Au-dessus des Horizons verticaux de Olivier Maurel chez Lajouanie Edition

Déjà je vous souhaite Une Bonne Année 2016 surtout la santé et énormément de bonheur à tous vos proches.

Voici pour débuter l’année sur le Divan du Concierge Mr Olivier Maurel pour son roman «  Au-dessus des Horizons verticaux » chez Lajouanie Edition.

Voici un roman qui m’a agréablement surpris par son dynamisme niveau action et sa fougue niveau écriture.

Rien n’est plus horrible que la réalité des crimes commis, l’auteur réalise un coup de maitre avec ce roman.

Le personnage principal est totalement réussi « Un vrai samouraï des temps modernes »

Un roman très réaliste et qui je pense est d’actualité.

Vous serez emporté dans un tourbillon d’évènements et je vous garantis une lecture à 100 à l’heure.

Un coup de cœur que je vous recommande de lire.

Voici un résumé du roman :

81+gkwvGm1LUn commandant de la crim’, torturé à souhait, hanté par le suicide de son père et la maladie de sa fille ; un adjoint parfait mais peinant à remplacer son prédécesseur assassiné par un psychopathe ; des tueurs à gages qui tombent comme des mouches en se scarifiant inexplicablement dans tous les coins de ce bas-monde ; de curieux pendentifs ornés d’un crucifix ; un mystérieux message évoquant d’énigmatiques « horizons verticaux » ; une hallucinante émeute dans une prison marocaine ; une course poursuite dans le parc du château de Versailles…

La semaine prochaine nous partons dans le monde de la poudre blanche, je vous souhaite une très bonne semaine à tous.

 

 

 

 

 

 

Bienvenue sur le Divan du Concierge;-) Ma première question consiste à vous connaître: Pouvez-vous vous présenter et nous dire comment vous êtes venu à écrire des romans ?

le-sous-prefet-de-cognac-laissera-sa-casquette-officielle-le-temps-du-festival-du-polar-son-au-dessus-des-horizons-verticaux-raconte-lhistoire-dun-flic-a-la-deriveD’abord merci pour ce canapé confortable. Avec un cocktail au cognac c’était parfait.

Je m’appelle Olivier MAUREL, j’ai 50 ans et je suis sous-préfet de Cognac. Dans une autre vie j’ai été directeur de prisons pendant 22 ans, notamment des prisons de haute sécurité. J’ai croisé et connu là-bas beaucoup de malfaiteurs, de tueurs en séries, de fous dangereux et de pros de la gâchette alors…ça m’a donné des idées et de la matière pour l’écriture de polars.

L’envie d’écrire un polar m’a pris à l’âge de 8 ans quand j’ai lu un San Antonio de mon père qui traînait sur une étagère. C’était «San Antonio chez les Macs», une révélation, je me suis dit «C’est ça que je veux écrire !». J’ai écrit pleins de petites nouvelles policières et d’espionnage pendant le lycée ou à la fac. Il faudrait un jour que je les récupère.

 

 

 

Comment vous est venue l’idée de votre roman «Au-dessus des Horizons verticaux» ?

 

Je visitais Lourdes et, dans la grotte, une jeune fille m’est apparue et m’a demandé d’écrire quelque chose de fort et d’inoubliable. Non…Plus sérieusement, un jour, dans une prison, je discutais avec un psychopathe qui monnayait ses services au plus offrant pour tuer des gens. Un vrai frappadingue. Il m’expliquait qu’il avait des tarifs différenciés selon que le meurtre se faisait à l’arme à feu ou à l’arme blanche. Je n’avais pas aimé l’espèce d’excitation malsaine qui luisait dans ses yeux et j’avais imaginé quel aurait pu être son regard face à un tueur qui se serait fixé comme mission d’assassiner uniquement des tueurs comme celui qui se pavanait devant moi…

L’idée d’un tueur en série, décidé à se donner autant de mal à éliminer d’autres assassins, refusant la facilité, m’avait semblé un bon départ pour un polar.

 

Vos personnages sont très torturés dans leur conscience, comment on réalise de tels personnages ?

 

Pendant 22 ans j’ai fréquenté ce que la Terre possède de plus dangereux, désaxé, déprimé, paumé, suicidaire, sanguinaire, violent, j’ai même assisté à de terribles scènes de cannibalisme en prison. J’ai fréquenté des terroristes, des tueurs en série, des violeurs sanguinaires, des fous-dangereux qui dépeçaient leurs victimes à mains nues, juste parce qu’une petite voix le leur ordonnait dans la tête. Je n’ai donc fait que transposer à mes personnages de roman. Un jeu d’enfant…ou presque.

Je n’avais d’ailleurs pas trop le choix, car je suis personnellement plutôt d’humeur joueuse et…je ne picole pas… Je dois donc trouver l’inspiration ailleurs et, comme je vous l’ai déjà dit, rien n’est plus horrible que la réalité des crimes commis.

 

Parlez-nous de votre personnage principal Le Commandant Bechler que j’ai énormément aimé.

 

C’est un homme qui n’est pas à sa place au 21ᵉ siècle. Romantique, hyper-violent, rigide dans ses principes mais…infiniment tendre et papa-poule avec sa fille. Un vrai paradoxe vivant. J’ai construit son personnage de policier en lui donnant la psychologie et les réflexes d’un samouraï du japon féodal qu’on aurait téléporté au 21ᵉ siècle avec un insigne de flic, un homme d’honneur, courageux jusqu’à l’extrême, prêt à se sacrifier, ne craignant nullement la mort, ayant recours à une violence sublimée, car il la considère comme purificatrice.

C’est effectivement un personnage très atypique et très attachant. Tatoué des pieds à la tête comme un Yakuza, il sera un des personnages récurrent de mes polars. Un vrai samouraï des temps modernes.

Avez-vous une anecdote à partager avec nous sur votre roman ?

 

2151596_735_11245406_800x400Cet automne, lors des signatures de dédicaces au festival du polar de Cognac de «Au-dessus des horizons verticaux», une dame entre deux âges m’aborde et me dit que j’exagère le côté sanguinaire des tueurs dans mes polars. Je la détrompe en lui expliquant qu’au contraire je suis bien en dessous de la réalité, car la réalité criminelle est souvent plus horrible que la fiction. Elle doute…hésite…me dit «Vous êtes trop cynique, je suis sûr que le pire des tueurs éprouve aussi des remords !». Je lui explique que lorsque je fais un trajet sur l’autoroute je tue 2000 moucherons, 15 mouches voire un hérisson qui traverse, et…pour autant…je n’éprouve aucun remords. Je dis à la dame: «Les victimes d’un tueur sanguinaire n’ont pas plus d’importance à ses yeux que des moucherons». Elle analyse ma réponse et me lance «Maintenant que vous le dites…vous avez une tête de tueur !» et s’en va sans prendre mon polar. Je suis juste un tueur en série de moucherons, parfois j’aimerai avoir l’air gentil pour plaire aux ménagères de plus de 50 ans…

 

 

Retrouverons nous le Commandant Bechler dans d’autres aventures ?

 

Bien sûr. Je suis en train de terminer l’écriture de mon futur polar. Cela faisait partie de nos accords avec Jean-Charles Lajouanie, mon éditeur, la possibilité d’avoir un personnage récurrent de flic qui va évoluer au fil des romans, ainsi que sa fille, Lucie, et son adjoint le commissaire Franck Thibault.

 

Votre roman je trouve est d’actualité, car chaque chapitre reprend l’Apocalypse selon Saint Jean, est-ce que toutes les religions prônent la violence ?

 

st-michel-durerHormis le bouddhisme, les autres religions portent en elles une part de violence, car elles sont des récits historiques venant d’époques lointaines minées par la guerre. La religion n’est pas violente en soi, elle n’est que le reflet de l’histoire des hommes. Ce sont les hommes qui sont violents…par essence, par nature. C’est dans nos gènes: la chasse, la guerre, le combat, la recherche du pouvoir. Les hommes brûlent toujours ce qu’ils ont construit ou aimé parce qu’ils veulent toujours plus.

Un jour quelqu’un a dit que le «21 siècle sera spirituel ou ne sera pas». C’était une erreur. Le 21ᵉ siècle sera un siècle de guerre et d’hyper-violence. Il a commencé sur l’effondrement du World Trade Center. Le flic de mon polar, Zac Bechler, a coutume de dire «quand ça commence mal ça finit mal». D’autres épreuves viendront, alors…autant s’y préparer en lisant un de mes polars ;-)

 

 

 

 

 

 

Dans votre roman nous visitons une prison marocaine, vous aviez sorti Confessions d’un directeur de prison chez Fayard en 2010, pour vous quelle est la situation actuelle des prisons ? Va-t-on vers une amélioration des conditions incarcération ou une détérioration ?

 

J’avais commencé à répondre avec franchise et passion à cette question et je me suis aperçu que j’avais rempli plus de 20 lignes et que j’outrepassais mon devoir de réserve, imposé par mon statut de sous-préfet. Je prends donc un Joker pour ne pas répondre à cette question.

Quelques jours après mon départ à la retraite (aux environs de 2030) je publierai la suite du «Taulier», un livre bilan sur les prisons. Pour l’instant je ne fais aucun commentaire. Merci de votre compréhension.

 

Comment écrivez-vous ?

 

J’écris la nuit. Seul. Quand je veux donner un rythme particulier à mon écriture j’écris en musique. Si je veux augmenter la tristesse d’une scène, j’écoute des morceaux un peu glauques de «Dead Can Dance» ou de «Cure». L’album «Innamoramento» de Mylène Farmer est assez efficace sur mon écriture pour la rendre un peu plus traînante, triste ou nostalgique voire sépulcrale. En revanche pour donner de la vitesse je passe les albums «Highway to hell» d’AC-DC ou «Killer» d’Iron Maiden. J’ai écrit par exemple la scène d’automutilation du personnage central sur un album des «Cramps» parce que je les avais vu en concert et le chanteur de ce groupe, Lux Interior, après avoir descendu une bouteille de vin l’avait cassé par terre et s’était roulé dans le verre.

 

Quels sont vos écrivains préférés ? Et quel est votre livre de chevet actuellement ?

 

frederic-dard-archives-le-progres-1394017958Je suis un inconditionnel de Frédéric Dard. À part lui je ne lis aucun polar.

Sinon Ernest Hemingway et Frank Herbert.

Je ne lis pas en ce moment car j’écris. Je me suis juré de lire une seconde fois la trilogie de Franck Herbert «Dune-Le messie de Dune- Les enfants de Dune». Mais…bon…900 pages il faut avoir le temps.

 

 

 

 

 

 

 

Parlez-nous de votre roman l’Autel des naufragés chez Jigal en 2013.

 

51cjKd4GdFL._SX331_BO1,204,203,200_C’est mon premier polar. Il a forcément une grande valeur sentimentale. C’est un thriller avec quelques aspects un peu «ésotériques», très sombre, crépusculaire. C’est vraiment du noir de chez noir, une violence brute, dérangeante, paroxystique. Le dernier tiers du récit se passe dans les catacombes de Paris. L’idée de ce roman m’est venue en visitant les catacombes du 14ᵉ arrondissement de Paris avec un vrai cataphile. L’autel des naufragés est un endroit situé dans ces catacombes où des noctambules se retrouvent pour des rave-parties souterraines. C’est une ambiance hallucinante, sauvage, hors du temps. Je suis très attaché à ce polar. Un désaccord éditorial m’a poussé à chercher une autre maison d’édition et je suis très heureux du travail effectué avec Jean-Charles Lajouanie.

 

 

 

 

 

 

 

Vous êtes sous préfet de Cognac, est-ce que les personnes qui travaillent avec vous ont lu votre roman? Leurs réactions?

 

2015-Affiche-POLAR-2015-624x921Pour l’instant (je touche du bois), les retours de mes amis ou collègues sont très positifs. Bien évidemment cela fait plaisir. Mon ancienne éditrice chez Fayard, Sophie de Closets m’a dit que mes polars étaient «efficaces-radicaux et très visuels» j’ai bien aimé ces trois qualificatifs. J’accorde une grande importance à l’aspect visuel de l’histoire, je ne la situe que dans des endroits où j’ai vraiment été. Le côté descriptif n’en est que plus efficace. Pour le reste je joue beaucoup avec les variations de rythme en alternant des séquences courtes et nerveuses. C’est super important le rythme.

Pour le reste, des sous-préfets qui écrivent des polars il n’y en a pas des masses, je suis le seul. Ceux qui ne me connaissent pas sont parfois (un peu) intrigués. J’arrive à cloisonner parfaitement ma vie professionnelle et ma vie d’auteur de polars (mais pas que…selon la formule consacrée chez Lajouanie).

 

 

 

 

 

Quels sont vos films préférés ?

 

lannc3a9e-du-dragon-de-michael-ciminoEn premier, incontestablement, «L’année du dragon» de Michael Cimino avec Mickey Rourke. Je crois que je l’ai vu 43 fois. En second je dirai «Les oiseaux» d’Hitchcock à égalité avec «Pulp fiction» et «BlairWitch». Ensuite «La mort aux trousses» et «La guerre des Mondes» dans sa version originale à égalité avec «Un taxi pour Tobrouk». Plus récemment j’ai bien accroché avec «World War Z», «Avatar», «Timbouctou» et «Ma meilleure amie» avec un Romain Duris époustouflant !! Je n’ai pas des goûts très «intellos», le cinéma d’art et d’essai ça me broute.

 

 

 

 

 

 

 

 

Quel sera votre mot de fin à cette interview ?

Votre divan est tellement moelleux que je reviens quand vous voulez. On pourra y boire un «summit», cocktail avec du cognac, du basilic et du gingembre…si ça vous dit.

Au revoir et…polarement vôtre !!