Le Français de Roseville de Ahmed Tiab chez L’Aube Edition

Voici une belle découverte que ce roman « Le Français de Roseville » de Ahmed Tiab chez L’Aube Edition.

En plus découvrir l’histoire sombre d’un pays par cette belle plume c’est un régal tout simplement.

Et les personnages principaux ne sont pas des caricatures mais plutôt des personnages avec des défauts où l’on a envie de s’attacher.

Un premier roman prometteur et j’ai hâte de continuer à suivre les aventures de à Kémal Fadil.

Un regard lucide sur L’Algérie tout simplement.

 

Voici un résumé :

 

Le_francais_de_RosevilleOran, Algérie. Le commissaire Kémal Fadil est appelé sur un chantier de rénovation du quartier de la Marine, où viennent d’être retrouvés des restes humains datant vraisemblablement des années 1960. Il semble qu’il s’agisse d’un enfant qui portait autour du cou un crucifix. L’enquête ne s’annonce pas simple! En réalité, elle avait été commencée bien plus tôt, menée par des policiers français…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La semaine prochaine nous partons dans le décor impérieux des Alpes hivernales.

Je vous souhaite une bonne semaine à tous.

 

 

 

 

 

Comment vous êtes venu à écrire des romans et qui est-te vous?

 

 Je pense que l’envie était là, il manquait l’occasion pour faire le larron. J’ai eu le temps.

Difficile de dire qui on est. Le plus simple serait de vous dire que je suis né à Oran en 1965 et que je vis en France depuis 1990. A l’école primaire, j’ai appris le français, j’ai donc depuis le début vécu sous les deux cultures. J’ai fait différents métiers avant de devenir enseignant contractuel. J’insiste souvent sur ce dernier qualificatif car il ne m’enferme pas dans ce métier. J’aime avoir le choix ainsi que la liberté de changer pour continuer à aimer ce que fais. Aujourd’hui j’aime enseigner les langues étrangères, j’aime écrire.

 

Comment vous est venu l’idée de votre roman « Le Français de Roseville »?

 

oran-nuit-joursignedJe visionnais un court reportage sur la rénovation du quartier de la Marine à Oran. Le réalisateur très opportunément, interviewa des vieux oranais sur les lieux et leur histoire. Au fur et à mesure, le reportage prenait une autre dimension avec ces témoignages. En Algérie, l’enseignement de l’histoire est très orienté et cadré. Les paroles de ces « anciens » racontaient une autre histoire, celle de plusieurs communautés (françaises, espagnoles et arabes) qui ne passaient pas leurs temps à se détester. Je découvrais des Algériens avec des souvenirs bienveillants, désinvoltes et qui chantaient même des vieilles chansons en langue espagnole. Ils semblaient loin du côté belliqueux permanent que le régime entretient volontiers dans les mémoires.

En commençant l’écriture, je n’avais aucune idée sur quoi j’allais aboutir. Je me suis laissé prendre par les personnages.

 

 

 

Votre roman se passe principalement à Oran, pourquoi avoir choisi cette ville en particulier ?

 

C’est la ville où je suis né, où j’ai vécu jusqu’à l’âge de 25 ans.

 

 

J’ai trouvé votre personnage principal le commissaire Kémal très bien réussi, pouvez-vous nous en parler?

 

C’est un personnage qui a un regard lucide et ironique sur la société dans laquelle il vit. Il a une existence tiraillée entre sa mère (forte personnalité transgressive) et la réalité de son quotidien. Heureusement qu’il a des amis sûrs.

 

Il y a aussi les deux femmes de sa vie: Léla et Fatou, parlez-nous de ces deux beaux personnages féminins.

 

Léla représente le passé riche et prometteur des femmes dans ce pays et leur présent finalement décevant. Fatou serait probablement une forme de renouveau, un espoir. Au fond, ce sont deux fortes personnalités, libres et qui savent exactement ce qu’elles veulent dans la vie.

 

Nous découvrons l’Algérie d’avant l’Indépendance, comment se sont passées vos recherches dans l’histoire  de votre pays de naissance.

 

Je n’ai pas écrit un livre d’histoire, je n’en ai pas les compétences. J’ai évoqué des opportunités, des possibilités dans une période que tout le monde connaît. J’ai pour moi l’avantage d’y avoir vécu.

 

Avez-vous une anecdote à partager avec nos lecteurs et lectrices sur votre premier roman?

 

livre ahmedUne lectrice qui avait vécu en Hongrie dans les années 70 m’a rapporté avoir vécu la même scène du supermarché d’état aux rayons vides, les queues interminables pour la moindre denrée subventionnée et la viande congelée en provenance « d’Argentine ». L’idéologie se moque des distances géographiques et culturelles.

 

 

 

 

 

 

Je ne savais pas que le Che avait fait « un fameux discours d’Alger, qui devait le rendre orphelin de son île révolutionnaire », pouvez-vous nous en parler?

 

CheAlgeRepA l’occasion de ce discours, Ernesto Guevara officialisa son désaccord avec l’URSS, par la suite, il décida de reprendre sa liberté, renoncer à sa citoyenneté cubaine et démissionner de ses fonctions.

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelle musique accompagnerait votre roman « Le Français de Roseville »?

 

78398_7Peut-être Oum Kalsoum, pour Léla.  

 

 

 

 

 

 

Le concierge est curieux ;-) Pouvez-vous nous parler de votre prochain roman « Le désert ou la mer »?

 

Dans ce second opus, qui est en réalité une pré quelle, je retrouve mes personnages du premier cercle autour de Kémal Fadil. Il y est question de chemins parcourus.

 

Comment écrivez-vous ?

 

Je n’ai pas de rituels précis. Dès que j’ai le temps et l’envie. J’essaye cependant de m’astreindre à l’obligation d’écrire quotidiennement. Une phrase, une ligne, une page, plusieurs… ça dépend.

 

Quels sont vos écrivains préférés? Et quel est votre roman de chevet?

 

Je lis absolument de tout. Je suis arrivé d’un quasi désert littéraire et livresque (Algérie) à une profusion extraordinaire. A cinquante ans, je n’ai pas encore pu faire mes choix. En ce moment, je papillonne, je ne lis rien de particulier.

 

Quels sont vos films préférés?

 

J’aime les films néo-réalistes italiens, en général les films des années 60.

 

Comment voyez-vous l’avenir de L’Algérie?

 

Sombre.

Et quel est votre endroit préféré à Oran, celui que vous aimeriez nous parler.

 

8285270-12964276Mes plus beaux souvenirs sont dans une petite maison de vacances qu’on avait au bord de la mer, vers Bouisseville. 

 

 

 

 

 

 

Quel sera votre mot de fin?

Merci et longue vie à Kémal Fadil !