Mme Elsa Marpeau pour son roman « « Les Corps Brisés »Gallimard

Cette semaine sur le Divan nous accueillions sur le Divan Mme Elsa Marpeau pour son roman « « Les Corps Brisés ».

Sarah est une coureuse de rallye reconnue dans un milieu hautement macho. Un jour, lors d’une «spéciale», elle sort de route. Son coéquipier meurt sur le coup et elle se retrouve plongée dans le coma, avant de se réveiller paralysée des deux jambes. Elle intègre un centre hospitalier perdu en haute montagne, où rayonne un médecin que tout le monde surnomme le «docteur Lune».

Brisée physiquement et psychologiquement, Sarah développe une dépression paranoïaque, qui atteint son paroxysme quand la patiente qui partage sa chambre disparaît. Pour le personnel, il ne s’agit que d’une fugue, mais Sarah est convaincue qu’il n’en est rien…

 

Un Thrillers Glaçant que vous ne lâcherais pas jusqu’à la fin tellement c’est bon.

C’est avec Les yeux des morts, polar hanté déjà par des corps martyrisés, qu’Elsa Marpeau s’est faite remarquer des amateurs de polars. Elle a enchaîné ensuite avec Black Blocks, roman sur la manipulation politique, puis L’expatriée, livre à la fois onirique et cauchemardesque. En 2015, Marpeau a donné un vrai chef d’œuvre, Et ils oublieront la colère, sorte d’aller-retour entre la Libération et notre époque via des personnages féminins blessés. Avec Les corps brisés, elle s’inspire d’un fait divers pour nous donner quelque chose… de très particulier.

 

L’atrocité contée, avec talent il faut le souligner, existe-t-elle vraiment ? On n’ose l’imaginer et pourtant c’est une histoire réelle qui a conduit l’auteure à écrire ce roman noir. Inhumain, atroce, terrible, ces mots, ces maux, sont décrits avec une soif de détail dans une méticulosité froide et clinique.

Les yeux fermés je vous recommande ce magnifique roman à lire absolument.

Je vous souhaite une bonne semaine à tous .

 

 

 

 

 

Bienvenue sur le divan du concierge! 4ieme Séance de divan cette fois pour parler de ton roman « Les Corps Brisés », comment t’es venue l’idée de ce roman ?

 

Elle est venue en lisant des articles sur un faits divers survenu dans l’Yonne, connu sous le nom des « torturées d’Appoigny ».

 

Justement en lisant ton roman, « Le Corps » est le thème primordiale, je m’explique : Un corps, rivé à la machine de course, des machines qui bipent et clignotent rivées à un corps abîmé, et le corps martyre.

 

Oui, le roman décline les thèmes du corps – brisé, martyrisé mais résilient. Dans ce livre, il est comme le roseau qui plie mais ne cède pas.

Parle nous de ton héroïne « Sarah », j’ai énormément aimé ce personnage complexe.

 

C’est une coureuse automobile, une fille dopée à la vitesse, à l’ici et maintenant, qui se retrouve immobilisée, clouée au sol. Le roman raconte l’histoire de son « évasion », imaginaire et réelle.

 

Puis il y a les autres personnages : Alexandre Ladoux,Luc Ferrier et Le Docteur Lune, parle nous de ces personnages.

 

Ils symbolisent chacun une tentation de Sarah : Luc Ferrier, c’est le corps, le corps-machine, qu’on démonte ou qu’on répare ; Le Docteur Lune symbolise l’esprit ; Alexandre est l’amour. Chacun de ses hommes joue un rôle spécifique dans le parcours initiatique de Sarah.

Dans les Yeux des Morts on retrouvait déjà cette atmosphère, non ? Tu aimes ces lieux pour quelles raisons ?

 

J’aime les lieux d’enfermement, les lieux cachés, à l’abri du monde, à la fois très banals (le centre, l’hôpital) et pourtant inconnus. J’aime la dualité de ces endroits qui réparent mais sont parfois d’une rare violence, comme les urgences de Lariboisière.

 

Un sujet difficile, le handicap que tu traites vraiment bien, es-tu satisfaite de la façon dont tu parles du handicap ?

 

Je crois que c’est au lecteur de le dire. Au-delà du handicap, mon but est de traiter de la violence sociale tout court. Sarah est une victime, la plus fragile qui soit car elle est paraplégique. C’est le cas à Appoigny où les victimes, sous la protection de la société et déficiente mentale, ont été enlevées et torturées.

As tu une anecdote sur ton roman à partager avec nous ?

 

Avant de publier ce livre, j’en ai écrits (et jetés) intégralement trois autres.

 

Quelle musique accompagnerait ton roman ?

 

Where the Wild Roses Grow, de Nick Cave & the bad seeds.

 

Devient-on auteur de thrillers pour exorciser ses envies de meurtre ?

 

Je ne veux pas m’avancer pour les autres. Mais dans mon cas, certainement !

 

Le concierge est curieux ! Es-tu en train d’écrire un nouveau roman ?

 

Oui. Il va s’intituler « La Double Vie de Charles Berrier ». Mais je ne peux pas en dire plus.

Quel est le roman que tu lis actuellement ?

 

Je relis Le Talentueux Mister Ripley de Patricia Highsmith.

Fidèle à la Série Noire (5ème roman publié), comment vois-tu cette maison d’édition (son évolution) ?

 

L’arrivée d’une femme à la tête de la Série Noire est certainement une bonne nouvelle, mais c’est à elle de déterminer quelle sera sa ligne.

As-tu un écrivain qui pour toi est une référence, qui t’a donné envie d’écrire ?

 

Qui m’ait donné envie d’écrire ? Céline, Faulkner, Rimbaud, Baudelaire, Verlaine, Nerval.

Quel sera ton mot de fin à cette interview ?

 

Ce ne sera pas le mien, mais celui de Marcel Proust : « La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c’est la littérature. »