Antonia de Mr Gildas Girodeau chez Au-Delà du Raisonnable Edition

Cinq ans d’existence pour ce blog, le temps passe très vite mais la passion reste la même et ce blog a pour but de vous faire découvrir des écrivains de talent.

Mais pas que du talent mais aussi des écrivains qui m’ont touché et ému.

Et ce blog est aussi un moment de partage entre les auteurs et leurs lecteurs.

Cette semaine nous accueillions sur le Divan Mr Gildas Girodeau pour son roman « Antonia » chez Au-Delà du Raisonnable Edition.

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Un roman qui m’a énormément touché, par l’histoire tout simplement. Mr Girodeau arrive à nous emmener dans des conflits tragiques et sa plume est efficace tout simplement.

Ce roman est également un espoir pour que cela ne se reproduise pas.

Un écrivain que je suivrais dorénavant cet prochaine parution.

Voici un résumé de son roman :

  1. Antonia, jeune militante d’une organisation d’extrême gauche, doit fuir l’Italie des années de plomb et la répression policière. Alors, de pays en pays sa cavale la conduira à traverser l’Afrique pour le compte d’une organisation humanitaire. Mais en 1992, au Rwanda, Antonia croise les prémices de ce qui deviendra un génocide, et elle s’arrête de fuir. 

Au travers de son évolution psychologique, de ses joies, de ses peines, de ses amours, se dessine le portrait d’une femme attachante qui n’a jamais renoncé.

La semaine prochaine nous partons en Patagonie, je vous souhaite de très bonne lecture.

Et un grand merci à Mme Geneviève Van Landuyt pour le roman et un grand merci aux éditions Au delà du raisonnable pour cette belle découverte.

 

Bienvenue sur le Divan, pour vous connaître mieux : Comment vous êtes venu à écrire des romans ? Quel fut votre parcours ?

Dans le village où je vivais enfant on pouvait facilement croiser Jean Marc Reiser, ou Patrick O’Brian. Ils prouvaient que les écrivains étaient des êtres de chair et de sang, pas des fantasmes, c’était réel et possible. J’ai commencé à écrire de petites histoires lors de mes études au lycée Arago de Perpignan. J’étais interne, le temps paraissait long, ces historiettes impertinentes et interdites nous amusaient. En 1997 j’ai reçu un prix pour une nouvelle intitulée Voyage à Kyros, prix remis par l’écrivain catalan Joan Tocabens. C’est à partir de là que tout a réellement débuté.

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Ancien Marin ? Racontez-nous

Enfant du village de Collioure, la mer était pour moi une évidence : courses au large dans les années 70, sélectionné français au championnat du monde de Windsurfer en Grèce, Brevet d’Etat de Voile, Brevet de Patron de Petite Navigation de la Marine Marchande, traversée de l’Atlantique, propriétaire d’un sardinal, un vieux gréement catalan… la mer ne m’a jamais quittée, et moi non plus.

Comment vous est venu l’idée de votre roman « Antonia » ?

En 2008, en rassemblant de la documentation sur la françafrique pour un polar, la réalité du génocide rwandais et de ses ressorts m’ont bouleversé. D’autant que l’idée que je m’en faisais au travers des médias et des déclarations publiques de l’époque en était très éloignée. Je crois que l’Histoire avec un grand H se comprend mieux avec des histoires à petits h. On y trouve une dimension humaine qui empêche les simplifications, les raccourcis. C’est ainsi qu’Antonia s’est imposée à moi.

Votre roman se déroule entre 1974 et 1998, nous découvrons dans votre roman des événements tragiques de l’Ethiopie et surtout le Rwanda, qu’est ce qui vous plait dans ces terribles conflits humains ?

Il n’y a rien de plaisant dans ces événements, mais la dimension humaine des personnages qui y ont été confrontés est souvent fascinante. Elle nous parle de ce que nous sommes vraiment, du meilleur au pire. Au-delà, le roman peut aussi porter en arrière-plan des événements historiques ou des thèmes sociaux ou sociétaux parfois oubliés, voire méconnus, et qu’il est bon de rappeler pour mieux comprendre le présent. Combien de consciences Hugo ou Zola on-t-ils éclairé et éclaireront-t-il encore sur la condition humaine et les injustices sociales dans leurs romans? Si le romancier à un rôle, alors celui-là est essentiel.

(FILES) -- A file photo taken on February 27, 2004 shows skulls of victims of the Ntarama massacre during the 1994 genocide, lined in the Genocide Memorial Site church of Ntarama, in Nyamata. Among the 59.000 Tutsis who lived in the province, 50.000 were killed during the genocide, and among them 10.000 were slain in the church. The landmark trial of a former Rwandan army captain charged with complicity in the 1994 genocide kicked off in Paris on February 4, 2014, the first of its kind in France. Pascal Simbikangwa, who denies the accusations against him, appeared in court in a wheelchair after a 1986 accident that left him disabled. He faces life in prison. AFP PHOTO/GIANLUIGI GUERCIA

AFP PHOTO/GIANLUIGI GUERCIA

Il y a votre personnage principal qui m’a touché énormément, « la Pistolera », pouvez-vous nous parler de sa création ?

En 2008, en rassemblant de la documentation pour un polar intitulé Pas de répit pour les cafards, je suis tombé sur l’histoire d’une humanitaire italienne, qui, 2 ans avant le génocide rwandais, s’était dressée pour en dénoncer les prémices. Je me suis souvent demandé quels ressorts pouvaient conduire une femme de sa génération à se mettre à ce point en danger. J’ai fini par lui inventer une personnalité, un passé, et raconter son ultime engagement.

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Avez-vous une anecdote à partager avec nous sur ce roman ?

Au mois de février dernier j’étais invité au festival Nimes Noir, où j’ai présenté Antonia. A l’issue du débat, un couple s’est approché pour faire dédicacer son livre. La dame était très émue et j’ai engagé la conversation: « Nous étions présents à Kigali lors du génocide rwandais, m’a-t-elle dit. Quand nous sommes rentrés, nous avons affirmé que la France était très impliquée dans ce génocide, on nous a traités de menteurs, on a perdu des amis. Finalement nous n’en parlions plus. Ce roman nous redonne vie. » J’en ai été très touché.

Les écrivains portent-ils la responsabilité de montrer les dysfonctionnements de certaines structures tel que l’église ou d’autres organismes ?

Ils ne peuvent porter seuls cette responsabilité. Mais les écrivains du polar, ou du roman noir, le revendiquent souvent et c’est mon cas. Il ne s’agit d’ailleurs pas de désigner tels ou tels pour ce qu’ils sont, mais bien plus pour ce qu’ils ont fait. Cependant, nous ne sommes ni historiens, ni journalistes, ni policiers, notre rôle est de raconter des histoires qui entrainent le lecteur dans un certain univers, et si elles portent un message, alors tant mieux.

Quelle musique accompagnerait le mieux votre roman ?

Rédemption Song, de Bob Marley

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Quel est votre premier lecteur ou lectrice quand votre roman est terminé ?

Ma femme Isabelle !

Le concierge est curieux ! Pouvez-vous nous parler de votre prochain roman ?

Non ! sourire. Bon, d’accord : je termine une Héroïc Fantasy pour la collection Rivière Blanche, de Black Coat Press. Il s’agit de la suite des aventures du chevalier Xavi el Valent, co-écrite avec Philippe Ward et François Darnaudet, puis je vais entreprendre un roman sur l’Argentine et la guerre des Malouines, mais chuuut !

Comment écrivez-vous ?

Plutôt l’après-midi, dans un casot (mot catalan qui désigne un abri destiné aux travailleurs agricoles). Le matin je suis plutôt agriculteur.

Quels sont vos écrivains préférés ? Et quel est votre livre de chevet ?

John Le Carré est mon modèle, mais d’une manière générale j’adore les auteurs de polars et leurs romans. Beaucoup sont devenus de vrais amis. Je ne puis les citer tous sans prendre le risque d’en oublier, sauf Darnaudet et Del Pappas, qui me supportent depuis le début. En ce moment je lis 2084, de Boualem Sansal.

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Si vous aviez une machine à remonter le temps, quel événements aimeriez-vous voir ?

Aucun, ma vie a été riche de bonheurs et a aussi eu sa part de malheurs. Je n’ai nulle envie d’aller voir dans celle d’autres, ni d’explorer d’autres époques.

J’aimerais beaucoup que vous nous parliez de votre roman qui à reçu Le prix Virtuel du Polar 2012 « La paix plus que la vérité́ ».

C’est un roman sur les remugles de la guerre civile d’Espagne, au travers de l’enquête d’un journaliste à la dérive sur les conditions de la mort d’un dignitaire franquiste. Il se confronte au point de vue de 3 générations qui se comprennent mal, comme dans la réalité. Au-delà, c’est aussi l’histoire d’un amour improbable entre deux êtres que tout semble opposer.

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Quel sera votre mot de fin à cette interview ?

Merci de votre obstination à l’obtenir.