Il reste la poussière de Mme Sandrine Collette chez Denoël Edition

Cette semaine nous avons sur le Divan une auteure qui a l’habitude de se confier pour ce blog.

Une auteure que je suis depuis le début et à qui je voue une grande admiration pour ses romans.

Mme Sandrine Collette pour son quatrième roman «  Il reste la poussière chez Denoël Edition ».

Un roman où nous partons en Patagonie sur les traces d’une famille tenue d’une main de fer par une mère autoritaire.

Vous allez découvrir un personnage que vous n’oublierez de sitôt « Rafael » un enfant qui ne vous laissera pas insensible.

Une atmosphère qui vous prend à la gorge totalement réussie

Sandrine Collette m’a surpris agréablement avec ce roman, elle continue son parcours d’écriture avec virtuosité et impatient de lire son prochain roman.

Voici un résumé de son roman :

 

Patagonie. Dans la steppe balayée de vents glacés, un tout petit garçon est poursuivi par trois cavaliers. Rattrapé, lancé de l’un à l’autre dans une course folle, il est jeté dans un buisson d’épineux.

Cet enfant, c’est Rafael, et les bourreaux sont ses frères aînés. Leur mère ne dit rien, murée dans un silence hostile depuis cette terrible nuit où leur ivrogne de père l’a frappée une fois de trop. Elle mène ses fils et son élevage d’une main inflexible, écrasant ses garçons de son indifférence. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien.

Dans ce monde qui meurt, où les petits élevages sont remplacés par d’immenses domaines, l’espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer. Rafael parviendra-t-il à desserrer l’étau de terreur et de violence qui l’enchaîne à cette famille?

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Voici les trois autres interviews que Mme Sandrine Collette m’a accordé et je la remercie chaleureusement :

 

 

http://www.concierge-masque.com/2013/07/05/sandrine-collette-des-noeuds-dacier/

 

http://www.concierge-masque.com/2014/05/15/sandrine-collette-un-vent-de-cendres/

 

http://www.concierge-masque.com/2015/02/05/six-fourmis-blanches-de-sandrine-collette-chez-denoel-edition/

 

 

La semaine prochaine nous partons au Togo pour rencontrer un écrivain qui fut pour moi une très belle découverte et une rencontre que je ne suis pas près d’oublier.

Je vous souhaite une bonne semaine.

 

 

 

 

©PHOTOPQR/LE PROGRES/JEGAT MAXIME - LYON, LE 27 MARS 2015 - FESTIVAL INTERNATIONAL DE LYON QUAI DU POLAR. - SANDRINE COLLETTE, ROMANCIERE. (MaxPPP TagID: maxpeopleworld865778.jpg) [Photo via MaxPPP]

©PHOTOPQR/LE PROGRES/JEGAT MAXIME

 

 

Bienvenue sur le Divan, Déjà Quatrième roman publié chez Denoël Edition, comment vous est venue l’idée de ce roman  et de la Patagonie?

 

C’est un mélange de diverses inspirations, à la fois de ce que j’aime, de ce que je lis, de ce que j’ai envie de faire. Cela fait longtemps que je voulais mettre en scène des chevaux (qui sont une passion personnelle), cela m’a orientée vers une sorte de western familial intemporel. Pour la Patagonie, c’est une région immense qui a des climats très différents, des paysages changeants, de grands espaces, tout ce qu’il me fallait pour planter le décor.

 

 

Les paysages tiennent une part importante dans votre écriture. Comment affectent-ils votre imaginaire ?

 

La nature est un personnage à part entière pour moi. Elle transcende les caractères, en bien ou en mal, elle influence, elle explique la dureté des hommes parce que pour survivre dans ces paysages-là, il faut être soi-même rugueux, sinon on y reste, ou on devient fou.

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Nous allons parler de vos personnages, d’abord la mère autoritaire. Comment s’est passée sa construction ?

 

J’ai mis du temps à décider si je parlerais d’une famille monoparentale ou non, et si oui, avec le père, ou avec la mère. Je trouve que la mère est intéressante parce qu’elle est à l’inverse de ce que l’on attend de son personnage. En fait, elle a pris la place du père, elle est « comme un homme » plus qu’une femme elle-même. Et cela me permettait de développer ses relations avec ses fils, qui ne sont pas en force ou concurrentielles comme cela aurait pu être avec le père, c’est à la fois plus violent (parce qu’on attend, à tort, de l’amour) et plus fin.

 

 

Parlez-nous des trois frères, qui m’ont énormément marqué.

 

Ils sont quatre: les aînés, deux jumeaux d’une douzaine d’années quand s’ouvre le livre, sont des petites brutes autoritaires. Le troisième, Steban, c’est « le débile », comme l’appellent ses frères (le lecteur apprendra pourquoi). Et le petit dernier, celui qui est arrivé trop tard et dont plus personne ne voulait parce que le père était déjà parti quand il est né, c’est Rafael, le seul à avoir un peu d’humanité, qu’il trouve paradoxalement auprès de son cheval et de ses chiens. Tous ces garçons sont des taiseux ; ils parlent plutôt avec les mains, et plutôt pour faire mal. La mère les élève comme son bétail : d’une main de fer, dans un travail harassant, se bagarrant sans cesse entre eux.

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« Haine »  pourrait être le titre du roman, tellement la trame du roman fait froid dans le dos. La haine peut détruire une famille ?

 

Bien sûr, et pas que dans les livres. Il suffit de regarder les faits divers liés aux héritages (les hommes sont capables de s’entre-tuer pour récupérer le magot), entre autres. Non seulement la haine peut détruire une famille, mais c’est encore plus intéressant de prendre la phrase à l’envers : la famille est capable de construire une haine sans limite des uns envers les autres.

 

 

Avez-vous une anecdote à partager avec nous sur votre roman ?

 

Hélas non…

 

 

Quand savez-vous que vous tenez un roman ?

 

Quand il y a une sorte d’étincelle quand j’y pense et que j’arrive à construire le canevas, quand je ressens une agitation particulière en écrivant le premier chapitre, si ça va tout seul, si c’est « porté », je sais que je peux y aller, il y a du travail mais ça va être chouette.

 

 

Quel est votre premier lecteur ?

 

Mon chéri !

 

 

Quel est votre livre de chevet actuellement ?

La terre qui penche, de Carole Martinez.

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Dans votre dernier roman, on ressent l’amour pour les chevaux, c’était pour leur rendre hommage ?

 

Oui, c’était un projet depuis un moment, en fait je me disais que je les connais si bien que je pouvais en faire quelque chose de puissant, d’émotionnel. Mais je sais aussi qu’en parlant de ce qu’on aime, on risque de se retrouver sentimental et il m’a fallu être bien au clair pour en faire les personnages d’un roman bien noir.

 

Lisez-vous les critiques ?

 

Uniquement celles des libraires et de la presse.

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Avez-vous déjà traversé une grande crise d’écriture ? Un moment ou vous avez douté de votre vocation, si toutefois c’est comme ça que vous concevez votre travail ?

 

Je ne crois pas à la vocation mais à l’envie, et l’envie ne tarit pas encore. Au deuxième livre, il m’est arrivé de douter de moi-même (pas de mon désir d’écrire, mais de mes qualités) ; c’était difficile après le succès de mon premier roman. Et puis je me suis laissée emmener par mon imagination.

 

 

Dans chaque roman  que vous publiez nous avons des endroits et des personnages différents, aimeriez-vous faire un jour un personnage récurrent ?

 

Je ne sais pas, peut-être un jour. Mais cela ne colle pas vraiment avec le genre de « noir » que j’écris : pas d’enquête, pas de commissaire, pas de super héros… juste des gens comme vous et moi, dont le destin bascule. A la fin de mes livres, c’est difficile d’imaginer les faire revenir, ce serait parfois de l’acharnement !

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Quel sera votre mot de fin pour cette interview ?

Toujours merci à mon concierge préféré qui me soutient depuis le premier livre, c’est formidable de se sentir suivi et apprécié !