Mr David Humbert pour son roman «  Karst » chez Liana Levi. 

Bienvenue sur le Divan cette semaine nous accueillions Mr David Humbert pour son roman «  Karst » chez Liana Levi. 

Un polar hydrogéologique, dans une région où il fait beau plusieurs fois par jour, David Humbert sait de quoi il parle : il est géologue

Un polar étonnant qui est vraiment réussi et très original.

Merci à Pierre Faverolle de m’avoir fait connaître ce roman vraiment très bon.

Une intrigue bien construite, du suspens, un flic sympa, de la bière, de la musique, « Karst » est un premier roman vraiment bien réussi et j’en suis sûre que cet écrivain ira loin.

Et j’en redemande de suite

Voici un résumé du roman :

 

Trop curieux, trop honnête. Pour le lieutenant Paul Kubler, la sanction est un aller simple Paris-Rouen, avec affectation dans un commissariat de quartier de la cité normande, sa ville natale. Les premiers dossiers n’ont pas de quoi faire vibrer cet ex du quai des Orfèvres: promeneurs agressés dans les bois, ouvriers en colère pour cause de plan social… Mais un matin, les robinets des Rouennais commencent à crachoter de l’eau en Technicolor. Rose pâle, puis vert fluo. Quelqu’un pollue les sources. Du ministère de la Santé à la préfecture, on met la pression: il faut éviter l’affolement des usagers et stopper la crise. À cent à l’heure sur sa vieille Honda ou suspendu en spéléo au coeur des grottes, Kubler doit à tout prix découvrir le secret des profondeurs de la craie, le secret du karst.

 

A la semaine prochaine pour une nouvelle interview.

 

 

 

Bienvenue sur le divan du concierge! Ma première question pour mieux vous connaître. Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs et lectrices qui ne vous connaissent pas ?

J’ai 44 ans et suis né en Franche Comté, dans le Doubs. Après des études de géologie à Strasbourg, je me suis installé à Rouen il y a une quinzaine d’années où j’exerçais jusqu’à cet été en tant qu’hydrogéologue. Je viens de quitter la Normandie (et fui son climat) pour venir m’installer avec femme et enfants à Marseille. Je suis passé du vert au bleu en somme.

Comment êtes-vous venu à l’écriture ?

Il y a quelques années, j’ai commencé à m’ennuyer un peu dans mon travail. Je suis retourné sur les bancs de la fac, pour passer un master de journalisme scientifique à Paris. J’ai pu faire des stages au Monde et à Science et Vie. C’est là que j’ai appris à écrire des histoires, au delà des faits scientifiques. Et un été, en vacances, je me suis lancé. J’ai été le premier surpris de voir que ça coulait, et que j’y prenais un grand plaisir. Je pense que beaucoup d’entre nous n’osent pas franchir le pas, peut-être trop intimidés par la qualité de nos lectures, la fascination devant la capacité qu’on les auteurs à nous embarquer dans leurs histoires. C’est tétanisant, bien sûr. Mais il faut se lancer, sans se mettre la pression… et sans avoir trop de prétentions.

Comment vous est venue l’idée d’écrire votre premier roman «Karst » ?

J’aime les polars documentés, qui nous plongent dans la découverte d’un milieu spécifique. Des « polars à contenu » comme dit mon éditrice. Avec l’eau et le karst, j’avais déjà toute la documentation en tête, et le décor sous les yeux. Je ne dirais pas que j’ai choisi la facilité, mais en tout cas on parle mieux de ce qu’on connaît bien. De plus, dans le milieu de la protection des ressources en eau, on doit souvent mener une véritable enquête lorsqu’on constate une pollution, pour en découvrir l’origine, remonter à sa source. C’est assez similaire à une démarche policière.

Je ne connaissais pas « l’hydrogéologie » pouvez-vous nous en parlez ?

C’est la science des interactions entre l’eau et la roche. C’est assez intuitif car la plupart du temps on est confronté à des phénomènes naturels qui ne sont pas directement observables. Mais quand ils le sont, ils nous dévoilent des merveilles, comme dans les karsts : drapés, méduses, chandeliers et autres figures de style hydrogéologiques !

Parlez-nous de votre personnage qui m’a marqué «Paul Kubler » que j’ai énormément aimé.

Pas facile. Il est né sous ma plume sans y penser. On m’a souvent demandé s’il tenait de moi… Sûrement. En tout cas je suis toujours d’accord avec lui ! Il a un regard assez aiguisé, parfois tranchant, sur le monde d’aujourd’hui et notre société. Il constate d’un air amusé certaines « aberrations », mais laisse toujours le lecteur se faire sa propre idée, au final.

Avez-vous une anecdote à partager avec nous sur votre roman ?

L’épilogue se passe à Marseille. Je l’ai écrit l’an dernier, sans savoir que j’y vivrais aujourd’hui.

Quelle musique accompagnerait le mieux votre roman ?

Impossible de faire un choix. Rap, électro, rock, jazz, j’écoute de tout et tout le temps. Pourvu que la qualité soit au rendez-vous. Mais je pense que Kubler est plutôt rock, et Hendrix lui convient bien. Ou Sonic Youth, peut-être.

 

Devient-on auteur de Polar pour exorciser ses envies de meurtre ?

Certes, j’ai des enfants et une femme… ! Sans aller jusqu’aux envies de meurtres, écrire m’a permis de mieux me connaître.

Comment écrivez-vous ? 

 Je suis plutôt efficace le matin, dans mon lit ou mon canapé, avec un bon café. C’est le cas en ce moment-même.

Quels sont vos écrivains préférés ? Et quel est votre livre de chevet actuellement ?

Comme pour la musique ou le cinéma, c’est très difficile de se restreindre et de choisir ! Outre-atlantique : Harrison, Irving, Hymes, Easton Ellis, Ellory, Liebermann. Riel, Mankell, Paasilina, Nesbo chez les scandinaves. Et Simenon, Vargas, Jonquet, Benacquista, Minard pour les compatriotes. Entre autres.

En ce moment, je lis « le club des incorrigibles optimistes », de Guenassia.

Quel est votre premier lecteur, ou première lectrice quand votre roman est terminé ? 

 Pour Karst, c’était ma compagne. Puis plusieurs amis grâce à qui j’ai commencé à croire que mon histoire pouvait intéresser un éditeur, et éventuellement trouver un public.

Quels sont vos films préférés ?

Je suis un fan de Kubrick, 2001 en tête.

Le concierge est curieux ! êtes vous en train d’écrire un prochain roman ?

 Mon installation à Marseille m’a occupé tout l’été mais je m’y mets dès la rentrée. J’ai pas mal de choses en tête, maintenant il va falloir organiser tout ça.

Quel sera votre mot de fin pour cette interview ?

Ecrire est pour moi une nouvelle expérience, et la découverte d’un nouveau milieu. Le monde de l’édition (je remercie au passage Liana Levi et son équipe, cette maison est absolument géniale, je ne pouvais pas mieux tomber), les auteurs, les salons, la presse… C’est assez grisant. Une aventure de plus, et j’espère qu’elle durera longtemps.