L’Homme Noir de Mr Luca Poldelmengo chez Rivages Edition

Voici un auteur découvert grâce à l’association 813 Mr Luca Poldelmengo,  auteur

d’un premier roman également chez Rivages Edition « Salaire de la Haine », cette

fois ci il nous sort un roman « L’Homme Noir » et quel roman !

Critique acerbe de la société italienne et prouve une nouvelle fois après avoir lu son

Premier roman qu’il est un maitre du scénario.

Un suspense qui vous prend à la gorge et ne vous lâche pas jusqu’à la dernière

page.

Il arrive à vous manipuler à la perfection, un immense coup de cœur pour cet

auteur.

 

Voici un résumé de son roman L’homme noir :


l'homme noir.inddFabiana, directrice d’un hôtel à Rome, roule en scooter sur une petite route de campagne lorsqu’elle est heurtée de plein fouet par une Punto conduite par un dénommé Filippo, manifestement en état d’ivresse avancée. L’accident se produit sous les yeux d’Alida, une enfant Rom de 10 ans. Il se trouve que Fabiana était la soeur de Marco, inspecteur de police sans gloire qui rêve de fuir le monde sur l’île de Pâques. Voulant prouver à son père, haut placé dans la hiérarchie policière, qu’il est capable de faire la lumière sur ce qui se révèle être un crime, Marco mène l’enquête… 

 

 

 

 

 

La semaine prochaine nous partons à la fin de la 2e guerre mondiale, je vous souhaite de bonnes lectures

 

 

Bienvenu sur le divan du concierge. Pour commencer, pouvez vous nous dire,

Comment êtes vous  venu à écrire des romans noirs ?          

 

Luca PoldelmengoAvant tout, merci pour cette aimable invitation, le canapé est très confortable. J’écris avant tout des histoires que moi même j’aimerai lire, c’est la seule règle que je m’impose. Comme j’adore les histoires Noires, dès lors que j’ai décidé à en raconter, cela m’est venu naturellement.

 

 

 

 

Comment vous est venue l’idée d’écrire « L’Homme Noir » ?

J’ai malheureusement écrit cette histoire suite à un fait divers : la mort des deux jeunes gens, Flaminia et Alessio, tués par un chauffard alors qu’ils étaient au volant de leur moto. Le roman, je leur ai dédié, même si je ne les connaissais pas.. Qu’est-il arrivé à ce jeune couple, et surtout ce qui n’est pas arrivé à ce meurtrier, m’a poussé à inventer cette histoire, qui est une sorte d’hyperbole qui mène à ce terrible délit.

Les destins se croisent et se brisent chez vos personnages, une vraie toile d’araignée. Parlez-nous de vos personnages principaux : l’inspecteur Marco et Filippo.

 

Deux personnages construits tout en spéculant.

 

romeFilippo, socialement parlant, c’est un gagnant, presque un mâle Alpha. Il a une femme très belle, une splendide enfant et c’est le leader de son groupe d’amis. Par contre si on sort de ce petit cercle affectif, les choses se compliquent: sa situation économique a toujours été difficile, lorsqu’il était enfant et encore aujourd’hui. Il fait un travail mal payé et qu’il ne supporte pas à cause d’un homme qu’il déteste.

Marco, au contraire, n’a jamais vécu l’indigence dans sa vie, son père était un haut dirigeant de la police, lui même (sans le vouloir), est devenu inspecteur. Pourtant Marco, grandi à l’ombre encombrante du père, il n’a pas su gérer sa vie émotive, à créer des vrais rapports humains, à donner un sens à sa propre existence.

 

Vos personnages ont peur de décevoir. Marco, a peur de décevoir son père dans son enquête et Philip a peur de décevoir sa femme et sa fille.

 

Parce que ces deux hommes sont imparfaits, défectueux si on pouvait le dire. Ils subissent leur inadaptation. Seul, un événement particulièrement fort pourra rompre cet équilibre, en laissant chacun d’eux, libre de suivre sa propre nature, qu’elle soit belle ou non.

 

Vous avez choisi la ville de Rome pour ce roman, qu’aimez vous dans cette ville ?

 

rome_1Je vis toujours à Rome. Ma relation avec cette ville est difficile. L’amour et la haine en même temps. En tout cas, c’est une ville qui peut susciter en moi (et j’espère aussi chez le lecteur) des émotions fortes. Voilà pourquoi, dans mes romans les histoires se passent ici, dans une autre Rome, loin du centre historique et des monuments, ce qui en fait un personnage de mon histoire

 

 

 

 

Après la fin du livre, vous remerciez votre maître, Giancarlo de Cataldo, immense écrivain Italien à qui on doit de très grands romans, dont Romanzo Criminale. Comment s’est passée votre rencontre avec cet auteur ?

 

19Dans le passé nous avions le même agent. Giancarlo a commencé à me lire, même mes ébauches. Il a, heureusement, toujours apprécié mon travail, il m’a encouragé et soutenu; ce que petit à petit je suis en train de devenir, je le lui dois. Il est pour moi plus qu’un ami. C’est un mentor ».

 

 

 

Dans votre roman « Le salaire de la haine », une pierre balancée d’un pont sur une voiture va avoir énormément de conséquences. Comment vous est venue l’idée de cette trame ?

 

Ici aussi, une histoire vraie, mais qui a déclenché un mécanisme différent à l’homme noir. Je trouve l’acte de jeter une pierre d’un viaduc, une des manifestations les plus élevées de l’idiotie humaine, l’exemple parfait d’un concept qui m’est très cher, « la banalité du mal » et qui imprègne les deux romans.

 

Alors j’ai décidé de faire un jeu, j’ai écrit les trois premières pages du roman, qui sont une sorte de flash-forward de l’histoire. En pratique, on y trouve tous les protagonistes qui montent sur la cime d’une colline, lieu où on vivra l’apogée de l’histoire. Ce qui est bien, c’est que quand j’ai écrit les trois premières pages, je ne savais absolument pas comment ces gens là étaient arrivés ici, et ce qu’ils feraient après. C’était un sacré défi.

Les titres des chapitres, comme le titre de votre roman « le salaire de la haine » sont des titres de Films. Pour quelle raison ?

Parce qu’au début, j’ai commencé à raconter des histoires en tant que metteur en scène de court-métrage et comme scénariste cinématographique puis, d’une façon ou d’une autre, je voulais montrer que je venais du septième art.

 

Comment écrivez-vous ? (Le matin, le soir ou dans un bureau.)

 

Plutôt le matin, chez moi dans mon studio.

 

Quels sont vos écrivains préférés ? Et que lisez-vous actuellement ?

 

En Italie De Cataldo et Carlotto. En France Manchette, Izzo et Manotti. Ensuite, je dirais Ellroy et Winslow. En dehors de ce genre, Franzen et Steinbeck au dessus de tous.

 

Quels sont vos Films préférés ?

 

J’aime particulièrement le film noir français des années 70, comme par exemple ceux de Melville (Le salaire de la haine commence avec une citation de Le cercle rouge). Mais aussi Sergio Leone, Coppola, Scorzese, Tarantino, Lynch. Il y en a trop.

 

 Quel sera votre mot de fin à cette interview ?

Si j’étais vous, je m’inquièterais d’Alida: elle est petite, sale et en colère, et maintenant, elle possède également une arme à feu. Bonne lecture!