Migrants Express de Michel Vigneron chez L’atelier Mosesu

Nous accueillions sur le divan cette semaine Mr Michel Vigneron pour son roman « Migrants Express » chez L’atelier Mosesu.

Ce Livre est déjà paru en 2012 sous le titre « Calais Jungle ». Épuisé, introuvable, il ressort chez cette jeune maison d’édition et nous la remercions.

Et quand vous aurez terminez de lire ce roman, vous allez vous dire que ce roman est vraiment d’actualité.

Si vous êtes sensible comme moi, vous serez touché par ce roman.

Et vous garderez en mémoire le personnage principal de Patrice Orca car Mr vigneron arrive à créer un homme avec ses défauts et son humanisme.

Un jean Paul Belmondo des temps modernes qui vous surprendra et si vous restez insensible à l’émotion de ce roman alors c’est que je ne sais pas détecter un bon roman.

Dans cette interview Mr Vigneron reviendra sur la création de ce roman et sur la situation catastrophique de Calais.

Un grand roman, un grand monsieur tout simplement.

Voici un résumé de ce roman :

 

9791092100518A Calais, Patrice Orca , surnommé « Dirty Orca », est un flic adepte des solutions radicales lorsqu’il s’agit de stopper des criminels.

Mais un jour de permanence il est confronté à un infanticide sanglant : une jeune afghane en situation irrégulière a massacré, près du port de voyageurs de Calais, l’enfant qu’elle vient de mettre au monde.

Tout le monde le considère sans importance. Mais pour orca, il en va autrement. Il va plonger dans l’enfer des jungles et les zones de non-droit, et y découvrir des prédateurs prêts à tout pour s’enrichir au détriment de ceux qui rêvent d’un ailleurs.

 

 

 

La semaine prochaine nous partons rencontrer un cadre criblé de dettes pas comme les autres.

Je vous souhaite une bonne semaine.

 

 

 

Bienvenue sur le Divan du Concierge, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs et lectrices, Comment vous êtes venu à écrire des romans ?

 

 

MVigneronBonjour, cher Concierge Masqué. très confortable ce divan. On y ferait presque une sieste…

Pour répondre à votre question, l’écriture est une vieille maladie qui remonte au début de mon adolescence.

Pendant des années, je n’ai écris que des nouvelles fantastiques, jusqu’au jour où mon épouse m’a expliqué que j’étais un gros naze, que de par mon métier, je pouvais écrire des polars.

Ca m’a vexé… mais je m’y suis mis quand même!

 

C’est comme ça qu’est née « Marilyne de Boulogne ».

 

 

 

 

Votre roman « Migrants Express » qui paru en 2012 et qui fut épuisé et introuvable, vous avez décidé de le republier, pour quelle raison ?

 

J’ai trouvé frustrant et regrettable de voir que les livres de la collection « Regiopolice » ne bénéficiaient pas d’un véritable travail éditorial. Et une fois la maison d’éditions « SIRIUS » enterrée (maison appartenant à feu monsieur Gérard DE VILLIERS), le livre était mort!

Dommage, car j’aimais bien l’histoire.

J’ai parlé à plusieurs reprises de mon envie de voir ce roman ressortir. Sébastien MOUSSE et Maxime GILLIO, qui l’avaient aimé, on sauté sur l’occasion… et voilà le résultat!

Je suis vraiment content de voir « Calais jungles » ressusciter sous le titre « Migrants Express »!

Mes deux dégénérés consanguins ont fait du bon boulot!

 

 

 

Si je vous dis que dans votre roman j’ai l’impression que ça se déroule maintenant à Calais, 2012 à 2016 rien n’a bougé à Calais niveau Migrants ? Je reprends un extrait de votre roman « Leur présence est devenue indésirable, il fallait qu’ils disparaissent pour ne pas salir l’image de Calais qui ne bénéficiait déjà d’une aura positive »

 

Détrompez-vous, la situation n’est plus du tout la même!

Elle semblait encore à peu près gérable à l’époque; les migrants étaient là, certes, mais de façon différente.

Les choses ont dérapé en quelques mois et mes collègues subissent désormais de véritables attaques organisées, orchestrées. La violence frappent de plus en plus les routiers et les riverains de l’ancien centre Jules Ferry ont le sentiment d’être abandonnés de tous.

Le migrants d’hier n’est plus le même. Les mafias qui gèrent le trafic d’êtres humains sont solidement et durablement installées; et je ne parle pas des groupuscules qui entrainent et incitent les migrants au défi, à la dégradation, à la violence.

Mon propos peut paraitre pro-flics (normal), mais je me base sur ce que vivent les policiers de terrain, les habitants de Calais, en prise directe avec eux chaque jour.

Enfin, on ne parle plus d’image de la ville, mais de sa survie.

Difficile de concilier l’humanitaire, l’humanisme, la sauvegarde des intérêts de la ville, et d’asseoir l’autorité de l’État, dans ce cas!

 

« Tu sais, la Jungle n’est pas que dans les bois, elle est aussi dans la rue » Parlez-nous de la « Jungle », est-ce une zone de non-droit ? Vous appuyez là ou sa fait mal, ou ont ferme les yeux, Quelle est la solution d’après vous ?

 

 

Calais-partir-a-tout-prix-1920x1080La jungle est un antimonde au sens géographique du terme. Elle a son fonctionnement, ses règles, son économie, ses quartiers. C’est plus une zone sensible qu’une zone de non-droit.

J’appuie là ou ça fait mal, vous trouvez? Non, je ne fais que montrer ce que nous voyons déjà, mais que peu regardent. Il faut avoir un œil de médecin de catastrophe pour pouvoir vraiment appréhender le/les problèmes, pour proposer un diagnostic objectif et des solutions purement cliniques.

Mais on ne sait pas faire ça en France. On adoucit, on discute, on intellectualise, on ne rationalise rien. Des paroles, des beaux sentiments, peu d’actes. On bouge dans l’immobilisme, on aboie en gémissant, on fait les gros yeux en les fermant!

Si j’ai une solution? Non. Et je vous rappelle que j’ai une obligation réserve… je travaille au service de la chose publique!

 

 

Je voudrais revenir sur deux Personnages , le premier c’est Patrice Orca « Dirty Orca » qui me fait penser à Jean Paul Belmondo dans ces grande heures , parlez-nous de votre personnage, comment l’avez-vous crée ?

 

 

 Pour Dirty ORCA, je voulais un flic rustique, avec une conception de la Justice passée de mode, un vieux con qui me fait penser à moi, sous certains aspects.

C’est un cocktail de personnalités, un assemblage dont je suis le docteur Frankenstein!

Et il me permet de faire la peau à certaines ordures sans que je finisse en prison… c’est bien, la violence virtuelle: ça défoule et c’est sans danger!

Il est né dans le roman « Le puits de la perversion », mon histoire la plus noire à ce jour.

 

 

Le deuxième personnage qui m’a énormément touché c’est Djamila, pareil parlez nous de ce personnage.

 

 

 Djamila incarne la migrante qui fuit véritablement une situation dangereuse pour elle, qui ne quitte pas son pays pour des raisons économiques. Elle est la victime d’un système archaïque, inhumain, qui détruit son pays et ses habitants. Elle tourne le dos à l’obscurantisme à la recherche d’une lumière, sans deviner que la pourriture existe aussi chez nous.

Des Djamila, j’en ai rencontré beaucoup quand je bossais à Calais.

Maintenant, d’après mes collègues, elles sont de moins en moins nombreuses…

 

 

 

Vous êtes Capitaine de Police dans le Pas-De-Calais, est ce que ça vous aide pour écrire vos romans ? Et est-ce que vos collègues vous ont lu ?

 

 

 Le métier en lui-même m’aide beaucoup, mais il a un côté pernicieux il m’oblige au vraisemblable! Difficile pour moi d’user de certains raccourcis pour servir mon récit!

Mes collègues me lisent. Ça leur plait bien. Ils croisent parfois des situations que nous avons pu connaitre ensemble… ils en sourient!

 

 

 

Avez-vous une anecdote sur ce roman à partager avec nous ?

 

 

 La plus rigolote:

Selon qui lit ce roman, je suis un immonde facho ou un salopard de gaucho!

 

 

 

Quelle musique ou chanson irait bien avec votre roman ?

 

 Samuel BARBER – ADAGIO FOR STRINGS

 

Le Concierge est curieux ! Une nouvelle aventure de Patrice Orca Bientôt ?

 

Que le Concierge se rassure. Patrice ORCA n’est pas encore retraitable. Il a du boulot, en ce moment.

 

Quels sont vos écrivains préférés ? Et votre livre de chevet actuel ?

 

 

Stephen KING. James ELLROY. Jim THOMSON.

Je viens d’attaquer « On a tiré sur le président », de Philippe LABRO. je l’ai piqué à ma femme. Ne lui dites rien, elle va gueuler…

 

 

Quel est votre film préféré ?

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Difficile à dire… je pencherais pour « ELEPHANT MAN », qui  est l’un des films que je visionne le plus souvent. LYNCH a une façon d’inverser la monstruosité assez intelligente.

 

 

 

Je voudrais que vous nous parliez de votre vision de Calais, des endroits que vous aimez.

 

 Calais: ville sacrifiée à cause d’une redoutable mécanique européenne. On a vraiment l’impression que la Cité a été jetée en pâture à des intérêts qui nous échappent.

J’adore l’Hôtel de ville, les deux parcs, la zone portuaire. C’est une belle ville qui ne mérite pas ce qu’on lui fait subir actuellement.

Quel sera votre mot de Fin à cette interview ?

 MERCI!!!