Mr Philippe Beutin pour son roman « Jeux de Dames » chez Editions du Cairn

Bonjour à tous, cette semaine sur le divan nous accueillions Mr Philippe Beutin pour son roman « Jeux de Dames » chez Editions du Cairn.

Automne 2013 : Le banal détournement d’un avion se rendant à Rome, détourné sur Toulouse à cause du mauvais temps permet la rencontre fortuite entre Mitch Fergusson, richissime publicitaire américain, et Corinne, veuve, la quarantaine, travaillant dans l’aéronautique. Il ne se passe rien lors de cette rencontre mais le businessman n’a jamais pu l’oublier et demande, un an plus tard, à un privé de retrouver sa trace.

Septembre 2014 : Mitch et Corinne, enfin réunis vont se marier. L’idylle semble parfaite, l’Américain a même renoué le contact avec sa fille, Samantha, avocate aux États-Unis qu’il avait perdu de vue. Pourtant la cérémonie manque d’être annulée puisque Alyssa, l’ex épouse de Mitch est assassinée pour des motifs sordides à New-York. C’est Samantha qui la découvrira quelques jours plus tard, avant de se rejoindre son père en France.

Ce tragique événement n’empêche tout de même pas les amoureux de convoler, mais tout va se précipiter ensuite, le conte de fée va se transformer en cauchemar et les cadavres s’accumuler. Le capitaine Thierry Arlant, un peu las de son métier, se voit confier l’enquête, il a avec lui son équipe et un stagiaire un peu bizarre, Jérôme Carvi, qui va suivre en Candide ses propres inspirations…

Un excellent roman venu de Toulouse, une toile de maître où l’on regrette d’avoir fini la dernière page tellement c’est bien.

Les Multiples rebondissements font la force de ce roman que je vous conseille de lire absolument et je dirais même de dévorer et de ne laisser aucune miette.

La semaine prochaine nous allons en Allemagne, je vous souhaite une bonne fin de semaine à tous.

 

Les Picto

 

Bienvenue sur le divan du concierge. Ma première question me permet de mieux vous connaître. Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs et lectrices qui ne vous connaissent pas ? Comment êtes-vous venu à l’écriture ?

Je suis originaire du Pas-de-Calais, j’habite maintenant en Isère (20mn de Grenoble), mais travaille sur Lyon.

J’écris depuis toujours, des textes personnels ou de petites histoires, puis très rapidement des scénarios de jeux de rôles (dans des mondes imaginaires ou basés sur des faits réels). Vers les années 2000, avec des amis, nous animons notre atelier d’écriture dans notre village (Vaulnaveys-le-Haut). Quand je dois m’expatrier sur Lyon, je m’inscris dans un premier puis un second atelier d’écriture où je m’attache beaucoup plus au style.

 

Comment vous est venu l’idée d’écrire «Jeux de Dames » ?

L’idée initiale est la toute fin du livre, je ne dévoilerai donc pas le dénouement. Je suis parti de cette idée finale et j’ai construit, à partir des motivations de chaque personnage, l’histoire globale. Cette idée est venue dans le train qui me ramenait de Toulouse à Grenoble, puis retravaillée avec deux amies autour de brainstorming houblonnés.

Je voudrais que vous nous parliez d’un de votre personnage que vous avez réussi magistralement «Jérôme le stagiaire », comment l’avez-vous crée ?

Je voulais un néophyte, découvrant comme moi le monde de la police et Toulouse. Le côté « parcours initiatique » pour moi comme pour lui. Je le voulais aussi atypique, qu’il ait une particularité originale, quoi de mieux que des racines doubles opposées : Antillais et Coréen. Ce n’est pas un héros. Un professionnel comme il en existe beaucoup, impulsif, intuitif et parfois gaffeur.

 

Je voudrais également que vous nous parliez de votre personnage « Le capitaine Thierry Arlant »

Le capitaine Arlant est le contraire de Jérôme. Fatigué, abîmé par la vie, il est professionnel par automatisme. Il suit ses convictions en se reprochant de le faire. Il impose peu de chose à son équipe, étant plus un guide qu’un supérieur hiérarchique.

Une chose que je retiens c’est vos personnages en particulier féminins qui occupent la scène importante de votre roman. Corinne s’avère marquée par le chagrin mais est une femme d’abord froid. Samantha, l’avocate américaine est avenante et très professionnelle. On retrouvera aussi la fille de Corinne et l’associé de Mitch. Autant de personnages formidables pour autant de pistes toutes plus folles mais réalistes. Pourquoi tout ces personnages féminin?

 

C’était une volonté de départ. Je voulais que l’histoire tourne autour de plusieurs femmes, chacune avec son caractère et ses objectifs, ses conflits et ses ententes. Je voulais aussi des relations de familles compliquées, des rapports difficiles, une incompréhension ou des rancœurs. Les pistes multiples qui en découlent ne sont que la conséquence logique des liens entre chacune.

 

Avez-vous une anecdote sur votre roman à nous raconter ?

 

Plusieurs me viennent à l’esprit, mais je crois que c’est la découverte de Skull qui m’a le plus surpris. À travers ce chanteur de Reggae Coréen, j’ai trouvé une musique qui colle parfaitement à la psychologie du jeune Jérôme.

 

Le concierge est curieux ! Etes vous en train d’écrire un second Opus ?

Oui. Une histoire est en cours, le scénario est ficelé, les événements principaux comme les personnages finalisés. J’avance lentement mais sûrement. 

 

 

Quelle musique accompagnerait le mieux votre roman ?

 

Skull est le mieux pour suivre Jérôme, Led Zeppelin colle très bien à Mitch, quant à Arlant, il faut plus voir du côté du blues. 

 

 Devient-on auteur de polar pour exorciser ses envies de meurtre ?

 

Je vous rassure tout de suite : pas du tout ! C’est et ça restera pour des histoires. Je me glisse sans problème dans la peau des personnages, passant du plus pervers au plus vertueux sans aucune ambiguïté. 

 

Comment écrivez-vous ?

 

J’écris principalement dans le train. Je passe plus de 3h par semaine, plus tous les voyages professionnels ou personnels (fréquents), dans les trains. Je dois préciser que je suis agent SNCF !  

 

Quels sont vos écrivains préférés ? Et quel est votre livre de chevet ?

 

J’aime beaucoup Michael Connelly, Léo Malet ou encore Neil Gaiman. Le livre actuellement sur ma table de chevet est Abattez les Grands Arbres de Christophe Guillaumot.

 

 Quel est votre premier lecteur ou lectrice quand votre roman fut terminé ?

 

Ma première lectrice est Charlotte, une amie psychologue du travail, avec qui nous avons construit les personnages féminins.

 

 Quels sont vos films préférés ?

 

Dans le désordre : Les Blues Brothers, Monthy Python Sacré Graal, Moon, Sixième sens, les Tontons flingueurs, Kingsman ou encore A Girl at my Door.

 

 Si vous aviez en face de vous un écrivain que vous admirez énormément, quelle question aimerais vous lui poser ?

 

Vous buvez quoi ?

 

Parlez-nous des Editions Cairn, Du Noir au Sud, une maison d’édition qui monte qui monte ;-)

Cairn, c’est une histoire de rencontre, de confiance et de joie. Sylvie Marquez, directrice de collection du Noir au Sud, a beaucoup aimé la nouvelle que j’avais présentée au festival Toulouse Polar du Sud (3ème au prix Jonquet). Je lui ai proposé le manuscrit de Jeux de Dames 2 ans plus tard et elle a été emballée ? Aujourd’hui, c’est pour moi une aventure extraordinaire, des rencontres riches en émotions et en joies…

 

Quel sera votre mot de fin pour cette interview ?

 

Écrire un livre est une chose, l’avoir en main en est une autre. Mais comparé au plaisir de rencontrer des lecteurs et lectrices et d’en discuter, c’est indéfinissable. Certains sont touchants, d’autres stupéfiants par leur souci du détail ou de leur implication. Un nouveau monde s’ouvre devant moi, et comme l’iceberg, je sais que je n’en vois que la pointe.