Les prédateurs font toujours face au courant de Jean-Louis Nogaro Chez Edition du Caïman

Bonjour à tous, Mr Jean-Louis Nogaro m’avait transmis une interview il y a quelque mois pour son roman « Les prédateurs font toujours face au courant »

Un superbe roman que je vous conseille, mais aujourd’hui je viens également parler d’une maison d’édition que j’affectionne énormément, et cette maison d’édition est en détresse et risque de disparaître et ça je ne peux pas l’admettre !

Je demande à tous mes amis lecteurs et lectrices de les aider.

Le lauréat du Prix du Balai de la Découverte 2014 est des Edition du Caïman c’est dire la qualité éditoriale de cette maison d’édition.

Je vous transmets la lettre des Editions du Caïman :

 

hexa-1.general« Bonjour à toutes et à tous, voici un point un mois après le déclenchement de la crise causée par la mise en redressement judiciaire de notre distributeur et principal créancier, la société De Borée diffusion-distribution. (Pour rappel, une énorme incertitude pour les distributions à venir et une perte financière de 8 000 €)

Avant toute chose, une pensée pour le personnel de cette société qui continue à travailler avec professionnalisme sans garantie d’avenir.

Par rapport à notre propre avenir, l’énorme élan de solidarité de l’ensemble de la chaîne du livre, des lecteurs jusqu’aux libraires nous permet de garder l’espoir. Dans un souci de transparence et parce que vous êtes nombreux à vous investir dans cette opération, voici en chiffres et en actions où nous en sommes aujourd’hui :

-La cagnotte organisée par un groupe d’auteurs : Aujourd’hui, 26 octobre, vous êtes 55 donateurs pour un montant total de 1745 €. La cagnotte est ouverte jusqu’en janvier 2016, il reste 2 mois pour participer ! (Pour rappel, le lien direct, c’est ici : https://www.leetchi.com/c/solidarite-pour-editions-du-caiman

-Les dons directs : Nous avons reçu plusieurs dons d’auteurs, de libraires, de collègues éditeurs, pour un montant de 151 €

-Les « commandes solidaires » : Ce mois-ci, nous avons vu le nombre de commandes passées directement via notre site exploser : 181 livres expédiés pour un montant de 1704 €

– De nombreuses autres initiatives : Je ne peux pas nommer tout le monde, mais grâce à votre imagination, une foule d’initiatives a été mise en place, d’autres sont en préparation. Je cite « en vrac » et en oublie certainement, malheureusement… Vitrines solidaires de libraires vendant nos titres en rognant, voire en supprimant totalement leurs marges, signatures prévues avec des auteurs prêts à traverser la France, concours organisés par des blogueurs, relais presses et radio…

-Et la suite… Sur un plan purement comptable et sans tenir compte des initiatives en cours de préparation qui déboucheront sur de nouvelles entrées en trésorerie, nous comptabilisons une entrée de 3600 €, soit près de la moitié de ce qui nous manque pour survivre. En un mois, c’est énorme et nous ne vous remercierons jamais assez.

Nous y croyons et continuons, grâce à la confiance de nos auteurs, à préparer l’avenir. Les prochains romans à paraître sont en correction et paraîtront, avec des tirages peut-être inférieurs à ce qui était prévu, dans un premier temps. Dans l’immédiat, ces livres continueront à être diffusés et distribués par la société De Borée, qui continue de fonctionner sous la houlette d’un administrateur judiciaire. Bien entendu, pour le moyen terme des négociations sont en cours avec l’administrateur judiciaire pour mettre fin à notre collaboration (Le PDG de De Borée ayant indiqué aux éditeurs «Mes équipes et moi-même avons partagé avec vous une belle aventure humaine et je garderai un excellent souvenir du chemin que nous avons parcouru ensemble. » Nous sommes donc en recherche d’un nouveau diffuseur-distributeur. Sur les conseils de libraires, nous en avons sollicité certains… qui ne nous ont pas encore donné de réponses. D’autres, à l’inverse, nous ont sollicité. Nous multiplions les rendez-vous et étudions attentivement les conditions. Rien n’est encore arrêté mais, au moins, nous avons des propositions !

Bref grâce à vous tous, l’espoir de voir les Éditions du Caïman surmonter cette crise subsiste… même s’il reste encore du chemin à parcourir.

Merci à tous pour vos soutiens, quels qu’ils soient : nous sommes extrêmement touchés de voir à quel point « Le Caïman » a pu entrer dans le Paysage littéraire et mobiliser autant d’énergies : tout ceci décuple la nôtre et nous mettons tout en œuvre pour pouvoir continuer à publier des œuvres dans l’esprit de ce que nous aimons… et que vous semblez également apprécier ou, du moins, soutenir !

Nous luttons sur tous les fronts et continuerons de vous tenir informés de l’évolution de la situation.

Très cordialement,

Jean-Louis Nogaro

 

La semaine prochaine nous partirons assister à un jeu de télé réalité très spécial.

Je vous souhaite une bonne lecture.

 

 

 

 

Tu viens de rééditer ton roman « Les prédateurs font toujours face au courant », comment t’es venue l’idée de ce roman ?

 

 

5J’avais écris deux romans mettant en scène le capitaine Séverine chez moi, à St Etienne, et j’avais envie de boucler la boucle en le faisant revenir sur ses terres, les Hautes-Pyrénées pour faire de cette histoire une trilogie, un format que j’affectionne. Après, comme c’est le cas chaque fois quand je me lance dans l’écriture d’un livre, j’ai toujours un sujet de société qui me turlupine. A l’époque, c’était la problématique du mouvement indépendantiste basque qui me préoccupait, suite aux changements politiques de l’époque en Espagne avec l’arrivée de Zapatero et son regard différent du traitement du problème. Il se trouve également que l’un de mes amis avait en charge la surveillance rapprochée de militants en résidence surveillée en France, et son expérience était… particulièrement intéressante.

 

 

 

 

Tu es un Fan de la Pêche ? Le titre est super bien trouvé.

 

 

couv-predateursLa pêche, c’est une vieille histoire. Une passion de gamin qui s’est envolée depuis. Plus que la pêche en elle-même, c’est le souvenir que me laissent ces temps de solitude ou de partage avec mon père ou mon grand-père en milieux plutôt sauvages (il s’agissait de pêche à la cuillère en montagne) qui m’a fait choisir ce thème pour toile de fond du roman. La phrase « Les prédateurs font toujours face au courant » a marqué mon enfance dans le cadre d’une technique à suivre, remonter le courant pour pêcher et surprendre les truites. Et j’ai, moi aussi, trouvé que ça faisait un bon titre de polar…

 

 

 

 

 

 

J’aime bien tes personnages, peux tu nous parler du Capitaine Séverine et comment tu as créé un tel personnage ?

 

 

Merci ! Le capitaine Séverine est « né » lors de l’écriture de mon premier roman, « Un bon flic c’est comme de la soie ». C’était alors un personnage dit « secondaire », le principal étant issu de la société civile. Gérald Séverine n’était alors que le flic de service. Mais petit à petit, sans que je n’y prenne garde, il s’est imposé à moi et est devenu le personnage central du second volet de la trilogie, St Etienne Santiago. Au passage, le nom « Séverine » est un hommage à Caroline Rémy, surnommée « Séverine », féministe libertaire du début du XXe siècle. Un quartier de « Sainté » porte son nom.

 

Une narration éclatée. Nous passons d’un personnage à l’autre sans trop comprendre ce qui les relie, tu aimes ce genre d’écriture ?

 

 

Oui, c’est bien mon truc, ça. J’espère ne pas perdre le lecteur, mais j’aime cette idée de placer les pions sur l’échiquier de l’histoire sans que la stratégie choisie n’apparaisse clairement… jusqu’au « mat » final.

 

 

Qu’aimes tu en Gascogne, parle nous des endroits que tu aimes dans cette région ?

 

DSC_6221-WebMa famille paternelle est originaire des Hautes-Pyrénées, de Bagnères de Bigore plus précisément. J’y ai passé toutes mes vacances d’été jusqu’à l’âge de 18 ans et même si je n’y retourne que très épisodiquement maintenant, j’adore cette région et cette ville.

 

 

 

 

As tu une anecdote à nous raconter sur ton roman ?

 

 

Col-de-Tourmalet-open-2015-La version que tu as eue entre les mains est une réédition. Le premier est sorti aux Editions Pietra Liuzzo… qui a fait faillite à la sortie du livre. J’espère qu’il n’y a pas de lien de cause à effet. Entre les deux versions, il n’y a qu’un changement, à la fin. Mais il est de taille et permettra peut-être à Gérald Séverine de revenir dans un prochain roman !

 

 

Le Concierge est curieux, es tu en train d’écrire un nouveau roman ?

 

 

Oui… mais ça n’avance pas vite ! Il s’agit d’un troisième volet également, prenant la suite de La morte des tourbières et Niglo… Situé en Bretagne, on est loin de la Gascogne !

 

 

Comment se portent les Editions du Caïman ? Comment vois tu l’évolution de la maison d’édition ?

 

 

811KQy8wysL._SL1500_Nous sommes à un tournant, je pense. La maison ne cesse de monter en terme d’estime du milieu du polar mais les ventes ne décollent pas vraiment, ce qui confère à l’ensemble un avenir à long terme difficile à identifier. Pour cette rentrée littéraire, nous avons choisi de frapper fort en publiant trois titres : un premier roman très prometteur, « Tunnel » d’Eric Courtial et deux auteurs beaucoup plus chevronnés, Gilles Caillot et Philippe Setbon. En décembre, nous publions le second roman de Guillaume Audru qui s’était révélé avec « L’île des hommes déchus ». Alors, on attend…

 

 

 

 

 

 

Et quel sont les prochains Titres qui sont prévus ?

 

 

B4lG-EAIYAAkqJn.jpg-largeOutre « Les ombres innocentes » de Guillaume en décembre, donc, l’année 2016 et le début 2017 sont réservés aux auteurs « maison » : il y aura donc une nouveau Patrick Caujolle (« Beau temps pour les couleuvres »), un nouveau Philippe Paternolli (« Alpes noires » et « Camarguestan ! ») la suite de Nozze nere [1], les deux derniers volets du triptyque de Philippe Setbon, le nouveau Martine Nougué (« Les Belges reconnaissants »). Et puis, il y aura une belle surprise dans la collection « Noires nouvelles », maintenant dirigée par Patrick Amand (« Gurs 10.39 » et « Omaha blues »). Il s’agira d’un recueil collectif avec des signatures exceptionnelles. Mais je ne peux pas en dire plus pour l’instant…

 

 

 

 

 

Quel est ton livre de chevet actuellement ?

 

 

J’essaie toujours de lire un manuscrit destiné au Caïman et un titre autre, pour parfaire ma connaissance du milieu… en ce moment, ce sont donc « Les ombres innocentes » de Guillaume Audru, afin d’y apporter les ultimes réglages et « Funerarium » de Brigitte Aubert.

 

 

 

Quelle est l’actualité qui t’énerve actuellement ?

 

 

Comme beaucoup, je crois… La guerre en Syrie, ses répercussions, les réactions de certains de nos concitoyens…

 

 

 

Quel est le personnage de polar aurais tu voulu être ?

 

J’aime bien Harry Bosch !

 

 

Quel sera ton mot de fin à cette interview ?

 

 

Comme la dernière fois si ma mémoire est bonne. Merci à toi, Richard, et à tous ceux qui, comme toi, rendent le polar visible… et pas seulement le polar que tout le monde voit en tête de gondole.