La Bonne, La Brute et la Truande de Samuel Sutra chez Flamant Noir Éditions

Cette semaine, sur le divan du concierge, j’ai le plaisir d’accueillir le Lauréat 2014 du Prix Littéraire « Le Balai D’OR », M. Samuel Sutra, pour son nouveau roman « La Bonne, La Brute et la Truande » (Tonton, ses hommes, l’effet salaire) chez Flamant Noir Éditions.

Je n’avais jamais lu un roman de la série des Tontons, et je le regrette ! Car j’ai pris une claque monumentale !

Jamais, ô grand jamais, je n’ai lu ce style d’écriture, une écriture touchante et qui vous prend aux tripes.

C’est impossible à oublier. On voit tout le travail nécessaire pour réaliser un tel roman : imaginez un diamant à l’état brut, pierre à laquelle vous allez créer des facettes petit à petit.

Je suis très fier de connaître ce grand écrivain. Oui, je le dit haut et fort, M. Samuel Sutra est un grand écrivain ! Car, pour écrire un tel roman, il n’est pas possible de ne pas avoir du talent.

Et il y a l’humour de ce roman. Vous découvrirez comment l’auteur a réussi à construire une intrigue très originale. Comme moi, vous vous ferez avoir à la fin.

En exclusivité, le Blog du Concierge est le Premier à parler de ce petit bijou et j’en suis très fier.

Il ne vous reste qu’une chose à faire : lire ce formidable roman et tomber dans son univers unique.

 

Voici un résumé du roman :

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Dans la truande, il y a des règles ! Bon, pas des masses non plus.

Quand on fait carrière dans cette branche, c’est rarement pour se coltiner des contraintes. Mais il y a une règle qui passe avant toutes les autres, sans laquelle même un coup réussi peut vous faire regretter de l’avoir tenté : il faut toujours payer ses hommes. Toujours !

Tonton parvient à monter un plan aux petits oignons. Il réussit à faucher le plus gros diamant du monde et à le rapatrier chez lui sans laisser ni témoins ni indices.

Mais est-ce l’âge, la fatigue, ou un excès d’enthousiasme, voilà qu’il fait une erreur de débutant : il renvoie ses gars chez eux sans un sou en poche.

Alors, c’est pas qu’ils soient méchants, les mecs, mais dès qu’on parle pognon, ils deviendraient presque pointilleux et auraient bien envie de rappeler au taulier que s’il néglige l’effet salaire, l’ambiance peut franchement se rafraîchir et signer le début des emmerdes…

 

La semaine prochaine nous partons au Kenya pour une rencontre très très glaçante.

Je vous souhaite une bonne semaine à tous.

 

 

 

 

Bienvenue sur le divan du Concierge. Ma première question, comment va le vainqueur du Prix du Balai D’OR 2014 ? Que gardes-tu comme souvenir de cet évènement ?

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Je vais bien. Je ne sais si tes lecteurs le savent, mais nous avons eu le plaisir de cohabiter toi et moi quelques temps, et tu as pu voir que mon trophée trône fièrement dans ma bibliothèque. Il évoque pour moi tout autant cette victoire, qui m’a réellement comblé, que le souvenir de cette soirée de remise du prix. J’espère avoir la chance de revivre ça un jour. Mais, déjà, je vais me replonger dans cette ambiance bientôt, car je me suis laissé entendre qu’il me revenait la haute responsabilité de remettre les trophées pour l’édition 2015. Grosse pression, j’espère que je serai à la hauteur. Faire mieux que Paul Colize sera dur, il a mis la barre très haut. Mais il est grand, ça aide.

Nous allons rentrer dans un autre univers maintenant, celui de M. Aimé Duçon, dit Tonton. Je voudrais que tu nous dises comment t’es venue l’idée de créer ce personnage haut en couleur ?

Tonton s’est imposé à moi il y a cinq ans. J’avais besoin de partager mes pages avec un personnage qui assumait sa mauvaise foi, son côté looser, son entourage fait de bras cassés et ce, sans aucun complexe et avec un aplomb à toute épreuve. Le personnage est né par hasard, mais le premier roman en revanche est né par défi. Je faisais lire les premières pages à mon entourage. Ça a plu mais, d’emblée, j’ai senti une forme de méfiance. « Tu n’arriveras pas à être drôle sur deux-cents pages. » Vu mon caractère, j’ai entendu cette phrase trop souvent pour ne pas être poussé à tenter de lui donner tort. Et « Le pire du Milieu » est né.

 

Dans ton nouvel opus « La Bonne, La Brute et la Truande » (Tonton, ses hommes, l’effet salaire), nous allons faire connaissance avec le « Waien-Bicoze ». Peux-tu nous dire comment t’es venue l’idée de ce roman ?

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Écrire un roman humoristique, c’est souvent tomber dans le travers d’une histoire « simple », qui est là davantage comme un prétexte pour pondre ses âneries. Je n’ai jamais négligé la trame, je l’ai toujours travaillée avec beaucoup de minutie, mais j’ai voulu être moins linéaire dans celui-ci. Profiter des caractères bien trempés des différents personnages pour livrer le même événement à plusieurs sauces. Jouer avec les flashbacks, jouer avec les interprétations, éclairer les ignorances de l’un par le récit de l’autre. En un mot, amuser le lecteur mais, aussi, m’amuser un peu avec lui et le promener à ma manière.

 

 

 

En détail, je souhaiterais que tu nous présente les 3 collaborateurs de Tonton : Gérard, Bruno et Mamour.

 Commençons par le pire. Gérard. Il est l’âme damnée de Tonton. Ce con zélateur vous ferait froid dans le dos. Il se sont rencontrés il y a bien longtemps, en prison. L’aura de Tonton aura séduit ce simple d’esprit. Il est resté au service du grand homme, servant à la fois de bras droit, de chauffeur et de défouloir aux excès de son boss.

Bruno, lui, se fond dans cette équipe plutôt par confort. Au royaume des aveugles, les sourds sont idiots, dirait-il. Il est un peu au-dessus du niveau ambiant mais, ramier comme pas deux, ce groupe de truands lui offre le confort de se laisser aller à sa fainéantise. Bruno pourrait faire mieux, ailleurs, monter sa propre équipe. Mais il voue une admiration à Tonton qui le pousse à rester dans son giron.

Enfin, Mamour. Aveugle de naissance, mais clairvoyant. Je ne suis pas sûr que ce soit son vrai nom. Mais comme Mamour est aveugle, ce surnom lui colle à la peau. Il est le recours, le seul possible, lorsqu’en plus de la force et de l’audace, un coup mérite de la jugeote et de l’astuce. Il est fin, très perspicace et est, à coup sûr, le seul complice que Tonton admire sincèrement et respecte profondément.

On pourrait aussi évoquer Pierre, le neveu de Gérard. La preuve vivante que l’échelle de l’évolution peut se parcourir dans le mauvais sens tant il est encore plus débile que son oncle. Lui, il est là parce que c’est confortable pour un auteur de mettre en scène une buse certifiée. Il me sert de défouloir, quand mes idées délirantes m’empêchent d’égratigner Tonton, que je ménage quand même, car c’est mon héros.

 

 

Et maintenant, je voudrais que tu nous parles d’une femme que l’on ne peut pas oublier par son coté « Adoratrice du goulot », Donatienne, unique en son genre.

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Et la parité, t’en fais quoi, le Concierge ? Les femmes aussi ont droit à leurs ravagées du bulbe. Mettre en scène Donatienne, c’est un régal que tu n’imagines pas. Elle est l’anti-femme par excellence. Une ancienne noble, baronne ayant paumé sa particule en même temps que ses manières. Du jour où elle a pris sa carte d’électeur, et qu’elle a fait une croix sur les chances de se rasseoir sur le trône, elle a dévalé la pente sociale sur le cul et sans les mains. Tonton l’a prise à son service. Pas qu’il en avait besoin mais, une tarée de plus ou de moins, vu l’équipe qu’il se trimballe. Depuis, la baronne boit, pour oublier, mais se rappelle toujours de mettre un beau bocson dans les projets de Tonton. Une sorte d’oubli sélectif.

 

 

 

J’ai particulièrement aimé ces dictons de Tonton à chaque début de chapitre, par exemple : « Il y a plusieurs manières de mettre fin à une relation avec une femme. La plus radicale, c’est le mariage. » Peux-tu nous en parler ?

Écrire des romans avec Tonton, c’est laisser aller mon imagination surréaliste. C’est taper dans le non-sens, dans les aphorismes inversés, dans les décalages. Puiser dans ce registre durant l’écriture fait naître des phrases, lesquelles n’ont pas toujours leur place dans le récit. Alors baptiser mes chapitres d’une sentence de ce type est une habitude que j’ai prise dès le premier et qui me rappelle à l’ordre à chaque début de partie : il faut être drôle, toujours, et se renouveler sans cesse.

 

Ce que j’aime énormément également, c’est qu’il y a un suspense qui tient la route et en même temps une histoire super drôle. Tu arrives magistralement à maîtriser deux style : une superbe écriture avec ton propre style et un humour énorme.

Je réponds quoi à ça ? À part merci…

 

 

As-tu une anecdote à nous raconter sur ce roman, à partager avec tes lecteurs et lectrices?

J’aurais envie de trahir un secret, mais je ne le ferai pas. J’aurais envie de dire que Tonton, Gérard et le Zébré (Bruno) existent réellement. Ils sont ma source d’inspiration, ceux qui me soufflent mes répliques quand je puise dans ma mémoire. Ils continuent, en étant ceux qu’ils sont, à me donner des idées. Mais quand bien même ces hommes existeraient vraiment, je ne te dirais pas qui ils sont. Ils me sont trop proches pour trahir ce secret.

 

 

J’ai une question qui me trotte depuis longtemps, pourquoi les grands auteurs de polars humoristiques ne gagnent jamais de prix Littéraire, au même titre que les grands films humoristiques sont rarement primés. Pourtant c’est vraiment un grand art de faire rire les lecteurs.  

tontons040 Ce n’est pas vrai. Marcel Grancher a eu le prix Courteline en 1938 ! Bon, mais c’était pas pour son bouquin le plus drôle. Mais ça, c’est normal, Richard. On ne déconne pas avec la littérature ! Manquerait plus que des zouaves qui publient des monceaux de loufoqueries se voient récompensés pour ce qu’ils ont commis. La littérature est chose grave, sérieuse. Il faut y parler de soi, ou des autres, ou des deux, avec élégance, avec retenue mais surtout sans pudeur. Voilà, là, on peut commencer à courtiser un prix. San-Antonio n’a pas valu la coupole à son auteur. Charles Exbrayat a donné son nom à un prix, mais ne l’a jamais reçu. Dis-toi que Tonton n’offrant pas de prix à son auteur est presque un honneur au vu du parcours de ces maîtres que j’admire.

 

 

 

 

 

Je voudrais revenir sur ton avant dernier roman « Le bazar et la nécessité ». La paternité de Tonton, peux-tu nous en parler ?

ob_c626b3_sUn grand Tonton. À plus d’un titre. Premier Tonton à être publié chez Flamant Noir, premier roman à être édité chez Flamant Noir d’ailleurs, puisque j’ai inauguré la maison. Première fois que je mettais Tonton face à un sentiment fort comme peut l’être celui d’être papa. Première fois que j’assumais pleinement mes délirades au point de dédier ce livre à mes enfants. Et un Tonton préfacé par un grand Monsieur, Patrice Dard lui-même.

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur ce roman, avoir la préface de M. Patrice Dard doit faire plaisir. Comment s’est passée la rencontre avec M. Dard, et que gardes-tu comme souvenir ?

Un souvenir chaleureux, comme Patrice sait l’être. Je l’ai rencontré il y a quatre ans, pour mon premier salon du livre à Paris. Je lui ai envoyé mon livre. Jamais je n’aurais imaginé qu’il prenne le temps de le lire. Mais il l’a lu, m’a fait un adorable retour. M’a encouragé. Et, avant la sortie de ce Tonton, mon éditrice me dit « Ce serait bien qu’il te le préface, non ? » Je me rappelle lui avoir répondu que Patrice avait sans doute d’autres trucs à faire que de préfacer le bouquin d’un illustre inconnu. Mais elle a été le voir, sur un salon, s’est présentée, lui a demandé si il me connaissait et s’il accepterait de préfacer le prochain Tonton. Et il a dit oui. Il a écrit les deux meilleures pages de ce Tonton. Après sa préface, je reprends la main, ça se gâte un peu.

Ressortiras-tu bientôt les premiers romans « Tonton » chez Flamant Noir Edition, et quels sont tes projets futurs ? (Tu sais le concierge est curieux ;-)

C’est bien prévu, oui. Tous, depuis le tout premier, « Le pire du milieu ». Pas de date à te donner, ce n’est pas rien pour une jeune maison comme Flamant Noir de se lancer dans une réédition de livres comme ceux-là. C’est un lectorat de niche, il faut l’avouer, pas sûr que mon éditrice roule en Bentley après ça. Mais elle s’en fout, elle n’a pas le permis.

Quant à mes projets « autres », du Tonton toujours et du noir en parallèle. C’est sain d’alterner. Ça permet de se renouveler, de surprendre, de sortir de sa zone de confort et chercher d’autres voies.

 

Quelles sont tes lectures de chevet actuellement ?

Alors, en période d’écriture, je l’avoue, je ne lis rien. La moindre phrase trop bien emmanchée chez un confrère et j’ai la motivation qui flanche. Certains mettent la barre trop haut pour que je coure le risque de les lire tandis que j’écris. Mais, depuis quelques temps, ce Tonton étant pondu, je me régale à lire mes « trucs en retard ». Dernièrement, j’ai lu Burn-Out, de Didier Fossey, et me suis vraiment régalé. Non pas parce qu’il est mon « collègue » en plus d’être un confrère, mais parce que j’aime beaucoup ses ambiances. J’ai aussi eu la chance de croiser bon nombre d’auteurs sur les salons, et lire les pages de quelqu’un que l’on a rencontré, avec qui on a parlé de nos visions respectives de l’écriture, donne envie d’aller vérifier comment leur vision prend vie dans leurs livres. Et là, j’en quelques livres dans ma PAL (c’est bien comme ça qu’on dit ?) que j’avale régulièrement. J’ai aussi ressorti « L’affaire Lerouge » de Gaboriau, pour le plaisir de relire le premier polar. Comme tu vois, je papillonne, j’ai toujours plusieurs bouquins à la tranche cassée posés sur la table de chevet. Le dernier que j’ai lu avec attention, c’était « La bonne, la brute et la truande », histoire d’en débusquer les dernières coquilles. Tu sais quoi ? Ce livre est bon, vraiment ! Un jour, j’écrirai comme ça !

Je voudrais savoir si tu me feras boire bientôt une de tes recettes, je veux parler de la « Charrette » ;-)

 Richard, cherche moi encore et je dis à tes lecteurs dans quel état tu t’es retrouvé quand je t’ai fait découvrir le Pineau de chez moi ! Alors, la Charrette, crois-moi, t’es pas encore prêt !