Ainsi vint la nuit d’Estelle Surbranche chez La Tengo Edition

Que feriez-vous si vous trouviez une fortune en coke échouée sur une plage entre les rochers ? Romain et Matthieu, deux étudiants en vacances à Biarritz ne vont pas hésiter bien longtemps. Ils vont garder cet or blanc et remonter à Paris écouler leur butin chez les étudiants friqués de la capitale. Car cette dope, c’est de la bonne, extra pure, un vrai bijou, ils vont s’en mettre plein les poches et au passage plein le nez. Mais ce qu’ils ignorent, c’est qu’ils sont sur le terrain de jeu d’un des plus dangereux truands serbes et que sa tueuse, la froide Nathalie ne va pas tarder à retrouver leur trace. De son côté le capitaine Gabrielle Levasseur voit se multiplier les overdoses et va bientôt devoir se lancer dans une enquête où la mafia règne en maître et où les cadavres aux yeux crevés poussent comme des champignons.

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Ainsi vint la nuit, premier roman d’Estelle Surbranche est un vrai coup de maître. Ses deux personnages féminins sont très justes : Gabrielle, avec ses parts d’ombre est une flic rongée par le remord et la culpabilité. Elle écume les bars pour se noyer dans l’alcool et les aventures sans lendemain. Nathalie la tueuse, victime devenue bourreau au physique d’oiseau frêle est à la fois glaçante quand elle perd le contrôle et émouvante quand sa mémoire la ramène à la sombre époque de la guerre de Serbie, où dressée pour tuer, elle a fait couler tant de sang.

Je vous recommande énormément ce roman et vous le conseille les yeux fermés.

 

 

 

 

La semaine prochaine nous partons dans La banlieue de Boston.

Je vous souhaite de très bonnes lectures estivales et attention au coup de soleil.

 

 

 

 

Bienvenue sur le Divan du Concierge, ma première question consiste à vous connaître mieux, comment êtes-vous venue à écrire un premier roman ?

 

 

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Je fais du surf vers Biarritz et j’ai été marquée par un fait divers qui s’est déroulé dans la région en 2003 : de la cocaïne est arrivée sur les plages du pays basque et des Landes déversée par des trafiquants arraisonnés en mer par la police. Je me suis demandée : « Et moi, qu’est-ce que j’aurai fait si j’en avais trouvé ? Je trouvais la question intéressante à poser dans un roman. L’histoire a germé ainsi.

Comment s’est construit votre roman « Ainsi vint la nuit » chez La Tengo Edition ?

 

 

J’ai envoyé mon manuscrit chez La Tengo parce que j’appréciais leur travail et leur catalogue. Frédéric Houdaille, le directeur, m’a rappelée une semaine plus tard en me disant qu’il avait lu mon manuscrit et qu’il souhaitait me publier. Oui, ce genre d’histoire arrive encore !

 

Pourquoi avoir choisi l’univers de la drogue ?

 

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Je ne l’ai pas vraiment choisi… Tout est parti du fait divers à Biarritz que je vous racontais. Je trouvais qu’il posait des questions intéressantes sur ce qu’on est prêt à faire pour avoir de l’argent, ou de la popularité… ou une vie « différente » de celle des autres

 

 

 

J’ai adoré comment vous avez construit la personnalité de la Tueuse Serbe, pouvez-vous nous en parler ?

 

 Disons que lorsque j’étais DJ, j’ai eu l’occasion de rencontrer pas mal de gens dans le monde de la nuit qui m’ont marquée et que Nathalie est inspirée de certaines de ses rencontres, secouée dans le shaker de mon imagination… et bien épicée !

 

Et puis il y a un personnage aussi La capitaine Gabrielle Levasseur: Comment crée –t-on un tel personnage ?

 

Gabrielle est un personnage dans lequel beaucoup de femmes (ou d’hommes !) peuvent se projeter; elle a été déçue par les relations amoureuses. Elle a eu l’impression d’avoir donné quelque chose d’important que l’autre a cassé. La confiance en fait partie… Du coup, elle se protège en évitant les contacts affectifs avec les autres. Mais comme elle est hyper-sensible, ça ne marche pas… J’ai beaucoup de tendresse pour le personnage de Gabrielle.

Le début de votre roman commence en pleine guerre de Yougoslavie, pourquoi avoir choisi de parler d’un gang Serbe ?

 

 Au-pays-du-sang-et-du-miel-amour-et-cruaute-en-temps-de-guerre_article_popinParce qu’il s’est passé des horreurs pendant la guerre de Bosnie et que c’était à côté de la France. Les blessures de cette guerre sont loin d’être toutes complètement refermées.

 

 

 

 

 

 

Votre roman est une descente en enfer total, y’aura-t-il une suite ?

 

Oui je suis en train de l’écrire !

Avez-vous une anecdote à nous raconter sur votre roman, à partager avec vos lecteurs ? ;-)

 
J’ai commencé à l’écrire sur des cartons à pizzas dans les back stages d’une boîte à Ibiza. Devant l’infirmerie où on réanimait les clubbers qui avaient trop bu ou en choc à cause de la drogue. Les cartons de pizzas étaient aux videurs: ils m’ont prise pour une dingue !

 

 

Comment écrivez-vous ?

 

Partout. Tout le temps, sur des petits carnets ou mon ordi… mais j’aime particulièrement écrire en voyage.

 

Quels sont vos écrivains préférés ? Et que lisez-vous actuellement ?

 

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En policier, je suis une fan inconditionnelle de Don Winslow (la griffe du chien) … mon maître absolu est  Oscar Wilde. Sinon, j’aime beaucoup les documents. Je lis en ce moment le roman vrai d’un fasciste français de Christian Roi (éditions la manufacture des livres).

 

 

 

 

 

 

 

 

Parlez-nous de votre coté DJ, de votre parcours musical.

 

 

BKfHA3xCAAAkmAK.jpg-largeJ’ai toujours aimé et écouté beaucoup de musique… Dans les soirées, j’étais toujours la personne qui venait voir le dj en disant,Tu veux pas passer ça ? ou qui imaginait comment elle aurait passé tel disque plutôt qu’un autre. En un mot, la re-lou ! :)

Il valait mieux pour tout le monde que je me mette moi aussi à passer des disques :)

 

 

 

 

Vous avez fait aussi une biographie sur NTM, racontez-nous cette aventure ?

 

 

C’est un groupe que j’ai toujours adoré et j’avais eu l’occasion de les rencontrer plusieurs fois. Beaucoup de bêtises avaient été dites sur eux … Il nous a paru important, à moi mais aussi à Vincent Brunner, avec qui j’ai co-écrit cette biographie, de rétablir quelques vérités.

 

Quel sera votre mot de fin à cette interview ?

 

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We get the world we deserve… j’adore cette phrase de Nic Pizzolatto, l’auteur de True Detective. Elle fait partie du trailer de la saison 2 que j’attends impatiemment… et c’est le genre de petite phrase qui fait les grands romans.