Block 46 de Johana Gustawsson chez Bragelonne Thriller

Après la remise du prix du Balai D’OR 2015 qui fut un succès nous retournons sur le canapé pour accueillir cette semaine Mme Johana Gustawsson pour son roman Block 46 chez Bragelonne Thriller.

Un roman qui vous prend à la gorge et qui vous plonge dans l’enfer du camp de Buchenwald.

Un roman qui me restera longtemps en mémoire et pour un premier roman montre toute la force d’écriture de cette auteure.

Un roman bouleversant qui ne vous laissera pas insensible.

Et maintenant j’attendrai son prochain avec énormément d’envie.

Voici un résumé de son roman :

 

block-46-660847Falkenberg, Suède. Le commissaire Bergström découvre le cadavre terriblement mutilé d’une femme.

Londres. Profileuse de renom, la ténébreuse Emily Roy enquête sur une série de meurtres d’enfants dont les corps présentent les mêmes blessures que la victime suédoise : trachée sectionnée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras.

Étrange serial killer, qui change de lieu de chasse et de type de proie…

En Suède, Emily retrouve une vieille connaissance : Alexis Castells, une écrivaine pleine de charme spécialisée dans les tueurs en série.

Ensemble, ces deux personnalités discordantes se lancent dans une traque qui va les conduire jusqu’aux atrocités du camp de Buchenwald, en 1944.

 

La semaine prochaine nous partons en Finlande, je vous souhaite une bonne lecture.

 

 

Bienvenue sur le Divan du Concierge, ma première question c’est pour mieux vous connaître : Pouvez-vous nous parler de votre enfance et comment vous êtes venue à écrire un roman ?

 

 

johana-gustawssonJ’ai grandi à Aubagne, près de Marseille, dans une famille un quart catalane et vorace de livres. Mon père construisait une bibliothèque après l’autre pour accueillir les bouquins de littérature française et espagnole, les polars et les manuels de psychologie. Je devais avoir sept ans lorsque ma mère, institutrice, m’a mis entre les mains La Mystérieuse Affaire de Styles d’Agatha Christie. Une écrivaine niçoise, Nicole Ciravégna, avait affirmé que la prose de la Reine du Crime était bénéfique pour les lecteurs en herbe, alors ma petite maman s’était empressée de récupérer dans la bibliothèque familiale un opus de la grande Lady. Ce fut le coup de foudre : je suis tombée follement amoureuse d’un petit moustachu belge et des romans policiers.

 

 

 

 

Comment s’est passée la construction de votre roman « Block 46 » ?

Tout est parti d’un besoin que j’avais gardé dans une boîte ; une boîte sans couvercle pour que ce besoin n’étouffe pas. La nécessité de parler de la déportation de mon grand-père au camp de Buchenwald. D’autres désirs cohabitaient aussi dans cette boîte : me pencher sur la psychologie des tueurs en série, créer un duo de femmes fortes, écrire sur Londres et la Suède, qui font désormais partie de ma vie de femme. Quant à la forme, elle s’est imposée à moi : je ne pense pas pouvoir écrire autre chose que du thriller… Les recherches ont alors commencé sur les camps, sur le profilage criminel et les tueurs en série. Puis j’ai construit mon squelette, l’ossature de Block 46, avant de me lancer dans l’écriture, la chair du livre.

 

 

Dans votre roman il y a l’enfer de Buchenwald-dora , vous êtes Petite-fille de déporté, cela a dû être difficile d’écrire sur cette période ? Pouvez-vous nous parler de votre grand père ?

Les recherches se sont révélées beaucoup plus douloureuses que je ne le pensais. J’avais lu quantité de livres sur le sujet, très jeune, et nous en parlions énormément à la maison, mais les témoignages des survivants de cet enfer m’ont rendu malade, vraiment. Quant à mon grand-père, il s’appelait Simon Lagunas. Une avenue porte d’ailleurs son nom à Aubagne, la ville de Provence où il vivait qui est aussi celle de Marcel Pagnol. Mon grand-père était un humaniste et un fervent combattant pour la liberté. Je l’ai redécouvert en écrivant Block 46.

 

 

 

 

 

Il y a des scènes très dures , je prends l’exemple quand le personnage de Erich effectue la tache épouvantable de jeter les corps dans le four Crématoire et qu’il entend les cris dans le four d’une personne encore vivante.. J’ai eu du mal par moment. Parlez-nous du personnage de Erich ?

La scène du four crématoire a été vécue par mon grand-père… Quant à Erich Ebner, je ne peux vous en révéler que très peu pour ne pas gâcher la lecture de ceux qui seraient tentés par Block 46, je vais donc dire que Erich est lui aussi, comme mon grand-père, un humaniste…

 

 

Et il y a deux personnages que j’ai trouvé très forts et que j’espère revoir : Emily et Alexis Pouvez-vous nous en parler ?

Oui, deux femmes fortes… Emily Roy, profileuse, transfuge de la gendarmerie royale du Canada qui travaille maintenant pour Scotland Yard. C’est une femme secrète, ténébreuse, froide. Il y a ensuite Alexis Castells, cette Française au nom catalan, et écrivaine spécialisée dans les tueurs en série. Elle est plus sensible, plus glamour, mais loin d’être lisse. Sa vie a été marquée par la mort de son compagnon, tué par un tueur en série qu’il essayait d’arrêter.

 

 

Pourquoi avoir choisi la Suède et Falkenberg pour votre roman ?

Grand_Hotell_Tullbron_FalkenbergTout est la faute de mon petit mari : il est suédois. Falkenberg est la ville côtière où sa famille possède une maison de vacances et c’est un endroit sublime. D’une beauté crûe, à la fois sauvage et poétique.

 

 

 

 

 

 

Avez-vous une anecdote sur votre roman à partager avec nous ?

 

ob_c1a9dc_1-when-a-man-is-tired-of-londonOui, mais c’est tordu. Même si j’assume totalement, c’est tordu… Nous vivons avec mon mari et mon fils à Londres, près du bois d’Hampstead. Et le weekend, j’aime beaucoup y faire de longues marches. L’histoire contemporaine de Block 46 m’est venue lorsque je me promenais, enceinte, dans ce bois. Un chien s’était mis à gratter férocement le sol jonché de feuilles et tout de suite mon imagination alambiquée m’a conduite à penser qu’il y avait quelqu’un enterré là-dessous… Je suis même restée jusqu’à ce que le chien déterre son bout de branche rongé pour en être sûre…

 

 

Le Concierge est curieux ! Etes vous déjà en train d’écrire un deuxième roman ?

Le Concierge a bien raison d’être curieux! Oui, je suis déjà sur le deuxième. Emily et Alexis reviennent l’année prochaine.

 

 

 

Comment écrivez-vous ? (Le matin, le soir, dans un bureau ?)

 Je m’enferme dans mon bureau et colle mes fesses à ma chaise, et travaille autant que possible. Où plutôt tant que mon petit bonhomme est à la « nursery » comme ils disent à Londres. Souvent, je m’y remets le soir, dès que mon fils est couché. Je suis une forcenée de l’écriture !

 

 

Quels sont vos écrivains préférés ? Et quel est votre livre de chevet actuellement ?

91o0o7241lLBaudelaire, Rimbaud, Rostand, Zola ; et chez les reines & rois du crime, Christie, Coben, Nesbö, PD James, Mankell, Läckberg… Quant à mes livres de chevet : Seul le Silence de RJ Ellory et un bouquin sur les mythes nordiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quels sont vos films préférés ?

Tout ce que crée Almodovar.

 

 

Quelle musique pourrait être complémentaire à votre roman ?

Bach. Partita n°2 pour violon seul. Parfait accompagnement pour Block 46.

 

Il y a un film qui sort actuellement en France qui se nomme « Le fils de Saul » du Hongrois Laszlo Nemes, l’avez-vous vu ?

http://www.lemonde.fr/cinema/article/2015/11/03/le-fils-de-saul-fiction-insensee-au-c-ur-de-la-shoah_4801929_3476.html

 

 

Non, je ne l’ai malheureusement pas encore vu.

 

 

Quelles sont vos passions dans la vie ?

Ecrire. Lire. Et entre les deux, embrasser mon amour de fils.

 

 

Quel sera votre mot de fin à cette interview ?

16Merci. Un immense, colossal MERCI. Un merci qui vient des tripes. Merci de lire mes histoires. Merci de donner la parole à Emily, Alexis, Bergström, Olofsson, Stellan, Ebner et les autres. Car c’est à travers les lecteurs qu’ils existent ; sinon, ils ne seraient que des mots sur du papier.

 

 

 

 

 

Encore un grand merci pour ce roman qui me restera longtemps en mémoire et j’espère un jour vous rencontrer pour vous dire tout le bien que je pense de votre roman.

Merci à vous Richard d’avoir lu Block 46 et de m’avoir donné la parole.