« Lagos lady » de Mr Leye Adenle chez Métailié Edition

Voici pour moi un énorme coup de cœur pour ce roman « Lagos lady » de Mr Leye Adenle.

Un roman rythmé tout le long du roman, des personnages qui vous resteront longtemps en mémoire.

Un vrai plaisir de lecture que ce roman, un polar survolté ou vous éviterez les tirs de justesse.

Une autre vision du Nigéria que l’auteur nous livre avec brio.

Des cellules Surpeuplées, une police avec des méthodes peu ordinaires et vous découvrirez Lagos la nuit.

Il y est également question du sort des femmes nigérianes, un écrivain qui est pour moi une des plus belles plumes du Nigéria.

Un roman que je vous recommande les yeux fermés et j’attends la suite avec impatience.

Voici un résumé du roman :

 

Mauvaise idée de sortir seul quand on est blanc et qu’on ne connaît rien ni personne à Lagos ; Guy Collins l’apprend à ses dépens, juste devant le Ronnie’s, où il découvre avec la foule effarée le corps d’une prostituée aux seins coupés. En bon journaliste, il aime les scoops, mais celui-là risque bien de lui coûter cher : la police l’embarque et le boucle dans une cellule surpeuplée, en attendant de statuer sur son sort.

 

Le sort, c’est Amaka, une splendide Nigériane, ange gardien des filles de la rue, qui, le prenant pour un reporter de la bbc, lui sauve la mise, à condition qu’il enquête sur cette vague d’assassinats. Entraîné dans une sombre histoire de juju, la sorcellerie du cru, notre journaliste à la manque se demande ce qu’il est venu faire dans cette galère, tandis qu’Amaka mène la danse en épatante femme d’action au milieu des notables pervers.

 

Hôtels chics, bars de seconde zone, jungle, bordels, embouteillages et planques en tout genre, Lagos bouillonne nuit et jour dans la frénésie high-life ; les riches font tinter des coupes de champagne sur Victoria Island pendant que les pauvres s’entre-tuent à l’arme lourde dans les bas quartiers.

 

La semaine prochaine nous partons en Italie, je vous souhaite une bonne semaine.

 

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Bienvenue sur le Divan du Concierge. Ma première question consiste à vous connaître mieux : pouvez-vous nous parler de votre enfance et comment êtes-vous venu à écrire un roman?

 

Je ne peux pas dire qu’il y a un moment où j’ai décidé d’être écrivain, ni qu’un événement particulier m’a donné envie d’écrire. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu écrire. Enfant j’ai voulu être pilote, puis acteur, puis écrivain. J’ai été acteur, je n’ai pas encore piloté d’avion, et maintenant j’écris.

J’ai commencé à écrire très tôt. J’ai commencé à écrire des histoires dans mes cahiers dès l’école primaire. Mon grand-père paternel était aussi écrivain, mais je ne l’ai jamais rencontré, et mon père lui-même, docteur en médecine, possède sa propre imprimerie et maison d’édition. Peut-être que la combinaison de ces deux facteurs m’a influencé. J’ai grandi entouré de livres, dans la bibliothèque de mon père, celle de mon grand-père (où j’ai volé les œuvres complètes de Shakespeare quand j’étais enfant), dans la maison d’édition de mon père, et la bibliothèque de mon école. J’adorais les livres. J’adorais lire, et je voulais écrire des histoires comme celles qui me donnaient tant de plaisir.

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J’ai lu dans votre bio que vous êtes considéré par votre famille comme la réincarnation du roi des habitants d’Oshogbo, pouvez-vous nous l’expliquer ?

 

Je ne crois pas être la réincarnation de mon grand-père, ancien Roi du peuple Osogbo dans l’état d’Osun au Nigeria. C’est plus un élément culturel, une de ces choses particulières à un peuple difficile à traduire. Un de mes 8 noms est Babatunde. ça se traduit par « Le père est revenu ». C’est le nom qu’on donne à un enfant mâle qui naît juste après la mort d’un ancêtre masculin, dans mon cas mon grand-père. Pour une fille, le nom serait Yetunde : La mère est revenue. Aussi, dans la culture de mon peuple, je suis Babatunde, l’esprit revenu de l’au-delà d’une personne aimée récemment défunte. Je pense que ce qu’il y a de beau dans cette tradition c’est qu’elle symbolise l’amour qu’ils devaient éprouver pour le défunt, tellement qu’ils espéraient le retrouver dans le nouveau-né.

 

 

Comment vous est venue l’idée d’écrire votre roman « Lagos Lady» ?

 

Ma mère et deux de mes frères discutaient entre autres de violence envers les femmes. Quand nous sommes tous les 4, nous débattons et nous lançons dans de longues discussions. Cette fois-là nous avons parlé des corps retrouvés le long des routes, nus et mutilés, et le plus souvent féminins. Est-ce simplement un autre exemple de violence envers les femmes, ou y a-t-il une autre explication ? Cette question a fait germer une idée et l’idée a conduit au roman.

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Il va être question du sort des femmes nigérianes dans votre roman, un personnage qui m’a marqué c’est Amaka, pouvez-vous nous en parlez et comment voyez-vous l’avenir des Nigérianes ou sentez-vous une révolte s’annoncer chez les femmes Nigérianes ?

 

Je pense que la condition des femmes au Nigeria est la même que celle de toutes les femmes dans le monde. On ne peut parler d’égalité des femmes si les femmes sont privées de leurs droits quelque part. L’avenir des femmes nigérianes est le même que celui des femmes américaines ou syriennes ou en Arabie Saoudite qui n’ont pas le droit de conduire seules une voiture.

J’espère qu’il y aura une révolte, et qu’elle sera mondiale. Que toutes les femmes, et les hommes qui ont bon esprit, se lèvent et refusent à l’unisson tout accord qui ne mènera pas à la liberté totale pour tous, pour toutes les femmes.

Amaka est un personnage composite, inspiré par de nombreuses femmes que je connais. Je ne connais tout simplement pas de femmes qui ne soient pas comme elle. Le Nigeria est plein de femmes comme Amaka.

 

 

J’ai adoré le personnage de Guy Collins, pouvez vous nous parler de ce personnage, comment vous l’avez crée ?

 

Une de mes amis s’appelle Guy Collins. Je voulais raconter en partie l’histoire d’un point de vue étranger car cela allait me permettre de décrire Lagos comme seul un nouvel arrivant pourrait le faire. Le vrai Guy Collins est maintenant marié il a pris le nom de son mari , maintenant son nom est Guy Collins-Down.

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Les écrivains portent-ils la responsabilité de montrer les dysfonctionnements de certaines structures de leurs pays?

 

Parfois je pense que les écrivains devraient se contenter d’écrire, parfois je me dis qu’il y a plus dans la vie, mais je pense c’est aux auteurs de décider pourquoi ils écrivent. Mon premier devoir est envers mon lecteur. Après vient mon devoir envers moi-même. Peut-être qu’un jour je déciderai que j’ai aussi un devoir envers la société, mais pour le moment, il me paraît plus sûr de me contenter d’écrire de la fiction, parce que c’est que je sais faire, et de laisser la politique à ceux qui sont experts en la matière et qu’on devrait écouter. On vit une époque de notre histoire où les gens ont cessé d’écouter les experts. Je crains les conséquences que peut avoir le fait de céder le micro à des célébrités pour nous dire quoi ressentir envers la société, quand être en colère contre le gouvernement, pour ou contre qui voter. A moins qu’un écrivain ait fait des études politiques et soit devenu expert en la matière, je préfère qu’il laisse les vrais experts parler politique.

 

 

Avez-vous une anecdote sur votre roman à partager avec nous ?

 

 Le vrai Guy Collins est gay. Lui et son mari sont le plus beau de tous les couples de cette planète.

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Quelle musique accompagnerait le mieux votre roman ?

 

Easy Moton Tourist de Fatai Rolling Dollar.

 

https://www.youtube.com/watch?v=3kKIT6BdyDU

 

 

 

Comment écrivez-vous ?

 

J’essaie d’écrire tous les jours, et tous les jours à la même heure. Je trouve que la régularité et un endroit dédié aident à l’écriture. L’écriture devient une habitude et on a vite fait de la perdre si on s’arrête.

 

Quels sont vos écrivains préférés ? Et quel est votre livre de chevet ?

 

 Amos Tutuola. Chinua Achebe. James Patterson. Je peux les lire sans m’arrêter. En ce moment j’écris, alors je ne lis pas. Il m’est presque impossible de lire lorsque j’écris.

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Devient-on auteur de polars pour exorciser ses envies de meurtre ?

 

 J’espère bien que non. Penser ça reviendrait à confesser mes tendances criminelles. Je ne suis pas encore prêt à me révéler. Tout ce que je dis pourrait être utilisé contre moi.

 

 

Quel est votre premier lecteur ou lectrice quand votre roman est terminé ?

 

En général la personne avec qui je sors à ce moment-là, mais je n’attends pas d’avoir fini. J’essaie d’écrire un chapitre par jour et je les fais lire au fur et à mesure. J’ai aussi quelques amis qui lisent le premier jet au fur et à mesure que je l’écris. J’ai besoin d’un public. Je veux être lu. C’est la première raison d’être de mon travail d’écrivain.

 

 

Y a t’il beaucoup d’auteur de polar au Nigéria ?

 

 Pas autant qu’on le voudrait, mais Toni Kan me vient à l’esprit. Son nouveau roman, The carnivorous city, sera publié en octobre. Il y a aussi Obinna Udenwe qui a écrit le thriller Satans and Shaitans. (Livres non traduits)

 

 

Quels sont vos films préférés ?

 

Black girl de Ousmane Senbène, Pretty woman, Parfum de femme, Pulp fiction, Le sixième sens …. Il y en a trop pour tous les citer. J’adore le cinéma.

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Le concierge est curieux ! Etes-vous entrain d’écrire un second roman ?

 

Oui ! Je suis en train d’écrire la suite de Lagos Lady.

 

 

Quel sera votre mot de fin ?

 

Depuis peu en guise d’au-revoir je dis « faites de bonnes choses ! « :-)

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