La chute du cafard, Jeux dangereux en Berry de Mr Zott Denis chez Geste éditions

Avant de vous parler de l’interview de la semaine, je voudrais vous souhaiter une bonne année 2017, beaucoup de bonnes lectures et une santé de fer à vous tous.

Pour la première interview de l’année nous partons dans le Berry, plus précisément du coté de Châteauroux. C’est un premier roman qui ma énormément plu : « La chute du cafard, Jeux dangereux en Berry » de Mr Zott Denis chez Geste éditions

Bon, au départ, 600 pages, cela m’a un peu freiné mais après la lecture des premières pages … ohhhh la claque !

Un premier grand roman et des personnages qui me resteront en mémoire longtemps ; surtout Le commandant Yann Lespoir !

Ce roman va vous emporter et vous fermerez avec regret ce roman passionnant.

Voici un résumé du roman :

Le Mendiant l’avait prévenu à son arrivée dans le Berry où il venait d’être muté. « Fais gaffe à ne pas rester trop longtemps, mon pote ! Et fais gaffe aussi aux jeunes ! Ici ils s’emmerdent. Mortellement… »

Lorsque, en pleine période électorale, « Celui qui regarde à travers les murs » vole une photo dans une banque d’images ultra sécurisée et l’expédie par mail aux élèves du collège Colbert à Châteauroux avec le message « Vous la reconnaissez ? », c’est une bombe qui tombe sur la ville.

En découvrant la photo, Anita, « le cafard », veut disparaître de la surface de la Terre, mais non sans faire payer les responsables de son humiliation. Elle les entraînera tous dans sa chute. L’effet domino sera dévastateur. Et gare aux dommages collatéraux.

Le commandant Yann Lespoir, qui mène l’enquête, ne sera pas épargné. Le Mendiant l’avait prévenu.

Je vous souhaite une bonne semaine à tous.

 

Bienvenue sur le divan du concierge. Ma première question me permet de mieux vous connaître. Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs et lectrices qui ne vous connaissent pas ? Comment êtes-vous venu à l’écriture ?

Bonjour, j’ai 50 ans. Alsacien, originaire de la banlieue de Strasbourg, je vis dans le Var et travaille à la mairie de Saint-Tropez. J’écris depuis 25 ans et mon entrée dans la vie professionnelle, de façon intermittente des bouts d’histoire ou de scénario, mais je me suis mis sérieusement à l’écriture en 2011. En juin de la même année, j’ai présenté une nouvelle à René Frégni (Gallimard) qui m’a encouragé en me disant que j’étais sur la bonne voie. Depuis, j’écris 6 jours sur 7.

 

 

Comment vous est venu l’idée d’écrire «La Chute du cafard » ?

J’avais été marqué par un fait divers qui s’est déroulé dans la région lyonnaise en 2012 : une adolescente victime de harcèlement s’était défenestrée de l’appartement de ses parents. Je me suis dit que c’était sans doute pour elle, par cet acte, la seule façon de communiquer l’ampleur de son malaise et surtout qu’on la prenne au sérieux. A partir de là, j’ai transposé cette histoire dans des lieux que je connais et surtout j’ai imaginé qu’une adolescente se jetait du balcon de l’appartement du gendarme le plus connu du Berry. Et comme cette ado, dans mon histoire, n’est pas n’importe qui, il y avait là une sacrée matière à construire un scénario.

Je voudrais que vous nous parliez de votre personnage principal que vous avez réussi magistralement « Le commandant Yann Lespoir», comment l’avez-vous créé ?

J’ai travaillé neuf mois sur le scénario de ce roman. Le personnage de Lespoir s’est dessiné semaine après semaine, puis s’est affiné au fil de l’écriture.

 

Sacré pari de choisir comme lieu de l’intrigue le Berry, si c’était à refaire vous feriez la même chose ?

Ce n’était pas un pari pour moi, mais une évidence ! Comme c’était mon premier roman, il était rassurant de l’inscrire dans des décors et des lieux que je connaissais, en l’occurrence le département de l’Indre (historiquement le Bas-Berry), où j’ai exercé de 2003 à 2009. En outre, Châteauroux, où j’ai habité, convenait parfaitement à l’intrigue : une petite ville de province qui va être sacrément éclaboussée par « La chute du cafard ».

Avez-vous une anecdote sur votre roman à nous raconter ?

Oui, dans le préambule du roman, le commandant Lespoir arrive à Châteauroux où il vient d’être muté. Et le premier « autochtone » qu’il rencontre – un buraliste – lui demande : « qu’est-ce que vous venez faire ici » ?

C‘est exactement ce qui m’est arrivé en 2003 lorsque j’ai pris mon poste au Conseil général. Bon, les Berrichons sont un peu bourrus au départ mais une fois qu’on les connaît, ce sont des gens vraiment attachants (un peu comme les Alsaciens d’ailleurs… ) et j’ai gardé de vrais amis dans le Berry.

 

Quelle musique accompagnerait le mieux votre roman, même si je me doute la réponse que vous allez me donner : Hubert-Félix Thiéfaine ? Pourquoi ce chanteur ?

Eh oui, les paroles de Thiéfaine, de plus en plus sombres, rythment les parties du livre. Tous les matins pendant deux ans et demi, je commençais mes séances de travail en écoutant « Petit matin 4h10 d’été » et « Le chant du fou » du double CD live « Homo Plebis Ultimae Tour » (2012) ; ça me permettait de me mettre dans l’état d’esprit de Lespoir, de plus en plus désespéré. Et comme le dit le livre, « Lespoir écoutait Thiéfaine en perfusion comme un malade branché à son cathéter ».

Devient-on auteur de polar pour exorciser ses envies de meurtre ?

De meurtres peut-être pas, mais pour exorciser des envies de frapper quelques individus à coups de battes de baseball ou de démonte-pneus, oui… Bon, je plaisante, hein.

 

Comment écrivez-vous ?

Comme j’ai une activité professionnelle prenante, je me lève tous les matins à 5h40 de manière à pouvoir écrire dans un café de 7h à 9h près de mon lieu de travail qui est situé à 40 km de mon habitation. Puis, entre 12h30 et 14h si possible et tous les samedis matin. J’écris presque exclusivement dans des cafés.

 

Quels sont vos écrivains préférés ? Et quel est votre livre de chevet ?

Je suis tombé dans le « côté obscur » de la littérature il y a une vingtaine d’années en lisant « Les racines du mal » de Maurice G. Dantec. Dans les auteurs contemporains, j’aime particulièrement Tim Willocks, DOA, RJ Ellory, Don Winslow et feu Thierry Jonquet. Et bien sûr, René Frégni, mon « parrain » en écriture.

Mon livre de chevet : si je ne devais en choisir qu’un, ce serait « La religion » de Tim Willocks.

Quel est votre premier lecteur ou lectrice quand votre roman fut terminé ?

C’est une amie de l’atelier d’écriture auquel je participais à Sainte-Maxime qui a lu la première version de « La chute du cafard » fin 2014. Il y a eu quatre versions en tout et l’aide déterminante est venue de Françoise Gonfroy, conseillère éditoriale chez Geste Editions qui m’a fait retravailler mon texte durant deux mois. On a coupé 130 pages !

 

Quels sont vos films préférés ?

Dans le désordre : Légendes d’automne, Le Parrain, Le seigneur des anneaux, Seven, Les tontons flingueurs

Si vous aviez en face de vous un écrivain que vous admirez énormément, quelle question aimeriez-vous lui poser ?

J’ai rencontré Tim Willocks en avril 2015 au salon du livre de Hyères et j’étais tellement impressionné que j’en ai bafouillé mon anglais. Sinon, j’aurais aimé rencontrer Thierry Jonquet pour lui demander comment il arrivait à construire des scénarios aussi renversants.

Le Concierge est curieux, déjà en train d’écrire un deuxième roman ?

Oui, en janvier 2015, aussitôt finie la version 1 de « La chute du cafard », j’ai attaqué le deuxième. Un roman noir qui se déroule à Marseille entre le stade Vélodrome et la Timone, entre supporters de foot « ultra », policiers véreux et trafiquants de drogue, et qui sera dédié aux femmes qui n’aiment pas le foot ! Un format qui sera beaucoup plus court que le premier, et très différent aussi. Ce n’était pas possible de refaire dans la foulée un roman aussi intense et aussi prenant que « La chute du cafard ».

 

Quel sera votre mot de fin pour cette interview ?

Un grand merci au Concierge masqué pour son appréciation de mon premier roman et aussi pour l’avoir présélectionné pour le prix du Balai de la découverte 2017 !