Mr Olivier Sourisse pour son roman Cortèges chez Éditions Itrana

Il écrit pour le théâtre avec plusieurs pièces à son actif, en 2016, sort aux Éditions Itrana le roman Cortèges son premier roman.

J’ai l’honneur d’accueillir sur le Divan Mr Olivier Sourisse.

Olivier Sourisse aime les mots, son roman en est pétri. Très riche, il n’est pas d’un abord facile, mais il faut persévérer. Il doit se laisser apprivoiser peu à peu.

C’est un thriller, mais une fable aussi, sur la vie, l’amour, la mort. La mort surtout, qui obsède Mike, persuadé qu’il est rongé par un cancer ; celle d’un grand nombre de personnages, qui petit à petit viennent grossir les rangs du « cortège » qui donne son nom au roman. Jusqu’aux animaux que Mike aime par-dessus tout et qui sont, en fin de compte, ses plus fidèles compagnons. Ajoutez à cela un voyage entre les USA et la France, une galerie de personnages hauts en couleur.

Un roman Formidable qui sort du lot, et, je continuerai à suivre cet écrivain de talent.

Voici le résumé du roman :

Mike, la quarantaine en crise, tourmenté par une hypocondrie inspiratrice, décide de consulter un éminent virologue. Cette rencontre singulière bouleverse le cours de son existence et le précipite dans l’univers déjanté du couple formé par le docteur Ernst Richmond et sa femme Charlène, succube incarnée.

 

Une danse macabre effrénée l’entraîne alors de San Francisco à Roscanvel, en Bretagne. Emporté dans ce noir tourbillon, il devra abandonner le regard détaché qu’il portait sur sa vie et le monde pour se jeter à corps perdus dans la violence et la cruauté de l’époque contemporaine. Perdre jusqu’à son identité, son âme, ses amours, ses amis, même en voyageant dans les paradis artificiels, croire tout perdre pour répondre à une vocation d’écrivain. Mais accepter avant tout l’intrusion des spectres.

Je vous souhaite une bonne fin de semaine à tous.

 

 

 

Bienvenue sur le divan du concierge! On m’a dit que votre roman c’était un truc de fou alors Ma première question pour vous analyser me permettre de mieux vous connaître. Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs et lectrices qui ne vous connaissent pas ?

 

Auteur, matricule numéro… non, je plaisante J La vérité, c’est qu’il est pour moi difficile de se présenter, car voici-là un art délicat que je ne maîtrise pas, préférant mettre en avant mes écrits. Mais quand même, il vous faut une réponse, n’est-ce pas ?… Alors voilà, je suis né à Nantes, ville des audaces et de Jules Verne, aux abords des années 70. Entre la Loire et l’Erdre, j’y ai passé une enfance tranquille avant de prendre mon envol, notamment pour l’Angleterre, et surtout les mondes imaginaires, je dirai vers 2011, après avoir fait des métiers divers et variés, comme fleuriste, postier, employé libre-service… Enfin, à ce jour, deux romans publiés, Cortèges et le tout dernier Crucifixions, 1er tome d’une trilogie policière Crimes chez les Mordus, à paraître fin février 2017.

 

 

Comment êtes-vous venue à l’écriture ?

 

Déjà petit, mon imaginaire débordait sur le quotidien. Il fallait que j’extraie des gens réels ; famille, amis, pour les croquer sur des nappes en papier, durant les longs dimanches d’hiver. Nappes qui allaient à la poubelle ensuite. À une époque ou je dessinais beaucoup, m’improvisant cartographe, surtout d’îles peuplées de pirates. Puis, les années ont passé, j’ai grandi, mûri sans perdre mon désir de réinventer ma vie. Si je n’avais pas été dyslexique sévère, dyslexie décelée sur le tard, peut-être que l’on ne m’aurait pas orienté vers la voie de la floriculteur. C’est important pour moi de le dire, car combien de destins sont passés à côté de leurs désirs, en raison d’une profonde méconnaissance de ce sujet. Mais attention, j’ai adoré aussi ce métier… Bref, c’est en 2010 que le besoin d’écrire est revenu me titiller, comme lorsque l’on ressent que quelque chose est vital. D’abord en m’acharnant sur un premier roman, non publié, sorte de laboratoire d’écriture. J’y mêlai fantastique et thriller, m’essayant à des styles, cherchant ce qui me paraissait naturel à l’écrit. Long processus qui perdurera toujours. Puis, constatant mon goût pour les dialogues, je me suis logiquement laissé tenter par le théâtre. Depuis, je combine les deux. Avec la chance que ces deux écritures aient touchés et des lecteurs de roman et des spectateurs.

 

Comment vous est venu l’idée d’écrire «Cortèges » ?

 

Bien que jovial et aimant la vie, la mort m’a toujours hanté. Voir obsédée. Très tôt, j’ai eu conscience de son importance, qu’elle allait toucher les êtres chers. Aussi, puisque je me suis dit qu’elle était inéluctable, il fallait que je m’en empare comme une pâte malléable pour l’esprit. En faire un jeu, la tourmenter parfois. Et quoi de mieux, j’ai pensé, que de l’inscrire dans mes histoires. Avec Cortèges, je crois que j’ai exorcisé la perte parfois douloureuse d’un être aimé. Mais aussi, parce que j’aime traiter le cynisme chez les gens, j’en ai fait un livre plein de rebondissements, allant gratter au cœur de l’âme les noirceurs des gens, révélant de surcroît la farce qu’ils jouent sans même sans rendre compte. En somme, Cortèges, je l’ai voulu comme une passerelle entre ces mondes, avec la possibilité de choisir sa vie.

Je voudrais que vous nous parliez d’un de vos personnages que vous avez réussi magistralement «Mike ». Comment l’avez-vous créé ?

 

Mike, c’est un être double. Journaliste et auteur de roman. Autant dire, un être solaire et sombre. Et à ce titre, puisque double, il est perclus de certitudes et de doutes. Certitudes en tant que journaliste d’investigation ; doutes, comme tout auteur possède. Le tout mâtiné d’une couche d’hypocondrie. Un mal de plus en plus répandu, là aussi doublé d’un manque de confiance en soi, ce qui en amour fait des ravages. En fait, Mike, c’est un peu mes failles et ma volonté. C’est moi sans être moi. C’est nous tous sans l’être.

 

« Obsessions de la mort » qu’est ce qui vous plait dans ce thème ?

Le mystère. Indéniablement le mystère. Mais pas celui qui s’achève avec la mort, justement. Non, pour moi, la mort, c’est un voyage dont on ne connaît pas la destination. L’esprit est suffisamment retors pour nous faire croire l’inverse. Dans la mort, ce que j’aime, c’est le no limite, la farce avec laquelle elle s’emploie à nous faire disparaître. En somme, on a joué en naissant, on va encore jouer en mourant. Sauf qu’au début, on croit gagner, et qu’à la fin, on signe notre perte. Et c’est là que je me dis, et si c’était l’inverse ? D’où mon inlassable questionnement de ce thème dans mes écritures.

 

Parlez Nous de « la Richmond » je ne risque pas de l’oublier ?

 

Alors, là, celle-là, c’est un cas ! Je l’avoue. Démoniaque, assurément mais pas que. Ce que l’on croit chez elle être l’antithèse du bien est, selon moi, une faille énorme. C’est tout à fait l’exemple de l’ambitieuse née dans une famille modeste qui pour gravir les échelons, pense qu’il faut « tuer ». Ou plus précisément, amène à faire tuer son ennemi. Sauf que l’excès, comme dans tout comportement, provoque une infertilité du bonheur, à l’image de son si tardif et forcé rôle de mère. Je dirai qu’il y des destins qui basculent du mauvais côté si violemment qu’ils ne peuvent que se perdre, dépassés par eux-mêmes à tel point qu’ils oublient qui ils sont. Dans Cortèges, la Richmond incarne parfaitement cette perdition de soi.

 

Avez-vous une anecdote à nous raconter sur votre roman ?

 

Oui, j’en ai une. Elle vaut ce qu’elle vaut, mais je dois dire que c’est une remarque qui revient souvent. C’est celle qui consiste à vouloir croire que le jeune homme sur la couverture, c’est moi quand j’étais jeune.

 

Quelle musique accompagnerait le mieux votre roman ?

 

Alors là, c’est une question qui tombe bien, parce que je suis très musique ! D’où le dilemme pour moi que de devoir donner un thème ou le nom d’un artiste. Ce que je peux dire, c’est que j’ai beaucoup écouté George Michael (paix à son âme), Christophe, Christine and the Queen et bien sûr Reinhold Heil, le compositeur du film Le Parfum. D’ailleurs, pour qui cela intéresse, j’ai mis la playlist sur le site du roman. http://corteges-le-roman.com

 

Devient-on auteur de thrillers pour exorciser ses envies de meurtre ?

 

Rrohhhh, quelle étrange question de psychopathe ! Blague à part, je crois que cela fonctionne chez certains. On pourrait dire que cela sert de garde-fou. Oui, c’est bien possible.

 

Pouvez-vous nous parler de votre prochain roman?

Il va s’agir du 1er tome de la trilogie policière Crimes chez les mordus, et dont le titre sera Crucifixions. Si j’ai choisi ce thème pour la série, c’est pour une raison bien particulière. Sans les groupes des lecteurs sur Facebook, Cortèges n’aurait pas été remarqué. Sans l’un d’eux plus particulièrement, Les Mordus de Thrillers. Je crois sincèrement qu’il n’y a pas plus mordu qu’un lecteur et une lectrice de ce genre. Ils sont endiablés, viscéralement endiablés ! Aussi, j’ai parcouru le profil de certains, de ceux qui en sont à l’origine, de ceux, enfin, qui sont devenus des fans de Cortèges. On va dire que c’est ma marque d’amitié. Mais attention, Crucifixions n’est pas là pour faire de l’angélisme. Plus précisément, c’est le parcours initiatique d’un criminel qui, pour conjurer ses crimes commis lorsqu’il était enfant, cherche la rédemption à travers son œuvre christique. Et pour laquelle, il lui faudra trouver une Sainte à crucifier et douze jeunes apôtres à sacrifier, dont, parmi eux, des Mordus. Mordus que l’on retrouvera notamment dans l’équipe de la Police Judiciaire en charge d’arrêter le Crucifieur.

 

 

Pouvez-vous nous parler de votre pièce de théâtre « Stavanger »

 

Stavanger, c’est une pièce sur la réconciliation sous forme de thriller. Je le dis parce que des lecteurs de Cortèges sont venus la voir au Festival d’Avignon. Et que pour eux, c’est une évidence. En quelques lignes, c’est l’histoire de l’avocate Florence Bernstein qui veut convaincre Simon, un jeune homme, de ne pas rester allongé sur les rails du quai n° 5. Et parce qu’elle y arrive, il la suit chez elle. C’est alors qu’ils vont se découvrir un intérêt commun : Stavanger, une ville portuaire de Norvège. Oui, mais voilà, quelle est l’origine de ce point commun ? C’est en tentant de répondre à cette question, qu’ils vont s’engager dans une nuit pas si ordinaire que ça.

 

Comment écrivez-vous ?

 

D’emblée, ma dyslexie m’impose une très grande concentration. Donc, lors de la phase 1 de l’écriture, c’est silence radio autour de moi. Après, je n’ai pas d’heure. Ce qui agit sur mon écriture, c’est la couleur du ciel. Gris, sombre, noir, cela signifie écriture de roman. Éclaircie, journée longue, ensoleillée, signifie écriture de pièce de théâtre. Dans ces phases, je dors en moyenne 4 à 5 heures. Une sieste de 20 minutes dans la journée. L’exception concernant le bruit vient quand je suis en réécriture, là, je peux m’installer à une terrasse de café. Là, il peut y avoir un tremblement de terre, pas sûr que je le remarque.

 

Quels sont vos écrivains préférés ? Et quel est votre livre de chevet actuellement ?

 

Truman Capote, avec De sang froid ; Le Parfum de Patrick Süskind… En livre de chevet, je viens de finir Le lecteur de cadavres, d’Antonio Garrido. Excellent, pour ma part. Oscar Wilde avec Le portrait de Dorian Gray…

 

Quel a été votre premier lecteur , ou première lectrice quand votre roman fut terminé ?

 

Ma voisine. Elle me suit sur Facebook. Elle a sonné un midi, et a voulu que je le lui dédicace ! Une surprise merveilleuse.

Quels sont vos films préférés ?

 

Les films classiques noir comme Psychose et Rebecca. Les neo-noir : Taxi Driver, Seven… Les fantastiques : Les seigneurs des anneaux, Harry Potter… Et les séries, Fargo, Hannibal, Games of Throne. Mais aussi historiques, poétiques, biopics : Oscar Wilde.

 

Quel sera votre mot de fin pour cette interview ?

 

J’aimerai que ce soit inlassablement le début d’une aventure, pour qu’elle ne s’achève pas, qu’elle ait des perspectives de grandir, de me faire rencontrer des lectrices et lecteurs passionnés et passionnants. Si écrire est un acte d’isolement, voir égoïste, il n’en demeure pas moins qu’il prend tout son sens au contact des autres. Alors, merci. Voilà, oui, c’est ça, un seul mot merci à tous !

http://olivier-sourisse.fr

http://corteges-le-roman.com

Bonne soirée à vous