« La Mauvaise Pente » de Mr Chris Womersley chez Albin Michel Edition

Bonjour à vous tous, cette semaine je vous emmène rencontrer un écrivain Australien. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir l’interviewer, j’ai osez le contacter par Facebook pour savoir s’il voulait bien répondre à mes questions et il a dit oui avec plaisir !

Cette semaine sur le Divan du concierge j’ai l’immense honneur de recevoir Mr Chris Womersley pour son roman «  La Mauvaise Pente » chez J’ai Lu Edition.

 

Trio de bras cassés marchant vers le désastre, Lee, Wild et Joseph sont les anti-­héros de l’Australien Chris Womersley. Lee, 20 ans, vient de prendre une balle dans le ventre. Wild, ex-médecin rongé par la drogue, l’aide sans conviction. Le vieux Joseph, gangster roumain fatigué, est à la poursuite de ces hommes pour une vague affaire d’argent. Rien de novateur dans cette fiction, et pourtant l’intensité dramatique, la composition narrative, l’écriture tendue font de cette Mauvaise Pente un roman noir d’une grande beauté esthétique et charnelle. Dans un décor de motel écaillé, de gare de triage fantomatique ou de cabane déglinguée, ces hommes se débattent sans conviction. Chris Womersley décrit l’incapacité à vivre comme à fuir de ces trois enfants perdus, qui se refusent d’imaginer un avenir tant ils sont englués dans ce décor de bout du monde. Commencé comme une road story, le roman s’achève ainsi en un admirable huis clos ténébreux.

 

Je vous laisse avec l’auteur et vous souhaite une bonne semaine.

 

 

Bienvenue sur le divan du concierge! Ma première question pour mieux vous connaître. Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs et lectrices qui ne vous connaissent pas ?

 

Je te remercie pour ton intérêt. J’ai 49 ans et je vis à Melbourne, avec ma femme et mon fils. J’ai écrit 3 romans, tous traduits en français- Les Affligés, la Mauvaise Pente et La Compagnie des Artistes. Mon quatrième roman, City of Crows, – qui se déroule en France en 1673-, sortira en Australie en Septembre 2017. J’adore la France et j’y ai fait de nombreuses visites ces dernières années, pour des festivals, et pour faire des recherches pour City of Crows.

 

 

Comment êtes-vous venu à l’écriture ?

 

C’est une question difficile. Je pense que j’ai toujours compris le monde par le biais de la littérature. Il y avait beaucoup de livres dans la maison où j’ai grandi et j’ai toujours beaucoup lu. Il me semblait naturel de vouloir entrer dans le monde de la littérature, même par la petite porte.

 

 

Comment vous est venue l’idée d’écrire « Mauvaise Pente » ?

 

Ce qui a engendré La mauvaise pente dans mon esprit est l’image du personnage de Lee en train d’écouter des gens parler dans la pièce d’à coté. Il est seul et désespéré et il a fait quelque chose de terrible, même s’il a l’air d’un jeune homme innocent.

Strassenschild Känguruh

 

Ma question est liée au style. Pourquoi avoir choisi cette narration sans dialogue marqué. Une façon de faire entrer le lecteur dans l’histoire ?

 

Merci. Wild aussi est un homme qui a fait de terribles choses et il ressent une intense culpabilité pour ses actes. Il est plus âgé que Lee, et plus sage, et il voit en Lee une occasion de sauver une vie et d’obtenir sa propre rédemption.

 

 

Et puis il y a « Josef » Le méchant superstitieux, pouvez-vous nous en parler ?

 

Créer un personnage comme Joseph est très intéressant. Comme Wild, il est plus âgé que Lee et il représente peut-être la vie que pourrait avoir Lee s’il arrive à changer sa manière de vivre. Il est le futur auquel Lee peut s’attendre.

 

Avez-vous une anecdote à partager avec nous sur votre roman ?

 

Humm ….. ça fait tellement longtemps que je l’ai écrit ! Il m’a fallu plusieurs années pour écrire et faire publier La mauvaise pente. J’avais presque abandonné l’idée de le faire publier, parce que les éditeurs n’aimaient pas la fin.

 

 

Quelle musique accompagnerait le mieux votre roman ?

 

Pendant que j’écrivais La Mauvaise Pente, j’écoutais beaucoup la musique du film de Jim Jarmusch, Dead Man. La musique, de Neil Young, est à la fois belle et terrifiante- et j’espère que c’est ce que ressentent les lecteurs à la lecture de La mauvaise Pente.

 

 

Devient-on auteur de Polar pour exorciser ses envies de meurtre ?

 

C’est une bonne question. Je ne pense pas que ce soit le cas me concernant, mais c’est peut-être le cas pour certains auteurs.

 

 

Pouvez-vous nous parler du prix Ned Kelly que vous avez gagné pour votre roman « mauvaise Pente »

 

ça a été une merveilleuse expérience. Le polar est très bien représenté en Australie et ce fut un véritable honneur de gagner ce prix.

 

Vous êtes le premier romancier Australien que je lie, comment se développe le polar en Australie, y a-t-il des salons comme en France ?

 

Le polar est populaire en Australie., comme partout, mais La mauvaise pente est le seul « polar » que j’ai écrit. Il y a des festivals ici. Le Crime and Justice festival, par exemple. Tes lecteurs aimeraient les romans de Peter Temple, Emma Viskic ou Lenny Bartulin .

 

 

 Pouvez-vous nous parler de votre roman « La Compagnie des artistes » ?

 

C’est l’histoire d’un jeune homme nommé Tom Button, qui emménage dans un immeuble appelé Cairo à Melbourne (il existe réellement et il est juste au coin de l’endroit où je vis actuellement). Là, il rencontre une groupe d’artistes bohêmes qui enrôlent Tom pour voler à la National Gallery un tableau de grande valeur peint par Pablo Picasso, La femme qui pleure. Le vol de cette peinture a réellement eu lieu. Il est resté non résolu et personne n’a jamais été condamné.

 

Comment écrivez-vous ?

 

J’essaie de m’astreindre à des « horaires de bureau », plus ou moins. J’ai un petit bureau que je partage avec ma femme- qui est directrice de théâtre- dans un ancien couvent, et je m’y rends plusieurs fois par semaine pour y travailler la journée. Parfois je travaille la nuit sur la table de la cuisine. Je n’ai pas les moyens d’acheter une maison assez grande pour avoir un bureau à domicile !

 

 

Quels sont vos écrivains préférés ? Et quel est votre livre de chevet actuellement ?

 

J’aime beaucoup d’auteurs très différents. Gabriel Garcia Marquez, Don DeLillo, John Cheever, Donna Tartt, Marguerite Duras. En ce moment, je lis Transit par Rachel Cusk, et c’est excellent.

 

Quel est votre premier lecteur, ou première lectrice quand votre roman est terminé ?

 

En général, ma femme lit mes romans quand ils sont prêts à être lus.

 

 

Quels sont vos films préférés ?

 

J’aime toutes sortes de films. J’aime Le bon, la brute et le truand. J’aime L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford. J’aime Trainspotting. J’aime La ligne rouge. Un des films qui m’ont inspiré pour l’écriture de La mauvaise pente est Le samouraï, avec Alain Delon.

 

Quel sera votre mot de fin pour cette interview ?

 

Merci beaucoup de ton intérêt pour mon travail. J’espère que mon prochain roman sera disponible en français très bientôt pour que je puisse revenir en France en 2018.