Qui veut la peau d’Andrei Mladin ? de George Arion chez Genèse Edition

Voici une superbe interview de Mr George Arion écrivain Roumain et qui édite son deuxième roman en France.

« Qui veut la peau d’Andrei Mladin ? » chez Genèse Edition.

Et que j’aime cet auteur par sa virtuosité à nous faire rire avec son personnage charismatique de Andrei Mladin.

Aimeriez-vous trouvez un cadavre dans votre bibliothèque ? C’est ce qui va arriver à notre personnage principal. Un roman succulent que vous ne lâcherez pas car l’intrigue est parfaite.

Se déroulant dans les années quatre-vingts, ce polar fait aussi la part belle à l’observation critique de la vie quotidienne de l’époque en Roumanie : coupures d’électricité, files d’attente devant les magasins, privilèges de la Nomenklatura…Ce roman à l’ironie mordante s’est vendu à plus de 300.000 exemplaires en Roumanie.

Mr Arion m’a accordé une interview où il vous dévoilera comment il à crée ce roman et vous verrez aussi le bel hommage à Mr Claude Mesplède. Un auteur à suivre absolument car sa façon d’écrire est très originale et sort des clichés habituel.

Un grand merci pour ce pur moment de bonheur et j’attends avec impatience une nouvelle aventure de Andrei Mladin.

Voici un résumé du roman :

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Dans la Roumanie communiste, Andrei Mladin, journaliste, se réveille, après une soirée bien arrosée, allongé à côté d’un cadavre dans sa bibliothèque. Il doit trouver l’assassin s’il ne veut pas être accusé du meurtre et se retrouver dans les geôles de Ceausescu. Il décide de cacher le corps au sous-sol de son immeuble sans se faire remarquer bien sûr par Madame Margareta, préposée aux délations. Qui peut en vouloir à Andrei Madlin au point de lui coller un meurtre sur le dos ? Le journaliste plonge dans une enquête mêlant amour, argent et pouvoir.

 

 

 

 

Vous trouverez également ici la première interview que l’auteur m’avait accordée :

 

http://www.concierge-masque.com/2014/04/09/george-arion-cible-royale/

 

La semaine prochaine nous fêterons la 200eme interviews avec une très belle interview d’un auteur français de talent.

Je vous souhaite une bonne lecture.

 

 

Bienvenu sur le Divan. Voici ma première question : une préface de Claude Mesplède dans votre deuxième roman , racontez-nous votre rencontre avec Claude Mesplède?

 

Mesplede-Claude--c--Les-Pictographistes-petite2014 a été une année fabuleuse pour moi : mon premier roman traduit en français a paru aux éditions Genèse sous le titre Cible royale ; j’ai ensuite participé au Salon du livre ainsi qu’à la Nuit de la littérature, à Paris ; j’ai donné de nombreuses interviews en Belgique et en France ; des journaux, des revues et des blogs ont parlé de moi ; l’une de mes nouvelles a même été publiée dans la sympathique revue L’Indic’ ; et j’ai reçu plusieurs invitations à participer à des festivals de polar.

Pour me rendre à Pennmarch’, où se tient le festival du Goéland masqué, j’ai pris le TGV à Paris et je suis descendu à Quimper où quelqu’un devait venir me chercher en voiture. Quelle ne fut pas alors ma surprise ! Mon comité d’accueil était composé de trois messieurs. Et quels messieurs ! Roger Hélias, l’enthousiaste directeur du festival, encadré par l’infatigable Hervé Delouche, président de l’association 813, et par… Claude Mesplède. Je ne vous cache pas mon émotion ! Et pourtant, ces trois hommes se comportaient avec moi avec un naturel désarmant. Tant et si bien qu’au cours de ces quelques jours passés ensemble, j’avais l’impression de passer un week-end entre amis.

Je savais que Claude Mesplède est considéré comme le « Pape français du polar ». J’ai d’ailleurs en ce moment même sur mon bureau trois de ses ouvrages les plus importants : le monumental Dictionnaire des littératures policières – très justement surnommé Le Mesplède !, mais également 30 ans d’écrits sur le polar et la Crème du crime anthologie de la nouvelle noire et policière française. Tous dédicacés de la main de l’auteur. À leur lecture, j’ai rapidement été contaminé par le virus du mesplédisme. Ce critique mérite sans conteste d’être considéré comme une autorité. Ses connaissances dans le domaine de la littérature policière sont tout aussi immenses que sa culture générale. Il écrit très bien, son style est entraînant et très clair et il ne manque pas d’humour. La préface qu’il a eu la gentillesse d’écrire pour mon roman est un honneur pour moi.

2014 a également été une année marquante avec le lancement de mon dernier roman en Roumanie – un thriller culturel, dans le genre de ceux d’Umberto Eco. Il s’intitule L’Île des livres. Un critique important a écrit à son propos qu’il s’agit « d’un texte exceptionnel dans le paysage littéraire roumain contemporain ». Je le considère comme mon chef-d’œuvre. S’il avait été écrit par un Français, je me demande s’il n’aurait pas été retenu pour le Goncourt…

 

Comment vous est venue l’idée d’écrire Qui veut la peau d’Andreï Mladin ?

 

Le titre roumain est Atac în bibliotecă (traduit mot à mot, Attaque dans la bibliothèque). Si on lit le mot “atac” en tant que substantif, on comprend qu’il s’agit d’une agression qui a eu lieu dans un endroit précis. Mais ce mot peut aussi être lu en tant que verbe : « j’attaque ». Le titre signifie alors que l’auteur attaque une bibliothèque. Et en effet, par le biais de ce livre, j’attaquais toutes les bibliothèques dans lesquelles s’étaient accumulés des polars roumains de mauvaise qualité. Pendant le régime totalitaire, les romans policiers étaient une littérature de propagande. Ils louaient le courage de miliciens vertueux, les décrivant comme des personnes très intelligentes et d’une intégrité irréprochable, pareils à des super-héros prêts à se sacrifier pour les valeurs du communisme. Face à cette situation, j’ai décidé un jour de dire stop et de proposer autre chose. J’ai donc créé un personnage vraisemblable, un homme ordinaire se confrontant à des situations périlleuses et s’en sortant notamment grâce à son sens de l’humour. Un homme que vous auriez pu croiser dans la rue et qui, si vous aviez discuté avec lui, aurait pu devenir votre ami. Un type à la fois charmant et non-conformiste. C’est sans doute pour toutes ces raisons que beaucoup de jeunes des années 1980 – mais pas seulement eux – l’ont tout de suite adoré.

 

Ce que j’aime dans votre roman, c’est aussi l’ironie sur la dictature, la façon dont vous partagez avec nous les problèmes de l’époque, les tickets de rationnement, les problèmes d’électricité, les files d’attente devant les magasins et toutes les piques que vous lancez… vous n’avez pas eu de problème de censure?

 

George_ArionPour mon premier roman avec Andreï Mladin, je n’ai pas eu trop de problèmes. Les censeurs n’ont coupé que quelques plaisanteries. En tout cas, pas plus de deux ou trois pages. Disons peut-être quatre. À cette époque, il était de toute façon impossible de ne pas se voir supprimer sans appel quelques pages d’un roman. Mais la censure a été prise par surprise. Elle n’a pas accordé plus d’importance que cela à ce texte léger qui proposait un héros en apparence insignifiant et badin. Ce roman n’était pour eux qu’une broutille sans conséquence. Une bagatelle. Mais ils se sont trompés. Car je peux vous assurer que l’impact sur le public a été énorme. Voici ce qu’écrivit un critique à cette époque : « Je ne pense pas qu’il existe dans [la] littérature [roumaine] actuelle un autre personnage capable de concurrencer Andreï Mladin en popularité. Semblant avoir été inventé juste pour rire, ce suave et grand gaillard a réussi… à conquérir le cœur de nombreux lecteurs (et surtout lectrices), et à provoquer de véritables scandales dans les familles, afin de savoir qui aura le droit de lire le roman en premier. » Aujourd’hui encore, il m’arrive de rencontrer des gens capables de me réciter des pages entières de ce roman.

Les problèmes de censure ont été plus sévères pour les livres suivants. L’un d’entre eux a même failli être tout bonnement interdit. J’ai également été admonesté par les autorités, et à deux doigts d’avoir de sérieux problèmes.

 

Nous changeons complètement d’univers en comparaison avec Cible Royale votre premier roman paru en France. Nous passons d’un roman d’espionnage à un polar humoristique. Expliquez-nous ce changement de cap.

 

J’ai commencé ma carrière avec les romans d’Andreï Mladin – il en existe cinq en tout – et Cible royale a été écrit bien plus tard, après la chute du régime totalitaire. Mais avant d’aller plus loin, et en vous demandant de m’excuser de cette remarque, Cible royale n’est pas un roman d’espionnage. D’autres commentateurs français l’ont également qualifié de la sorte et je m’excuse également auprès d’eux. Certes, il y est question des services secrets, mais le thème principal en est le terrorisme. Et cela sous toutes ses formes : à un niveau étatique (le pouvoir en place d’une superpuissance menaçant un autre pays d’invasion et de destruction) ou à un niveau d’organisations extrémistes (par des terroristes formés dans de nébuleux camps d’entraînement). François Joly, l’admirable directeur du festival Sang d’encre de Vienne, a ainsi très bien observé le caractère prémonitoire de ce roman, écrit en 1997, par rapport aux événements et à la situation géopolitique actuelle à l’est de l’Europe.

Je regrette également autre chose en ce qui concerne la réception de Cible royale : les chapitres revenant sur cinquante années d’histoire de la Roumanie ont peu retenu l’attention des critiques. Ces passages sont pourtant un témoignage poignant. A la lecture de ces pages, un Occidental aurait enfin pu mieux comprendre ce que nous avons vécu, nous en Europe orientale, au cours du XXe siècle.

Mais revenons-en à votre question. Lorsque j’ai pu écrire dans un climat de liberté, j’ai ressenti le besoin de créer d’autres héros, confrontés à des problèmes avec lesquels un personnage comme Andreï Mladin n’était plus compatible.

Parlez-nous du personnage principal, Andreï Mladin, qui m’a énormément plu.

 

Vous n’imaginez pas comme cela me fait plaisir. Car « Andreï Mladin, c’est moi ». Fin de citation. Il s’agit d’un homme épris de liberté, un journaliste qui ne veut pas mentir pour gagner sa vie, et qui ne supporte pas l’injustice. Il ne peut cependant pas sortir dans la rue et se mettre à protester en criant qu’il vit dans une société carcérale. Il serait tout de suite réduit au silence ou même éliminé. Afin de résister à ce climat oppressif, il a donc recours à la plus terrible des armes : l’humour. Il rit des emblèmes du totalitarisme et des hommes qui sont à son service. Dans une société ossifiée, rigide, lui est vivant, se comporte avec bon sens, n’attache aucune importance aux règles imposées par la force. Il défie ainsi la morale communiste : par son goût des conquêtes amoureuses, son penchant sporadique pour l’alcool, sa défiance à l’égard des autorités et sa volonté de faire justice lui-même. De telles choses étaient inadmissibles dans une société se prétendant parfaite.

J’aime beaucoup les citations du grand père d’Andreï. Comment avez-vous eu l’idée ?

 

P1000883Vous avez remarqué les allusions faites dans le livre à l’absence de nourriture dans les magasins, aux coupures d’eau chaude et à l’éclairage anémique des rues pendant la nuit… Et bien les citations auxquelles vous faites référence renvoient directement au dictateur lui-même, Nicolae Ceauşescu. Aujourd’hui encore, je me demande comment ce clin d’œil ironique a réussi a passé entre les mailles de la censure. Ils n’auront sans doute pas compris à quoi je faisais allusion.

Pourtant à cette époque, toute personne qui prenait la parole au cours d’une réunion devait ponctuer son discours avec des phrases prononcées par le Conducător et marquait toujours la fin de cette référence par la formule « Fin de citation ». Je n’ai donc fait que reprendre ce comique de répétition qui a fait le bonheur de beaucoup de lecteurs.

Avez-vous une anecdote sur ce roman à partager avec nous ?

 

J’ai écrit ce roman avant tout pour m’amuser. Pour moi. Je ne pensais même pas qu’il allait un jour être publié. Il était bien trop insolite dans le contexte de la littérature roumaine de l’époque. Cela explique sans doute pourquoi il est imprégné d’une telle désinvolture et présente un tel manque d’inhibition narrative. Une anecdote ? Un réalisateur a désiré l’adapter pour le cinéma en 1986. La censure s’y est opposée et le film n’a été réalisé qu’en 1992.

 

Retrouverons-nous bientôt d’autres aventures d’Andreï Mladi? Et faite-vous évoluer votre personnage par rapport à l’évolution de l’histoire de votre pays?

 

Comme je vous le disais, ce personnage apparaît dans cinq romans. Et chacun se déroule dans un cadre historique différent. Leur publication en français dépendra de ma remarquable éditrice Danielle Nees (Genèse Édition) et du désir de la part du public francophone de découvrir la suite de la série. Et bien entendu de mon enthousiaste traducteur, Sylvain Audet. Je n’aurais jamais imaginé qu’un jour, j’allais rencontrer une personne aussi compétente pour donner vie à mes romans en français.

 

Si je vous dis que le final de votre roman m’a fait penser à Agatha Christie (réunion dans la pièce finale)…?

arton39Mon roman parodie plusieurs styles littéraires, et notamment celui d’Agatha Christie (même si, comme Raymond Chandler, je n’aime pas trop cette auteure). Vous avez donc raison, la scène finale est effectivement une allusion à elle. Il existe pourtant une différence notable : c’est toujours Hercule Poirot qui réunit les personnages à la fin du roman pour faire montre avec emphase de son intelligence, tandis qu’Andreï Mladin débarque sans être invité au milieu d’une réception et profite de la présence de tous pour présenter les conclusions de son enquête. Avec sa nonchalance habituelle, évidemment.

Quel souvenir gardez-vous de l’accueil en France de Cible Royale et des salons de polars où vous avez été invité ?

 

Je suis impressionné par le nombre de festivals organisés en France autour du polar, mais également par le nombre de romans policiers qui y sont publiés et de l’intérêt énorme qu’ils suscitent auprès des lecteurs. Et ces derniers sont en général extrêmement avisés. J’ai ainsi eu des conversations passionnantes avec certains. Partout où je suis allé, j’ai été reçu avec la plus grande bienveillance et j’ai eu la chance de lier de très belles amitiés. Le pays d’où je viens, ou encore le fait d’être un auteur inconnu dans l’espace francophone, n’a jamais posé le moindre problème.

Je vois bien votre roman Qui veut la peau d’Andreï Mladin ? comme pièce de théâtre. Qu’en pensez-vous ?

 

Je n’y ai jamais pensé. Ce serait pourtant une excellente idée. D’autant plus que j’ai déjà écrit moi-même quelques pièces. Et comme je le disais plus haut, un film a déjà été réalisé à partir de ce roman. Une série télévisée de dix épisodes a même été produite à partir des cinq livres autour d’Andreï Mladin. Elle s’intitule Détective malgré lui. Andreï Mladin est également le protagoniste du premier opéra policier roumain, Dans le labyrinthe. Ce dernier a été présenté en 1988 dans le cadre du prestigieux Festival George Enescu et je n’en suis pas peu fier.

J’aime énormément Mme Margareta. Parlez-nous de ce personnage.

 

J’ai eu une voisine se comportant de la même manière, incroyablement curieuse et néanmoins très sympathique. Ce personnage me permettait d’introduire dans le roman le bon sens populaire.

Que lisez-vous actuellement ?

 

Je relis les livres de Roland Barthes. Et vous vous demandez sans doute pourquoi. Parce que je viens de m’inscrire à un doctorat en littérature sur le sujet « Repères dans la littérature mystery&thriller » Quelle relation entre ce brillant essayiste français et le polar ? Nous le verrons bien.

Nestor Burma de Léo Malet avait un chat. Andreï Mladin a lui aussi un chat, Mécène. Faut-il un beau chat pour écrire un bon polar ?

Pas un chat, mais un matou ! Capable d’accompagner son maître dans toutes les aventures les plus incroyables.

Notre pays a été touché par un effroyable acte terroriste « Charlie Hebdo ». Que pensez-vous de la liberté d’expression pour un écrivain ?

Pour ma part, j’ai connu les pires rigueurs d’un système interdisant toute liberté d’expression. Je ne veux même pas imaginer que dans l’avenir ceux qui désirent bâillonner la presse finissent par avoir gain de cause. Ou qu’ils parviennent à imposer un jour aux écrivains et aux artistes la façon dont ils devraient créer leurs œuvres.

Ceux qui méprisent le polar, le jugeant invraisemblable ou trop léger, devraient d’ailleurs revoir leur point de vue. Si vous repensez à ce qui s’est passé à Paris il y a quelques semaines, ou à la façon dont les tours jumelles de New York ont été attaquées, ou encore aux attentats de Londres et de Madrid ! Tous ces événements ne vous semblent-ils pas tout droit sortis d’un thriller ?

Avez-vous encore des sujets que vous souhaiteriez traiter dans d’autres romans ?

bucarest-panoramaOh ! J’en aurais beaucoup ! J’habite tout de même dans l’un des pays les plus corrompus d’Europe ! Il est vrai que depuis quelques mois plusieurs hommes politiques véreux ont été arrêtés, ainsi que des hommes d’affaires. La Roumanie va-t-elle devenir plus vertueuse pour autant ? J’en doute. Les personnes en question vont faire deux ou trois ans de prison et une fois libérée, elles profiteront à nouveau de leur indécente fortune amassée par des moyens malhonnêtes. Tant que cet argent ne leur sera pas confisqué, nous ne pourrons pas parler d’un véritable assainissement de la société.

En Roumanie, nous ne sommes pas tous égaux devant la loi. Voici un exemple personnel. En 1962, l’État a démoli la maison de mes parents. Après 1990, ma famille aurait dû être dédommagée, comme le prévoyait la loi. Cela va bientôt faire plus de vingt ans que nous essayons d’obtenir justice. En vain. Par contre, d’autres personnes, qui n’ont rien perdu au cours de la nationalisation forcée par les communistes et pour lesquels l’État roumain n’avait aucune obligation, ont obtenu de grasses compensations, en arrosant des fonctionnaires, en faisant appel à leurs relations dans les milieux politiques. Vous voyez à quel point la situation dans laquelle je me trouve ferait un excellent sujet de roman ?

Mais réfléchissons à ce qui se passe aujourd’hui sur notre planète. Des enfants tuent des otages avec des armes à feu, un fou tue plus de quatre-vingt personnes pour défendre ses opinions, des attentats contre des innocents sont en cours de préparation au moment même où je réponds à vos questions… Nous ne sommes plus en sécurité nulle part. Même si vous êtes assis tranquillement à la terrasse d’un café, une bombe peut exploser à côté de vous. N’importe où vous pouvez être enlevé puis brûlé vif, le tout filmé puis diffusé sur Internet pour le plus grand plaisir de vos tortionnaires. Le polar est un genre littéraire qui enregistre dans l’urgence ce genre de phénomènes. À travers ses créations les plus riches, il apporte un témoignage retentissant de notre époque. Et c’est pourquoi j’insiste : ceux qui ne lui accordent pas d’intérêt commettent une grave erreur.

Quel sera votre mot de fin à cet interview ?

J’ai été parmi les finalistes du Prix du balai de la découverte en 2014. Même si je n’ai rien remporté, on parlait pour la première fois d’un auteur roumain de polar dans le cadre d’un concours en France. Un petit pas pour moi (car j’ai déjà obtenu plusieurs prix, dont trois fois celui de l’Union des écrivains de Roumanie), mais un immense pas pour le polar roumain.

En conclusion à notre dialogue, je vous propose un exercice d’imagination. Supposons que mon roman, apparu en 1983 en roumain, avait été publié l’année suivante en français. Comme le disait mon grand-père : « À quoi aurait bien pu ressembler ta vie, mon petit ? » Fin de citation.

Monsieur Richard Contin, je vous remercie infiniment pour ce deuxième dialogue que nous avons eu. Et merci encore pour ce superbe commentaire que vous avez posté sur Facebook. Non seulement vous avez été le premier à réagir, mais en quelques mots, vous avez réussi à saisir l’essence même de mon roman ! Bravo !