L’étrange Halloween de M Leo de Olivier Kourilsky chez Editions Glyphe

Bonjour à tous, voici aujourd’hui sur le divan un Médecin écrivain pour une psychanalyse que je voulais depuis longtemps.

Mr Olivier Kourilsky pour son roman L’étrange Halloween de M.Leo chez Editions Glyphe.

Voici un vrai plaisir de lecture, on est emporté dans l’histoire par des chapitres courts et succulents.

En même temps une intrigue bien ficelée et des personnages qui reste en mémoire.

Je vous conseille ce roman qui vous fera oublier les tristes événements de l’actualité.

Voici un résumé du roman :

ob_fd6615_014Trafiquant de drogue, Léo Hernàndez, dit Le Mexicain, traîne une superstition maladive. Voici qu’à la suite d’une livraison ratée, son patron lui ordonne de foncer au pays de Galles récupérer une nouvelle cargaison de came dans un château hanté, le soir d’Halloween. Le Mexicain va y croiser un couple de chirurgiens français et leur fille Pauline, adolescente perturbée, gothique et un peu kleptomane.

C’est le début d’une suite de rebondissements en cascade : le malfaiteur, poursuivi par la police et ses anciens complices, veut récupérer son bien à tout prix, un précieux carnet garant de sa survie. L’ex-commissaire divisionnaire Maupas trouve là une occasion rêvée de sortir de sa retraite.

 

 

 

 

La semaine prochaine nous partons en 1892 à Londres, je vous souhaite une bonne semaine.

 

 

 

 

Bienvenue Docteur K sur le Divan ;-). Ma première question est pour faire connaissance : Pouvez-vous vous présenter et nous dire comment vous êtes venu à écrire des romans ?

auteur_906Je suis médecin spécialisé en néphrologie (maladies des reins, dialyse, greffe, une discipline très prenante et passionnante), et j’ai dirigé pendant une trentaine d’années un service hospitalier dans un hôpital d’Ile de France. En fait, je ne me suis lancé dans l’écriture qu’après la cinquantaine, bien que j’ai toujours adoré raconter des histoires. Dans mes dernières années d’activité à temps plein, cela m’a sans doute évité d’assassiner la moitié des gens de l’administration de mon hôpital (rire) – je déjeune encore avec l’autre moitié… Le roman policier m’a toujours intéressé. La médecine présente de nombreux points communs avec une enquête policière. L’écriture était aussi pour moi l’occasion de témoigner de certaines choses vécues, d’évoquer un métier qui a été et est encore ma vie, ou d’exprimer des opinions qui me tiennent à cœur. J’ai en effet commencé ma médecine avant la loi sur l’interruption de grossesse en 1975 et l’abolition de la peine de mort en 1981, période maintenant oubliée de beaucoup qui considèrent ces avancées comme des acquis naturels.

Mes romans se déroulent donc essentiellement dans le milieu médical hospitalier, à des périodes diverses, et font volontiers intervenir des personnages récurrents, qui prennent de l’âge au fur et à mesure d’épisodes indépendants. Sauf exception, on peut les lire dans n’importe quel ordre, quoique certains préfèrent suivre l’ordre chronologique.

 

 

Comment vous est venue l’idée de ce 8e Polar ?

chateau-23J’ai toujours été attiré par les maisons ou les châteaux en ruines. Un jour, en me promenant sur la Toile, j’ai découvert par hasard les photos fascinantes d’un château du pays de Galles. Un château adossé à une colline, face à la mer, style gothique, 19 tours, 500 m de façade… C’était la maison de campagne d’une comtesse anglaise au 19ème siècle ! J’ai profité d’un de mes fréquents voyages en Angleterre pour me rendre sur place afin de le visiter, ce que j’ai pu faire grâce à la gentillesse de l’association qui tente de restaurer le site, car normalement, il est interdit au public. L’idée d’un gangster superstitieux obligé de venir chercher une cargaison de drogue dans cet endroit réputé hanté me plaisait bien. D’autant que je connaissais aussi le décor fabuleux du cimetière de Highgate, où je voulais placer une autre scène du même genre. Ensuite, mes recherches sur le château m’ont donné d’autres idées et j’ai construit mon intrigue en faisant intervenir des personnages déjà connus.

 

 

Parlez-nous de votre personnage principal de vos romans : Ex Commissaire Maupas, comment vous l’avez créé ?

ob_f1d658_mp-drk-septlivres-recto

Victor Maupas est un personnage qui a été créé dès le deuxième roman (Meurtre avec prémédication). Il était alors inspecteur de police et avait un rôle plutôt effacé. Je ne savais pas du tout à l’époque que je lui donnerais une vie aussi longue ! Pour les besoins de l’intrigue, je l’ai fait ré intervenir dans le troisième (Meurtre pour de bonnes raisons), où il côtoie à nouveau son collègue Mâchefer, puis dans tous les autres. Avec le temps, il acquiert de l’importance dans mes histoires, monte en grade, devient commissaire divisionnaire, puis prend sa retraite (mais pas complétement !). Et on découvre petit à petit sa vie de famille (ou plutôt son absence de vie de famille), son tendre sentiment caché pour une de mes héroïnes… Mes personnages finissent souvent par avoir leur vie propre ! C’est un des miracles de l’écriture.

 

 

Nous avons à faire à un méchant qui m’a énormément plu : Léo Hernandez un superstitieux maladif, parlez-nous de lui.

Je voulais créer un personnage à deux facettes. Un gangster sans scrupules et cruel (il y a une scène que j’ai eu un peu de mal à écrire dans le livre, car j’ai horreur de la violence gratuite !), mais qui en même temps est affligé d’une superstition maladive, se signe à tout propos, a peur des chats noirs, des vampires, etc. Cette superstition n’est un secret pour aucun de ses complices, d’où la mission qui lui est confiée avec un certain sadisme par son patron et une scène savoureuse avec la jeune Pauline.

 

 

 

Nous partons dans votre roman au Pays de Galles, au château de Gwrych, qu’est-qui vous a plu dans le pays de Galles ?

highgate01Les paysages et les couleurs magnifiques, la chaleur et la gentillesse des habitants, le goût et le respect des traditions, l’ambiance inimitable des pubs. J’aime beaucoup l’Angleterre, j’y ai travaillé autrefois, je m’y sens bien et j’y retourne au moins une fois par an.

 

 

 

 

 

Avez-vous une anecdote sur ce roman à partager avec nous ?

105506282_oUn de mes meilleurs amis (d’ailleurs originaire du pays de Galles sud), est lui aussi néphrologue, discipline hautement scientifique, et ancien doyen de la prestigieuse Faculté de Guy’s. Nous nous rendons visite très régulièrement, chez l’un ou chez l’autre. Un jour, il me dit très naturellement « Tiens, le poltergeist a encore fait des siennes hier ». Je le regarde, ahuri : « tu plaisantes ? ». « Pas du tout », me répond-il. Et de m’expliquer que de temps en temps, son assiette lui est arrachée des mains et tombe par terre, mais sans se casser, que des objets changent de place, bref qu’il y a depuis de nombreuses années un poltergeist dans la cuisine ! J’ai trouvé cela fabuleux, ces rapports des Anglais avec le paranormal… Du coup, j’ai fait aussi intervenir un poltergeist dans le roman ! De même, l’histoire du pseudo vampire de Highgate avec cette agitation médiatique autour (y compris de la très sérieuse BBC !) est exacte. On ne peut imaginer cela qu’en Angleterre !

 

 

Quelle musique accompagnerait votre roman à votre avis ?

Plusieurs musiques différentes, certainement, mais parmi elles, la musique du Dracula de Coppola, évidemment !

 

 

Quel est votre premier lecteur véritable de vos romans ?

Je demande conseil en cours de route, je fais relire des passages, mais le premier vrai lecteur est l’éditeur (et ses collaborateurs) pour les corrections ! Et il y en a autant au 8ème qu’au premier, c’est déprimant (mais indispensable) !!

 

Comment écrivez-vous ?

Je n’ai aucun horaire particulier, et il y a des jours où je n’écris pas du tout (j’ai encore une activité professionnelle à mi-temps). J’aime bien le matin « à la fraîche », mais ça peut être le soir, la nuit (quand je suis bien pris dans l’histoire, il m’arrive de me réveiller pour noter des idées). J’écris un peu partout, même au milieu de tout le monde, voire dans le train sur un « notebook ». J’arrive assez bien à m’abstraire. Mais j’ai besoin d’avoir une documentation très solide avant de commencer.

 

Quels sont vos écrivains préférés ? Et quel est votre livre de chevet actuel ?

Je lis un peu de tout suivant l’humeur du moment, pas seulement des polars, mais aussi des livres historiques, des essais, des romans. Par exemple, j’ai une passion pour le quatuor d’Alexandrie de Lawrence Durrell. Mais il y en a tant d’autres ! Parmi les romans policiers, j’aime beaucoup Michael Connelly, dont les personnages ont une épaisseur humaine, Ruth Rendell, Frédéric Dard, Denis Lehane, Dashiell Hammett… Là aussi, il y en a tellement que je ne peux tous les citer ! Actuellement, j’entame le dernier Connelly.

 

 

Devient-on auteur de polars pour exorciser ses envies de meurtre ?

En dehors de ma mauvaise plaisanterie du début de l’interview, pour moi, la réponse est non. Ce qui me plaît, c’est de raconter des histoires et de savoir que les lecteurs sont pris par l’ambiance et ont du mal à refermer le livre avant de l’avoir terminé.

 

 

Le concierge est curieux ! Pouvez-vous nous parler de votre prochain roman ? Juste pour nous mettre l’eau à la bouche.

Malheureusement non, je suis dans ma période « réfractaire », qui dure plus ou moins longtemps après la sortie du dernier, et je n’ai pas encore de synopsis dans la tête ! Je cherche des idées et je laisse bouillir la marmite…

 

 

Quels sont vos films préférés ?

Le_Bal_des_vampiresC’est comme pour les romans, il y en a trop… J’aime beaucoup les films en noir et blanc des années 50, policiers ou non, mais aussi les comiques tels que les tontons flingueurs ou Papy fait de la résistance, les beaux films fantastiques, et j’ai dû voir le bal des vampires de Polanski au moins quinze fois avec la même jubilation.

 

 

 

 

 

 

 

 

Quel sera votre mot de fin pour cette interview ?

D’abord un grand merci au concierge masqué pour me l’avoir proposée. Et l’espoir que mes lecteurs prennent autant de plaisir à lire mes histoires que j’en éprouve en les concoctant !