« Désordres » de Mr Jonathan Gillot chez Editions Ex æquo.

Voici une belle découverte que ce roman, un jeune écrivain qui prend son envol Car cela ne fait aucun doute que vous entendrez parler de ce jeune talent.

Mr Jonathan Gillot pour son roman « Désordres » chez Editions Ex æquo.

Et j’aime bien ce souffle neuf qui arrive dans le thriller Français et cette originalité dans ce roman.

On voit dans ce roman tout ce rythme et l’envie que l’auteur a voulu partager avec ses lecteurs et lectrices.

Frissons-Surprise-Angoisse est un bon mélange et qui fait de ce roman un très bon thriller que je vous conseille de lire.

Voici un résumé du roman :

Parachuté dans une ville de province pour couvrir un fait divers, Quentin Viessenthal, journaliste sans ambition, va vite regretter sa venue. La cité, peu à peu privée de ses autorités morales et politiques, va devenir la proie d’une puissante organisation qui n’a que la barbarie pour moyen et la domination pour fin. Faisant preuve de lâcheté ou de courage, de dédain ou de sacrifice, Quentin se trouvera au milieu d’un désastre comme l’Histoire sait parfois en produire : une République au bord de l’abîme, des monstres engendrés par la violence de la vie, des innocents enchaînés par centaines. En fin de compte, des lendemains qui déchantent, dans une ville qui déjante. Avec ses compagnons d’infortune, il devra rivaliser d’ingéniosité pour sauver une ville, qui pourrait un jour être la vôtre.

Je vous souhaite une bonne semaine de lecture à vous tous.

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Bienvenue sur le Divan du Concierge. Ma première question consiste à vous connaître mieux : pouvez-vous nous parler de vous et comment en êtes-vous venu à écrire ce premier roman ?

 

Je suis né dans une petite ville de province, Chaumont, en 1986. Apparemment, c’était une drôle d’année : la venue de la comète de Halley, la chute de Challenger, le désastre de Tchernobyl. Petit, j’ai vite été passionné d’astronomie grâce à un démarcheur à domicile vendeur d’encyclopédies. Les années 90, c’était l’époque faste pour les démarcheurs en costume et sourire Colgate : il y en avait facilement plusieurs par jour. Mes parents l’ont évidemment envoyé paître mais avant de partir, il m’a offert un mini planétarium en carton. Il suffisait de tourner un petit disque pour voir apparaître les principales données sur les planètes du Système solaire. Ce truc m’a obsédé et j’ai très vite été attiré par ces autres mondes ; je suis certain que cet événement anodin a conditionné ma scolarité. J’ai fait un long cursus universitaire : DUT, Licence, Master et pour finir, la thèse de physique.

La thèse est un moment difficile, surtout à la fin, avec des phases d’émulation intense et des moments de grande lassitude. C’est pour décrocher un peu du quotidien prenant de la thèse que j’ai commencé à écrire.

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Comment vous est venue l’idée d’écrire votre roman « Désordres » ?

 

Je ne sais pas d’où vient l’idée, ni même l’envie. J’avais envie de protagoniste face à des dilemmes épouvantables, de tragédies et de soulagements, et surtout de voir des personnes tentées de flirter avec le mal. Je crois qu’on projette une partie de ses désirs dans son œuvre.

 

Chaumont comme lieu de votre thriller, un hommage pour votre ville de naissance ? Pourquoi ne pas avoir pris une ville imaginaire ?

 

Il ne s’agit pas d’un hommage, non, c’est différent. Je suppose que vous n’êtes jamais allé à Chaumont. Et si c’est arrivé, c’est soit parce que :

  • vous aviez une correspondance en train.
  • vous vous êtes perdu.

Si vous avez un jour la curiosité de vous y arrêter, demandez à n’importe quel Chaumontais ce qu’il pense de sa ville. La plupart sont sceptiques, voire très négatifs. Alors j’ai eu envie que, pour une fois, ils soient fiers de leur ville.

C’est vrai, j’aurais pu inventer une cité : les lieux imaginaires ont la formidable qualité de coller avec n’importe quelle intrigue, mais ils ont le défaut rédhibitoire de ne pas exister. On a tous un lien affectif avec notre cadre de vie, et ça rend l’histoire d’autant plus dramatique. Perdre ce lien aurait fait perdre beaucoup de saveur à l’intrigue.

Quoi qu’il en soit, il ne faut pas s’attacher à l’image de la ville car, en fin de compte, le vrai cœur de l’arène, c’est la République. C’est elle qui est menacée dans ses fondements et les Événements de Chaumont ne sont qu’un signe de son vacillement parmi d’autres.

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J’ai bien aimé les personnages de Quentin et Max, pouvez-vous nous en parler ?

 

Quentin est un enfoiré et Max est un repenti. Je ne crois pas au mythe du héros, parce qu’il n’y a que des humains au final. Il paraît qu’on a tous dans la tête un système de récompense, réglé pendant l’enfance, et c’est lui qui est la source de toutes nos motivations. Du plus altruiste au plus égoïste, ce système de récompense nous dicte quoi faire.

Mais il y a parfois un déclic pour le modifier. Lorsqu’il y a une agression, on pense que seule la victime est chamboulée, mais moi je n’en suis pas si sûr. Je pense que l’agresseur est surpris par sa propre violence, et que sa propre conscience devient une victime collatérale. C’est ce qui arrive à Max.

 

Les écrivains portent-ils une responsabilité de montrer les disfonctionnements d’une société ?

 

Les écrivains ne portent absolument aucune responsabilité, ils se donnent le droit d’être impertinents, c’est tout. Si leur impertinence peut faire avancer le monde, c’est tant mieux.

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Avez-vous une anecdote sur votre roman à partager avec nous ?

 

À la fin de l’écriture, je me suis rendu compte que je m’étais complétement éloigné de la trame conçue deux ans avant. Je ne suis pas revenu sur la fin prévue par la trame… Ça fait du bien de laisser vagabonder son imagination.

 

Devient-on auteur de Thriller pour exorciser ses envies de meurtre ;-) ?

 

Au début, c’est ce que je pensais. Mais je m’aperçois qu’il y a des gens que j’ai toujours autant envie de tuer. En attendant, je m’entraîne sur mes personnages.

 

Quelle musique accompagnerait votre roman à votre avis ?

 

J’en ai mis toute une liste à la fin du livre. Toutefois, si je devais en choisir une, ce serait « Izia — La vague ».

https://www.youtube.com/watch?v=7MudfCf1rAU

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Quel est votre premier lecteur quand votre roman est terminé ?

 

Mon mec.

 

Comment écrivez-vous ? (Le matin, le soir et dans quel endroit ?)

 

Plutôt la nuit, en musique, enfermé dans une petite pièce, un éclairage tamisé et avec un chat à proximité. Le chat est certainement l’élément le plus important.

 

Quels sont vos écrivains préférés ? Et quel est votre livre de chevet actuel ?

 

Je viens juste de terminer « J’irai cracher sur vos tombes » de Boris Vian, mais je ne sais pas ce que je vais lire ensuite.

J’aime Stephen King, c’est le grand maître du suspense. Je lis de temps en temps un bouquin de Maxime Chattam ou Franck Thilliez. Plus récemment, j’ai lu « La verticale du fou » de Fabio M. Mitchelli, publié aux éditions Ex Æquo aussi.

J’ai lu beaucoup de science fiction : Asimov, la collection Anticipation de Fleuve Noir, etc.

Enfin, je lis aussi « Gravitation Relativiste » aux édition CNRS pour me mettre à la Relativité Générale.

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Le concierge est curieux ! Pouvez-vous nous parler si vous écrivez un autre roman ? Juste pour nous mettre l’eau à la bouche.

 

La curiosité est un vilain défaut, mais pas le pire. À mon avis, le pire est d’ignorer les mises en garde de personnes plus expérimentées que soi. À cause de cela, une petite idiote va beaucoup souffrir dans mon prochain roman. Ce sera un thriller, mais avec une touche de fantastique.

 

Quels sont vos films préférés ?

 

J’ai beaucoup aimé “Interstellar”: il montre la poésie qu’il y a dans la Science et réconcilie l’humain avec les lois de la physique. Le “Titanic” de James Cameron m’a beaucoup marqué, mais pas pour le romantisme ; c’est ce bateau qui me fascine. Je ne crois pas que le monde ait un jour vu un paquebot plus beau que celui-ci et son concepteur avait raison sur un point : il est insubmersible. Parce que quiconque en a entendu parler ne peut l’oublier.

D’ailleurs, à ce propos, un écrivain nommé Morgan Robertson a écrit « Le naufrage du Titan », qui raconte le naufrage d’un paquebot très similaire au Titanic 14 ans avant le drame. Troublante coïncidence. J’ose espérer, pour Chaumont, qu’un écrivain n’est pas un voyant qui s’ignore…

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Quand savez-vous que vous tenez un roman ?

 

Quand je peux imaginer les tronches que font mes personnages face au pétrin dans lequel je les ai mis. Là, je me dis que c’est bon.

 

Quel sera votre mot de fin à cette interview ?

Le mot de la fin sera ce qui finira par triompher : liberté, égalité, fraternité.

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