Sacré temps de chien de James Holin chez Polars en Nord

Voici l’interview de la semaine, aujourd’hui nous accueillons Mr James Holin pour Sacré temps de chien, son premier roman chez Polars en Nord.

Un premier roman bien réussi et dynamique.

 

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En baie de Somme, la pêche peut être miraculeuse. Ou macabre. Lorsqu’aux environs de Saint-Valery-sur-Somme un chalutier remonte deux cadavres de la mer, la gendarmerie maritime de Boulogne-sur-Mer prend en charge l’affaire. À sa tête, le major Lécuyer. C’est sans compter Mireille Panckouke, journaliste pour un média local, qui enquête elle aussi. Sur fond de campagne électorale, d’écologie et de secrets que certains veulent à tout prix garder, lever le voile risquerait de coûter cher.

J’en redemande encore car on ne s’ennuie pas avec ce petit bijoux !

La semaine prochaine nous partons aux Etats Unis, Je vous souhaite une bonne semaine.

 

 

 

 

Bienvenue sur le Divan du Concierge ;-) ma première question consiste à vous connaître, pouvez-vous nous parler de votre enfance et comment vous êtes venu à écrire ?

 

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J’ai passé mon enfance à Paris, pas loin des Halles, dans un quartier à la frontière d’un Paris populaire et d’un autre plus aisé. Des prostituées tapinaient en bas de chez moi et j’allais jouer au bac à sable au Palais royal pas loin de la Comédie française. Il y avait encore des vitriers dans la rue et des regrattières au carrefour. Je faisais du roller pas loin du trou où Marco Ferreri tournait son western. J’ai fait mon primaire à l’école publique du quartier. Puis  je suis parti dans un collège privé. Deux univers haut en couleur que tout opposait en apparence. J’ai toujours écrit avec plus ou moins de constance depuis mon enfance. De manière empirique.  Des pièces de théâtre pour mes frères et sœurs et mes cousins en vacances. Des  bouts de romans puis des romans, informes puis structuré. Une personne rencontrée par hasard dans une lecture publique m’a initié il y a deux ans à la nouvelle. J’en ai fait plusieurs, en progressant, un pieds devant l’autre.

 

 

 

 Comment vous est venue l’idée d’écrire « Sacré temps de chien » ?

 Je voulais écrire un polar. C’était un objectif. Pour certains c’est de piloter un avion ou de monter sur le Mont Blanc, moi c’était ça. Je ne savais pas trop comment faire. J’avais des personnages dans la tête. Je voulais les faire vivre. Plusieurs univers m’attiraient. Un jour, j’ai pris mon carnet et mon ordinateur portable et j’ai voulu organiser tout cela. Je n’avais pas de méthode, alors j’ai pas mal galéré. A force de boulot, le chemin est apparu.

 

 Votre roman se déroule dans la Baie de Somme, parlez- nous de ce lieu et ce qui vous a plu dans ces paysages.

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J’adore la baie de Somme car c’est une zone de frontière indéfinie, de passages. Une transition entre la terre, la mer et le ciel. Les trois éléments y sont mêlés dans une lumière qui change. L’eau est douce et salée. Le sable alternativement mouillé et sec. Le ciel gris et bleu. C’est une bonne allégorie de l’existence. On voudrait que les choses soient claires, tranchées, rassurantes. En réalité, on s’aperçoit tous, qu’elles sont souvent mélangées, instables, pour le meilleur ou pour le pire. Chez les individus, c’est la même chose. Nous sommes changeants, indéfinissables. Nos humeurs alternent. On s’étonne, on se déçoit.

 

 

 

Votre roman à des personnages très fort niveau charisme : Mireille Packouke, Albert et le Major Lécuyer, pouvez-vous nous en parler ?

 

Ces sont des personnages purement imaginaires. Je les ai quittés avec regret au terme de mon écriture. Ils m’ont aidé à écrire ce livre. Albert Emery est un pur, idéaliste, avec une grande colère intérieure. Cet ancien prisonnier est porteur de valeurs. Mireille est une femme blessée. Une battante qui a connu la souffrance après le succès et qui voit la vie différemment. Elle et Albert sont très différents. Ils s’aiment sans aucune notion d’intérêt, de calcul, de quoi que ce soit. J’aime beaucoup cela, le côté gratuit de l’affaire. Lécuyer est un homme honnête à la base mais qui a failli. Un bon devenu faible. Il a chuté et n’a pas eu la force de se relever. L’aigreur l’a gagné. Elle l’a submergé. Il s’est enfoncé. C’est un homme qui ne peut plus se regarder dans la glace.

 

Et j’aime aussi beaucoup toute la problématique sur les pécheurs et l’atmosphère de crise de la pèche.

 

J’ai beaucoup de respect pour la pêche en mer. C’est un métier dur. Dangereux. Une activité sans faux-semblant. On ne se paye pas de mot. C’est basique sur l’eau. Soit on fait ce qu’il y a à faire, soit on chavire. La parole prend une autre dimension qu’à terre. Pas de place pour les montreurs d’ours.

 

 

Et vous montrez aussi un océan de magouilles et il y a également beaucoup d’humour dans votre roman, je prends exemple de la scène qui se passe à la Criée de Saint-Valery, vous vouliez vous moquer de la politique ?

 

btLa politique est comme tout le reste, ni meilleure, ni pire. Une activité humaine. Elle est ce qu’on en fait. Il y a des héros en politique. Des gars avec des valeurs et qui mouillent le maillot pour la collectivité. Il y a aussi des médiocres. Je décris dans le roman l’un de ceux-ci. Dans un prochain, je pourrai en décrire un autre, positif cette fois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avez-vous une anecdote à nous raconter sur ce roman et à partager avec vos lecteurs et lectrices ?

 

J’avais récupéré un virus sur mon ordinateur. Je n’arrivais pas à retrouver les fichiers. A l’époque je ne faisais pas de sauvegarde. J’ai voulu  remettre mon ordinateur en configuration d’usine. Il y avait le manuscrit dessus. Sur l’écran, un message m’indiquait que tous les fichiers allaient être détruits si je le remettais en configuration usine. J’ai posé le doigt sur le bouton. Je me suis dit que je réécrirai le livre. Mais, j’ai eu un doute et je n’ai pas appuyé. Un copain m’a dépanné. Il a sauvé le manuscrit. Quelques jours après, je l’envoyais à l’éditeur. Plusieurs mois après, il me disait qu’il était ok pour le publier.

 

Comment écrivez-vous ? (Le matin le Soir, dans un bureau ?)

 

J’écris dans le métro sur un carnet avec un criterium. Je reporte mon carnet sur mon ordinateur le matin avant le boulot et pendant les week-end ou les vacances.

 

 

Le Concierge est curieux ! Pouvez-vous nous parler de votre prochain roman ?

 

Je suis en train de l’écrire. Pas finalisé. Le milieu sera entout cas très différent. Il y aura d’autres personnages.

 

 

Quels sont vos auteurs préférés ? Et en ce moment quelle est votre lecture de chevet ?

 

 

victor-hugoJe lis très peu de romans hormis les classiques. Et encore, j’ai une culture très parcellaire dans le domaine. Je n’ai jamais lu un roman écrit après 1980 je crois. On me cite des noms d’auteurs contemporains que je ne connais pas. En revanche, j’adore les autobiographies, les récits de voyage, de guerre, de sportifs, d’artistes. Tous les écrits où les gens se livrent. J’aime beaucoup Victor Hugo. Jean Valjean est l’un de mes personnages préférés. L’épisode des Misérables avec l’abbée Myriel est celui que je préfère. J’ai beaucoup de respect pour José Giovanni. L’homme, ses livres, ses films.

 

 

 

 

 

 

 

Quels sont vos films préférés ?

 

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La Scoumoune de José Giovanni, Les Porte de la Gloire de Christian Merret-Palmair, Les Grandes gueules de Robert Enrico, Lord of War d’Andrew Niccol

 

 

 

 

 

Parlez-nous de Le Porteur de Terre qui à fait partie des textes lauréats du concours de nouvelles 2014 de l’association Musanostra.

 

C’est l’histoire d’une amitié entre deux bagnards que tout oppose sauf l’essentiel, la parole donnée, les valeurs, la camaraderie. Un Corse et un Chinois déportés à Cayenne. Le Corse accueille le Chinois dans son ile à leur libération. Des années après, le descendant du Chinois essaye de retrouver la trace de de son aïeul. La nouvelle raconte cette quête.

 

 

Si vous étiez un personnage célèbre de roman policier vous seriez qui  et pourquoi ?

 

Roberto Borgo dans l’Excommunié de José Giovanni. Son ami Xavier Saratov est en prison. Il se fait emprisonné pour le sortir. Plus tard, ils sont envoyés pour déminer sur une plage. Saratov déterre la bombe de Roberto. Il y perd son bras. De l’amitié pure.

 

Quel sera votre mot de fin de cette interview ?

 

Je suis très heureux d’avoir publié Sacré temps de chien.

Je remercie mon éditeur pour sa confiance. Je remercie les lecteurs. Je leur prends ce qu’ils ont de plus précieux, leur temps. Donc je suis content qu’ils apprécient mon livre et qu’ils passent un bon moment. Je vais continuer à écrire.