Ravensbruck mon amour de Mr Stanislas Petrosky chez l’Atelier Mosesu édition

CETTE SEMAINE NOUS PARTONS AVEC UNE MACHINE À REMONTER LE TEMPS DANS UNE PÉRIODE SOMBRE DE LA DEUXIÈME GUERRE MONDIALE, RAVENSBRUCK MON AMOUR DE MR STANISLAS PETROSKY.

ET QUEL PREMIER ROMAN ! MR STANISLAS PETROSKY NOUS EMMÈNE VERS LES PORTES DE L’ENFER.

ON A DUT MAL À PENSER QUE CELA S’EST PRODUIT !

ET QUEL PLUME, UN DIAMANT À L’ÉTAT BRUT ET MERCI À L’ATELIER MOSESU DE NOUS FAIRE DÉCOUVRIR CET ÉCRIVAIN

DE TALENT.

CE ROMAN VOUS RESTERA EN MÉMOIRE LONGTEMPS C’EST MOI QUI VOUS LE DIS !

LA SEMAINE PROCHAINE NOUS PARTONS EN AFRIQUE DU SUD RENCONTRER UN FIDÈLE DU BLOG DU CONCIERGE MASQUÉ.

Voici un résumé de son roman :

 

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Gunther, jeune artiste allemand enrôlé de force au moment de la construction du camp de Ravensbrück, en devient l’illustrateur officiel, obligé de mettre son talent de dessinateur au service des autorités nazies. Rien n’échappe au crayon affûté du jeune homme : l’horreur des camps, les expériences médicales, les kommandos, les moeurs des officiers, la vie, la mort.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JE VOUS SOUHAITE UNE BONNE LECTURE.

 

 

Bienvenue sur le divan du concierge, ma première question que je pose tout le temps : Pouvez-vous nous parler de votre enfance et comment vous êtes venu à écrire un roman ?

Mon enfance est comme un tabou, je n’en parle jamais, je suis né en arrivant en France on va dire…

securedownload2Quant à arriver à écrire, cela date de quelques années, mais les premiers essais ne se sont pas avérés concluant, en fait pour écrire, peindre, sculpter, comme disait Gainsbourg faut être initié, mais l’initiation ne vient pas forcément d’un maitre, elle vient de vous, à l’intérieur de vous, je ne sais pas si vous connaissez le sublime poème de Rainer Maria Rilke:  » Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin. Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l’on voyait longtemps approcher, à des jours d’enfance dont le mystère ne s’est pas encore éclairci, à ses parents qu’il fallait qu’on froissât lorsqu’ils vous apportaient une joie et qu’on ne la comprenait pas ( c’était une joie faite pour un autre ), à des maladies d’enfance qui commençaient si singulièrement, par tant de profondes et graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles – et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela. Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d’amour, dont aucune ne ressemblait à l’autre, de cris de femmes hurlant en mal d’enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient. Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups. Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Car les souvenirs ne sont pas encore cela. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu’ils n’ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n’est qu’alors qu’il peut arriver qu’en une heure très rare, du milieu d’eux, se lève le premier mot d’un vers. »

J’ai donc vécu pour apprendre à essayer d’écrire…

 

Comment ses passée la construction de votre roman Ravensbrück mon amour chez L’Atelier Mosésu ?

 

securedownload4J’ai proposé un synopsis, on m’a donné un premier accord, puis j’ai envoyé mon manuscrit, là ce fut plus compliqué, seule la première partie a été validée. Il m’a fallu revoir la seconde partie, surtout la fin, aller plus loin dans la vie du camp, je dois avouer que le résultat final me convient bien, le comité de lecture avait raison.

 

 

 

 

 

Ravensbrück a été le premier camp de femmes aménagé par les nazis, l’enfer s’échappe de vos pages, sa dû être dur d’écrire ce roman ?

 

 

Oui, deux ans de recherches, d’immersion dans les témoignages, les archives d’époque, les textes, le procès, c’est lourd, j’ai toujours la photo de cette jeune fille à qui le livre est dédié, Czeslaw Kwok, accrochée au dessus de mon bureau. Je n’arrive pas à me résoudre à la retirer.

Parlez-nous du Revier. Et de ces Médecins dont Karl Gerhardt, et une chose qui m’a fait froid dans le dos c’est de voir que certains médecins on continué après la guerre à exercer leur métier. (Ex Herta Oberheuser. Elle pratiqua la « médecine nazie » à Ravensbrück… puis fut pédiatre après la guerre.)

 

securedownload8 Le revier est au départ une infirmerie, mais on y mourrait plus que l’on s’y faisait soigner. Mais le comble de l’horreur c’est que les SS ont bel et bien sauvé des vies, mais pas celles des déportées.

Par exemple, la Luftwaffe perdait trop de soldats lors des combats, ceux qui tombaient dans l’eau décédaient d’hypothermie, alors on a fait des tests dans le camp de Dachau, et l’on a compris, à force d’immerger des hommes qui mourraient de  froid, qu’il fallait un contrefort pour la nuque et maintenir la tête hors de l’eau.

Des tas de maladie, la gangrène, le typhus etc ont fait l’objet d’expériences.

D’un coup ces hommes se retrouvaient avec une chose qu’ils n’avaient jamais eu, des cobayes humains à foison…oublié le serment d’Hippocrate, ne comptait que la folie destructrice. On tuait les « sous-races » afin d’augmenter l’espérance de vie de la race dite supérieure, la race aryenne.

Je me pose, et me poserai toujours une question : on peut détester son prochain, avoir même des envies de meurtres, des pulsions homicides, mais comment tant d’hommes, en même temps ont pu se comporter de telle sorte ?

 

Et puis il y a ce Personnage principal « Gunther », comment vous est venue l’idée de ce personnage ?

 

securedownload7 Il fallait que le personnage central, mon témoin, ait un moyen de témoigner autre que la parole, afin de marquer le lecteur, il aurait pu écrire, mais ce n’était pas assez visuel. Dessinant moi-même de temps à autre, j’ai pensé à un illustrateur, je me suis dit que la personne lisant le livre, à force de description visualiserait le travail de Gunther. De plus il faut savoir que l’on trouve des dessins de prisonnier, je n’ai rien inventé.

D’ailleurs je remercie une personne que j’ai appris à vraiment connaître lors de la conception de ce livre, c’est l’auteur Christelle Mercier, qui fait partie du comité de lecture de l’Atelier Mosésu, c’est elle qui m’a dit, une fois la validation finale donnée : « Il manque une chose à ce livre, j’aurai tant aimé voir les dessin de Gunther… » Je suis donc « retourné » dans la peau de Gunther et j’ai fait les quatre dessins qui figurent à la fin du livre.

Il y a aussi ces jeunes Tzigane qui tombent dans les mains de ces bouchers, c’est effroyable, l’homme est le pire des prédateurs ?

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Malheureusement oui, il l’a prouvé tout au long de l’histoire de l’humanité, et même à notre époque où nous devrions être enfin sage grâce aux leçons du passé, c’est toujours pareil, regardez ce qui s’est passé en début d’année à Paris, ce qui se passe à Daesh, en Syrie et ailleurs.

L’homme est trop con pour comprendre qu’il se fout en l’air.

 

 

 

 

 

 

 

 Avez-vous une anecdote à nous raconter sur ce roman ?

 

Pas sur le roman en lui-même, sur moi. Je me suis découvert une passion pour la recherche historique et « le roman noir témoignage ». J’ai découvert aussi que j’étais capable de faire comme certains grands écrivains, de faire de l’immersion, d’être en lieu et place du personnage central afin de pouvoir décrire au mieux certaines scènes. Avec les effets que cela comporte parfois, nuits blanches, insomnie, etc.

La Couverture est magnifique, Le dessin est de qui ?

 

securedownload5Ce n’est pas un dessin, c’est une photo du mémorial de Ravensbrück, je le voulais sur la couverture, Sébastien Mousse l’éditeur lui voulait une charte graphique pour cette collection avec une couleur dominante pour chaque couverture, c’est le travail de l’infographiste  Benjamin Berdeaux des ExquisMen.

 

 

 

 

 

 
Le concierge est curieux ;-) Quel sera votre prochain défi littéraire ?

Plein, trop d’ailleurs sûrement…Un dont je ne veux pas parler avant qu’il soit fini, puis un autre que je tenterai de proposer à l’Atelier Mosésu, toujours dans la même collection, sur la « Carlingue », et enfin une romance sentimentale historique à quatre mains avec Christelle Mercier, mais toujours sur la même période la seconde guerre mondiale.

 

Comment écrivez-vous ?

Peu importe, quand je suis inspiré je dirai, ma préférence va au matin, très tôt, je me trouve plus productif. Mais j’ai cette chance de pouvoir écrire une demi heure, même moins, de mettre à profit le moindre temps libre, sans être obligé de me dire je me bloque  quatre heures pour écrire. J’ai des carnets dans les poches, je prends parfois des notes, j’écris dès que je peux et que j’en ai envie.

 

Quels sont vos auteurs préférés ? Et quel roman lisez-vous actuellement ?
Thierry Jonquet, Frédéric Dard, Hafed Benotman, André Héléna, Joël Houssin, JR Lansdale, Roger Smith, John Fantes, Robert Merle, bref j’aime tout ce qui est noir, chronique d’une société en dérive…

Et là je lis, dans un autre genre : Celui dont le nom n’est plus de René Manzor, j’aime beaucoup.

 

Que gardez-vous comme souvenir de l’Arménie 

 Rien de bien intéressant, de la violence, des conneries, des erreurs de jeunesses…

 

Si je vous dis que vous me faites penser un grand écrivain qui vient de disparaître : Mr Hafed Betnoman, qui avait un peu votre parcours : Prison et écriture.

Je vous dis que c’est gentil, mais que c’est trop. Je n’ai pas le talent d’Hafed, j’en suis bien loin.

J’ai eu la chance de le rencontrer, de le côtoyer quelques fois, de le lire et de discuter plus d’une fois avec lui. Outre un homme qui avait une plume noire formidable, c’était aussi un homme de Cœur, avec une majuscule. Un cœur si gros qu’il l’a lâché tellement il le faisait carburer. Un homme on ne peut plus humain et respectueux de son prochain.

On fait tous des erreurs, plus ou moins graves, une fois que l’on a payé sa dette, nous avons tous droit à une seconde chance.

 

Quels sont vos films préférés ?

Je suis un amateur du cinéma d’Audiard, en ce moment, vu la crise que nous vivons, je vous conseille un film d’anticipation, si je puis dire : Le Président d’Henri Verneuil…

 

Quel sera votre mot de fin ?

 N’oubliez jamais… et merci pour cet entretien.