Syndrome de Stockholm de Mr Philémon Le Bellégard

Bonjour à tous, cette semaine sur le Divan du Concierge Masqué nous allons traiter un patient très particulier, et oui quand vous découvrirez le titre de son roman vous saurez qu’il est obligé de faire séance sur mon Divan.

Syndrome de Stockholm de Mr Philémon Le Bellégard

Je me suis laissé emporter avec délice dans l’aventure de Stendriëk Börgen et de son Khalinek de mécène. Tombé sous le charme d’Anna James, j’ai adoré la complexité et l’ambiguïté des personnages dont on se demande si on doit les haïr, les plaindre, les admirer ou les craindre et bien entendu on passe facilement de l’un à l’autre de ces sentiments au fur et à mesure que se déroule le scénario du film qu’on ne peut s’empêcher d’imaginer, c’est vraiment très très fort. Je ne reviens pas sur l’apothéose finale pour ne rien dévoiler. Je tire un grand coup de chapeau à l’auteur de ce premier roman qui n’a rien d’un amateur, et je vous encourage fortement à vous précipiter sur ce livre et je compte sur vous pour me dire vos impressions.

Et pour les maisons d’édition souvenez nous de ce nom j’en suis que l’on en reparlera de ce brillant écrivain.

 

Voici le résumé de son roman :

 

De Stockholm à Los Angeles, Stendriëk Börgen, artiste suédois génial et mystérieux, entretient une relation occulte avec Enstenov Khalinek, puissant homme d’affaires aux méthodes discutables. A l’apogée de sa carrière, Börgen dévoile son grand œuvre, un ensemble monumental de plus de 3 000 toiles occupant la gigantesque Gallery of the Immortality du Titanium Palace de Los Angeles. 

Börgen et Khalinek jubilent, mais aussitôt surviennent de nombreuses questions : quels liens unissent vraiment les deux hommes ? Comment une telle entente, aussi inattendue que suspecte, est-elle possible ? Quelle est cette étrange matière dont les œuvres sont faites… ?

Anna James, journaliste et critique d’art de haute renommée, se retrouve malgré elle au centre d’une histoire qui dépasse le monde de l’art. Elle va en effet découvrir que, derrière la création et le travail de Stendriëk Börgen, se cachent de sombres vérités…

 

Je vous souhaite une bonne semaine de lecture et vous donne rdv la semaine prochaine pour une nouvelle interview.

 

 

 

 

 

Bienvenue sur le divan du concierge ! Ma première question pour mieux vous connaître. Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs et lectrices qui ne vous connaissent pas ?

 

Je suis d’origine Bretonne, j’ai 42 ans et je vis à Paris depuis vingt ans. Je me sens citoyen du monde mais j’ai aussi des attaches très fortes en Anjou où j’ai passé une partie de mon enfance. Je travaille dans le numérique, secteur qui me passionne par la révolution qu’il a entraîné depuis plus de 20 ans dans la Société. Mais ma personnalité profonde est celle d’un narrateur : je souhaite raconter des histoires depuis que je suis tout petit.

 

Comment êtes-vous venu à l’écriture ?

 

Je suis fils unique et, dès le plus jeune âge, pour m’occuper, j’ai toujours beaucoup fait travailler mon imagination. J’ai commencé à écrire vers l’âge de 10 ans mais c’est surtout au lycée que cela a commencé à se structurer et à devenir vital. Alors j’ai fait des études de lettres modernes, durant lesquelles j’ai écrit plusieurs textes, avant de m’orienter vers le numérique dont les perspectives étaient très prometteuses. J’ai tout de suite trouvé un travail et j’ai continué à écrire sur mon temps libre.

 

Comment vous est venue l’idée d’écrire « Syndrome de Stockholm » ?

 

J’ai un projet littéraire qui consiste à raconter plusieurs histoires autour d’une même idée conceptuelle (mais évidemment pas autour du même canevas littéraire ni du même thème). Le concept de chaque histoire repose sur un personnage obsessionnel qui par absolue nécessité ou totale folie va pousser à l’extrême une expérimentation que la société toute entière ne peut envisager voire accepter, et qui va déranger profondément cette société (et je l’espère le lecteur !). « Syndrome de Stockholm » raconte une expérimentation artistique qui vient bousculer l’Art tout entier et l’image positive que l’on a habituellement de l’Art et de l’Artiste. Plus globalement je voulais créer une situation dans laquelle l’Art et l’amour de l’Art peuvent prendre le pas sur la raison et l’humanité des personnes. Et un jour, il y a plusieurs années, l’idée du personnage de Stendriëk Börgen est née, avec sa dimension de Monstre Sacré de l’Art.

 

Pouvez-vous nous parler du parcours du combattant du roman niveau autoédition pour être publié ?

 

En 2011, j’ai envoyé mon roman par la Poste à une vingtaine de maisons d’édition, les plus connues. J’ai eu rapidement vingt lettres de refus sans aucun motif argumenté. J’ai demandé que l’on me retourne les manuscrits, et ils me sont revenus intacts, sans aucune empreinte digitale sur la couverture plastique, sans aucune tache, sans aucune page froissée ou abîmée. Simultanément, mon meilleur ami a entamé des discussions avec une maison d’édition pour le roman qu’il avait écrit. Ils l’ont fait retravailler plusieurs fois puis finalement lui ont dit qu’il ne serait pas publié. Déçu par ces deux expériences et totalement désabusé, j’ai renoncé à chercher un éditeur. Alors le manuscrit a dormi quelques années durant lesquelles l’auto-édition a considérablement augmenté grâce au numérique. Encouragé par plusieurs de mes amis qui avaient lu « Syndrome de Stockholm », j’ai retravaillé plusieurs fois le texte pour finalement m’auto-éditer chez Librinova fin 2016. Je suis très heureux de l’avoir fait car au final j’ai eu d’excellents retours des blogueurs à qui je l’ai fait parvenir et des premiers lecteurs. Le plus dur maintenant est de faire connaître mon roman. Heureusement qu’il existe des blogueuses et des blogueurs comme le Concierge Masqué pour faire un énorme de travail de découverte et de promotion des auteurs auto-édités auprès des communautés de lecteurs curieux.

Pourquoi avoir choisi l’univers de l’art, de la peinture pour le thème de votre roman ?

 

Je m’intéresse beaucoup à l’Art. Grâce à ma Maman, j’ai eu la chance de visiter très jeune des expositions de peinture ou de sculpture. Je me suis, par la suite, beaucoup intéressé à la photographie, à l’art vidéo, au cinéma d’art et essai. La création artistique est fascinante car sans limite théorique. Seulement des limites matérielles, financières ou morales. C’est l’anéantissement de ces limites que j’ai voulu mettre en scène dans « Syndrome de Stockholm » pour montrer ce que pourrait être l’Art si ceux qui le conçoivent ou le financent, ne se donnaient plus aucune limite morale.

Le fil conducteur de ce thriller c’est les personnages humains dans tout ce qu’ils peuvent avoir de tordu et d’horrible, parlez-moi des personnages de votre roman.

 

C’est le personnage de Stendriëk Börgen, le Peintre, que j’ai imaginé en premier, car il est le pilier de tout le récit. C’est autour de lui que tout gravite. C’est par lui que les limites morales, dont je parlais précédemment, s’abolissent. C’est un Génie au sens artistique, d’une profonde sensibilité, mais il est tellement absorbé par sa volonté de créer quelque chose de plus grand que lui, qu’il ne se met aucune barrière et donne cours progressivement à une folie toute personnelle que nul ne peut comprendre. Excepté peut-être son Mécène, Enstenov Khalinek, qui est de la même trempe. C’est un businessman, aux origines assez troubles, qui pour réussir s’est affranchi de beaucoup de règles. Lui aussi souhaite créer quelque chose de plus grand que lui : un Empire, un Nom pour l’Histoire, une collection d’art…Et c’est dans cette folie à la fois constructrice et destructrice que leur association va fonctionner et s’amplifier jusqu’à la démesure. Ils vont nourrir tous les deux un phénomène d’interdépendance extrême qui va les conduire à créer un grand Œuvre hors du commun dans tous les sens du terme. Enfin, il y a Anna James, journaliste et critique d’Art, qui, malgré elle, va être enrôlée par Khalinek pour devenir le biographe officiel du Peintre et la commentatrice de l’œuvre. Elle est fascinée par l’Œuvre et l’Artiste mais ce qu’elle va découvrir dépasse tout ce qu’elle a pu imaginer. Dans ce trio, chacun est otage des deux autres, sur de multiples plans et avec des variations émotionnelles positives ou négatives. De leur humanité fragile va sortir leur part d’animalité voire de bestialité qui va contribuer à exacerber leurs relations, leurs émotions et accélérer leur destin.

Avez-vous une anecdote à partager avec nous sur votre roman ?

 

J’avais commencé à écrire Syndrome de Stockholm – j’en étais déjà environ à la moitié et avais déjà toute la structure de l’histoire – quand, ma Maman qui est peintre me montre une nouvelle série de toiles qu’elle avait peintes : des œuvres réalisées avec de la peinture à l’huile rouge ! Elle n’était absolument pas au courant de l’histoire que j’écrivais et ceux qui ont lu ou liront mon roman comprendront le choc que j’ai pu ressentir. La couverture de « Syndrome de Stockholm » est donc tout naturellement illustrée par une œuvre de ma Maman, Louisette Tual, intitulée « La Passion : la Mort ou la Création ». Par un heureux hasard, tout « Syndrome de Stockholm » est synthétisé dans cette toile !

Quelle musique accompagnerait le mieux votre roman ?

 

De la musique classique symphonique sans aucun doute. Plutôt celle de compositeurs très lyriques, sur des thèmes vifs et toniques, car rien n’est jamais calme dans mon roman. Et puis cela doit être une musique visuelle, car, en raison du thème du roman, la musique doit être évocatrice des scènes, des toiles, des paysages ou des décors. Alors une play-list pourrait contenir les œuvres symphoniques de Stravinsky, Moussorgski, Rimski-Korsakov, Khatchatourian, Honegger, Philip Glass, Wagner…

Devient-on auteur de Thrillers pour exorciser ses envies de meurtre ?

 

Au risque de surprendre mes lecteurs, je suis profondément un non-violent, et la violence me terrifie et me révolte. D’ailleurs, il y a très peu de morts violentes dans « Syndrome de Stockholm ». En réalité, j’écris plutôt pour exorciser mes peurs. Je suis assez paranoïaque dans la vie et mon imagination favorise largement cette tendance.

 

Comment écrivez-vous ?

 

J’écris surtout quand je voyage, car c’est un moment où je parviens à m’extraire des contingences matérielles et professionnelles. Cela peut être dans un train, dans un avion, dans un hôtel, sur une plage… La destination a peu d’importance, c’est le temps libre, ce temps en suspens qui est important et qui me permet de donner vie à mon imaginaire. Evidemment, l’absence de régularité ne me permet pas d’être prolifique, mais qui va piano va sano…

 

Quels sont vos écrivains préférés ? Et quel est votre livre de chevet actuellement ?

 

La liste pourrait être très longue mais disons que j’ai des goûts assez classiques. Pour le XIXème siècle, Hugo, Zola, Barbey d’Aurevilly, Flaubert, Maupassant sont mes préférés. Pour le XXème siècle, un pan classique avec en figures de proue Duras, Sagan et un pan fantastique / anticipation avec Barjavel, Robert Merle, Kafka, Borges, Dan Simmons. Pour le XXIème siècle en train de s’écrire, Philippe Besson, Amélie Nothomb, Laurent Gaudé. Mais je lis beaucoup moins depuis une dizaine d’années par manque de temps mais aussi parce que j’ai beaucoup de mal à écrire en parallèle de la lecture de roman. J’ai la crainte que cela parasite mon imaginaire et mon écriture. Ceci dit, le dernier roman que je viens de lire et que j’ai beaucoup aimé est « Arrête avec tes mensonges » de Philippe Besson.

Quel est votre premier lecteur, ou première lectrice quand votre roman est terminé ?

 

Ma Maman car j’ai une confiance absolue dans son regard. Puis ensuite mes très proches amis qui sont d’une grande bienveillance. Tous m’ont aidé à aller jusqu’au bout du processus d’autoédition pour que « Syndrome de Stockholm » existe comme roman.

 

 

Quels sont vos films préférés ?

 

Je suis très cinéphile (j’ai vu beaucoup plus de films que lu de romans) et très éclectique. Ce que j’aime avant tout, c’est être transporté dans une histoire que je n’aurais pas pu inventer, une histoire qui me surprenne et que ce soit servi par une bonne réalisation, de bons acteurs et une bonne musique. Parmi mes films préférés dans des genres très très différents : dans la veine classique « Lawrence d’Arabie », « Citizen Kane », « Les Oiseaux », « A bout de souffle », « Un ange à ma table », « la liste de Schindler ». Dans la veine futuriste, « THX 1138 », « 2001 l’odyssée de l’espace », « Solaris », « Blade runner », « Bienvenue à Gattaca » et bien sûr l’incontournable « E.T. ».

 

Le concierge est curieux ! Etes-vous en train d’écrire un nouveau roman ?

 

Oui, tout à fait. Ce nouveau roman s’inscrit, comme je le disais précédemment, dans mon projet littéraire de narrer des expérimentations extrêmes. Il sera très différent de « Syndrome de Stockholm », mais il devrait être également assez dérangeant et faire réfléchir sur de nouvelles limites morales de notre société.

 

Quel sera votre mot de fin pour cette interview ?

 

Merci énormément au Concierge Masqué de m’avoir inclus in extremis dans la sélection du Prix du balai de diamant et de me donner l’opportunité aujourd’hui de faire connaître mon roman « Syndrome de Stockholm » grâce à cette interview. J’espère que cela donnera envie de le lire.