Un Coeur Sombre de Mr roger Jon Ellory chez Sonatine Edition

Bonjour à tous

De retour sur le blog après mes examens niveau agent de sécurité et je suis content de vous retrouver, mes amies.

Les interviews de roman noir me manquaient

Et quoi de mieux que de recommencer avec le Lauréat de la 6e Edition du Prix du Balai D’OR 2016 Mr Roger Jon Ellory pour son roman Un Coeur Sombre chez Sonatine Edition.

Ce fut pour moi une grande émotion de lui remettre le Prix et un honneur également de l’interviewer.

Et son roman Un Coeur Sombre est d’une force incroyable et chargé d’émotion qui vous prend à la gorge et ne vous lâche plus.

Un Balai D’OR à la hauteur des anciens et anciennes Lauréats du Prix.

Je vous conseille énormément ce roman comme cadeau de Noel, il fera des heureux.

Voici un résumé du roman :

 

Combien de temps peut-on échapper à sa conscience ?

Sous sa façade respectable, Vincent Madigan, mauvais mari et mauvais père, est un homme que ses démons ont entraîné dans une spirale infernale. Aujourd’hui, il a touché le fond, et la grosse somme d’argent qu’il doit à Sandià, le roi de la pègre d’East Harlem, risque de compromettre son identité officielle, voire de lui coûter la vie. Il n’a plus le choix, il doit cette fois franchir la ligne jaune et monter un gros coup pour pouvoir prendre un nouveau départ. Il décide donc de braquer 400 000 dollars dans une des planques de Sandià. Mais les choses tournent très mal, il doit se débarrasser de ses complices, et un enfant est blessé lors d’échanges de tirs. Comble de malchance, le NYPD confie l’enquête à la dernière personne qu’il aurait souhaité. Rongé par l’angoisse et la culpabilité, Madigan va s’engager sur la dernière voie qu’il lui reste : celle d’une impossible rédemption.

Voici également d’autres entretiens que Mr Roger Jon Ellory fit pour le blog.

 

http://www.concierge-masque.com/2014/10/24/interview-de-roger-j-ellory-pour-les-neuf-cercles-chez-sonatine-edition/

 

http://www.concierge-masque.com/2012/03/13/r-j-ellory-les-anges-de-new-york/

 

http://www.concierge-masque.com/2011/06/02/interview-de-r-j-ellory-les-anonymes/

 

http://www.concierge-masque.com/2011/06/04/interview-de-r-j-ellory-les-anonymes-part-2/

 

Je vous donne rendez bientôt pour une autre interview  ;-)

Le Blog du Concierge Masqué vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année et plein de bonheur également.

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Bienvenue sur le Divan ;-) Ma première question concerne La 6e Edition du Prix littéraire du Balai D’OR que tu viens de remporter pour ton roman « Papillon de nuit » , j’aimerais que tu me donnes ton sentiment sur ce Prix et ce que cela représente pour toi.

http://www.concierge-masque.com/2015/06/12/papillon-de-nuit-r-j-ellory/

 

C’est une grande surprise, et un grand honneur bien sûr ! Comme tu le sais, j’ai beaucoup d’affection pour la France – le pays, les gens, les lecteurs- et la reconnaissance et le support que j’y trouve ont une grande valeur pour moi. L’écriture est une activité qui vous isole, et apprendre qu’un livre a été apprécié et reconnu a une grande importance, surtout quand cela vient de gens qui sont aussi passionnés que moi par la lecture !

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Comment t’es venue l’idée d’écrire ton roman « Un cœur Sombre » ?

 

Cette idée m’est venue après que j’ai fini d’écrire Les Anges de New York. Le personnage central des Anges, Frank Parrish, est un flic dont la vie personnelle est un véritable désastre. Problèmes familiaux, alcoolisme, névroses et obsessions le conduisent au bord de l’effondrement mental et émotionnel, mais, malgré tout cela, il se débrouille pour garder un certain sens de l’intégrité personnelle et un professionnalisme qui le définissent. Quelle que soit la situation, une fois qu’il a décidé de découvrir la vérité, il ne laisse rien se mettre en travers de son chemin. Il agit plus pour le bien des autres que pour lui-même.

Chez Madigan, on a l’opposé. Ici on a affaire à un homme qui ne se préoccupe que de ses buts personnels, qui n’agit que dans son propre intérêt. Il est avide, immoral, fourbe, sans pitié, et pourtant il affiche lui aussi un certain professionnalisme et une certaine compétence. Frank Parrish et Vincent Madigan sont les Jekyll et Hyde de mon imagination, et cette possibilité m’intéressait beaucoup en tant qu’écrivain.

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Il y a une chose qu’il faut que je te dise… Comment fais tu pour faire des personnages très peu recommandables et de réussir à les rendre si attachants?

 

En les rendant humains, je pense ! Il n’y a pas de tout blanc, ni de tout noir. Il n’y a pas de bon et de méchant. Il n’y a que des milliers de nuances de gris entre les deux. On peut tous commettre des erreurs. On prend tous la mauvaise décision parfois. Je pense qu’on peut rendre  même le pire des personnages sympathique, faire qu’on le comprenne si on montre qu’il demande le pardon et la rédemption.

 

 

Parle-nous de ton personnage principal « Vincent Madigan » ?

 

On l’a qualifié d’anti-héros, de desperado, de criminel, de sociopathe, mais pour moi c’est un homme qui a pris les mauvaises décisions pour les bonnes raisons. Je pense qu’avec ce personnage, je voulais repousser les limites, le rendre vrai, crédible, mais aussi en demander plus au lecteur. Jusqu’où puis-je aller dans la création d’un personnage mauvais tout en lui gardant son humanité ?C’est le défi que je me suis lancé, c’est ce que je voulais faire avec Madigan. C’est un homme qui est allé trop loin pour obtenir la rédemption, pour espérer être sauvé, et cependant il réalise qu’il est lui-même l’architecte de sa propre destruction. Il veut faire bien, il veut réparer, et bien qu’on sache que c’est quasiment impossible, qu’il ne mérite peut-être même pas le pardon, on a quand même envie de lui pardonner. Il y a en ce moment un projet de film en cours pour ce roman, et je sais que, quel que soit l’acteur qui aura le rôle de Vincent Madigan, ce sera pour lui un rôle excitant et un défi.

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Peinture offerte par Mr Roland Sadaune au Lauréat du Prix du Balai D’OR 2016

 

La conscience de l’homme que tu avais réussie également dans ton roman Vandetta paru en 2009, crois tu réellement que l’homme le plus abject peut changer ?

 

Oui, je le crois. J’ai énormément voyagé ces 15 dernières années, et où que j’aille, je trouve les gens fondamentalement bons. Les individus réellement dangereux ne représentent qu’un infime pourcentage dans notre société, mais ma façon de représenter ces personnages-là montre que même eux sont fondamentalement bons. Au plus profond des hommes même les plus diaboliques il semble y avoir une conscience du mal qu’ils font, et souvent ils agissent de façon à ce qu’on les arrête. C’est comme si leur sens inné du bien et du mal finissait par les rattraper et ils mettent en œuvre leur propre fin. L’Histoire nous a montré que même les pires tyrans et assassins étaient auteurs de leur propre exécution. Le mot « conscience » est intéressant. Il vient d’un terme latin qui signifie « savoir ». Je pense que même ceux qui paraissent dépourvus de conscience  finissent par réaliser qu’ils « savent » qui ils sont et ce qu’ils ont fait. Cela précipite inévitablement leur déclin et leur chute.

 

 

As-tu une anecdote à partager avec nous sur ce roman ?

 

J’en ai une très simple qui met en relief mon intention concernant ce livre, je pense. Quand je l’ai fini je l’ai envoyé à mon éditeur au Royaume Uni. Lui et moi avons travaillé ensemble sur tous mes livres et je fais entièrement confiance à son jugement. Il m’a appelé après l’avoir lu. Il m’a dit qu’il adorait le livre, qu’il était très intense. Puis il a dit quelque chose qui m’a fait sourire. «  C’est comme une tragédie grecque…ou une tragédie de Shakespeare…. mais qui aurait pris du crack ! » Je pense que c’est précisément l’effet que j’essayais de créer.

 

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Quelle musique accompagnerait le mieux ton roman ?

 

Chaque chapitre du roman a pour titre une chanson de The Gun Club. Ce groupe est un de mes favoris, et son chanteur- malheureusement décédé- s’appelait Jeffrey Lee Pierce. J’ai vu ce groupe à Manchester en 1982, et c’est une expérience qui m’est toujours restée. Leur musique est virulente et complexe, parfois discordante, parfois passionnément en colère, mais elle est pleine de drame et de tension et j’adore ça. L’idée de consacrer un chapitre à chaque chanson m’est venue une fois le livre fini. Je pense que l’énergie frénétique de cette musique était très proche de l’énergie que je voulais créer pour l’histoire. Elles semblaient aller ensemble naturellement, bien que les titres des chansons ne soit pas directement lié au contenu des chapitres.

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Quels sont tes futurs projets littéraires ? Le concierge est curieux !

 

Le prochain livre qui paraîtra en France est la traduction de Ghostheart (publié au Royaume Uni en 2004). Le titre français est Les fantômes de Manhattan . Il paraîtra en 2017. Au Royaume Uni, en mai, je vais publier le premier tome d’une trilogie intitulée Kings of America (Les rois d’Amérique). C’est l’histoire d’un frère et d’une sœur corses et d’un jeune irlandais qui immigrent aux Etats-Unis à la fin des années 30. Ils doivent fuir New York ensemble vers l’ouest. Ils arrivent à Los Angeles au moment où commence la période du grand cinéma hollywoodien, et on les suit, eux et leurs descendants sur une période de 50 ou 60 ans. C’est une vaste épopée sur le cinéma et la célébrité, sur le crime organisé, les familles et les vendettas, et dans lesquelles figurent de très célèbres stars et écrivains.

 

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Devient-on auteur de roman noir pour exorciser ses envies de meurtre ?

 

Oula, quelle question ! Je dois dire que bien que certaines personnes m’ont gravement tapé sur les nerfs, je n’ai jamais envisagé de les noyer dans un marais ou de me payer les services d’un tueur à gages pour les tuer ! J’écris des polars simplement parce que cela me donne l’occasion de mettre en scène des personnes ordinaires dans des situations extraordinaires et d’écrire sur le large spectre des émotions humaines et de la psychologie. Je pense que le polar, en tant que genre, est tellement vaste qu’il peut englober beaucoup, beaucoup de genres- l’histoire, la politique, la sociologie, romantique, espionnage- et aussi le plus large panel d’expérience » humaine. Je pense que c’est Jean-Patrick Manchette qui a dit que le polar était le meilleur miroir de la société.

 

 

En parlant musique, quelle est l’actualité de ton groupe The Whiskey Poets’ ?

 

Après l’enregistrement de notre premier album, mon ami qui écrit les textes avec moi et moi-même avons été engagés par Universal records pour écrire 6 chansons et composer six morceaux instrumentaux pour le cinéma et la télévision. Ce projet est maintenant achevé. En ce moment nous sommes en cours d’écriture, et nous envisageons aussi beaucoup  de faire plus de concerts. Nous avons joué à Lille, à Mulhouse ( au Festival Sans Nom), et en ce moment nous jouons à Londres et dans le sud de l’Angleterre. Nous espérons fortement faire une tournée en Europe et participer à des festivals au Royaume-Uni en 2017.

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Quelles sont tes lectures actuelles ?

 

Je lis Trilobites de Bryce D’J Pancake.

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Si tu avais en face de toi un écrivain que tu admires énormément, quelle question aimerais tu lui poser ?

 

Elles sont toutes aussi difficiles tes questions ? Ha ha ! Je dis ça pour rire, mais il y a peut-être un brin de vérité. L’écriture me paraît être la partie la plus facile. Amener les gens à vous lire me paraît éminemment plus difficile et stimulant. Je pense que nous avons sacrifié l’érudition et la culture au Grand Dieu de la Technologie, et ça me rend très triste. Je rencontre régulièrement des gens qui n’ont jamais lu, et ne s’intéressent pas du tout à la lecture. La lecture était autrefois  le socle du divertissement et de la culture, et maintenant elle semble avoir été reléguée à une position insignifiante. C’est moins vrai pour la France, mais c’est certainement le cas au Royaume-Uni.

 

 

On parle jamais des traducteurs ou traductrices d’un roman, comment se passe la relation de travail entre toi et Mr Fabrice Pointeau, retrouves tu le même sens que dans la version originale de ton roman ?

 

Fabrice est un génie. Fabrice n’a pas besoin de mon aide ! On a discuté plusieurs fois, mais ils ne me demande jamais ni aide ni conseil. Il est très érudit, a beaucoup d’expérience et de culture, et il a un grand sens de la prose, du rythme et du dialogue. J’ai beaucoup, beaucoup de chance que Fabrice soit mon traducteur, ainsi que quelques autres. Je comprends la nécessité d’avoir un très bon traducteur, et je réalise la chance que j’ai.

 

 

Quel sera le mot de fin de cette interview ?

 

Comme tu le sais, mon  aventure française a débuté avec Seul le silence. Depuis, j’ai visité 65 villes différentes et voyagé d’un bout de la France à  l’autre. Mes livres sont traduits en 26 langues,  mais nulle part ailleurs je me sens aussi reconnu, ni accueilli avec autant de camaraderie  qu’en France. C’est comme une deuxième maison, et je suis fier et ressens comme un privilège de recevoir ce prix pour ce livre, qui fut le premier livre que j’ai publié au Royaume-Uni en 2003. Pour cette raison, c’est un livre spécial, et un prix particulièrement précieux.

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