«La Petite Musique de Mort » de Mme Marie Wilhelm chez Wartberg Edition.

Bonjour à vous tous, suite à une visite au Festival du Polar du Sud de Toulouse j’ai pu rencontrer une écrivain qui m’a énormément plu, auteur d’un premier roman Mme Marie Wilhelm «La Petite Musique de Mort » chez Wartberg Edition.

Et ce roman est un bain de jouvence car vous ne le décrochez pas jusqu’à la fin de la lecture.

Il y a également la force des personnages et cela m’a touché énormément.

Une vraie belle plume qui mérite d’être connue et que je vous recommande.

Et quel plaisir de retrouver la campagne Limousine ou j’ai passé mon enfance.

Voici un résumé du roman :

 

Caroline vit une adolescence choyée sous le soleil de la Martinique. Un soir, son monde bascule dans l’horreur. À la suite de la tragédie, elle se réfugie chez une vieille tante à Limoges. Elle y mène une existence anonyme jusqu’à ce que son passé la rattrape… De son côté, le commissaire Savigny de la SRPJ de Limoges et ses lieutenants nagent en plein brouillard. Un meurtre d’une rare cruauté a été commis, venant rompre le calme de la paisible capitale limousine. Les policiers, malgré leurs efforts, ne trouvent pas le commencement d’une piste. Aucun d’entre eux ne se doute que, quelque part en ville, une très jeune femme court un grave danger et qu’une chasse mortelle vient de s’engager et qui finira en plein coeur de la forêt limousine.

 

Je Vous souhaite une bonne semaine à tous.

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Bienvenue sur le divan du concierge. Ma première question me permet de mieux vous connaître. Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs et lectrices qui ne vous connaissent pas ? Comment êtes-vous venue à l’écriture ?

 

 

J’ai commencé à écrire il y a assez longtemps. En rangeant mon grenier, j’ai découvert avec étonnement (j’ai la mémoire d’une moule) une pile de carnets pleins d’histoires plus ou moins finies. Le premier remonte à ma classe de seconde. J’avais 14 ans. J’avais zappé ça parce que, ensuite, pendant un temps, j’ai cessé d’écrire : études, travail, grossesses, enfants. Et puis, j’ai recommencé et là je m’en souviens bien. J’étais en vacances dans l’île de Bréhat. Les enfants, encore petits, faisaient la sieste. Je m’embêtais un peu et je me suis dis : « tiens, je vais écrire un roman ». Et ensuite : « et si je tentais un polar ?  » ET voilà, Les premiers chapitres de ce qui va devenir au final, la troisième aventure du commissaire Savigny, toujours inédite, sont nés à ce moment-là. J’ai continué, de façon assez sporadique, écrivant plus ou moins en même temps des tas de débuts. Et de ces débuts, j’ai fini par aller au bout de la première histoire : la Petite musique, celui que vous avez lu. Le suivant : « aller simple Paris-Corrèze » est en train de faire la tournée des éditeurs parce que, malheureusement, Wartberg, mon éditeur a décidé de laisser tomber sa collection polars. (à ce sujet, si vous avez des pistes à me conseiller, je suis preneuse !)

 

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Comment vous est venue l’idée d’écrire «La Petite Musique de Mort » ?

 

 

Alors là, aucune idée. Si, quand même. J’ai imaginé un ogre venant terroriser un petit garçon et lui piquant ses jouets, suite à une mésaventure advenue à un des mes fils. J’ai écrit cette scène et ensuite je me suis dit : qui est l’ogre ? Qui est sa mère ? Pourquoi n’était-elle pas là ? Et hop, c’était parti !

 

 

 

Vos personnages m’ont énormément touché, pour commencer je voudrais que vous nous parliez de Caroline et du Commissaire Savigny ?

 

 

Ah,Caroline ! Je m’y suis attachée, moi aussi ! Elle est la mère mystérieuse du petit garçon : une femme fragile et en fait extrêmement forte. Elle correspond à une conviction que j’ai : nous autres humains, malgré tous nos défauts nous avons une capacité à la survie hallucinante.

Quant à Savigny, il est plus né de mon expérience des hommes, à commencer par celui qui fut mon époux pendant 17 ans. C’est un patchwork fait des qualités que j’ai rencontrées chez plusieurs hommes différents. J’ai cousu tout ça ensemble pour faire naître celui que je considère un peu comme l’homme idéal : à la fois fin, fort et intuitif, capable d’écouter, de se remettre en question, sans jamais pour autant se sentit atteint dans sa virilité. Dans les histoires suivantes, il va beaucoup évoluer, à la suite des aléas que la vie va lui imposer. Pour l’instant, il est juste touchant d’honnêteté. Mais tout va bien pour lui : il a une famille super, un super métier, tout le monde le respecte. ça ne va pas durer, tout ça. Lui aussi, comme Caroline va devoir rebondir, suite aux coups du sort qu’il va subir.

 

 

Le grand méchant de votre roman est totalement réussi « Jim » pouvez-vous nous en parler ?

 

 

Je n’ai jamais, Dieu merci, croisé la route de quelqu’un dans son genre. Il m’a donné du fil à retordre. J’ai dû entièrement l’imaginer et j’ai eu du mal. IL sonnait faux, je l’ai remanié cent fois avant de me dire : ok, il tient la route. Et à mesure qu’il prenait vie, il me fichait grave la trouille !

 

 

Pourquoi avoir choisi limoge comme lieux principal de votre roman, j’y ai vécu et j’ai revu cette belle ville par vos descriptions dans votre roman.

 

 

Oh ça, c’est tout bête. J’y vis, comme j’ai vécu un temps à la Martinique, ou à Paris. Ces villes apparaissent donc dans mes histoires, car je vais au plus facile : me servir de mes décors de vie.

 

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Avez-vous une anecdote sur votre roman à nous raconter ?

 

 

Le pardon de Jonathan à l’Hôpital et la remarque sur le fait que les enfants pardonne toujours. C’est du vécu. Quand j’ai écrit ça, j’étais en plein remords, après avoir été vraiment chiante avec mes neveux et les avoir envoyés paître. Oui, croyez-moi, les enfants, sont ainsi : non seulement ils pardonnent mais en plus, il en faut beaucoup pour qu’ils cessent de vous faire confiance. Et ça, c’est un trésor qu’il faut chérir et respecter.

 

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Il y a aussi le rythme de votre roman qui m’a plu, avec une accélération d’un coup et qui finit en apothéose. Comment savez-vous que vous tenez la fin de votre roman ?

 

 

C’est une évidence. A un moment, vous savez, tout est en place, tout les fils que vous deviez nouer l’ont été, tous ceux que vous deviez dénouer, l’ont été, les personnages qui devaient converger, ont convergé. Le dénouement est là.

 

 

Quelle musique accompagnerait le mieux votre roman ?

 

 

Je ne suis pas très mélomane. Je suis une obsessionnelle. Ma famille, mes amis essaient de me cultiver et me font écouter beaucoup de choses mais dès que je suis seule, je me remets Brassens en boucle. Je fais le ménage sur Brassens, je prends mon bain avec Brassens. Je pense que je connais quasiment toutes ses chansons par coeur. Cela dit, curieusement, ce livre me fait penser à une vieille chanson de Yves Duteil : « où sont les gens ? », je verrais bien cette chanson dans la tête de Jim qui est une personne terriblement seule.

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Devient-on auteur de roman noir pour exorciser ses envies de meurtre ? 

 

 

En ce qui me concerne, pas du tout. Les seuls êtres vivants que je tue, et sans remords, ce sont les moustiques. Je n’ai, je pense, jamais voulu tuer quelqu’un (mais j’ai peut-être oublié, avec ma mémoire de moule). Je suis quelqu’un qui dit les choses à mesure qu’elles me pèsent. Et ainsi, je reste légère. Je crois beaucoup à cette phrase de Saint Benoît, le fondateur de l’ordre des Bénédictins (même si je ne suis pas une catholique pratiquante) : « Ne laisse pas le soleil se coucher sans t’être réconcilié avec ton frère ».

 

 

 

Comment écrivez-vous ?

Plutôt l’après-midi. Et si je n’ai pas eu le temps, le soir.

 

 

Retrouverons nous le Commissaire Savigny dans de nouvelles aventures ?

 

J’y compte ! Si je trouve rapidement un éditeur, vous le reverrez, d’abord à Paris puis en Haute-Corrèze où il va se retrouver mêlé malgré lui à une histoire d’enlèvement abracadabrante.

 

 

Quels sont vos écrivains préférés ? Et quel est votre livre de chevet ?

 

Je n’en ai pas, je cours d’enthousiasme en enthousiasme et le dernier venu chasse le précédent. Ces temps-ci, j’ai fait un petit saut dans le XIXème siècle avec Charles Dickens. J’ai lu les Grandes espérances et ça m’a scotchée !

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Quel est votre premier lecteur ou lectrice quand votre roman est terminé ?

 

Mes fils. Non seulement ils me lisent mais ils m’aident. Quand je me trouve bloquée dans l’intrigue, on fait un brain storming et hop, ça repart ! Ensuite, une fois le livre bouclé, j’ai plusieurs amis qui le testent et croyez-moi, heureusement ! Ils m’ont déjà évité de belles boulettes !

 

 

Quels sont vos films préférés ?

 

Comme pour les livres, un enthousiasme chasse l’autre. Là, je suis encore sous le choc de Captain Fantastic ! Ce film m’a fait un effet boeuf. Je garde quand même aussi dans mon coeur : Little Miss Sunshine : un chef d’oeuvre à mes yeux. Et puis aussi, plus récemment : Merci Patron ! Ce documentaire sur Bernard Arnaud littéralement manipulé par ce couple d’ouvriers qu’il avait spolié … j’ai trouvé ça jubilatoire.

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Quel sera votre mot de fin pour cette interview ?

 

Je trouve votre intérêt pour l’écriture vraiment génial. ET votre idée de monter un prix littéraire encore plus ! Je vous souhaite de gagner peu à peu en notoriété et je pense que ça sera le cas. Quand on est passionné, on réussit toujours !

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