« Soul of London » chez Fleur Sauvage Edition

Cette semaine nous accueillons sur le divan une auteur que j’affectionne énormément, je veux parler de Mme Gaëlle Perrin Guillet pour son roman « Soul of London » chez Fleur Sauvage Edition.

Depuis que je lis ses différents romans je trouve que son écriture s’affine de plus en plus et pour moi sont dernier roman est plus accompli à mes yeux.

Je trouve qu’elle a trouvé le bon filon et avec brio nous décrit l’Angleterre fin de XIXeme siècles et arrive à nous faire trembler.

Des personnages que l’on n’oublie pas et on s’attache aux deux personnages principaux réellement bien réussis.

Un véritable coup de cœur et j’en redemande encore!

Voici un résumée du roman :

Londres, 1892. Un climat de peur.

Un flic qui boîte et un jeune orphelin.

Tous deux face à un meurtre…

… dont il ne fallait plus parler.

 

La semaine prochaine nous parlons des brigades rouges, je vous souhaite une bonne semaine.

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Comment t’es venue l’idée de ce roman « Soul of London » ?

 

Cela faisait un moment que j’avais envie d’écrire un texte se déroulant à cette époque. Le moderne est sympa, mais j’avais envie d’autre chose. Des personnages plus psychologiques, dans une ville aussi vivante qu’énigmatique. Une fois le lieu et l’année choisie, c’était parti. Henry et Billy sont nés et je n’ai plus eu qu’à les suivre.

 

 

J’aime l’époque de 1892, qu’aimes-tu de cette époque ?

 

Tellement de choses ! Londres était la capitale européenne, le lieu des premières inventions, des saisons et des bals à la cour. Une ville en pleine mutation, aussi riche que pauvre et avec tant de disparités. Si tu rajoutes à ça une pincée de fog, tu obtiens une ambiance prédestinée à toute littérature ! Mary Shelley ne s’y était d’ailleurs pas trompé, pas plus que Bram Stocker ou d’autres qui se servaient dans leurs textes de la ville comme d’un personnage principal.

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J’aime tes deux personnages principaux : Henry et Billy, peux-tu nous en parler ?

 

Henry est un bourru. Un ours solitaire, handicapé à la suite d’un accident banal. Mis au rebut par sa hiérarchie et moqué par ses collègues, il en est devenu amer. Jusqu’à sa rencontre avec Billy. Gamin des rues, Billy était en train de voler une miche de pain quand il est tombé (littéralement) sur Henry. Ces deux-là n’ont rien en commun. Et pourtant, ils vont vivre côte à côte et apprendre l’un de l’autre. Un peu comme un père et son fils qui se découvrent à l’âge adulte. J’ai une profonde tendresse pour ces personnages : imparfaits, colérique pour Henry, complexé pour Billy, leurs erreurs les rendent (à mes yeux) touchants. Je suis d’ailleurs contente que tu les aimes aussi !

 

 

Comment t’es venue l’idée des égouts du métro Londonien, tu arrives à rendre l’atmosphère super bien.

 

J’avais besoin pour mon intrigue que cela se passe en sous-sols. Et à cette époque, Londres était en pleine mutation grâce au métro qui a révolutionné la ville. Mais pas sans dégâts : des pauvres gens ont été expulsés de chez eux du jour au lendemain, des bâtiments rasés sans préavis. Ce fut aussi bien une formidable avancée et un drame social. Le lieu parfait pour mon intrigue !

 

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As-tu une anecdote à nous raconter sur ton roman ?

 

 En effet ! J’étais en train d’écrire un passage du livre où Billy doit se rendre chez Miss Pickman (qui a engagé Henry). Je faisais donc des recherches sur un lieu assez huppé de Londres tout en imaginant les questions qui pouvaient passer par la tête de Billy quand il arrivait là-bas : orphelin, sans le sou, il a pourtant déjà bien vécu et vu des choses assez violentes. Je choisis donc une rue, y insère les idées de Billy, dont une où il se demande si derrière les portes de ces maisons ne pourraient pas se trouver Jack l’Eventreur… Par acquis de conscience, je tape alors sur google le nom de la rue et le numéro que j’ai choisi pour Miss Pickman. Banco : deux numéros avant habitaient un médecin qui fut soupçonné un temps d’avoir été le plus célèbre tueur de Londres ! Sur toutes les rues de Londres, il a fallu que je choisisse celle-ci. Sacrée coïncidence, non ?

 

 

Y aura-t-il une suite à ce roman ?

 

Henry et Billy reviendront, oui. Ce ne sera pas une suite, puisque Soul of London a sa propre fin, mais ces deux personnages avaient encore tant à dire et à vivre que je n’ai pas pu les lâcher dans la nature. J’ai d’ailleurs laissé Henry en mauvaise posture et Billy en train de faire des bêtises pour répondre à ton interview !

 

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Penses-tu qu’il faille être une grande dépressive pour être une bonne auteure ? ;-)

 

Non ! Vraiment pas. Du moins pas dans le thriller. Il faut juste être un peu psychopathe, mais pas dépressive ! (Tu as peur, j’espère ?)

 

 

Quel est ton premier lecteur, celui qui lit en premier ton roman ?

 

Mon premier lecteur est un ami, Pierre-Marc. Et le terme de premier lecteur lui va tellement bien ! J’explique : il y a 6 ans, quand j’ai sorti mon premier roman en autoédition, j’ai participé à un tout petit salon vers chez moi. Il a acheté mon bouquin. Mon premier acheteur, mon premier lecteur. Et il est devenu mon meilleur ami. Sans son avis, je ne propose à personne d’autre le manuscrit. Même si parfois nous ne sommes pas d’accord, ses conseils sont presque toujours judicieux. Je dis presque sinon il va prendre la grosse tête !

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Est-ce que tu lis les critiques dans la presse ou blog ?

 

Oui. Toujours. Même les plus mauvaises. Ça me permet de savoir ce que les gens en ont pensé. Et lorsque la critique est acide, j’essaie de l’analyser et d’en tirer quelque chose qui me permette de m’améliorer encore. On apprend toujours, pour peu qu’on veuille bien écouter les conseils. Même les critiques, si elles font mal parfois, sont à écouter.

 

Quel est ton livre de chevet actuel ?

 

Actuellement, je lis énormément de youngadult. Hunger Games, Divergente, Labyrinthe, the book of Ivy… Et là, j’attends avec impatience la sortie du troisième tome de la 5ème vague !

Sinon, j’ai toujours deux à trois bouquins ouverts en même temps. Besoin de changer d’atmosphère par moment.

Et donc, sur ma table de chevet, il y a actuellement Lockwood and co, le crâne qui murmure. Un jeunesse dans un Londres (tiens donc !) envahit de fantômes et de jeunes amis qui luttent contre le phénomène. Et en parallèle, je lis Les vivants, de la collection R. Une catastrophe naturelle couplée avec un virus mutants, le tout avec une bande de gamins qui va (encore) sauver le monde ! C’est peut-être prévisible sur la fin, mais tellement riche en imaginaire de ce monde détruit puis reconstruit que je ne peux pas m’empêcher de les lire !

 

Si tu devais rencontrer un des personnages que tu as créé dans tes romans (depuis le début), lequel voudrais-tu rencontrer ?

 

Tous et aucun ! Tous parce qu’ils sont créés avec une tendresse particulière (même les plus vils !) et qu’ils ont tous un bout de moi avec eux. Et Aucun parce que j’aurais trop peur d’être déçue et qu’ils finissent par m’échapper totalement. Un peu comme une mère avec ses petits qui les voit disparaître sans pouvoir les retenir…

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Les écrivains portent-ils une responsabilité de montrer les disfonctionnements d’une époque, de montrer l’injustice?

 

Je ne sais pas trop si c’est une responsabilité ou même une obligation. La fiction peut rester légère si son auteur le désire et ne s’appuyer que sur une intrigue glauque ou sanguinolente. Par contre, je pense que l’auteur qui utilise les dysfonctionnements d’une époque doit le faire consciemment, en appuyant là où ça fait mal, tout en restant neutre pour laisser au lecteur sa propre opinion. C’est un exercice ardu.

Lorsque tu écris dans une époque passée, là, oui, tu dois t’appuyer sur ces dysfonctionnements. Ils font partie de l’histoire, donc de ton histoire. Et passer à côté serait, pour moi, une grave lacune.

 

 

Comment s’est passée ta collaboration avec les Editions Fleur sauvage ?

 

Excellente ! David Lecomte est un éditeur à l’écoute de ses auteurs et qui n’hésite pas à mouiller la chemise pour nous. C’est agréable de voir que dans ce milieu, des petits éditeurs ont tout des grands ! Et se sentir soutenue tout au long du processus de publication, c’est assez rassurant et agréable.

C’était déjà le cas avec Rouge Sang éditions.

Je crois que j’ai la chance de tomber sur des gens bien !

 

 

Quelle musique accompagnerait le mieux ton roman ?

 

Je suis bien ennuyée pour te répondre puisque j’écris en silence et lis aussi sans musique. J’ai un énorme défaut quand j’écris (ou lis) : je m’abandonne totalement à ce que je fais sans plus entendre ce qui se passe autour de moi. Le téléphone peut sonner, les enfants hurler, je n’entends rien, je deviens sourde ! Par contre, cela m’intéresserait de savoir quelle musique a bien pu t’accompagner lors de ta lecture…

 

Quel sera votre mot de fin à cette interview ?

 

Un énorme merci à toi, Richard. Béni soit le Concierge Masqué et ses interrogatoires !!