Les Ames Troubles de Olivier Taveau chez Masques Edition

Aujourd’hui sur le divan du concierge un jeune auteur français de grand talent Mr Olivier Taveau pour son roman Les Ames Troubles chez Masques Edition.

 

Les_Ames_TroublesLe capitaine Nicholas Bog-Bat se réveille à l’hôpital après une traque qui a coûté la vie à son collègue et l’a blessé à la jambe. Il reçoit alors la visite d’un certain Luc; responsable des précédents événements et assassin qui brûle les yeux de ses victimes. Ce dernier lui explique qu’ils sont liés, que les meurtres vont continuer et que Nicholas va directement en pâtir. 

Les victimes se multiplient et Nicholas; suspecté par certains de ses collègues, se lance à la recherche de Luc, essayant de comprendre les raisons qui le poussent à agir ainsi. 

Un très bon polar très très noir comme je les aime. Le suspens est à son comble tout au long du livre. Je ne peux que saluer le talent de l’auteur, d’autant plus qu’il s’agit de son premier roman. 

Vous frissonnerez de page en page et regretterez qu’une seule chose c’est que ce soit déjà terminé.

 

 

 

La semaine prochaine nous partons en Afghanistan…

Je vous souhaite une très bonne semaine à tous.

 

 

Bienvenue sur le Divan du concierge, ma première question consiste à faire connaissance avec toi, peux tu nous parler de ton enfance et comment tu en es venu à écrire ce premier roman ?

 

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Enfance rurale dans un petit village de trois cents âmes. Peu de distractions en dehors de parties de foot et d’expéditions en forêt. L’imagination a été très tôt un refuge mais je n’ai commencé à écrire que pendant mes années à la fac. Quelques bouts d’histoires d’abord. Puis on se prend au jeu. Et ça devient vite une drogue.

 

 

 

 

 

Comment as-tu construit ton roman, parle nous de sa réalisation

 

maxresdefaultAvant le roman, je me suis frotté aux scénarii. C’est un bon exercice pour les mises en situation. Il oblige à se rendre à l’essentiel, à se concentrer sur la moelle de l’histoire. C’est également très formateur pour les dialogues. Comme les personnages sont peu détaillés, leur personnalité repose sur des mots choisis, des réactions, une façon de s’exprimer.  Ça oblige à une vraie réflexion. Comme je m’acharnais à envoyer mes essais sur Paris, une agence a fini par s’intéresser à mon travail. Elle a démarché des producteurs. Rien n’est venu. Je suis donc passé aux romans. L’exercice est très différent. A l’inverse du scénario, qui est un d’abord outil, le roman oblige à se mettre à la place du lecteur. On doit penser à tout : la lumière, le rythme, la mise en scène, l’épaisseur des personnages… un vrai travail de réalisateur en somme, même si la question du style est tout aussi importante.

 

J’aime bien le côté Fantastique que tu mets dans ton roman, le bien et le mal, parle nous comment t’es venue l’idée de mettre cette touche qui pimente ton roman ?

 

Lorsque j’ouvre un livre, j’ai besoin d’être transporté, désorienté même. J’aime qu’un auteur m’entraîne sur des territoires nouveaux. Ce côté fantastique dont tu parles est juste une façon différente d’appréhender la réalité. Je n’invoque pas de magiciens, de fées ou de dragons. Mon intérêt est d’abord de rendre l’histoire crédible. Mais je m’autorise néanmoins à explorer quelques failles. Dans ce domaine, la science offre des voies intarissables. Quand on se penche sur la physique quantique notamment, on découvre des mystères passionnants. Je trouvais donc intéressant de les exploiter.

 

 

Parle-nous de deux personnages qui m’ont marqué :Nicholas et Loah.

 

Deux survivants, à des degrés différents.

Nicholas est suspendu à l’existence par un fil ténu. Ni sa carrière ni sa vie personnelle ne sont des refuges. L’enquête dans laquelle il est précipité lui offre une occasion de ne pas décrocher mais ses véritables motivations restent floues. Un homme chargé de son passé serait plus enclin à jeter l’éponge, à s’abandonner. Il veut sans doute se prouver quelque chose, qu’il peut encore être un flic normal, un homme normal. Je l’imagine comme une sorte de héros moderne, ni bon ni mauvais, mais condamné à se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment. Malgré tout, il fait face.

Loah, elle, se trouve mêlée à cette affaire pour d’autres raisons. On ne comprend pas immédiatement d’où elle vient ni ce qu’elle est, et son intérêt pour les meurtres interroge longtemps le lecteur, mais contrairement à Nicholas, il se dégage de sa personne quelque chose de lumineux, de rayonnant. Elle n’est pas plus épargnée par les drames, mais elle en tire une certaine force. Nicholas donne plutôt l’impression de s’enfoncer dans son enfer à chaque page.

 

 

Nous partons au Canada dans ton roman, pourquoi avoir choisi cette destination ?

 

J’ai eu la chance de me rendre au Québec il y a 4 ans. J’ai vraiment adoré cette province, ses habitants. A l’époque, je n’avais pas forcément l’idée d’y transposer une partie du roman mais lorsqu’il a fallu trouver une terre d’accueil hors de France, cette destination m’est venue naturellement. C’était presque évident.

 

As tu une anecdote à partager avec nous sur ton roman ?

 

Le premier appel de mon éditrice. Je m’en souviendrai toute ma vie. C’était un mardi. Elle se présente et me dit qu’elle aime beaucoup ce que j’écris. Elle m’explique que le genre n’entre pas dans la ligne éditoriale du Masque mais elle m’encourage à continuer et me propose des noms de maisons à contacter. A ce moment-là, elle n’avait lu qu’un tiers de l’histoire. Trois semaines plus tard, nouvel appel. Elle venait de finir le manuscrit et me proposait un contrat.

 

Y aura t-il une suite à ce roman ? Ou écris tu autre chose ?

 

Un second roman est quasiment achevé. L’histoire se déroule juste avant « Les âmes troubles ». Deux autres romans sont à venir.

 

Parle-nous du prix que tu as remporté, un prix de grande valeur : prix du premier roman du festival de Beaune.

 

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J’ignorais que les miracles allaient par deux. Je n’étais pourtant pas le dernier à critiquer les prix littéraires mais j’avoue que rejoindre Fred Vargas et Pierre Lemaître sur la liste des lauréats laisse rêveur. De quoi flatter un peu mon orgueil, avant de mesurer le gouffre qui me sépare de ces deux auteurs….

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment écris tu ?

Je n’ai pas de rituel particulier. Dès qu’un moment se présente. Une heure ou deux. Le soir plus facilement. Le plus important est d’être régulier.

 

 

 

Quels sont tes écrivains préférés ? Et que lis tu actuellement ?

 

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J’ai un faible pour les auteurs de l’imaginaire comme tu l’auras compris. Simmons, Card, King, Tolkien, Martin, Lovecraft,… j’en oublie évidemment, tous aussi importants.

Pour ce qui est de mes lectures, j’alterne souvent entre deux ou trois ouvrages. En ce moment, je suis sur un bouquin de Marc Dugain (L’emprise), un de Karen Maitland (la Compagnie des menteurs) et une biographie de Louis XIV.

 

 

 

Quels sont tes films préférés ?

 

Ceux de Fincher, entre autre, qui m’a rarement déçu.

 

 

Quelle est l’actualité qui t’attriste actuellement ?

 

Le moindre bulletin d’informations est un appel aux larmes. Difficile d’en sortir une du lot. Le drame des migrants. Le dérèglement climatique. Les intégrismes religieux. Le chômage. L’élection d’un politicien pourri jusqu’à l’os. Servez-vous !

 

 

Dans ton roman on ressent le diplômé d’urbanisme :-)

 

Dans la construction de l’histoire peut-être ? Ou une évocation particulière de la ville ? Rien de prémédité en tout cas. Un lecteur me faisait justement remarqué qu’elle inspirait quelque chose de faux et de malsain. Inconsciemment, j’ai pu lui confier le mauvais rôle. Je ne la vois pas de manière si noire pourtant, mais c’est vrai que l’urbain peut avoir un côté obscène, parfois malfaisant. Rien de naturel dans ses organes et ses artères. Un pur produit humain fatalement dévoyé.

 

 

Peux tu nous parler de ta ville de Tours, ta vision sur cette ville.

 

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Une cité à taille humaine, agréable à vivre. Bourgeoise. Discrète. Oisive. J’ai parcouru ses plus belles rues des dizaines de fois et je ne parviens toujours pas à m’en lasser.

 

 

Quel sera le mot de fin à cette interview ?

 

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Ceux de Mr Mark Twain : « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ».