Hostis Corpus de Mr Christophe Reydi-Gramond chez Piranha Edition

Voici cette semaine une très belle découverte, un roman qui m’a énormément plu « Hostis Corpus » chez Piranha Edition de Mr Christophe Reydi-Gramond .

Un voyage dans le monde secret du Vatican, un grand bol d’oxygène que cette lecture.

Et quel personnage attachant que l’abbé́ Dumoulin et vraiment bien réussi de tout point de vue.

Une belle mécanique d’une horloge suisse que ce roman.

Je vous le recommande fortement.

Voici un résumé du roman :

 

Lorsque le Saint Suaire disparaît en ce mois d’août de l’an 2000, l’Italie toute entière s’apprête à accueillir des millions de pèlerins venus admirer la relique au moment du jubilé. Une partie d’échecs s’engage des lors entre les différentes pièces liées à cette affaire : le Maître joue seul contre le commissaire Rocci et son adjointe Ornella, contre l’abbé́ Dumoulin au passé trouble, mais aussi contre le capitaine Matchenko, nostalgique de la grandeur du KGB. Sans oublier la moitié des membres du Vatican.

 

La semaine prochaine nous partons dans les rues de Paris, je vous souhaite de très bonne lecture.

  

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Comment vous est venue l’idée d’écrire votre roman « Hostis Corpus » ?

 

Un concours de circonstances, une rencontre, m’ont fait découvrir par hasard le linceul de Turin en 1998. J’avoue que j’ai été troublé. Cette histoire est extraordinaire. Si on veut bien se donner la peine de creuser un peu, sans a priori, pour aller au-delà des jugements définitifs de la version officielle du « faux » répétés en boucle depuis 1988, on s’aperçoit que les choses sont plus compliquées qu’elles n’en ont l’air. Mais, aussi extraordinaire fut-elle, cette histoire ne faisait pas un roman. J’ai néanmoins conservé l’idée dans un coin de ma tête. Et puis, il y a quelques temps, j’ai eu envie de traiter à travers une enquête – qui est toujours un formidable moyen narratif – de la question de la croyance, de la foi. C’est d’actualité, n’est-ce pas ? En y réfléchissant, je me suis dit que si foi et rationalité s’opposaient si violemment de nos jours, ce n’est pas parce qu’elles étaient incompatibles mais, au contraire, parce qu’elles étaient concurrentes. Dis autrement, que la raison n’est peut-être qu’une autre croyance… ou la foi une autre raison, comme on veut. Comme le dit un des personnages du livre : « A partir du moment où l’hypothèse de Dieu est compatible avec les faits, croire n’est pas plus idiot que de ne pas croire. » L’idée de faire quelque chose avec le linceul de Turin est alors remontée à la surface tout naturellement. Parce que s’il y a un objet au monde qui se situe à l’exacte croisée des chemins entre la foi et la raison, c’est bien celui-là.

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Pouvez-vous nous parler des deux personnages : L’abbé Dumoulin et Matchenko ?

 

Il est pas mal question d’échecs tout au long du livre. Aux échecs, chaque pièce possède son alter ego dans le camp d’en face : Pion blanc, Pion noir, Cavalier blanc, Cavalier noir, etc. Dumoulin, prêtre catholique, et Matchenko, ex-agent du KGB, sont deux Tours adverses, l’une blanche, l’autre noire (ou plutôt rouge, en l’occurrence). Mais cet échiquier-là est compliqué : les pièces changent parfois de couleur. Je n’en dirais pas plus pour ne rien dévoiler. Disons qu’ils se complètent assez bien et qu’ils ont en commun, outre un certain âge, le talent particulier de savoir tuer un ennemi à mains nues. C’est une tradition qui se perd.

 

Le concierge est curieux ! Retrouverons-nous l’abbé Dumoulin dans d’autres aventures ?

 

Il paraît qu’il ne faut jamais dire jamais, cependant le principe du personnage récurrent n’est pas la direction que j’ai prise jusqu’à présent. Je ne suis pas sûr d’avoir envie de ce genre de fidélité. Mais peut-être cela viendra-t-il.

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Avez-vous visité les lieux ?

 

Oui, en partie du moins. Je suis amoureux de l’Italie, j’ai rencontré ma femme à Turin (où nous retournons chaque fois qu’on le peut), nous sommes allés à Rome, Florence, Assise, Maranello, Milan… En revanche, je n’ai jamais mis les pieds en Russie. Pas encore.

 

 

Les écrivains portent-ils la responsabilité de montrer les dysfonctionnements de certaines structures comme l’église ?

 

Non, à mon avis les écrivains ne portent aucune responsabilité ; d’ailleurs, la plupart sont irresponsables (je sais de quoi je parle) ! Quant aux dysfonctionnements de l’Eglise, je crains qu’il ne soit pas nécessaire de les souligner.

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Quelle musique accompagnerait le mieux votre roman ?

 

Il y a en quelques-unes dans le livre : Bohemian rapsody de Queen, un oratorio de Telemann, tu voie la l’americano, une vieille chanson de Renato Carosone, Lakmé, l’opéra de Léo Delibes… Elles illustrent l’humeur des personnages à un moment donné et font partie, sinon toutes de ma discothèque, du moins des airs que j’aime réécouter.

 

 

Quel est votre premier lecteur ou lectrice quand votre roman est terminé ?

 

Mon éditeur. Je n’ai pas suffisamment confiance en moi pour me fier au jugement de ceux qui m’aiment. Avec mon éditeur, je suis tranquille : si c’est mauvais, il me le dit.

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Comment écrivez-vous ?

 

J’écris entre les pierres, comme pousse la mauvaise herbe. Ma vie étant extrêmement remplie, j’ai très peu de temps libre dans une journée, aussi je profite de chacun pour tracer quelques mots à la va-vite, prendre une note sur un coin de table, corriger en mangeant… C’est une écriture de guerilla. Heureusement, j’ai la chance d’avoir deux heures de train par jour pour aller travailler. Je crois que c’est là que j’écris le plus, finalement. Rien que pour cela, je devrais recevoir le prix SNCF du Polar ! A moins que je ne doive leur reverser une partie de mes droits d’auteur ?

 

Quels sont vos écrivains préférés ? Et quel est votre livre de chevet ?

 

Dans le genre policier, mes écrivains de référence sont John Le Carré et Vladimir Volkoff. Sinon, plus largement, mes goûts sont assez éclectiques, cela va de George Orwell à Virgil Gheorghiu en passant par Alexandre Vialatte et Julien Green…  Entre autres. En ce moment, le livre sur ma table de nuit est « Paix à leurs armes », d’Olivier Bottini. Je ne le connaissais pas, c’est très bon.

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Devient-on auteur de polars pour exorciser ses envies de meurtre ?

 

Je ne sais pas pour les autres, mais moi je n’exorcise rien du tout : j’assume au contraire très bien mes envies de meurtre. Mon problème, c’est que les bonnes raisons de passer à l’acte sont devenues tellement nombreuses que je ne sais plus où donner de la tête ! Je vais peut-être me faire serial killer ; vous savez s’il y a un CAP pour ça ?

 

Quel sera votre mot de fin pour cette interview ?

 

Lisez Hostis corpus et ensuite, offrez-le.

 

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