« Été pourri à Melun plage » de Mr Nicolas Duplessier chez Atelier-Mosesu Edition

Bonjour à tous, cette semaine nous accueillions un écrivain de talent qui vient d’écrire son premier roman «  Été pourri à Melun plage » chez Atelier-Mosesu Edition.

Je veux vous parler de Mr Nicolas Duplessier.

 

Un premier roman totalement réussi, une atmosphère noire à souhait et des personnages qui vont descendre en enfer.

Un looser de toute beauté, un roman d’une intensité et d’une force incroyable.

Pour un premier roman, il tape dans le mille et fait mouche.

Hâte de lire son prochain roman et voir s’il confirmera ce magnifique roman noir.

Voici le résumé du roman :

 

Florian traîne son mal de vivre dans les rues de Melun, entre un boulot minable et une vie sentimentale sans joie.

De morose, son existence devient vraiment pourrie le jour où Roxane, l’ex-grand amour de sa vie, est portée disparue.

Très vite dans la ligne de mire des policiers, Florian doit mener sa propre enquête et se confronter à ses fantômes, découvrant une histoire qui le dépasse et la tonne d’emmerdes qui l’accompagne.

 

La semaine prochaine nous parlerons d’un autre premier roman à découvrir, je vous souhaite une bonne semaine.

 9791092100754

 

 

 

 Bienvenue sur le divan du concierge, ma première question permet de vous connaître mieux, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs qui ne vous connaissent pas, comment vous êtes venu à l’écriture ?

 

Je vais sur mes 40 ans, j’habite en Seine-et-Marne et été pourri à Melun plage est mon premier roman.  Je n’ai jamais réellement pensé à écrire et  ne sais pas si j’écris parce que je sais le faire ou parce que j’ai des histoires à raconter. Plus jeune, je pensais, ou espérais de façon naïve, pouvoir le faire par le cinéma. J’ai toujours rêvé de devenir réalisateur, de créer des films. Le cinéaste Guillaume Nicloux a dit une fois qu’il s’était tourné vers l’écriture, avant de faire du cinéma, car il voulait raconter des histoires et que cela coutait moins cher d’écrire un livre que de réaliser un film. Cela fait écho à ma propre expérience.

nicolas-duplessier-auteur-polar

 

Comment vous est venue l’idée d’écrire «Eté pourri à Melun Plage » chez Atelier Mosesu Edition ?

 

Je suis d’abord lecteur avant de devenir auteur et c’est le plaisir que m’a procuré la lecture qui a donné naissance à celui de l’écriture. Deux « évènements » m’ont donné l’envie de me lancer dans l’écriture. D’abord la lecture d’un livre, Ne le dis à personne d’Harlan Coben que j’ai lu au début des années 2000, puis ensuite le film La clef de Guillaume Nicloux. J’ai toujours été fasciné par les histoires de disparitions avec des thèmes comme le  pardon ou le  mensonge. Et surtout, je pensais qu’il était facile d’écrire un livre et un polar. J’ai alors commencé à écrire, mais ce fut la rencontre avec Paul Colize qui a été le déclencheur. Le début d’un travail plus sérieux.

 

 

Pourquoi avoir choisi Melun comme lieu principal de votre roman ?

 

C’est la question que l’on me pose le plus souvent.  Je vis à Melun depuis plus de 30 ans et ne pouvais pas imaginer écrire un roman ailleurs qu’ici. Lorsqu’un roman ne se passe pas à Paris ou Marseille, l’auteur doit expliquer ce choix.  J’aurais pu choisir Paris, par simplicité, pour ne pas avoir à me justifier. La pluie, les entrepôts abandonnés, les barres d’HLM et cette proximité avec  la forêt de fontainebleau font de Melun un protagoniste essentiel de mon livre et le cadre parfait pour un roman noir.

75977454

Il y a une chose qui m’a touché dans votre roman c’est votre personnage principal « Florian » pouvez vous nous dire comment avez vous crée ce personnage et nous en parler également.

 

J’ai parlé du film la Clef de Nicloux. Dans ce film, le personnage central, Guillaume Canet est petit bourge installé et suffisant, soudain confronté au monde des truands. J’ai eu envie moi aussi de créer un anti-héros se retrouvant mêlé à une histoire qui le dépasse, un type pas vraiment armé pour lutter à armes égales avec un monde inhospitalier. Je me suis alors demandé s’il était possible de s’investir dans un personnage que nous méprisons ? Alors, j’ai essayé de créer un vrai connard qui, au fil des pages, pourrait devenir sympathique. Je voulais un Florian sombre et au bord du précipice.  Afin de devenir meilleur, il était nécessaire que Florian fasse preuve d’imperfections pour commencer et je voulais un personnage plus accessible qu’un serial killer. Je voyais Florian comme une personnalité complexe, attachante, sensible, vulnérable.  C’est pour cette raison que j’ai opté pour un point de vue interne. Comme avec une caméra subjective, le lecteur s’identifie ainsi au personnage en se mettant à sa place et c’est plus facile pour le lecteur de reconnaître des attitudes  justifiées par des failles qui sont à sa portée. Même si Florian n’est pas un détective privé ou un flic, je trouve qu’il s’inscrit dans la tradition du héros cynique des polars américains des années 50-60, portant un regard désabusé sur le monde.

18831574

 

Il y a aussi le rythme de votre roman qui m’a plu, avec une accélération d’un coup et qui finit en apothéose. Comment savez-vous que vous tenez la fin de votre roman ?

 

Au début de l’écriture, je n’avais qu’une vague idée de l’histoire. Je savais juste qu’une fille devait disparaître, par contre je savais exactement comment je voulais la fin. J’avais des films en tête. 8mm de Schumacher, Les Diaboliques de Clouzot, L’Homme qui voulait savoir de George Sluizer ou encore Breakdown avec Kurt Russell, J’ai ensuite construit mon livre en ponctuant l’intrigue de tout un tas d’obstacles pour Florian. En y ajoutant des personnages encore plus antipathiques que lui. Toujours  cette idée d’atténuer le rejet qu’il pourrait déclencher chez certains de mes lecteurs  et pour justifier les actes immoraux qu’il pourrait accomplir. Finalement, j’ai essayé d’écrire un bon roman noir en me pliant à un certain nombre des règles tacites du genre. Tout en essayant d’être original, surprenant et divertissant !

maxresdefault

 

Avez-vous une anecdote à partager avec nous sur votre roman ?

 

Le garage qui se transforme en club échangiste la nuit existe réellement.

 

Les écrivains portent ‘il une responsabilité de montrer les disfonctionnements d’une société ?

 

Beaucoup d’écrivain utilise le roman noir pour donner un point de vue de l’état d’un monde ou une critique de la société. Avec été pourri à Melun plage, je n’ai pas cherché à réaliser une peinture d’un milieu social ou à pointer du doigt les failles d’une société. Ou alors juste souligner l’installation d’un certain pessimisme.

 

 

Quelle musique accompagnerait le mieux votre roman ?

 

Difficile de répondre car cela dépend vraiment de la « scène ». Il y a des nombreuses références musicales dans mon livre, mais on peut aussi compléter avec :

 

The Surface Of The Sun de John Murphy

Holes In the Sky de M83

Detroit de Disasterpeace

The Killing Moon de Echo & The Bunnymen (Je dirais même que c’est le « générique de fin » du livre)

The Story de Brandi Carlile

Chasing Cars de Snow Patrol

sunshine-ost-complete-score

 

Comment écrivez-vous ?

 

J’écris dans le train, un casque sur les oreilles pour m’isoler du bruit. Je relis beaucoup et c’est à ce moment que la musique joue son rôle. J’aime le trop plein d’émotion que l’on peut ressentir avec une chanson alors j’en choisis qui colle le mieux à la scène que je suis en train de relire et j’essaye de vivre l’instant, de voir si cela fonctionne, si l’émotion est présente. J’ai des images en tête, que j’essaye de retranscrire au mieux avec les mots. Vous avez déjà lu livre et voulez essayer ? Rendez-vous page 195 de mon roman, cherchez sur le net Chasing Cars du groupe Snow Patrol (la version de 2007)

https://www.youtube.com/watch?v=GrpSjXo6ah0   et rendez-vous à 2 minutes 40. Vous vivez alors la scène avec l’émotion que j’ai eue en l’écrivant.

 

 

Quels sont vos écrivains préférés ? Et quel est votre livre de chevet actuellement ?

 

Je suis avant tout lecteur avant d’être auteur alors j’ai tout un tas d’écrivains préférés.

Paul Colize. Ses livres sont des petits bijoux. James Ellroy bien sûr. Beaucoup d’auteurs de la Série Noire. Lawrence Block. Jim Thompson. Ken Bruen. Carter Brown. Lansdale. L’anglo-français Robin Cook. La liste est longue. Mais aussi Bret Easton Ellis, Bukowski, Houellebecq, Moix, Beigbeder. Et surtout Stephen King dont l’œuvre, l’imagination et le formidable talent de conteur me passionnent depuis des années.

Et sinon, je viens de terminer Condor de Caryl  Férey  et attaque La faux soyeuse d’Eric Maravelias. J’ai rencontré Eric au salon de Templemars et eu envie de me plonger dans ce roman très noir.

Paul COLIZE - PRIX LANDERNEAU POLAR 2013 - à Paris le 22 mai 2013

Paul COLIZE – PRIX LANDERNEAU POLAR 2013 – à Paris le 22 mai 2013

 

Quels sont vos Films préférés ?

 

J’ai cité quelques films au début de notre entretien. Si je dois citer le film qui m’a le plus marqué, je te réponds sans hésitation, Magnolia de Paul Thomas Anderson.    Je suis de la génération VHS et beaucoup de mes coups de cœur ciné date de cette époque. J’avais 18-20 ans et passais des heures dans les rayons de mon vidéoclub de quartier. Je pourrais te citer des dizaines de films préférés :  American History X, Mulholland Drive,  L’Armée des 12 singes, Trainspotting,Fargo,Une nuit en enfer,Fight Club,Seven,Heat,L’impasse,Ed Wood,Un monde parfait,True Romance…  Nous pourrions en parler des heures !

untitled-1

 

Le concierge est curieux ! Est ce que vous êtes sur un nouveau projet littéraire ?

 

Absolument. J’attaque une grande fresque historique. Roman choral. Plusieurs voix. Se déroulant sur 500 ans avec… Non je plaisante.

Les lecteurs avec qui j’ai discuté me demandent si un autre livre est prévu avec Florian. Je n’en suis pas à me poser la question des personnages, je n’ai pour l’instant qu’une vague idée d’un prochain roman que je voudrais moins noir avec une intrigue tortueuse et très cinématographique. Tout en essayant de garder un style direct et rythmé.

 

 

Devient-on auteur de polars pour exorciser ses envies de meurtre ?

 

Pas tout à fait, mais la question est peut-être de savoir pourquoi on devient auteur de polar et plus généralement auteur. Comme le dit Stephen King dans un de ces récits autobiographique, « écrire n’a rien à voir avec gagner de l’argent, devenir célèbre, draguer les filles ou se faire des amis ».  (Quoi qu’à une époque, l’idée de draguer les filles m’a traversé l’esprit)

L’écriture m’apporte une liberté totale, sans entrave ni censure.  J’écris ce que j’ai envie d’écrire en y mélangeant ce que je sais de la vie, de l’amitié, de l’amour, du travail et du sexe.

 

Le début de votre roman dit moi est un hommage à James Ellroy ? Cette femme tuée.

 

Je sais que cela va casser le mythe, mais plutôt à l’épisode « Secrets That I Never Want to Know » de la saison 8 de Desperate Housewives. Je sais ça fait tout de suite moins classe qu’un hommage à James Ellroy.

94f1865080717ac36b7e683d314319f1_large

 

Quel sera votre mot de fin à cette interview ?

 

 

Je vais essayer de faire vite car tu as du te rendre compte que j’étais bavard. Je voulais juste te remercier pour le travail que tu fais. Je te lis depuis des années et c’est un honneur d’apparaître sur ton site ! Merci.