Pièges et sacrifices de Mr Roger Smith chez Calmann Lévy

3ième interview d’un auteur que j’affectionne énormément : Mr Roger Smith

Lauréat du Prix du Balai d’OR en 2011 pour son superbe roman « Mélanges de Sang » chez Calmann Lévy Edition.

Il nous revient pour son 5ième roman « Pièges et sacrifices » toujours chez Calmann Lévy.

Et pour ne pas changer c’est toujours aussi génial, cet écrivain à la faculté de tisser sa toile et de nous attraper des les premières pages lues.

719jvssCzuLTout commence lorsque, gonflé aux stéroïdes, le fils de Mike Lane, un riche Blanc du Cap, assassine la fille qu’il a ramenée chez lui. Pas question pour sa mère, Evelyn, que la police l’arrête et l’expédie à l’horrible prison de Pollsmoor où il est sûr d’être assassiné. Sans vergogne, elle accuse le fils de sa femme de ménage à demeure. Faible, Mike Lane ne dit rien et, trop heureuse de résoudre le meurtre, la police marche dans la combine. Mais… la femme de ménage a aussi une fille et cette fille, elle, ne lâchera pas tant qu’elle n’aura pas rétabli la vérité. Et, au Cap, la police n’aime pas trop qu’on mette son nez dans ses affaires. Dans une Afrique du Sud où les rapports Noirs-Blancs sont toujours tendus, l’affaire a bien des chances de mal finir… Roman noir sans concessions, emplis de pièges tendus par des personnages perdus. Une toile d’araignée machiavélique où les pièges ne sont pas toujours là où on les attend…

 

 

 

 

 

 

La semaine prochaine nous partons au cœur du monde des finances Parisien.

Je vous souhaite une bonne lecture.

 Bienvenue Roger sur le Divan du Concierge Masqué, ma première question c’est de te demander comment ça va ? Et de voir ton 5eme roman « pièges et Sacrifices » chez Calmann-Lévy sortir chez toute les librairie de France, que ressens tu ?

 

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Je vais bien, merci Richard. C’est un vrai privilège d’être publié par le doyen du polar en France, Robert Pépin, via  Calmann-Lévy. Et oui, c’est déjà le 5ème livre publié en français, c’est vraiment un plaisir.

 

 

 

 

 

Comment t’es venue l’idée de ton roman « Pièges et Sacrifices » ?

 

 

Le Cap est bien sûr  célèbre pour sa montagne est ses belles plages, mais pour moi les quartiers privilégiés du Cap, ce sont de grandes maisons cachées derrière de hauts murs. Les habitants (majoritairement blancs) de ces maisons se sentent en sécurité derrière ces hauts murs, ils vivent bienheureux dans leur bulle loin de la purulence qui sévit dans le ghetto métissé des  Cape Flats.

Je  traversais la banlieue arborée de Newlands en voiture un jour, et une idée m’a frappé : et si ces hauts murs, au lieu de protéger de la mort venant de l’extérieur, la gardait à l’intérieur ? Et si un couple de riches avait un fils psychopathe et qu’il commettait un crime indiciblement brutal dans leur maison ?

 

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On aurait pu appeler ton roman « Remord  et vengeance», Comment se passe la façon d’écrire une telle intrigue ?

 

L’intrigue m’est venue de la notion que je viens juste de décrire, je pense que dire que les criminels vivent dans le ghetto  est  presque un cliché de la littérature policière. Je voulais retourner ce cliché, montrer que ces riches  blancs apparemment « gentils » sont capables d’actes noirs et  monstrueux. Comment ils accuseront le fils de leur femme de ménage de couleur du meurtre commis par leur fils.

 

 

Peux tu nous parler de trois personnages qui m’ont marqué : Mike Lane, Beverley et de Louise.

cape-town-table-mountainLe Cap regorge de gens comme Mike et Beverley Lane : la quarantaine, riches, séduisants. On peut les voir dans les restaurants chics, ou en train de se promener sur le front de mer. Ils apparaissent comme les piliers de la société. Leur politique est libérale, ils se seraient opposés à l’apartheid. Beaucoup de gens comme les Lane ont pris sur eux la responsabilité de scolariser les enfants de leurs domestiques de couleur. Bien sûr, c’est souvent pour le bénéfice de ces enfants, qui sont envoyés dans les bonnes écoles des banlieues blanches, plutôt que dans les écoles des Cape Flats où règnent les gangs, la drogue et le viol. Dans mon livre, cependant, Louise Solomons et son frère Lyndall, qui bénéficient du patronage des Lane, se rebellent contre ça quand ils se rendent compte qu’ils restent juste les enfants à la peau sombre dans  l’arrière-cour.

Lyndall devient membre d’un gang, développe des problèmes de drogue et est banni de la maison des Lane. Louise, qui continue d’accepter l’argent de Mickael, va à l’université du Cap. Sa relation avec Michael est complexe. Quand elle était enfant elle l’adorait, aimait à s’asseoir avec lui dans la cuisine et l’écouter lui lire  Alice au pays des merveilles. Elevée sans père, elle était convaincue que Michael, un jour, l’inviterait à venir vivre chez eux et à devenir sa fille.

Bien sûr cela n’est jamais arrivé et Louise a du ressentiment envers Michael. Elle déteste Beverley Lane, qui, quelques années plus tôt, a couvert son fils, Christopher, quand il a essayé de violer Louise, arrangeant la situation grâce à l’argent et en riant de la situation.

Quand Michael et Beverley font porter le chapeau à Lyndall pour lemeurtre commis par Christopher, la police, corrompue, en sous-effectif, inefficace, n’est que trop satisfaite de boucler l’affaire et Louise est la seule personne qui continue à se battre pour son frère. Elle veut que justice soit rendue à Lyndall, bien sûr, mais elle veut aussi se venger des Lane, ce qui constitue l’aspect psychologique sombre du roman.

 

 

 

Dans ton roman on voit La barrière entre le peuple Noire et le peuple Blanc, elle est aussi criante cette barrière que tu l’écris dans ton roman en vérité?

 

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L’apartheid a pris fin depuis longtemps, mais depuis la plupart des pauvres sont noirs ou métisses, et il y a toujours deux mondes en Afrique du Sud, le monde des riches et celui des pauvres.

 

 

 

 

 

 

Dans ton roman tu parles un moment d’un site approvisionné par des familles de victime de meurtre, un fond monochrome avec un bandeau en bas de l’écran o défile les noms des morts , sa existe vraiment ?

 

Pas à ma connaissance. Il y a un déluge incessant d’informations liées à des meurtres en Afrique du Sud, et il y a des sites web créés par des familles de victimes, mais j’ai inventé ce site particulier.

 

 

 Quels sont tes futurs projets littéraires ? Aimerais-tu écrire un roman ou l’intrigue se passe sur un autre continent ?

 

002Mon dernier roman, Man Down, qui sortira en France en 2016 se passe en partie en Afrique du Sud, en partie aux Etats-Unis. Cela fait 10 ans que l’homme d’affaires John Turner, sa femme professeur d’université et leur petite fille ont fui l’Afrique du Sud déchirée par la violence pour commencer une nouvelle vie à Tucson, Arizona. Une vie qui paraît prospère et paisible jusqu’à ce qu’une intrusion  dans leur maison les plonge dans une orgie de sang versé. Alors que trois hommes masqués terrorisent les Turner, mettant à jour les fissures d’un mariage bâti sur des mensonges, John est obligé d’affronter la réalité de sa complicité dans un crime violent commis à Johannesburg 10 ans plus tôt et de se demander : le temps de  payer pour ce crime est-il arrivé ?

 

 

Quelles sont tes lectures actuellement ? 

 

The whites, écrits par Richard Price sous le pseudo de Harry Brandt (publié en VO en 2015, non traduit en français- ndt).

 

 Quel sera ton mot de fin à cette interview ?

C’est toujours un plaisir d’être interviewé par toi, Richard. Tu as toujours été un fervent défenseur de mes livres et j’apprécie ton soutien.