Des Forets et des Ames de Elena Piacentini chez Au delà du raisonnable Edition

Voici la Troisième interview d’une auteur pour qui j’ai beaucoup d’admiration car elle a su faire évoluer son personnage dans le temps et ont a toujours un plaisir énorme de lire ses romans.

Une romancière qui sait appuyer là où ça fait mal et de roman en roman éclate en plein jour et montre tout son talent avec sa plume noire. J’en redemande encore tellement c’est bon !

 

Mme Elena Piacentini pour son roman « Des Forets et des Ames » chez Au delà du raisonnable Edition.

 

Des-for__ts-et-des-__mesLa dernière recrue de Leoni, l’agent Aglaé Cimonard dite Fée en raison de ses superpouvoirs numériques, a été intentionnellement percutée par une voiture à Lille. Sa main inerte dans celle de mémé Angèle, elle gît à l’hôpital dans un coma profond. Ses collègues de la PJ fouillent son passé pour dégager des pistes d’enquête tandis que Leoni et sa compagne légiste partent dans les Vosges rencontrer la seule amie de la jeune flic, standardiste dans un centre de soins psy pour adolescents. Aidé par l’adjudant-chef Gélinier, un gendarme en fin de carrière, Leoni s’efforce de découvrir le lien entre la tentative d’homicide sur Fée et le destin de trois jeunes pensionnaires du centre cerné par les immenses forêts vosgiennes. « La désobéissance, c’est le dépucelage de l’intelligence », et ce n’est pas Leoni qui contredira son adjoint. Pour planer dans les hautes sphères, prendre deux gélules d’obéissance sans conscience matin, midi et soir. Les laboratoires Akos ont développé un produit spécifique pour vous aider à passer sereinement chaque cap délicat de la vie. Ayez confiance…

 

 

La semaine prochaine nous partons une nouvelles fois à la libération en 1945.

Je vous souhaite de très bonnes lectures.

 

 

 Dans la 6eme enquête de Pierre-Arsène Leoni « Des forêts et des âmes » chez Au-delà du raisonnable, comment t’es venue l’idée de cette histoire ?

 

Elena Piacentini

 Il y a quelques années, j’avais lu qu’une femme avait égorgé ses trois enfants. L’article se concluait par ces mots « la mère était suivie pour dépression ». Voilà comment j’ai commencé à me documenter sur le sujet. De manière plus générale, je trouve le thème de la « maladie » mentale, passionnant. Pas de radio, pas de prise de sang. Le diagnostic est posé à partir de l’observation des comportements et en référence aux « définitions » établies par les psychiatres. Cela renvoie au rapport à la norme et au niveau de tolérance de notre société. De différence à déviance, il n’y a qu’un pas.

 

 

 

 

 

Le commandant Leoni part cette fois dans les Vosges, pourquoi avoir choisi les Vosges ?

 

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J’y ai un attachement affectif, en lien avec une partie de ma famille. C’est un « décor » qui se prête au sujet et à l’intention qui était la mienne. La chimie et le business d’un côté, un environnement sauvage de l’autre. Je crois que la nature a quelque chose à nous apprendre sur notre propre nature, notre condition d’homme, notre rapport au temps.

 

 

 

 

 

 

J’aime l’atmosphère de la Forêt Vosgienne que tu mets dans ton roman. C’est super oppressant.

 

 Ah oui ? Moi, ce que je trouve oppressant c’est cette clinique ultramoderne, lumineuse et lisse.

 

 

 

Le procès Médiator t’a donné l’idée d’écrire ce roman ? Et le secret pharmaceutique tu mets le doigt sur un point sensible sur ces grands groupes leaders au niveau du médicament.

 

Non, ce n’est pas CE procès. Mais il est symptomatique des mécanismes qui sont à l’oeuvre dans ce business. Dans tous les business, en fait. L’industrie agroalimentaire est soumise aux mêmes « règles ». Mais c’est encore plus choquant dans le secteur de la santé, car ce sont ceux qui prétendent nous soigner qui nous tuent. La drogue la plus dangereuse, c’est le fric.

 

J’aime aussi comment tu a construit ton roman, en commençant par ces trois chapitres sur les trois adolescents qui vont partir dans ce centre de soins Psy pour adolescents.

 

Ces trois portraits, je les ai construits à partir de cas réels et d’histoires personnelles que l’ont m’a racontées. Je voulais entrer tout de suite dans le vif du sujet.

 

 

As tu une anecdote à partager avec tes lecteurs et lectrices sur ce roman ?

 

 

 medicaments-sur-internet-c-est-autoriseJ’ai eu le témoignage de personnes ayant travaillé dans l’industrie pharmaceutique, et notamment sur des essais cliniques, qui m’ont dit, après l’avoir lu, que j’avais tapé dans le mille. Après tout le travail de documentation avant de me mettre à écrire la première ligne, c’était une belle récompense.

 

 

 

 

Peux tu nous parler de ton prochain roman, juste pour nous donner l’eau à la bouche ?

 

 

 Le prochain est déjà écrit, mais ce n’est pas un « Leoni », je ne sais pas encore ce qu’il va devenir. J’ai le « thème » pour le 7ème Leoni, mais c’est encore trop tôt. Et des projets de réédition, avec de la réécriture, pour les trois premiers.

 

 

«La reine Corse du polar Ch’ti.  (A propos de Arsène Léoni): Il y a du harry Bosh, le héros récurrent de Mickael Connely, ou du Jean-Bâptiste Adamsberg, le commissaire cher à Fred Vargas, chez cet homme-là» beau compliment du journal Le monde et qui résume bien je trouve ton univers, Vas-tu continuer de faire évoluer ton personnage Leoni dans les année à venir ? Ou as tu envie de faire autre chose ?

 

 

Leoni a déjà évolué et il continuera de le faire. J’y suis attachée, il fait partie de ma famille, pas question que je l’abandonne. Mais cela ne m’empêche pas d’explorer d’autres voies.

Quelles sont tes lectures actuellement ?

 

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J’ai terminé l’Archange du chaos de Dominique Sylvain et je viens de commencer « Au fer rouge » de Marin Ledun. Je recommande. Tout comme Dernier désir d’Olivier Bordaçarre et Grossir le ciel de Franck Bouysse.

 

 

 

 

 

Bientôt Quais du Polar où tu es invitée, que représente pour toi ce festival ?

 

 

 Je lisais beaucoup Grisham et Connelly quand j’ai commencé à écrire. J’étais loin d’imaginer que je me retrouverais non loin d’eux pour dédicacer mes livres. Quais du polar, c’est LE salon où tout auteur de polar rêve d’être invité. Et d’être en plus dans la sélection pour le Prix des lecteurs, c’est fantastique ! J’en profite pour remercier Yvan et Julien de la librairie L’esprit Livres à Lyon.

 

Une actualité qui t’énerve actuellement et que tu aimerais que ça interpelle plus de monde.

 

 

 La montée du FN. La baisse du niveau de conscience, pour ne pas dire d’intelligence car tout le monde n’a pas la même définition de cette notion. J’y vois une corrélation directe. Ce qui est paradoxal à une époque où l’on a accès à une masse incroyable d’informations. Encore faut-il trier celles qui sont pertinentes et faire la démarche de  les analyser. Mais on est dans l’instantanéité. Trop de gens ne prennent plus la peine de réfléchir aux conséquences de leurs actes. Quant à ceux qui disent voter FN en pleine connaissance de cause, au pire je les vois comme des salauds, au mieux comme des abrutis.

 

Quel sera ton mot de fin à cette interview ?

 

 

Il meurt lentement

Celui qui ne voyage pas,

Celui qui ne lit pas,

Celui qui n’écoute pas de musique,

Celui qui ne sait pas trouver

Grâce à ses yeux… Pablo Neruda

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