La Pieuvre de Jacques Saussey chez Toucan noir Edition

 

Bonjour cette semaine nous recevons sur le divan Mr Jacques Saussey pour son roman La Pieuvre chez Toucan noir Edition.

Nous retrouvons le duo Daniel Magne et Lisa Heslin qui vont être confrontés à la mafia.

Un roman super bien ficelé et qui nous capte des les premières lignes lues.

Une belle réussite et l’auteur confirme tout son talent à nous faire frissonner.

Et puis il y a une scène de repassage qui vous restera longtemps en mémoire.

L’auteur sera à St Maur en poche ce weekend, venez le rencontrez.

 

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Voici un résumé de son nouveau roman :

Lisa Heslin est officier de police judiciaire dans un commissariat parisien.

Elle est aussi la fille d’un juge d’instruction célèbre, assassiné au début des années quatre-vingt-dix.

Lorsqu’elle apprend que sa mère, avec laquelle elle n’a plus aucune relation depuis bien longtemps, est à l’agonie, elle met de coté sa rancœur, saute dans un train pour Marseille et rejoint la clinique.

A Paris, ses collègues ont été appelés sur le lieu d’un meurtre crapuleux : un modeste coursier parisien a été retrouvé exécuté de deux balles dans la tête.

Mais la police scientifique apporte une information qui va tout changer : l’arme de ce crime est la même qui a servi à tuer le juge Heslin en 1992. Pour l’équipe du capitaine Daniel Magne, supérieur et amant discret de Lisa, c’est une enquête impossible qui commence, ou tous les contacts sont aussi des pièges.

La semaine prochaine nous partons sous le soleil du Costa Rica.

Je vous souhaite une bonne semaine à tous.

 

Bienvenue sur le Divan du Concierge, ma première question : Comment test venue lidée de ton roman « La Pieuvre » chez Toucan Noir Edition ?

 

 

Lorsque j’ai écrit mon premier polar Colère Noire » en 2008, et que j’ai mis en place mon équipe de flics de ce commissariat imaginaire du Xe arrondissement de Paris, il fallait que je positionne un vécu à mes personnages principaux pour leur donner un peu de chair humaine. Magne s’est donc retrouvé en instance de divorce, période difficile que j’avais bien connue moi-même, et Lisa a « hérité » d’un père magistrat assassiné lorsqu’elle était enfant. Abandonnée par sa mère, élevée seule par ses grand-parents, je voulais qu’elle ait un caractère dur taillé par la vie de très bonne heure. Quelqu’un d’entier, avec parfois des côtés butés qui me parlaient bien. J’ai donc brièvement évoqué la mort de Lionel Heslin dans ce roman pour placer mes atouts, mais cet assassinat du juge Heslin était resté dans les limbes. Lorsque j’ai décidé d’attaquer ce sixième polar (Sens Interdit[S] a été le septième, même s’il a paru un peu avant La Pieuvre), j’ai repensé à ce crime qui n’avait jamais été résolu. Il se trouve que le hasard des dates avait voulu que je cale la mort du père de Lisa en 1992. Lorsque j’ai commencé mes recherches sur cette année-là pour voir comment je pouvais relier mon intrigue à l’actualité de l’époque, je suis immédiatement tombé sur les affaires des meurtres des juges Falcone et Borsellino. Je ne pouvais pas laisser passer ça. J’avais mon thème principal, mes méchants, je n’avais plus qu’à assembler les morceaux du puzzle.

 

 

Le Juge Michel, Falcone, Borsellino … Tu nous montres que la Mafia est partout : vaincrons-nous un jour la Mafia ? Est-ce cet hommage que tu rends à ces juges assassinés ?

 

 
81yk4nt7zALMes recherches m’ont rapidement montré que la Mafia a de multiples visages et de multiples nationalités. Que ses ramifications sont infinies, qu’elle se développe en eaux troubles dans tous les pays du monde. Ici, dans ce roman, la « Mafia » est un nom générique. Quand on passe les frontières, la criminalité change de peau mais reste foncièrement la même partout. C’est également ce que j’ai développé dans Quatre racines blanches au Québec. Ce qui m’a intéressé, dans cette histoire, c’est la suspicion de collusion de l’Etat italien avec les criminels, à cette époque-là, et le fait que les associations de victimes ont fini par faire bouger les choses. L’opinion populaire, en Italie, même si elle redoutait les représailles des Familles, a commencé a élever la voix, à manifester pour que les armes se taisent enfin, pour que ses enfants cessent de mourir sous les balles des criminels. Après les assassinats de Falcone et Borsellino, les deux juges antimafia les plus haïs par La Pieuvre, Le Pouvoir a été obligé de réagir, de condamner fermement leurs meurtriers. La Pieuvre s’est alors transformée, a agi plus discrètement qu’auparavant. Prendre l’Etat et la Justice de face n’était pas la bonne solution. C’est par ce biais que j’ai voulu donner l’impulsion première à ce polar. J’ai imaginé ce que ce type d’association criminelle pourrait organiser en France si elle parvenait à s’acoquiner avec des hommes de Pouvoir de notre propre pays. Mais ce n’est que de la fiction, bien entendu… (hin hin…)

Pour ma part, je pense que personne ne vaincra jamais ces organisations. Elles sont beaucoup trop puissantes, trop rapides, trop mouvantes, trop nombreuses, trop prêtes à tout pour asseoir leur suprématie sur le monde. La paix est le fruit juteux dans lequel elles plantent leurs becs pour se nourrir. Mais comme tout virus, elles ont besoin de leur hôte pour survivre. Une espèce d’équilibre se crée entre les parties, depuis toujours, et il va perdurer vitam aeternam, quels que soient les efforts que les policiers déploieront en face de leurs adversaires. Ce n’est pas demain que ça s’arrêtera.

Les hommes comme Falcone ou Borsellino sont des héros de la lutte antimafia. Ils savaient dès le départ que leur lutte les mènerait à la mort. C’est ce qui fait toute la grandeur de leur choix, de leur engagement. Ils ont frappé l’Histoire de la Justice du sceau de leur courage. Ils ont marqué des points importants contre la Pieuvre, notamment avec le maxi-procès de Palerme, entre 1986 et 1987, mais au prix de leurs vies en 1992. Le père de Lisa s’est inscrit dans leur parcours dans mon monde imaginaire, où la fiction est venue se coller à la réalité historique. Je ne sais pas si l’on peut dire que ce roman est un hommage à cette lutte de David contre Goliath dont nous sommes tous, quelque part, les victimes, mais ce combat perdu d’avance de ces hommes droits et fiers m’a profondément ému. C’est ce que j’ai voulu faire passer en écrivant cette histoire.

 

 

Comment as-tu mis en place la juxtaposition des deux périodes qui se chevauchent dans ton roman ?

 

 

cesare-terranova-x-photo-livesicilia-itPour des raisons bien précises que je ne détaillerai pas ici au risque de déflorer le roman, j’avais besoin de cet écart d’une quinzaine de jours entre les deux narrations parallèles : l’histoire vécue par Lisa et celle vécue par Magne. Le risque, c’était de m’emmêler les pinceaux (et ceux des lecteurs) entre les deux fractions temporelles. J’ai alors eu l’idée d’indiquer à chaque début de chapitre « J-X », X étant le nombre de jours qu’il restait avant la fin du livre. Cet artifice avait deux avantages. Il indiquait dès le départ la durée qu’il y avait avant la résolution de l’intrigue, et il positionnait sans équivoque les deux périodes l’une par rapport à l’autre. Ce deuxième point était vital puisqu’elles se croisent sans arrêt, obligeant le lecteur à naviguer en permanence entre aout (période Lisa) et septembre (période Magne). J’ai d’ailleurs choisi ces deux mois, aout et septembre, afin de bien les différencier visuellement dans le fil des chapitres. Cette construction temporelle étant plutôt délicate, je devais donner au lecteur le plus de clarté possible pour qu’il ne s’y perde pas et sans que ça soit lourd à décoder.

J’ai gardé J-X à chaque début de chapitre jusqu’à la fin de l’écriture de ce bouquin, sauf lorsqu’il s’agissait du même jour que dans le précédent, et j’ai ensuite remonté le fil du temps pour donner à X la valeur exacte qu’il lui fallait à chaque étape en fonction du temps qui s’écoulait.

 

 

On retrouve Daniel et Lisa dans ton roman, chacun va mener son enquête, comment vois-tu évoluer tes deux personnages dans les années à venir ? Veux-tu quils deviennent les deux personnages principaux de tes romans ou va-t-on faire la connaissance de nouveaux personnages ?

 

 

Daniel et Lisa sont les axes principaux de la majorité de mes romans actuels. Je me suis déjà posé la question, je l’avoue, de savoir jusqu’où je les emmènerai. Pour l’instant, je n’en ai aucune idée. Dans mon huitième roman, « Le loup peint », qui sortira en février 2016 au Toucan, j’ai mis en scène une autre équipe de flics, dans l’Yonne, avec un profil bien différent (!) de Lisa et Daniel. J’avais déjà abandonné un peu mes héros récurrents dans Principes Mortels et dans Sens Interdit[S], ce troisième one-shot m’a permis de m’en éloigner encore une fois pour mieux y revenir dans mon neuvième livre, qui est en cours d’écriture depuis janvier dernier. Pour l’instant, c’est certain, Lisa et Daniel ont encore pas pas mal de choses à vivre ensemble… ou pas! ;-)

 

 

As-tu une anecdote à partager avec nous sur ton roman ?

 

 

En abordant ce roman, je savais que le thème de la Mafia était casse-gueule. Il a été abordé des dizaines, voire des centaines de fois, et par des auteurs ou des cinéastes reconnus pour leur talent depuis bien avant ma naissance. Quelle pierre pouvais-je bien ajouter à ce gigantesque bâtiment qui n’avait déjà été polie à de nombreuses reprises par toutes ces mains d’experts?

Dès le début, lorsque j’ai compris que le hasard avait décidé que la mort du juge Heslin allait faire écho aux destins tragiques des juges Falcone et Borsellino, j’ai cru dans cette histoire. Elle a coulé de mon clavier sans à-coups, dans une sorte d’effervescence continuelle. Une chose était sûre : cet axe particulier, celui du père de ma Lisa, personne ne l’avait déjà parcouru avec mes propres personnages. Une fois ce constat simple assimilé, je me suis décomplexé sur l’écriture de ce livre. Même si je racontais une histoire similaire à une autre déjà produite auparavant, elle ne pouvait tout simplement pas être exactement la même. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu que Lisa en soit l’âme principale, que toute l’architecture de l’intrigue repose sur elle. Elle a été ma muse, mon but et le moyen d’y parvenir. Elle a véritablement éclos dans ce roman comme dans aucun autre auparavant.

 

Page 174 tu montres que tu aimes les chats ;-) « Le chat, lui, avait été crucifié sur le mur du salon avec des couteaux de cuisine » Une passion pour les chats ?

 

 

Oui, je les adore depuis la première noiraude que j’ai trouvée blessée quand j’avais à peine dix-neuf ans. Il faut avoir cet âge-là pour être assez cinglé pour sortir d’une voiture au milieu des voies de l’autoroute du Sud, en pleine nuit, et aller ramasser un chat à moitié mourant sur la chaussée avant de foncer le faire soigner dans une clinique vétérinaire de garde la nuit quand on a à peine de quoi bouffer tous les jours. C’est cette petite minette adorable, qui a ensuite partagé ma vie pendant deux décennies, qui m’a donné le virus-chat. Et donc, pour un amoureux des matous, c’est une véritable horreur que d’en imaginer un crucifié sur un mur avec des couteaux de cuisine. Même si ce que je fais subir aux humains dans mes romans est parfois pire…

 

Et il y a aussi une scène qui restera longtemps gravée dans ma mémoire : un meurtre avec un fer à repasser, comment test venue lidée dutiliser cet instrument ? ;-)

 

 

mafia-russie Jusqu’à La Pieuvre, je n’avais encore jamais écrit de vraie scène de torture. Des moments hardos, oui. Des crimes, des violences sordides… mais ce genre de trucs, ça ne me disait rien du tout. Et puis Nathalie Noguera M., une lectrice vraiment très sympathique, m’a dit que ça la ferait bien rigoler si je la mettais en scène dans un de mes romans. Je lui ai dit : « OK, mais je te préviens, ça va te faire mal ». Elle a ri et m’a répondu : « Même pas peur! » .

Le deal était lancé, l’escalade a suivi. Et puis plus j’en rajoutais, plus j’imaginais sa tête lorsqu’elle découvrirait ce que j’avais fait de son personnage. Cela m’a offert sur un plateau un côté encore plus sombre à mon méchant de service. Sans ce pari de deux grands « ados » farceurs, il n’aurait peut-être pas eu tout à fait le même profil…

Pour le fer à repasser, je me suis placé dans la même ligne qu’avec le casque à bigoudis dans Lenfant aux yeux d’émeraude. Ou comment utiliser un appareil anodin, que l’on voit tous les jours, dans une toute autre activité que celle pour laquelle il a été conçu. Et je peux te dire, mon cher Concierge Masqué, que je ne suis pas prêt d’arrêter ce processus qui m’amuse beaucoup. J’ai d’ailleurs lu récemment dans un autre roman (l’excellent Code 93, d’Olivier Norek), que l’auteur avait eu exactement la même idée (noire) que moi… ;-)

 

 

Peux-tu nous parler de ton prochain roman ? Pour nous faire saliver

 

 

Le Loup peint a pour décor la région d’Auxerre, dans l’Yonne. Un vétérinaire rural rentre chez lui après une journée et une nuit harassantes. Entre son travail exigeant, son fils décédé par sa faute d’un accident de voiture huit mois auparavant, sa femme en colère et sa maîtresse impatiente de lui faire sauter le pas du divorce, Vincent tourne en rond dans une cage dont il n’a pas la force de s’évader.

Dans les bois qu’il doit traverser pour rejoindre son village, il évite de justesse un accident avec un cerf. Encore complètement remué par l’apparition de l’animal, il tombe ensuite sur une voiture arrêtée sur le bas-côté. Il ralentit. Trois silhouettes dans la forêt, un éclair, un bruit de tonnerre, un corps à terre, deux hommes armés qui courent vers lui… Paniqué, Vincent lance son moteur à fond. Il vient d’assister à un crime! On va vouloir le faire taire ! Il n’a que quelques dizaines de mètres d’avance sur les tueurs au moment où ils sautent dans leur véhicule. Mais dans l’ombre de l’habitacle de la voiture où ils se précipitent, un quatrième visage croise le regard du vétérinaire avant qu’il ne s’enfuie. Un regard qui ne l’oubliera pas, quoi qu’il arrive…

 

 

Quelles sont tes lectures du moment ?

 

 

Je viens de terminer Ravensbruck mon amour, de Stanislas Petrosky, premier et excellent roman de l’auteur. Je suis en train de lire Comme une tombe, de Peter James. Suivront Black Cocaïne de Laurent Guillaume et Burn Out de mon copain Didier Fossey.

 

 

Dans ton dernier roman, tu rends hommage à Mr Franck Thilliez, parle-nous de cette rencontre.

 

 

J’ai rencontré Franck Thilliez pour la première fois à la Griffe Noire. Ça devait être en octobre 2010, un mois après la sortie de De sinistre mémoire, mon premier roman édité, même si c’était le deuxième écrit (air connu). Lorsque je lui ai fait signer mon exemplaire du Syndrome E, je lui ai montré la file qui attendait derrière moi et je lui ai dit en souriant que peut-être, un jour, j’aurais moi aussi une telle affluence à ma table. Il a hoché la tête avec un sourire, lui aussi, et il m’a écrit : « Peut-être un jour sur un salon ensemble ». C’est arrivé deux ans plus tard à Templemars, sur ses terres du Nord, où nous nous sommes retrouvés presque côte à côte. J’avais passé le Rubicon, et même si j’étais très impressionné, j’étais à présent du même côté de la table que lui. Nous avons sympathisé, passé quelques moments ensemble avec Jean Depreux, un ami auteur commun. Alors, quelques jours après, j’ai pris mon courage à deux mains et je lui ai écrit pour lui demander s’il accepterait de lire mon prochain roman Colère Noire. Il a accepté, et c’est en plein salon de Montréal, où je me trouvais deux mois plus tard, que son mail est arrivé comme un alleluia.

Et je peux témoigner que lorsqu’un auteur de cette notoriété-là donne « un vrai coup de coeur » à votre roman, c’est un nouveau monde qui s’ouvre devant vous. De nombreux lecteurs vous découvrent, comme par magie, par le coup de projecteur incroyable que le nom de Franck donne à votre travail. Et ça, c’est une chose que l’on ne peut oublier. Je voulais depuis longtemps lui rendre hommage pour cette aide inestimable qu’il m’a donnée ce jour-là. La Pieuvre en a été une belle occasion.

 

 

Etre invité au Salon international du livre du Québec, ça en jette, raconte-nous comment tu as vécu cet évènement ?

20140329_110747[1]J’ai une relation d’amour avec le Québec depuis plus de vingt ans. J’ai commencé par aller y tirer à l’arc, en 1995, l’année de mon dernier championnat de France, et puis j’y suis retourné une bonne dizaine de fois depuis. Mon roman Quatre racines blanches est né en 2010 de ces voyages, et c’est la raison pour laquelle j’ai voulu participer au salon de Montréal en 2012. J’y ai rencontré de nombreux auteurs québécois, dont beaucoup sont devenus de bons amis, ainsi que les organisateurs des Printemps Meurtriers de Knowlton qui m’ont invité à leur événement en 2013. Un festival du polar extraordinaire, que je conseille d’ailleurs à tous les auteurs français du genre !

Le salon de Québec, je l’avais en tête depuis un bon moment, mais c’est un sacré budget à chaque fois de traverser l’Atlantique, et je n’avais pas prévu d’y aller cette année. L’invitation est venue début février, deux mois à peine avant l’événement. J’avoue que je n’ai pas hésité très longtemps. Je te l’ai dit, mon Concierge préféré : je suis en amour avec le Québec, et cela m’aurait arraché le coeur de rater cette occasion de revoir les copains de là-bas et de prospecter de nouveaux lecteurs dans la belle Province. La surprise de taille, c’est qu’Interforum m’avait préparé un vrai stand très bien placé, en plein centre du salon, à quelques mètres de ceux de Maxime Chattam, Gilles Legardinier et Bernard Pivot. Les auteurs français avaient été rassemblés au même endroit. C’est la magie du Québec, où l’inimaginable en France est possible là-bas…

 

 

 

Parle-nous de ton roman « Sens interdit[S] » une aventure de lEmbaumeur, comment as-tu vécu cette aventure littéraire ?

 

 

Luc Mandoline, L’Embaumeur, est un caractère atypique, décalé, un peu (beaucoup) porté sur le sexe. Très borderline. Bref, il est à l’opposé complet de mes personnages habituels. Quand j’ai commencé à réfléchir à une intrigue qui le mettrait en scène, j’ai tout de suite pensé que ce serait chez moi, dans l’Yonne. J’ai voulu un récit glauque, sombre, mais aéré par une frise d’humour un peu féroce entre les partenaires de Luc. Cette enquête qui poisse la ville de Sens devait être courte (250 000 signes max imposés par l’éditeur. Pour info, La Pieuvre en fait 725 000). Je n’avais pas de place pour les fioritures, pour une mise en ambiance comme dans l’un de mes autres romans. Il fallait aller directement à l’essentiel. Elaguer au maximum. Ça m’a un peu rappelé l’époque où j’écrivais des nouvelles. Faire court pour durcir le ton le plus possible.

C’était la première fois que j’intégrais autant de scènes de sexe dans un roman. J’avoue que je… que Luc s’est bien défoulé! :-)

 

Quel sera ton mot de fin pour cette interview ?

 

 

Eh bien, merci beaucoup pour m’avoir ouvert ta loge, mon cher Concierge Masqué, et à la prochaine, qui sait… dans l’escalier !