Trois gouttes de sang et un nuage de coke de Mr Quentin Mouron chez La grande Ourse éditions

91QmcJyM0MLWatertown. Banlieue de Boston, novembre 2013. Un retraité sans histoire est retrouvé dans son pick-up sauvagement assassiné. L’enquête est confiée au shérif McCarthy, pugnace, humaniste, déterminé. Au même moment, Franck, jeune détective dandy, décadent et cocaïnomane, double sombre du shérif, mène l’enquête en parallèle, parcourant la ville en quête de sensations nouvelles.

 

Un mafieux de renom, un jeune musicien ambitieux, un romancier vulgaire, des flics besogneux ainsi que tous les autres, les « largués », les « paumés » sont mis en scène et embrasent cette fresque sans concession d’une Amérique hantée par la crise des subprimes.

 

 

 

 

 

Trois gouttes de sang et un nuage de coke de Mr Quentin Mouron est un roman superbe et que vous ne lâcherez pas jusqu’à la fin.

Un auteur de talent et une plume qui vous fera penser à Jim Thompson.

Un roman à déguster sans modération et effet garanti.

Rappelez vous ce nom Quentin Mouron je ne doute pas que l’on entendra parlez de lui dans les années à venir en France.

Et confirme que la littérature Suisse à de très grands auteurs.

 

 

La semaine prochaine nous partons rencontrer un lauréat du premier roman du Festival de Beaune.

Je vous souhaite de très bonne lecture.

 

 

Bienvenue sur le Divan du Concierge, ma première question consiste à vous connaître : Pouvez-vous nous parlez de votre enfance et comment vous êtes venu à écrire des romans ?

 

Bonjour. Mon enfance s’est déroulée au nord du Québec, en pleine forêt. Je suppose que ça forge un caractère… Quant à l’écriture, j’y suis venu vers mes quinze ans, lorsque je voyageais à travers les Etats-Unis. On comprend donc la tonalité « américaine » que peuvent avoir certains de mes romans…

 

 

 

 

 

Vous habitez la Suisse, comment se développe le roman noir dans votre pays ?

 

 Honnêtement, je n’en sais rien. Il y a des romans noirs qui paraissent, peut-être y en a-t-il beaucoup ! Mais je ne suis pas un grand lecteur de romans noirs, et ne pourrait donc pas vous répondre.

 

 

Comment vous est venue l’idée d’écrire votre premier roman publié en France « Trois gouttes de sang et un nuage de coke » ?

 

À partir du personnage principal, Franck. Tout s’est bâti autour de lui, ainsi que des thèmes qu’il convoque (solitude, besoin du masque, addiction, nécessité, etc.)

 

 

Parlez-nous des deux personnages principaux : le shérif McCarthy et Franck qui mon énormément plu.

 

 

Dans une certaine mesure, ils fonctionnent en miroir. Le shérif est un être apparemment lisse, propre. Et il l’est, bien sûr ! Mais il n’en a pas moins des fêlures qui rejoignent celles de Franck, le détective, qui lui en a beaucoup, énormément, qui n’est même, à proprement parler, plus qu’une seule grande fêlure.

 

 

 

J’ai aimé votre style d’écriture, ça décape et ça va directement à l’action, j’avais l’impression de retrouver du Jim Thomson. Pourquoi avoir choisi la banlieue de Boston ?

 

efde27a20e6c6cb0cc9d132828aa1d97_largeMerci. La banlieue de Boston est un territoire que je connais mal. Y situer mon roman me permet d’être libre, d’inventer des quartiers, des personnages, des circonstances historiques – ce qu’il me serait beaucoup plus difficile de faire avec une ville que je connais mieux, comme Los Angeles ou San Francisco.

 

 

 

 

Avez-vous une anecdote sur votre roman à partager avec nous ?

 

 

Eh bien oui… Mon personnage fume des cigarettes Davidoff. Je n’en fume jamais. Sauf pendant les dernières semaines de rédaction du roman, où un ami m’a fait remarqué que je ne fumais plus que ça. Et que, comme Franck, j’avais acheté un long manteau ! Dieu merci, l’analogie – je devrais dire la contamination – n’alla pas plus loin…

 

 

Pouvez-vous nous parler de vos autres romans publiés en Suisse et que j’ai hâte de découvrir en France.

 

 

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Je tiens surtout à parler du précédent, « La Combustion humaine », qui a été globalement sous-estimé en Suisse, tandis que les lecteurs français en ont souvent été enchantés. En effet, ce troisième roman dresse une satire sans concessions du milieu éditorial suisse et, plus généralement, du milieu culturel. Cette critique peut être étendue au-delà des frontières, bien entendu, et un chanteur d’opéra berlinois m’a dit y avoir retrouver énormément d’éléments applicables à son domaine. On est loin du roman noir… Mais s’il n’en manque pas, de noirceur !

 

 

 

 

Comment écrivez-vous ?

 Le matin et tout seul (peu importe où !).

 

 

Quels sont vos écrivains préférés ? Et que lisez-vous actuellement ?

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J’ai une prédilection pour Dostoïevski, pour Chestov, pour Céline. Question contemporaine, j’aime beaucoup ce que font McCarthy, Houellebecq, Ellis. Mais ces jours-ci, figurez-vous que je dois régler une affaire qui pourrait devenir juridique… Alors je lis le Code Civil suisse !

 

 

 

 

 

 

Comment avez-vous connu la maison d’édition La grande Ourse ?

 

 Mon ancien éditeur et ami nous a mis en relation.

Quels sont vos films préférés ?

 

 

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Je suis un affreux cinéphile ! J’ai énormément de lacunes. Mais la série Twin Peaks m’a passablement inspiré pour mon dernier roman. Particulièrement pour le jeu de transitions entre les scènes.

 

 

 

 

 

 

 

 

« Se réveiller, se lever, s’habiller, n’a pas beaucoup plus de sens que de mourir ou de tuer quelqu’un »: « Tabasser une vieille ou s’allumer un joint, se tuer ou ouvrir une canette de Coca, kif kif. » Rien que cette phrase on ressent votre style direct. Le contraste entre les pauvres et les riches aux Etats Unies.

 

 Oui. Et même en dehors du clivage riche-pauvre, noir-blanc, cette phrase reste valable. Riche ou pauvre, le sens que l’on donne à sa vie peut manquer…

 

J’ai vu dans votre bio que vous êtes poète, pouvez-vous partager avec nous un de vos poèmes.

 Cendrars disait qu’il créait encore des poèmes, mais ne les écrivais pas. Moi j’en écris toujours quelques uns, mais je les garde au fond de mon cahier, et de mon ordinateur…

 

Quel sera votre mot de fin à cette interview ?

 

 Faut-il finir par les traditionnels remerciements ? Oui, je crois que c’est encore la meilleure des options.