« Au scalpel » de Mr Sam Millar chez Seuil édition.

 

Aujourd’hui sur le Divan nous accueillions Mr Sam Millar pour son roman « Au scalpel » chez Seuil édition.

 

Né à Belfast en 1958, Sam Millar a fait de la prison en Irlande du Nord comme activiste politique, puis aux États-Unis comme droit-commun. Gracié par le président Clinton, il est rentré au pays et devenu écrivain. Son récit autobiographique On the Brinks a marqué les esprits et à gagné le Prix du balai D’OR 2013.

Et quel roman noir ! Le meilleur roman de la série des Karl Kane.

Nous découvrons le sombre passé de la vie de Karl Kane, un roman abouti jusqu’aux bout.

Dans cette interview Mr Sam Millar se confie vraiment et je retrouve cet écrivain attachant que je connais.

Un homme de cœur qui manie la plume avec virtuosité.

Un grand roman noir qui vous plaira j’en suis sûre.

Vous trouverez ici les liens des autres interviews que Mr Sam Millar ma confié :

 

http://www.concierge-masque.com/2013/05/16/sam-milar-on-the-brinks/

 

http://www.concierge-masque.com/2011/09/19/interview-de-sam-millar-redemption-factory/

 

http://www.concierge-masque.com/2014/01/16/sam-millar-les-chiens-de-belfast/

 

Voici un résumé du roman :

 

Karl Kane, l’irréductible privé de Belfast, est confronté à Walter Arnold, l’homme qui a brutalement assassiné sa mère sous ses yeux, quand il était enfant, avant de le laisser pour mort à côté du cadavre. Quand une très jeune fille disparaît après l’incendie suspect de la maison familiale, Kane le soupçonne aussitôt. De fait, Arnold, inexplicablement libéré après de nombreuses années en prison, séquestre l’adolescente ainsi que Tara, une proie moins innocente qu’il y paraît : elle s’est échappée de Blackmore, une institution pour jeunes personnes « à problèmes », après avoir trucidé l’aumônier, un vrai porc, avec des aiguilles à tricoter (viser les yeux !). Walter Arnold travaille à la terreur, au scalpel et à la violence démente. L’ultime combat entre les deux hommes se révélera sauvage et impitoyable. Sans concession mais éclairé par un humour grinçant, Au scalpel est le plus noir et le meilleur roman de la série.

 

Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour une autre interview.

Je vous souhaite une bonne semaine.

 

 

 

Nous retrouvons dans ton nouveau roman « Au scalpel » Karl Kane qui va être confronté à son passé, peut tu nous parler de ton nouveau roman ?

 

Une jeune fille, Tara Kennedy, a disparu de l’orphelinat, et la version officielle est la fugue. Mais en est-ce vraiment une ? Ou s’agit-il de quelque chose de plus troublant, de plus sinistre ? Et quel rapport avec cette disparition peut bien avoir   le pasteur William Kilkee, récemment assassiné ?

Parallèlement, le détective privé Karl Kane est engagé pour enquêter sur les tragiques circonstances entourant la mort de toute la famille Reilly, attribuée officiellement à un incendie accidentel. Mais pourquoi ne trouve-ton pas trace de l’ADN de la fille, Dorothy, parmi les restes des victimes ?

Et quel est ce terrible secret que le père de Karl, Cornelius, cache depuis tant d’années ? En sait-il plus qu’il ne veut bien le dire sur la mort de la mère de Karl ? Alors que Karl s’approche de la vérité, il se rapproche de l’homme qui a tué sa mère et a brutalement attaqué Karl, le laissant pour mort, alors qu’il avait dix ans : Walter Arnold, aussi connu sous le nom de Scarman (l’homme à la cicatrice- ndt). Cette fois-ci, Karl pourra-t-il appuyer sur la gâchette et bannir pour toujours ses démons, un fois le monstre tué ? Ou est-ce que son courage va flancher, et le rendre responsable de la mort de deux nouvelles jeunes victimes, en même temps que de la sienne ? Quel que soit le dénouement, la vie de Karl va s’en trouver changée à jamais lorsqu’il va perdre quelqu’un de proche.

 

 

Je me trompe si je te dis que c’est ton roman le plus noir de la série de Karl Kane ?

 

La réponse est oui, on peut dire que c’est le roman le plus noir de la série des romans sur Karl Kane. Ce roman répond aussi à beaucoup de questions, par exemple quel est le terrible secret que cache le père de Karl depuis tant d’années concernant le meurtre de la mère de Karl.

 

 

Comment c’est passé la construction de ton roman ?

 

C’est le 4ème roman de la série Karl Kane. Je savais qu’un jour il me faudrait expliquer le secret du père de Karl concernant le meurtre de sa mère. A cause aussi de la détérioration de l’état de santé du père. J’ai vu mon propre père mourir, et aborder le sujet dans le roman m’a aidé à apaiser la tristesse et le désespoir que j’ai ressentis à sa mort. Ça a été assez rude, mais écrire Au Scalpel m’a aidé à traverser ces jours sombres.

 

 

Parle nous des deux petite filles : Tara et Dorothy qui mon énormément plu.

 

J’aime tant ces deux gamines. Je suis ravi de la réaction de mes lecteurs vis-à-vis de ces deux filles courageuses. Ça a été un plaisir de créer ces deux personnages. Mais je voulais qu’elles soient différentes l’une de l’autre. Je ne voulais pas qu’elles soient sauvées par Karl. Je voulais montrer qu’elles pourraient survivre à ces horreurs grâce à leur courage et leur détermination. A la fin, c’est elle qui sauverait Karl, de bien des façons. Tous les personnages féminins que j’ai créés pendant toutes ces années, depuis Redemption Factory jusqu’à Au scalpel, ont toujours fait preuve d’une grande volonté et d’une grande détermination.

 

 

 

Et puis il y a un méchant qui me restera en mémoire longtemps Walter Arnold, peut tu nous en parler ?

 

Je voulais créer un salaud inoubliable, un méchant dont les lecteurs se souviendrait longtemps après avoir lu Au Scalpel. Je me suis inspiré d’un salopard tordu (La verrue humaine dans On the Brinks ) qui m’a torturé ainsi que d’autres prisonniers tous les jours, pendant des années, dans les célèbres Blocks H où on détenait les prisonniers politiques. J’étais nu, n’avais rien pour me défendre. J’ai été brutalisé tous les jours et abusé sexuellement par ce type. Des années plus tard, ce salopard a été condamné pour pédophilie et viol, mais pendant des années j’ai rêvé de le tuer. Quand il a été arrêté, je me suis senti volé, en voyant que ce sac à merde avait échappé à la  justice. Cependant, le fait de me servir de lui pour créer Walter Arnold m’a aidé à guérir.

 

 

 

Tu aimes mélanger l’humour et noir pour quelle raison ?

 

Un vieux dicton de chez nous dit que l’humour est le meilleur remède. On peu être dépressif et sans espoir, mais l’humour et le rire peuvent aider à vaincre le désespoir. J’aime la noirceur. La noirceur est ma lumière. Je pense que cela remonte à mon enfance, quand ma mère a disparu sans laisser de trace. Je me suis rendu compte que si je pouvais rire au nez de l’adversité, je pouvais rire de tout, même du pire.

 

 

 

As tu une anecdote sur ton roman à partager avec nous ?

 

Au scalpel est autobiographique. J’aurais pu la rattacher à On the Brinks, mais j’ai toujours pensé que ça pourrait faire une bonne histoire en soi. Et j’ai eu raison !

 

 

 

Quel musique ou chanson irais le mieux avec ton roman ?

 

 

Le très beau Panis Angelicus de Charlotte Church. Je pleure à chaque fois que je l’écoute, mais ce sont des larmes de joie. Je le dédis au courage et à l’espoir de Tara et Dorothy.

 

 

 

Comment vois tu l’évolution de ton personnage Karl Kane dans les années à venir ?

 

J’espère que les gens continueront à lire les aventures de Karl Kane encore longtemps ! Il ne vieillira pas de bonne grâce, ça c’est certain, et malgré la noirceur qui est en lui , tant qu’il aura Naomi à ses cotés, il aura toujours le sentiment que la vie vaut la peine d’être vécue.

 

 

 

Le concierge est curieux quel sera ton prochain roman ?

 

 

The Bespoke Hitman sera publié l’an prochain en Irlande et aux Etats-Unis. C’est l’histoire d’une attaque de banque qui se termine mal, et sur ce qu’il se passe quand on ne vole pas les bonnes personnes. C’est très triste, très sombre et très drôle aussi par moments.

 

 

 

 

Comment se déroule la journée d’un écrivain comme toi, peut tu nous détailler une journée.

 

 

J’aime me lever tôt, vers 5 heures du matin, quand tout le monde dort. Je nourris mes adorables chats, je me fais du café, avant de lire les journaux en ligne. J’aime me tenir au courant de ce qui se passe dans le monde. Après tout ça, je commence à travailler, j’essaie d’écrire quelques chapitres. Comme la plupart des auteurs doivent te le dire, des fois il n’y a rien qui vient, et d’autres fois, tout semble couler de source tout seul.

 

 

 

Quel est le roman que tu lis actuellement ?

 

Twilight, de William Guy. C’est la sixième fois que je le lis. Un de mes livres préférés de tous les temps. Triste. Beau. Puissant.

 

 

Parle nous de ton Belfast à toi, quel coin tu aimes de cette ville.

 

 L’endroit que je préfère à Belfast c’est Arts Quarter. On peut y trouver beaucoup d’auteurs. C’est très relaxant. Si jamais tu y vas un jour, tu verras mon portrait à la bibliothèque Central Library ainsi que dans beaucoup de pubs et dans le quartier de Hill Street (c’est là que vit Karl Kane).

 

 

 

 

Devient-on auteur de roman noir pour exorciser ses envies de meurtres ?

 

 

L’écriture m’aide à gérer ma propre noirceur, acquise pendant mes années d’horreur. Cela m’aide de bien des façons, et je suis très reconnaissant envers l’écriture, surtout l’écriture de romans noirs.

 

 

 

Quel sera ton mot de fin

 

Mes derniers mots seront des mots de remerciements pour tous ces gens en France qui ont été si bons et gentils avec moi. La France est ma deuxième maison. Je veux aussi te remercier, Richard, pour tout ce travail que tu fais, et pour nous avoir donné le Prix du Balai D’Or.

Merci beaucoup Richard d’avoir pris le temps de rédiger toutes ces questions intéressantes. Merci beaucoup mon ami.

Sam.

 

 

Un Grand merci à toi Sam