, qui m’ont données tout d’abord le goût de l’écriture. Amateur d’humour noir avec un attrait prononcé pour le dérisoire, j’ai trouvé dans la rédaction de l’imaginaire un refuge et une parfaite scène de théâtre pour y faire vivre mes personnages excentriques.

 

Comment vous est venue l’idée d’écrire votre premier roman « Vermines » ?

Je venais de partager ma vie avec un gros chien durant onze années. Un Beauceron. La semaine de sa mort, en regardant l’immense place vide laissée par son panier, il y a eu un point de bascule et j’ai décidé d’entamer une première page de roman. Durant cette période d’écriture, rapidement est venue se greffer celle de la phase terminale de mon beau-père souffrant d’un cancer. À partir de là, je ne pouvais plus m’empêcher d’écrire et de finir mon roman. « Vermines » fut une sorte de thérapie, l’humour noir répondant du tac au tac à la faucheuse.

 

Parlez-nous de votre personnage principal que j’ai énormément aimé et qui va me rester longtemps en mémoire : Arnaud Vallaud.

J’ai pensé Arnaud comme un condensé de ce qu’il peut y avoir de plus vil et lâche chez l’humain. La mauvaise foi, le cynisme, la cruauté – pas que verbale – étant des sports pour lui, j’ai essayé de dépeindre un personnage aussi repoussant qu’attachant que l’on suivrait avec une coupable fascination.

Et puis il y a aussi de Pascalin, comment avez-vous créé ce personnage ?

Pour Pascalin, ce fut plus simple, car il est l’exact opposé d’Arnaud : naïf, peu intelligent et tout aussi peu enclin à la violence, voire totalement inoffensifs. C’est l’échange entre ces deux mondes qui se télescopent qui m’intéressaient, pour le ressort comique principalement, mais aussi pour exacerber leur personnalité, mettre en lumière plus facilement l’injustice qui peut se créer parfois dans les rapports humains.

Avez-vous une anecdote à partager avec nous sur votre roman ?

Ce n’est pas une anecdote, mais je peux vous confesser que « Vermines » a été progressivement pensé sous ma douche et entièrement tapé à deux doigts.

Pourquoi avoir choisi Bourganeuf pour votre roman ?

J’ai choisi cette petite commune de la creuse pour plusieurs raisons : le cadre rural auquel je suis attaché étant né à Vire en Normandie, pour son nom qui m’inspirait beaucoup, et enfin pour ce département trop souvent oublié qui est l’un des plus pauvres malheureusement de France.

 

Quelle musique accompagnerait le mieux votre roman

J’imagine que le silence se suffit. Sinon, « Vermines » se situe suivant les séquences et les situations entre « In the mood for love » de Shigeru Umebayashi et le morceau « Hang’em All » de Carpenter Brut. C’est de tenter ce genre de grand écart littéraire entre le profond et le décalé, le sérieux et le décadent qui m’intéresse et me fascine.

Devient-on auteur de Thriller pour exorciser ses envies de meurtres ?

Je ne me sens pas être un auteur de thriller. « Vermines » n’est pas un thriller, ou alors d’un type campagnard, mais je ne l’ai pas écrit dans l’idée de le classer dans ce genre-là. Je sais que j’écris pour canaliser la part importante de chaos en moi. L’écriture est un outil dont la finalité, l’unique fonction, est de produire quelque chose de positif, et dans mon cas, un livre divertissant. On écrit pour être en paix avec soi-même, c’est une introspection, un exorcisme, oui. Quant aux meurtres, qui vous dit que je n’ai jamais tué ? (Rires)

Vous arrivez à nous faire un thriller avec énormément de force et aussi avec plein d’humour, humour et le thriller peuvent se marier ?

Ce thriller campagnard est un simple roman. Je ne sais pas si mon « Vermines » possède une étiquette, entre dans une case spécifique ou encore dans un genre en particulier. On rêve tous, je crois, que son propre nom soit défini un jour comme un style à part entière. J’ai écrit « Vermines » sans rien avoir lu depuis au moins quinze ans, sans me poser aucune question. J’avais envie de faire rire, pourquoi pas de faire réfléchir, dans un cadre sombre et grotesque. Je crois qu’il n’y a rien de plus drôle que ce qui est formellement interdit. Oui, pour vous répondre, les deux peuvent et doivent se marier (rires)

Comment écrivez-vous ?

J’ai conçu ce premier roman au jour le jour, parfois avec de longues pauses, mais toujours sans aucune discipline vis-à-vis des horaires ou de mon rythme de travail. Dans mon salon, j’ai souvent écrit la nuit à la lumière rassurante d’une bougie.

Quels sont vos écrivains préférés ? Et quel est votre livre de chevet actuellement ?

Mes derniers coups de cœur sont : « Les racines du mal » de Dantec et « La part de l’autre » d’Éric-Emmanuel Schmitt. Lisant très peu, je n’ai pas de livre actuellement sur ma table de chevet.

Quel est votre premier lecteur, ou première lectrice quand votre roman est terminé ?

Ma jolie maman.

Quels sont vos films préférés ?

J’aime particulièrement le 7e art et je visionne presque chaque jour un film. J’apprécie tout le spectre que propose le cinéma même si je ne collectionne que quelques genres en DVD : les films d’horreur, thrillers coréens et Gialli italien. Je vous répondrais dans des styles très hétéroclites : « The chaser », « J’ai rencontré le diable », « La cité de Dieu », « Her », « American History X », « Stalker », « Memories for Murder », « le Feu Follet », « Hellraiser », « Ténèbres » d’Argento pour n’en citer que quelques-uns.

Le concierge est curieux ! Êtes-vous en train d’écrire un prochain roman ?

Oui, un second roman est en cours d’écriture !

Tu n’as pas peur de te faire assassiner par les sites de protection des animaux : Une armoire normande écrase un chien et le métier de ton personnage principal : Taxidermiste ;-)

Pas du tout ! (sourire) Je sais que ces personnes – qui font un travail remarquable par ailleurs – sont des personnes intelligentes, ouvertes à la satire et à la fiction. « Vermines » n’est rien de plus qu’un divertissement, un petit et modeste hommage à l’absurdité des choses qui nous entourent.

 

Quel sera le mot de fin de cette interview ?

Je vous remercie d’avoir pris le temps de me lire et pour cet entretien. A très bientôt, je l’espère !

Pour les personnes intéressées pour commander et découvrir « Vermines » :

http://www.editions-flamant-noir.com

 

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