Mala Vida De Marc Fernandez chez Préludes Edition

Avant de présenter cette interview je voudrais rendre hommage à toutes les victimes du 13 Novembre 2015 de Paris et du stade de France.

Aragon a cité cette phrase « Certains Jours, j’ai rêvé d’une gomme à effacer l’immondice humaine. »

J’aimerais avoir moi une gomme géante et rassurer les générations futures que nous allons tout droit dans un monde meilleur.

Est-ce impossible ? Je veux croire en l’espérance entre tous les peuples.

 

 

 

9782253191162-XDe nos jours en Espagne. La droite dure vient de remporter les élections après douze ans de pouvoir socialiste. Une majorité absolue pour les nostalgiques de Franco, dans un pays à la mémoire courte. Au milieu de ce renversement, une série de meurtre est perpétrée, de Madrid à Barcelone en passant par Valence. Les victimes : un homme politique, un notaire, un médecin, un banquier et une religieuse. Rien se semble apparemment relier ces crimes … Sur fond de crise économique, mais aussi de retour à un certain ordre moral, un journaliste radio spécialisé en affaires criminelles, Diego Martin, tente de garder la tête hors de l’eau malgré la purge médiatique. Lorsqu’il s’intéresse au premier meurtre, il ne se doute pas que son enquête va le mener bien plus loin qu’un simple fait divers, au plus près d’un scandale national qui perdure depuis des années, celui dit des « bébés volés » de la dictature franquiste.

 

 

Voici cette semaine sur le Divan du concierge Mr Marc Fernandez pour son premier roman « Mala Vida » chez Préludes Edition.

Et quel premier roman !

Un roman captivant de la première à la dernière page, une très belle réussite et qui en plus sort de l’ordinaire.

Des personnages haut en couleur et en plus vous découvrirez une histoire si terrible qu’il est difficile d’imaginer que cela puisse exister.

Un auteur que je vous recommande absolument vous ne serez pas déçu et j’attends avec impatience son prochain roman.

La semaine prochaine nous partons rencontrer le balai d’or 2014, je vous souhaite une très bonne lecture.

 

 

Bienvenue sur le Divan du Concierge, ma première question : Peux-tu nous parler de ton enfance et comment tu en es venu à écrire ?

Del-Arbol

Oula, vaste question. J’ai eu une enfance très heureuse et classique dans les Hauts de Seine. J’ai eu la chance d’avoir mes grands-parents maternels près de moi tout ce temps et c’est en partie grâce à eux que je parle espagnol car ils me parlaient uniquement dans cette langue. J’ai des souvenirs aussi de longues vacances en Espagne, de lectures déjà et, très tôt, d’envie d’écrire et de devenir journaliste. Je dévorais les journaux et les livres, naturellement après je me suis mis à écrire.

 

 

 

 

 

 

 

Comment t’es venue l’idée d’écrire ce premier roman « Mala Vida » ?

 

J’avais très envie de raconter l’histoire vraie des bébés volés sous Franco mais je ne savais pas trop comment le faire. J’ai commencé à enquêter sur cette affaire comme journaliste, puis j’ai tout arrêté et je me suis dit qu’il serait plus intéressant de le faire par le biais du roman, cela me laissait plus de liberté pour dire les choses.

 

 

 

Dans ton roman, le personnage principal Diego Martin est journaliste de radio spécialisé en affaires criminelles, peux-tu nous en parler et comment as-tu crée ce personnage ?

 

 

Je ne voulais pas de flic ou de détective comme personnage principal et j’avais envie de montrer aussi le monde de la radio, qui me fascine, même si je viens de la presse écrite. Je ne voulais pas non plus d’un double de moi. Il y a certes un peu de moi dans ce journaliste, mais pas tant que cela finalement, il y a plus de moi dans le personnage féminin de l’avocate. Du coup, j’ai créé Diego, qui présente une émission dont, j’avoue, que j’adorerais qu’elle existe vraiment et que j’adorerais aussi animer. Si un directeur de programmes d’une radio passe par ici, qu’il me fasse signe :)

 

 

 

 

 

 

 

Je connaissais la terrible histoire des enfants volés en Argentine mais pas c’elle en Espagne, comment est ce possible qu’on puisse passer sous silence cette ignominie ?

 

 

Espagne-Justice-pour-les-enfants-voles_article_landscape_pm_v8C’est aussi l’une des raisons qui m’ont poussé à écrire Mala Vida. Beaucoup de monde connaît l’histoire de l’Argentine mais peu celle de l’Espagne. Or, nous sommes voisins, c’est plus proche de nous. Après, il faut savoir que ce sujet est encore tabou et difficile en Espagne. La dictature a duré 45 ans et ne s’est terminée qu’en 1975, c’est hier à l’échelle de l’Histoire. Maintenant, le silence s’explique aussi par la loi d’amnistie en vigueur en Espagne, qui fait qu’il est impossible ou presque de lancer des enquêtes officielles sur ce sujet.

 

 

 

J’aime bien dans ton roman aussi, le personnage du Juge David Ponce, j’imagine que tu as voulu rendre hommage à tous ces juges qui se battent dans l’ombre contre les injustices de l’histoire.

 

 

Oui, Ponce est un hommage à toutes ces femmes et ces hommes qui se battent pour faire respecter les droits humains. Des lecteurs m’ont dit qu’ils ont pensé au juge Garzon, qui a fait arrêter Pinochet. En réalité, Ponce est inspiré par un autre juge espagnol, Carlos Castresana, qui a travaillé sur le dossier Pinochet et sur bien d’autres et qui est un juge excellent et un homme assez remarquable dans son travail.

 

 

 

Et crée une Détective Transsexuel Ana fallait le faire, d’ou t’es venue l’idée ?

 

 

J’avais en tête ce personnage depuis très longtemps. L’idée m’est venue au cours d’un reportage à Madrid sur la prostitution. J’ai rencontré une association qui se battait pour faire reconnaître les droits des prostituées dans la capitale espagnole. Il y avait des femmes et des trans, dont une Equatorienne au tempérament bien trempé. Je lui ai dit d’ailleurs : un jour, j’écrirai un roman et tu seras dedans ! Ana c’est un peu elle.

 

 

 

As tu une anecdote sur ton roman à partager avec nous ?

 

 

Sur le titre peut-être. Au départ, il ne s’appelait pas comme ça, c’est ma compagne qui l’a trouvé. J’adore ce titre. Il a fallu demander à Manu Chao si on pouvait l’utiliser. Or, il se trouve que je le connait, il a très vite donné son accord. C’est une personne que j’aime beaucoup, et le clin d’oeil est sympathique.

 

 

 

 

Je vois bien une suite des aventures de Diego Martin en Amérique latine, je me trompe ?

 

 

maxresdefaultOui, il est fort probable qu’une autre aventure conduise Diego, mais aussi Ana et les autres de l’autre côté de l’Atlantique. L’Argentine, le Chili, voire ailleurs. Pour le moment, je les laisse se reposer un peu. Mala Vida vient de sortir, laissons lui le temps de vivre sa vie. J’espère qu’il rencontrera son public mais je sais déjà que dans pas longtemps je vais m’y recoller. J’ai le titre, l’intrigue et la première scène déjà bien en tête. Il n’y a plus qu’à…

 

 

 

 

 

Comment écris tu ?

 

 

J’écris surtout le soir chez moi, mais l’inspiration peut venir à n’importe quel moment. C’est plus difficile pour moi d’écrire le matin, je ne sais pas pourquoi. Par contre, le soir, ou la nuit, une fois lancé, je peux y être jusqu’au petit matin. C’est après que c’est difficile, enchainer sur la journée de travail… Pour Mala Vida, j’avais un carnet et il m’arrivait de me poser dans un café et de gratter des pages et des pages. Quand j’y pense, j’ai écrit sans doute un tiers du roman à la main dans ce carnet…

 

 

 

 

Tu as la double culture, Français et Espagnol, comment ta famille en Espagne ont vécu la sortie de ton roman et ton roman sortira-t’il en Espagne ?

 

 

Je revendique cette double nationalité et cette double culture. Ma famille en Espagne est très contente mais la plupart de mes cousins par exemple ne lit pas le français. Donc, ils ont hâte qu’il soit traduit pour s’y plonger. J’aimerai vraiment qu’il soit publié là-bas, mais ça ne dépend pas de moi hélas. Je fais confiance aux équipes de Préludes, mon éditeur, pour y parvenir !

 

 

Quels sont tes écrivains préférés ? Et quel est ton roman de chevet actuel ?

 

 

Fernandez-Mala-Vida-__Agence-Anne-Arnaud Beaucoup d’écrivains… Citons Victor del Arbol, James Ellroy, Truman Capote. Il y en a tant d’autres, comme Montalban, Ledesma, Taibo II pour ne citer que des hispaniques. Chez les Français, Manchette bien sûr, Jonquet, pour les cadors et, plus proches de nous, j’aime beaucoup le travail de Laurent Guillaume par exemple. Un roman de chevet actuel, c’est difficile car j’en lis beaucoup pour ma chronique dans Métro. Récemment j’ai adoré Basse saison de Saccomanno chez Asphalte et Concerto pour 4 mains de Paul Colize au Fleuve.

 

 

Quels sont tes chanteurs préférés ? Dans ton roman il y a Manu Chao-Jeanette-Nancy Sinatra ….

 

 

manu_chao_-_clandestino-frontLà aussi, beaucoup de noms me viennent en tête. J’écoute de tout. Voici ma Play List pour mon roman : http://www.deezer.com/playlist/1386605965

 

 

 

 

 

 

 

« Souvent, un bon polar parle mieux d’un pays ou d’une ville qu’un article de journal » toujours de cet avis ?

 

 

 Toujours et encore. C’est évident pour moi. Le polar est le genre du réel par excellence, celui qui raconte le mieux la société, qui nous tend un miroir sur ce que nous sommes. Qui peut dénoncer aussi. Faire réagir. Rien de tel qu’un polar pour comprendre le monde dans lequel nous vivons.

Quel sera ton mot de fin à cette interview ?

Un grand merci à toi Richard pour ces questions et ta lecture de Mala Vida. Sans toi et les autres blogueurs, aujourd’hui, les jeunes auteurs comme moi aurions bien du mal à exister. Donc bravo et continue. No pasaran !