Mr Eric Chavet pour son roman  Le vacarme du Papillon

Bienvenue sur le Divan aujourd’hui nous accueillons Mr Eric Chavet pour son roman « Le vacarme du Papillon » collection Parabellum chez l’atelier Mosesu.com.

Voici un premier roman plein d’énergie avec des rebondissements et une fin qui vous surprendra.

Des personnages haut en couleur et une chasse à l’homme qui vous fera frissonner.

Un roman plein d’action qui vous surprendra et vous laissera avec plein de questions dans la tête.

Une réussite pour un premier roman et un très bon moment de lecture que je vous recommande fortement.

Voici le résumé du roman :

 

Au départ on a Roberto un type qui doit du pognon, une grande gueule qui a flambé au poker avec Aldo. Aldo n’aime pas trop qu’on lui doive de l’argent. Alors il se débarrasse de cette créance qui atterrie dans le giron de Gras-Double, le genre de gus qui rachète les dettes en leur cloquant d’office 15% d’intérêt, un usurier quoi. Gras-double, lui, ce n’est pas un tendre, c’est carrément le gazier qui règne sur le milieu lyonnais, ce n’est pas l’homme avec qui il faut jouer les rebelles. Puis il aime se faire respecter, montrer l’exemple, alors si Roberto ne veut pas payer, il va l’aider à mettre la main au portefeuille… en kidnappant la Mama. Et de là vont s’enchaîner toutes sortes de quiproquos.

De cette petite trame basique, on va partir pour une folle aventure, croiser des gens qui n’auraient jamais se rencontrer, des flics, des politiques, des services secrets, des pourris moins pourris que les plus pourris.

 

 

Je vous souhaite une bonne semaine et vous donne rdv la semaine prochaine pour une autre interview sur le divan du concierge masqué.

 

 

Comment êtes-vous venu à l’écriture ?

 

Elle est venue à moi… Ok, ça fait un peu prétentieux, un brin mystique. Mais c’est à peu près ça. Depuis que je suis gone, comme on dit à Lyon. Un besoin d’inventer, et de raconter des histoires. Alors comme je suis un acteur très médiocre (pour être sympa), que je chante comme un fait-tout, que mes dessins son du niveau CP ( et encore), l’écriture s’est vite imposée comme mon moyen d’expression privilégié. Je me suis d’abord essayé au comique. Mes références culturelles étaient Les Nuls et Desproges. J’écrivais des sketchs qu’on filmait avec les copains. Puis un premier policier (enfin première tentative), puis des nouvelles, pas mal de poésie (du genre pas drôle du tout pour le coup). Et comme certains trouvaient que j’arrivais à pondre des trucs pas trop mauvais, j’ai continué. Voilà.

Comment vous est venue l’idée d’écrire votre premier roman «le vacarme du papillon» ?

 

J’attendais dans une salle d’attente, pour le boulot. (C’est à ce moment que j’ai compris pourquoi les médecins nous appellent des patients.) A l’époque, j’essayais de vendre des seringues pour les hôpitaux, Mon esprit est allé voir ailleurs, pour fuir l’ennui, et je me suis lancé comme un défi : construire une histoire qui partirait du plus insignifiant, pour arriver au plus monstrueux. Un début, une fin… Démerde-toi pour inventer le milieu ! Je suis intrigué par ces petits riens qui, sans qu’on le sache, dévient nos trajectoires. Par cette idée que malgré toute l’importance qu’on se donne, nos vies ne sont que la fragile addition de petits événements.



(Il n’éprouvait pas de liberté, mais la douleur du deuil. Oui quoi qu’il ait fait, de bien ou plus souvent de mal,c’était sa vie .Son histoire, il ne pourrait la raconter à personne . évaporée. IL S’apercevait à cet instant combien il était douloureux de mourir de son vivant) Comment s’est passée la construction des personnages de ton roman ?

Il y en a pas mal dans le Vacarme du Papillon, alors expliquer comment ils ont vu le jour…. J’aime construire des petites histoires dans l’histoire, pour que mes personnages ne soient pas simplement des faire-valoir de l’intrigue. Des histoires singulières qui la dépassent, une complexité, une fragilité pour chacun d’eux, pour que lecteur puisse s’attacher à l’un ou l’autre, parfois s’identifier, suivant ses sensibilités propres. Alors je creuse, parfois m’éloigne un peu de l’intrigue, pour dénicher leur humanité. Ensuite, leur singularité se dégage au fil de l’écriture. La plupart du temps, je n’en ai pas dès le début une idée bien précise.

 

Avez-vous une anecdote à partager avec nous sur votre roman ?

 

Pas vraiment une anecdote. Juste que souvent les choses arrivent quand on ne s’y attend pas, ou plus. J’ai eu l’idée du livre il y a plus de 15 ans, mis quelques années à le finaliser, avec de longues périodes sans rien écrire. Ensuite, j’ai pensé qu’il demeurerait toujours dans son cocon. Il a fallu une rencontre imprévue avec Sébastien Mousse, le directeur de publications de l’Atelier Mosésu, pour qu’il fasse enfin sa chrysalide. Et j’espère faire un peu de vacarme !

Quelle musique accompagnerait le mieux votre roman ?

 

Madame Butterfly, pour les amoureux d’opéra. Après, tout dépend des passages du livre. Mais comme je suis un fan des bandes-son de Tarantino, pourquoi pas Misirlou quand ça pète (dick dale and his del-tones, dans Pulp Fiction,), et Strawberry Letter 23 pour les moments plus cool (George Baker selection, dans Jackie Brown).



Devient-on auteur de Polar pour exorciser ses envies de meurtre ?

 

Je demanderai à mon psy, il doit avoir son idée ! Pourquoi écrire des polars ? J’aime bien cette idée de jeu avec le lecteur. Construire une énigme, essayer de le surprendre, de l’égarer un peu avant de dévoiler l’issue. Après, ce qui est génial avec le polar, c’est que tout est permis. Certains jouent sur la peur et l’angoisse, d’autres construisent une histoire d’amour, d’autres surfent sur l’humour, la dérision, certains revisitent l’Histoire ou passent la société au vitriol…

 

Comment écrivez-vous ?

 

J’aime mieux le soir. En écoutant un peu de musique, c’est bien. Mais sinon, faut surtout essayer de dénicher une fenêtre entre tout le reste. Une meurtrière, quand c’est pour écrire un polar ! Alors ça peut être tôt le matin, la journée, dans un bureau, dans un bar…

Quels sont vos écrivains préférés ? Et quel est votre livre de chevet actuellement ?

 

Je vais juste en donner quelques-uns qui m’ont marqué, soit parce qu’ils m’ont donné envie d’écrire, soit parce qu’ils ont influés sur mon écriture. On commence par Frédéric Dard. Mon côté lyonnais chauvin, et parce qu’il est au commencement de tout. Puis il y eu Boris Vian. Je sais, c’est un sacré virage. Quoique si tu lis Et on tuera tous les affreux, les univers ne sont pas si éloignés ! Je crois que j’ai adoré sa folie, sa créativité débridée. Camus, je dirais presque évidemment. Je suis en admiration devant la beauté d’écriture de Zweig. Sinon, je retiens surtout des titres de romans, plus que l’œuvre complète d’un auteur. Le monde selon Garp de John Irving, Le parfum de Suskind, le poète de Connelly… Je rajoute Romain Gary. Je l’ai découvert sur le tard. Pour moi, un génie.

Enfin, le livre qui reposait dernièrement sur mon chevet est Tu n’as jamais été vraiment là de Jonathan Ames. En fait, j’étais curieux de savoir comment on pouvait accoucher d’un polar en seulement 90 pages. Maintenant je sais qu’il est possible d’en écrire un bon.

©PHOTOPQR/LA VOIX DU NORD/BRUNO FAVA – .PARIS LE 20/03/1991 – FREDERIC DARD (MaxPPP TagID: maxpeopleworld639768.jpg) [Photo via MaxPPP]


Quel est votre premier lecteur, ou première lectrice quand votre roman est terminé ?

 

Une lectrice. Ma femme. Je ne m’imagine pas faire lire un roman à quelqu’un d’autre avant elle.

Quels sont vos films préférés ?

 

J’ai dit que je suis fan des bandes-son de Tarantino, mais aussi de l’ambiance de ces films, même si parfois il part un peu trop en vrille pour moi. Pulp Fiction fait partie de mes films cultes. Sinon, j’adore le cinéma anglais. Ces films qui portent une humanité remarquable, avec des gars et des filles simples, durs comme leur vie d’ouvrier, de chômeur, avec parfois des gueules improbables… Des paumés, mais avec un cœur gigantesque. Des émotions qu’on ne retrouve quasi jamais dans les films Américains, ni Français. Avec en plus cet humour british inimitable. Je regarde aussi, avec toujours autant de plaisir, des films comme JFK d’Oliver Stone (qui lui aussi est un de mes réalisateurs cultes). Certains Woody Allen. Pas tous… Il y en a plein d’autre que je pourrais citer. Du cinéma d’Audiard, à un bon Bébel, les trois parrains de Copolla, Il était une fois l’Amérique de Sergio Léone, l’univers de Pierre Jeunet, la vie est belle de Benigni… Quand le père arrive à improviser, dans un baraquement d’un camp de la mort, une traduction du « discours d’accueil » d’un garde Allemand pour que son môme continue à croire qu’ils sont en vacances, et que ce gamin rigole au milieu de l’horreur et de l’incompréhension de tous les autres… C’est fabuleux, de sensibilité, d’intelligence, d’émotion.

Le concierge est curieux ! êtes vous en train d’écrire un prochain roman ?

 

Oui. J’espère pouvoir le terminer bientôt, mais il manque encore pas mal de choses pour que l’ensemble soit comme je le veux. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il va rester dans la veine du polar.

Comment as-tu trouvé ce magnifique titre de roman ?

 

Avec la couverture  (et j’en profite pour féliciter les graphistes de l’Atelier Mosésu pour celle du vacarme du papillon), le titre est la porte d’entrée d’un roman. Quelques mots pour définir l’esprit du livre, intriguer ou charmer. Pour celui-ci, je voulais un titre court qui corresponde au rythme de l’histoire, et qui traduise l’idée de départ : ces petits riens inaudibles qui peuvent être à l’origine du chaos.

Quel sera votre mot de fin pour cette interview ?

 

J’en ai deux. Bonne lecture.