PRIX DES BLOGUEURS 2016 : Black Novel

Bonjour à tous, voici un tout nouveau rendez-vous.

Un nouveau Prix qui me tient à cœur, nous allons connaître un peu plus de passionnées.

Oui je dis « Passionnées » car vous allez découvrir les coulisses de vos blogs préférés.

Et j’ai voulu leur rendre hommage par ce Prix et je les remercies d’avoir joué le jeu.

 

La règle de la compétition est simple, chaque mois Deux interviews de Blogueurs ou Blogueuses jusqu’à Fin AOUT 2016, les Adhérents à jour de leur cotisation en septembre 2016 voteront pour leur blog préféré et un splendide trophée en Bronze sera remis pendant la remise du Prix du Balai D’OR 2016 au Lauréat ou Lauréates par le Vainqueur Du Balai D’OR.

 

Alors, pour commencer, le premier blogueur à rentrer en scène est le Blog https://blacknovel1.wordpress.com

Je vous souhaite une bonne lecture et que le ou la meilleure Gagne et que le Polar en sorte vainqueur.

N’oubliez pas le principal, lisez !

 

 

La sonnette de la porte d’entrée de mon salon de consultation retentit , ah oui il est deux heures et c’est mon premier blogueur qui rentre pour une psychanalyse.

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Bienvenue sur le Divan, voilà vous êtes bien installé, je prends mon stylo et mon calepin. En vous précisant que c’est 60 euros de l’heure la consultation et que je prends que les chèques de Banque. Pouvez-vous vous présenter aux adhérents de l’association du Prix du Balai d’Or ? 

 

Je n’aime pas parler de moi, mais bon …

Bonjour aux adhérents de l’association du Prix du Balai d’or. Je m’appelle Richard Contin et je suis le président … Non je déconne ! Bon, je pense que tu as du faire une introduction, alors, je m’appelle Pierre Faverolle. Je suis marié (presque) et j’ai deux enfants très sages (presque) et formidables (toujours). Je suis ingénieur de formation, chef de projet dans le domaine automobile. Ce qui, comme vous vous en doutez, ne laisse pas beaucoup de temps pour les loisirs. Je bosse beaucoup, certes, et je consacre mon temps libre à ma famille. C’est pour cela que je vais peu dans les salons.

D’une façon générale, je ne supporte pas de ne rien faire. Dès que j’ai cinq minutes, j’ouvre un livre, je lis mes messages où j’écris un billet pour mon blog. Je ne supporte pas de jouer sur les tablettes ou téléphone ; je trouve que c’est de l’abêtissement de masse. Ça m’atterre quand je vois les jeunes qui sont de véritables drogués avec ces petites boites électroniques. C’est le même cas avec la télévision. J’ai arrêté de la regarder il y a environ 5 ans. C’est comme si je m’étais désintoxiqué et ça fait du bien. Alors, ça laisse du temps pour faire plein d’autres choses.

D’où la lecture … Quand on habite en région parisienne, on passe beaucoup de temps dans les transports en commun … qui sont plus en commun que des transports de voyageurs d’ailleurs. Donc, plutôt que de regarder mes voisins, de faire la sardine sans huile, de subir les odeurs nauséabondes dès le matin, je lis avec une pince à linge sur le nez. Entre le soir et le matin, cela donne donc environ deux heures de lecture et entre une et deux heures de lecture.

Pour moi, la lecture a toujours eu une part importante dans ma vie. C’est une façon de m’évader, de changer du quotidien, et d’évacuer la pression aussi, celle du travail, celle des enfants qui ont une imagination considérable pour faire des conneries. C’est mon père qui m’a appris à lire avec le Parisien qui était libéré à l’époque. Aujourd’hui, il est opprimé. Quand je rentrais de l’école, je lui piquais son journal (car il était cuisinier et ne travaillait que le midi) et je lui faisais la lecture. Un jour, je devais avoir 7 ans ou 8 ans, j’ai lu l’histoire d’un ours qui se perd dans la forêt. Et je lisais et je pleurais comme une madeleine. Mes parents m’ont dit d’arrêter de lire si c’était pour pleurer. Et je me rappelle encore ma réponse : « Je ne peux pas, il faut que je sache comment ça va finir ». Et je ne me rappelle plus la fin ! Un comble.

Mais c’est ça la magie de la lecture. On vous raconte une histoire, qui n’a rien à voir avec votre vie, mais quand c’est bien fait, vous êtes plongé dedans, dans un autre monde, un autre univers et vous y croyez, vous y vivez. C’est 10 000 fois mieux qu’un film qui vous dévoile tout, des décors aux personnages. Avec la lecture, c’est vous qui avez une partie de l’histoire dans votre tête, dans votre imagination.

Après, au collège, on vous impose des lectures obligatoires (certaines font partie de mes plus beaux souvenirs de littérature). Mais j’ai eu la chance de tomber sur une professeur qui m’a proposé des livres qui étaient des lectures plus adultes, comme un défi. Elle m’a montré sa diversité, m’a forcé à chercher ma voie. Et ma voie, c’est Bob Morane qui m’a définitivement orienté vers le polar. J’avais lu tous les Clubs des Cinq, bien sur. Mais là, Bob Morane, c’est le trait d’union idéal pour les adolescents à la recherche d’aventure.

C’était quoi, la question ? Ah oui, que je me présente … c’est fait.

Comment vous est venue l’idée de créer votre blog ? 

 

En fait, avant de parler de blog, il faut surtout parler de polar, encore ! En 1988, sort en France en grand format, le Dahlia Noir de James Ellroy. Et ce roman, ce chef d’œuvre, je l’ai avalé en quelques jours. Ce qui était plus facile, à l’époque, car j’étais étudiant en école d’ingénieurs. Ce roman fait incontestablement partie d’un des plus grands chocs que j’aurais connu dans ma vie. C’est comme si avant, j’avais lu des livres sans importance, et que je découvrais (ou redécouvrais) la puissance de la littérature.

Certes, avant, j’avais adoré Baudelaire, Zola, Tolstoï ainsi que Agatha Christie. Tu remarqueras que ce furent toujours des univers noirs, mais il n’y a pas que cela qui m’intéresse. J’avais adoré les auteurs français publiés à la Série Noire comme Pouy, ou Jonquet. Mais là, je découvrais un autre univers, une autre dimension. C’est un peu quand tu ne connais des pierres que les améthystes et qu’on te donne un diamant, pur, incroyable.

Avec ce roman, j’ai découvert la force des personnages, la force de l’Histoire, l’art de mêler dans une intrigue la politique. J’ai découvert la force de l’écriture, la puissance d’évocation. J’ai subi cette impression de descendre au fond du trou comme son personnage principal. Il y a tout dans ce roman, la corruption de la police, une enquête terrible, une obsession de trouver la solution, un objectif de connaitre la vérité. C’est ce roman là qui m’a définitivement fait plonger dans le polar, sans avoir la plus petite envie d’en sortir.

Evidemment, j’ai par la suite lu tous les romans de James Ellroy, puis j’ai commencé à lire les polars parus dans la collection Rivages Noir. En fait, j’alternais entre Série noire et Rivages Noir. Au bout d’un moment, j’ai tourné un peu en rond, parce que j’avais fini les livres de mes auteurs favoris, alors je me suis tourné vers Internet, en quête de nouveaux auteurs. Comme tout le monde, je pense, j’ai regardé les sites des grands magazines et surtout NouvelObs, qui à l’époque, faisait des articles intéressants. C’est par hasard que j’ai découvert le blog de Jean Marc Lahérrère, Actudunoir.

Une fois que tu as mis le doigt dedans, les blogs je veux dire, tu découvres un autre pan d’Internet : la possibilité pour celui que cela intéresse de trouver une mine d’informations sans fin. Actudunoir donnait une liste des blogs polar qu’il aimait. Et en une semaine, j’avais découvert une dizaine de blogs qui me donnaient des idées de lecture. Au fur et à mesure, tu fais le tri : il y a ceux qui ont le même avis que toi, le même gout en termes de polar. J’avais une mauvaise image des blogs, celle de sites où les gens racontaient leur vie. J’ai découvert un fil d’information, une possibilité de trouver des idées, de découvrir de nouveaux auteurs. Claude le Nocher et Paul Maugendre sont vite venus s’ajouter à la liste des sites dont je lis chaque billet. Certains blogs sont morts, d’ailleurs, et je le regrette …

A force de plonger dans cette sphère d’initiés (c’était il y a huit ans, et les blogs étaient peu connus à l’époque !), tu as forcément envie de donner ton avis. Surtout, dans mon cas, comme j’ai une grande gueule, j’aime bien donner mon avis. Et comme j’ai une certaine facilité à argumenter, j’ai eu envie de laisser des commentaires sur leurs billets. Et j’ai commencé à entrer petit à petit dans ce monde de blogueur. Ils m’ont répondu, j’ai trouvé ça sympathique, alors j’ai continué.

Il y a une certaine forme de frustration dans les commentaires des blogs. Tu ne peux pas écrire des pages et des pages … et c’est Jean Marc qui m’a répondu qu’il fallait que je développe une idée que je voulais avancer. L’idée était là, il ne manquait que l’occasion. Un 1er mai où mon fils de 5 mois était malade, je devais rester à la maison. Il avait de la fièvre, dormait toute la journée … alors je me suis lancé. Et cela fera 7 ans en 2016 que cela dure !

C’est amusant : Au début il y a tes amis et ta famille qui lisent tes avis. Et leur opinion compte peu, finalement, parce que les avis sont toujours positifs. Puis les blogs amis ont eu la gentillesse de faire ma pub. Black Novel a fini par être référencé par ces blogs. Et comme ils m’ont aidé, j’aide aussi ceux qui veulent créer leur blog. Je les pousse par l’intermédiaire de messages sur Facebook, j’invite certains lecteurs à publier leurs avis chez moi pour leur montrer que c’est simple. Bref, je m’amuse.

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Quel est le but de votre blog ? 

 

Le but de mon blog est de parler de polars, quasi uniquement de polars. Mais comme la frontière entre la littérature noire et la littérature blanche s’amincit, il est difficile de ne lire que cela. De même que l’on a des difficultés à comprendre comment les éditeurs choisissent de publier un roman dans une collection noire ou blanche. Personnellement, comme je suis un gros lecteur, lire de la littérature blanche ou noire ne me gêne pas, il faut juste que cela soit bien écrit. Pour continuer sur l’écart entre littérature blanche et noire, j’ai l’impression que la littérature blanche est tournée vers l’auteur, alors que le polar est tourné vers l’extérieur. Mais comme je l’ai dit à l’instant, cela est de moins en moins vrai.

Ensuite, je ne parle que des livres que j’aime. J’imagine le travail que nécessite l’écriture d’un roman, je sais la diversité des styles qu’il peut y avoir, et comme chacun le sait, tout le monde a le droit d’aimer ou pas tel ou tel livre. Donc, quand je n’aime pas un roman, c’est que je suis passé à coté de quelque chose, mais que quelqu’un peut l’apprécier. Donc je ne parle pas des livres que je n’aime pas. Comme je le dis souvent : Pour moi, la lecture, c’est la rencontre entre un livre et un lecteur ; et il y a des rencontres ratées comme il y a des rencontres fantastiques.

C’est quoi la question, déjà ? Ah oui, le but de mon blog.

Le but de mon blog, c’est de parler des lectures que j’ai aimées. C’est aussi une façon d’aider les gens à s’y retrouver dans le millier de parutions que l’on peut trouver par an. C’est un peu pour cela que j’essaie de formater mes avis de façon à ce qu’il y ait un résumé des premières pages (qui normalement doit donner envie de lire la suite !), et ensuite de décrire ce à quoi le lecteur doit s’attendre en ouvrant le livre. Enfin, je donne mon avis et ce que j’ai aimé, ce que j’en ai retiré.

Mais dans tous les cas, cela n’est et ne restera que mon avis. Je n’ai pas la prétention d’écrire un avis universel. D’ailleurs, j’adore quand je reçois (trop rarement) un commentaire venant me dire qu’un lecteur n’a pas aimé le livre dont je parle. Car j’adore confronter mes avis avec d’autres. Sur certains livres, ça ne se discute pas. Il y a des livres qui passeront à la postérité. Pour d’autres, il y a matière à discussion.

Avec le temps, je me suis mis à lire des premiers romans. Etant donné le nombre de romans qui sortent par an, les premiers romans n’ont aucune chance d’avoir un peu de visibilité. Pour ma part, ils sont souvent imparfaits. Mais j’y trouve une passion qui me passionne. Un auteur qui décide de se lancer dans l’écriture de son premier roman y met toutes ses tripes. Et franchement, parfois, c’est passionnant de sentir cela.

Que pensez-vous de l’évolution du roman noir / policier et thrillers en ce moment ? 

 

Quelle question difficile !

Ce qui est formidable avec le polar, c’est déjà que l’on a la possibilité d’avoir accès à énormément de genres différents. Tu en cites trois, mais on pourrait aussi parler des romans psychologiques, des romans sociaux, des romans historiques … Parmi tous les genres que nous venons de citer, il y en a deux que je lis peu : ce sont les romans historiques et les thrillers.

Pour les romans historiques, c’est la faute aux différentes réformes que j’ai subi lors de ma scolarité qui a fait passer l’histoire au second plan. Ce que je trouve scandaleux, d’ailleurs, car une société ne peut progresser que parce qu’elle apprend de son histoire, des choses bien qui ont été engendrées et de ses erreurs.

Pour les thrillers, c’est surtout le coté sanglant qui me gêne. Il est clair que dans l’horreur, on peut toujours faire pire, et faire preuve d’une imagination sans borne. Mais si cela m’a amusé, aujourd’hui, je passe mon chemin, sauf dans certains cas … mais pour cela, il faut que je trouve plusieurs avis positifs sur beaucoup de blogs différents. Je citerai pour mémoire Reflex de Maud Mayeras ou Hyenae de Gilles Vincent. Ces deux romans se distinguent à mon avis des autres thrillers que j’ai ouverts, par l’aspect humain qui suinte de leurs pages.

Je ne suis pas sûr de voir une évolution dans le polar en général. Le roman noir a toujours été là pour montrer la noirceur de la société, le roman policier nous donne toujours de formidables intrigues que nous résolvons avec le personnage principal. Et, finalement, si la société a bel et bien évolué vers un monde numérique où l’on ne s’attache plus ni aux choses matérielles ni aux gens, le polar nous parle toujours de passion, de sentiments, d’amour, de meurtre, de jalousie, de vengeance …

Comme je l’ai dit plus haut, je trouve que le polar est plus tourné vers l’extérieur que la littérature blanche. Donc, il nous montre la société telle qu’elle est, ou a été, ou sera, et nous donne des personnages fantastiques. Si la société est plus violente qu’avant, alors les polars vont devenir plus violents. En tous cas, nous sommes confrontés tous les jours à plus de violence, dans les media, dans notre quotidien, et cela devient aujourd’hui une des caractéristiques de notre société.

Par contre, la chance que nous avons, en France, c’est cette richesse éditoriale qui permet à beaucoup d’auteurs d’être publiés. Et c’est grâce à cette richesse que nous nous rendons compte du talent immense de nos auteurs. C’est surement du à notre éducation qui fait la part belle à la rédaction. (D’ailleurs, je suis scandalisé par les programmes actuels de mes enfants, où il n’y a plus de rédaction en primaire.) Nous sommes dans un pays qui donne la parole à tous, d’où la possibilité de lire des auteurs peu connus, mais aussi des auteurs d’autres pays qu’ils soient d’Afrique ou d’Amérique du sud. Franchement, quand je vois le nombre d’auteurs publiés, quand le nombre de librairies, quand je vois la richesse des bibliothèques, je suis fier de mon pays (de ce point de vue là du moins).

 

Quel avenir pour les blogueurs dans l’avenir du livre ? 

 

Les blogueurs étant des passionnés, tant qu’il y aura la liberté d’expression, il y aura des blogueurs. Et chacun à sa façon contribue à faire vivre un livre. Maintenant, il ne faut pas non plus placer les blogueurs sur un piédestal. Je pense que les blogueurs font un boulot incroyable, et qu’ils sont d’une richesse folle. Mais ils ne remplaceront jamais les conseils des libraires qui vont avoir accès à leur client en direct, leur trouver le bon roman dans un genre particulier. Ils ne remplaceront jamais les grands media, ne serait-ce que parce qu’ils ont accès à des centaines de milliers de personnes, voire des millions.

Mais ce n’est pas leur rôle. Les blogueurs sont passionnés, ils sont honnêtes, et ils permettent de mettre un avis bon ou mauvais sur un livre. Etant donné le prix des livres qui subit une inflation galopante, c’est utile pour les gens de savoir à quoi ils peuvent s’attendre. Donc, en ce sens, les blogueurs ont un vrai rôle de communication. Mais ils ne remplaceront jamais les avis de Bernard Poirette sur RTL. D’ailleurs, j’ai un ami libraire qui me dit que le lendemain d’une chronique de Bernard Poirette, tout le monde vient acheter le livre chroniqué.

Ensuite, l’avenir du livre sera le numérique. A 100 % ou pas, je ne sais pas ; mais il est indéniable que le numérique s’est taillé une belle place dans l’édition et qu’il continuera de la faire. La principale raison est le prix des livres qui en devient modique. Je pense que les gens ont besoin de divertissement, et donc de livres mais pas à n’importe quel prix. Le numérique permet de livre des romans à quelques euros seulement ! Par contre, je trouve personnellement qu’on y perd au niveau interactivité, en particulier le contact avec le papier, et au niveau convivialité. En effet, qui a envie de prêter un fichier numérique ?

L’avantage du numérique, c’est qu’il donne encore plus envie d’aller voir le Net et donc par voie de conséquence les blogueurs. Par contre, je connais encore peu de blogueurs qui ne chroniquent que des lectures numériques. Donc cela veut dire que la transition, qui a démarré il y a quelques années, mettra encore quelque temps à se faire. En tous cas, il y a de la place pour tout le monde et tant que les gens liront, le monde ira mieux.

Maintenant, il ne pas se leurrer non plus : ce monde est géré par le fric, le fric et le fric. Donc les blogs contribuent à faire aussi fonctionner cette machine et poussent les gens à consommer. J’espère juste que la culture, la littérature rend les gens plus intelligents. Donc si nous, les blogueurs, pouvons aider les éditeurs et les libraires à vivre, c’est tant mieux.

 

Une anecdote sur votre blog à partager avec nous ? 

 

Une anecdote, je ne sais pas, faut que je réfléchisse …

Tout d’abord, je trouve formidable cette communauté de blogueurs qui se créé virtuellement. Cela permet aux gens qui ont la même passion de se réunir même s’ils sont à plus de mille kilomètres de distance. C’est quand même formidable. Et des gens qui ne se connaissent pas, qui ne se seraient jamais rencontrées deviennent des amis. Je pense en particulier à toi, Richard, à Petite Souris, à Jean le Belge. Et je pourrais en citer tant d’autres, Yvan, Foumette, Vincent, Geneviève … et j’en oublie. Vous avez tous en commun d’avoir un cœur gros comme ça. Le seul que je n’ai pas encore rencontré en vrai, c’est le Boss de Unwalkers, mais ça ne saurait tarder !

Donc les anecdotes sont forcément à propos de rencontres en vrai. Elles ont lieu soit à Paris, soit à Lyon. Je me rappelle en particulier de celle de Foumette qui m’a tombé dans les bras ! Et puis, il y a ces moments incroyables, à Lyon, où j’arrive à discuter avec Claude Mesplede, pendant presque une heure. Je ne sais pas comment je me débrouille, mais on arrive toujours à passer un long moment ensemble. Et ce qui est formidable avec Claude, c’est que l’on parle comme deux passionnés. Il ne se place jamais au dessus des gens, mais il nous partage son érudition, sa passion en terme de polar (et autres).

L’autre anecdote, ce sont les gens (il y en a quelques uns) qui m’envoient des messages d’insulte sur le blog. Parfois, c’est gratuit, parfois ils m’insultent parce qu’ils ne sont de mon avis. Parfois c’est pour le reprocher de parler d’un livre ancien. Comme je suis d’une bonne composition, je passe. Tout le monde a le droit d’être énervé. Je continuerai à défendre les livres que j’aime et à publier ce que je veux. Et j’emmerde les grognons.

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Ton écrivain préféré et cinq romans que vous nous conseillez ? 

 

C’est impossible de répondre à cette question ! Moi qui lit plus de 100 romans par an, et cela depuis une trentaine d’année, comment veux tu que je fasse une liste aussi petite ?

Mes auteurs favoris, je vais dire que ce sont ceux dont je lis tous les romans les yeux fermés. Parmi eux, outre James Ellroy, il y a forcément Robin Cook, Ken Bruen, Jim Thompson, Don Winslow, Massimo Carlotto, Arnaldur Indridason, Thomas H.Cook, Megan Abbott, Sam Millar. Chez les Français, je citerai Jean Bernard Pouy, Thierry Jonquet, Michael Mention, Antonin Varenne, Samuel Sutra, Jérémie Guez, Dominique Manotti, Antoine Chainas, Pascal Dessaint … et j’en oublie tellement !

Pour le choix de romans, je vais plutôt donner un roman par an depuis que j’ai créé mon blog et je peux te dire que même là, c’est dur de choisir !

2015 : Tant de chiens de Boris Quercia (Asphalte). C’est une de mes dernières lectures et j’ai eu l’impression de lire du Hard Boiled américain avec tout ce que ça a de passionnant en terme de personnage et de créativité dans l’intrigue. Et quand, en plus, ça parle de la vie des gens au Chili avec autant de simplicité et de sentiments, c’est génial.

2014 : Kind of black de Samuel Sutra (Flamant Noir). La quintessence parfaite entre polar et Jazz. J’ai trouvé dans ce roman l’alliance parfaite entre personnages forts et ambiance enfumée. Tout tient dans cet équilibre entre l’histoire et la simplicité du style. Du grand art ! Ce qui est incroyable, c’est que Samuel est aussi génial avec sa série humoristique des Tonton.

2013 : Un long moment de silence de Paul Colize (Manufacture de livres). Quand un auteur met autant de passion dans un livre et qu’il arrive à le faire ressentir au lecteur, cela donne un grand roman sur le plan émotionnel.

2012 : Le diable tout le temps de Donald Ray Pollock (Albin Michel) : Ce roman là fait partie, je pense, des romans qui passeront à la postérité. Quand je dis que la littérature noire rejoint la blanche, c’est évidemment le cas ici, où la beauté du style, la noirceur du propos, et l’inéluctabilité de la construction en font un grand livre. Tout simplement !

2011 : Bienvenue à Oakland de Eric Miles Williamson (Fayard). Encore un grand livre, dont je relis des passages de temps en temps. Ce livre est un livre choc, c’est une question de survie pour les laissez pour compte du rêve américain. Un roman d’une force incroyable, fait de rage, de colère, d’envie de vivre.

2010 : Orphelins de sang de Patrick Bard (Seuil). J’ai hésité avec Moi comme les chiens de Sophie Di Ricci. Orphelins de sang nous plonge dans l’horreur du Guatemala et de la lutte des gens pour survivre, avec une comparaison avec la vie luxueuse des Américains. Moi comme les chiens est un roman noir tout en passion d’une auteure dont on n’a plus de nouvelles et c’est bien dommage car son premier roman était une étoile noire parfaitement maitrisée.

2009 : Fakirs de Antonin Varenne (Métaillié). Mon premier coup de cœur Black Novel. Quand j’ai créé mon blog, je n’avais pas imaginé inventer une rubrique Coup de cœur jusqu’à ce roman inoubliable de démesure. C’est un roman que j’ai découvert grâce à mon ami de toujours Coco et que je ne remercierai jamais assez !

Imaginez que vous êtes devant les adhérents de l’association du Prix du Balai d’or, quel serait votre discours pour les convaincre que votre blog est le meilleur ?

Mon premier message serait : Votez pour les autres !

Je ne cherche pas la gloire, ni la reconnaissance. Je suis juste là pour partager ma passion et faire découvrir de bons, de très bons, d’excellents polars. Si les visiteurs de mon blog se retrouvent dans mes avis, tant mieux. S’ils sont déçus par leur lecture, tant mieux aussi et venez me dire pourquoi.

Je pense que les votes doivent se faire en fonction des ressentis, des affinités par rapport au style des romans, par rapport à la façon dont les romans sont présentés. Nous sommes tous des passionnés, nous tous honnêtes, et nous sommes tous prêts à défendre les livres que nous aimons. Le fait que vous lisiez les blogs est déjà une grande chose.

Mon blog n’est pas le meilleur et n’a pas la vocation de l’être. Par contre, vous qui votez, créez votre blog, parlez de ce que vous aimez. La littérature a besoin de vous !

Votez pour les autres !

 

Comment préparez-vous un article pour votre blog ? 

 

C’est une vaste question. Tout d’abord, mon métier d’ingénieur m’a formé à être organisé, à classer les idées, à faire des synthèses. Donc je prends des notes, des mots sur des bouts de papier. D’ailleurs, j’ai toujours sur moi une feuille pliée en 8 sur laquelle je note plein de choses. Avec l’âge, c’est bien utile de noter les choses à ne pas oublier … Acheter du pain ce soir, par exemple. Quand on n’a pas de tête, il faut des idées !

J’écris un billet pour chaque roman que je lis. Mes billets sont toujours rédigés de la même façon ; c’est aussi pour moi une manière de m’organiser : une introduction, le résumé des 50 à 100 premières pages puis mon avis. Le tout ne doit pas dépasser une page Word. Si c’est trop court, alors j’insiste sur certains points (mais c’est très rare, je suis bavard quand j’écris sur les polars). Quand c’est trop long, je coupe, je cherche l’efficacité.

J’écris mon avis après avoir lu le livre, après la dernière page, dans la semaine qui suit, en général. Ça peut être d’une traite ou bien plus difficile. Après je laisse murir une à deux semaines, pour corriger, changer des phrases, des mots pour que ça ait plus d’accroche. Je joue à l’avocat du roman, je veux que celui qui lit mon billet sache à quoi s’attendre et s’il est sur la même longueur d’onde que moi, alors, qu’il ait envie de lire le livre.

Parfois, l’écriture est plus difficile mais je ne sais pas pourquoi. Il y a des moments où je sais ce que je veux dire, mais je ne sais pas comment l’exprimer. Alors j’attends. Et puis, récemment, j’ai eu le drame de la page blanche. L’envie de lire était là, mais pas l’envie d’écrire. Parfois ça arrive … et c’est passé tout seul.

Le plus difficile, c’est d’arriver à retranscrire ce que l’on a ressenti à la lecture. Mettre en avant des points forts, que j’ai aimés à la lecture, ça c’est facile avec mes notes et l’organisation des idées qui s’en suit. Par contre, relire une chronique, changer des phrases pour ça ait plus d’accroche, avoir le recul suffisant pour changer une phrase, déplacer un mot, ça c’est plus dur. Globalement, je ne suis jamais satisfait de ce que j’ai écrit. Et cela m’amuse quand j’ai un commentaire qui me dit que j’ai « formidablement » bien décrit ce que j’ai ressenti. C’est gratifiant, certes, mais tellement décalé par rapport à ce que je pense.

Je cherche aussi à ne pas passer trop de temps sur une chronique. D’une part, parce que j’ai d’autres chroniques à écrire vu mon rythme de lecture, d’autre part parce que je sens qu’à un moment, je ne peux faire mieux. Et tous les billets que le mets en ligne défendront un roman, et je suis prêt à me battre bec et ongles pour les défendre un à un. S’il y a une chose à laquelle je tiens, c’est l’honnêteté. Aucune de mes chroniques ne m’a été dictée. Chacune reflète mon avis, mon amour pour ce livre. Et personne ne peut m’enlever ça.

 

 

Quel sera votre mot de fin à cette interview.

 

Tout d’abord, je tiens à te remercier Richard pour ce que tu fais, pour ta passion et pour l’envie de lire que tu communiques. Et puis, tu donnes sur ton blog la place que les auteurs méritent. Rien que pour cela, ton blog est indispensable.

Ensuite, il y a une phrase que j’aime bien et que je vais reprendre : N’oubliez pas le principal, lisez !

Et encore merci, Richard !