Les Belges Reconnaissants de Martine Nougue chez Caïman Edition

Voici un premier roman qui fait du bien au moral, déjà parce qu’il se passe dans le sud de la France et nous sentons le soleil à chaque page.

Mais aussi nous faisons la connaissance d’une brillante auteur à l’écriture vive et d’une originalité hors du commun.

Mme Martine Nougué pour son roman Les Belges Reconnaissants chez Caïman Edition.

Une intrigue très réussie avec un personnage principal super original, je vous conseille absolument ce roman qui ne sort pas les gadgets habituels et qui tout simplement vous emmène dans un village très spéciale et vous fera  passer un bon moment de lecture.

Voici un résumé du roman :

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Castellac était un village apparemment tranquille jusqu’au jour où son maire est retrouvé raide mort dans la garrigue. Pénélope Cissé, officier de police du commissariat de Sète, va devoir fouiller dans le passé trouble du village pour retrouver l’assassin de Monsieur le Maire. Elle va être confrontée à quelques habitants pittoresques mais pas toujours très coopérants, protégeant leurs petits secrets et peu amènes à l’égard de ces ‘étrangers ‘, les nouveaux habi­tants venus du nord, ou cette flic Africaine qui fouine dans leurs histoires.

 

 

 

 

 

La semaine prochaine nous partons en Roumanie rencontrer un auteur que j’adore. Je vous souhaite une bonne semaine à tous.

 

 

Bienvenue sur le divan du Concierge. Voici ma première et éternelle question, celle que je pose en début d’interview pour faire connaissance avec l’auteur : parlez-nous de votre enfance. 

 

10390246_10204256622355010_9193240673309398267_nMa toute première enfance, je l’ai vécue en Afrique, au Cameroun exactement, et même si ce séjour a été assez court, je pense qu’il est resté gravé dans mon inconscient. Mon héroïne, Pénélope Cissé, est africaine ; je ne crois pas que ce soit tout à fait par hasard ! Et puis, l’autre fait marquant de mon enfance, ce sont les livres, présents partout à la maison. J’ai appris à lire très tôt et très vite les livres sont devenus mes vrais compagnons, nous étions (et nous sommes toujours, d’ailleurs…) inséparables, eux et moi. J’ai découvert le monde et la vie à travers les livres, ils sont toujours un vrai bonheur, je lis comme je respire, j’aime passionnément les livres et je vénère la littérature et les écrivains qui m’apportent de tels moments de joie, d’émotion, de réflexion…

 

Comment vous est venu l’idée d’écrire un roman, et d’écrire « Les Belges reconnaissants » ?

 

En fait, j’ai toujours plus ou moins écrit. Beaucoup de travaux universitaires pendant mes études, puis de textes « sur commande » au cours de ma vie professionnelle dans la communication. Dans un autre genre, par plaisir : de la fiction, des nouvelles, des correspondances…je suis une incorrigible « scribouillarde » ! Et puis un jour, il y a trois ans, inspirée surement par l’ambiance et les gens de mon coin de pays dont j’avais envie de parler, et aussi parce que j’avais des choses à dire qui avaient besoin d’être exprimées, j’ai eu envie d’écrire quelque chose de plus abouti, avec une intrigue (j’avais croisé le monde du polar quelques années auparavant), et des personnages qui me feraient rire, ou pleurer, mais que j’aimerais. Alors je me suis mise au travail et ça a donné « Les Belges reconnaissants ».

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J’aime aussi la façon dont vous décrivez ce village  « Castellac », ses secrets, ses qu’en- dira-t’on, ses bavardages au comptoir.

 

Depuis dix ans, je vis dans un village qui ressemble étrangement à Castellac. Il s’y trame des choses incroyables, les gens y ont une faconde et une personnalité tellement attachante que c’est un régal quotidien de vivre au milieu d’eux, d’écouter leurs histoires (je passe beaucoup de temps au bistrot du village !), de suivre les épisodes clochemerlesques de leurs éternelles bisbilles… et de m’engueuler aussi avec certains d’entre eux car dans ces villages, les opinions xénophobes et réactionnaires galopent. Les haines contre ce qui vient d’ailleurs, le rejet de ce qui est différent, la méfiance à l’égard du progrès, la tentation du repli sur soi, sont des réalités très aigües. Et c’est d’ailleurs, au-delà de la peinture amusée de la vie de Castellac, le vrai sujet, au fond, de mon roman.

 

Parlez-nous du personnage principal qui m’a énormément plu : Pénélope Cissé

 

Ah, Pénélope ! Femme libre, humaniste, fille d’Afrique nourrie aux valeurs de notre culture sans avoir oublié la sienne, elle porte mes messages, mes colères, mes rêves… Colères contre l’imbécilité rampante, contre le racisme et la xénophobie, contre l’intolérance, contre l’injustice aussi… et elle le fait avec humour, en riant, avec le droit de rire de tout. Elle aime la vie et en profite joyeusement…Pénélope est philosophe !

 

 

Parlez-nous de Sète, une ville que j’affectionne énormément et de Brassens que vous citez dans votre roman.

 

6572d88300be8bc8437f676cf023b13c_large Sète et Brassens, pour moi, sont indissociables. Je suis une « fan » inconditionnelle, depuis toujours, du Grand Georges, de ses mots, de sa liberté d’esprit, de son esprit, si fin, si corrosif aussi, sans oublier sa guitare ! C’est un géant !… Et quand je songe parfois aux raisons, surement inconscientes, qui m’ont conduite un jour vers Sète, je me dis que Brassens y est peut-être pour quelque chose… Sète est une ville rare. Sa lumière, l’eau tout autour, celle de la mer et celle de l’Etang de Thau, ses artistes partout présents, cette culture populaire qui s’exprime dans des explosions de musique, de couleurs, de jeux, c’est tout simplement unique ! J’adore guider mes amis qui viennent visiter Sète : cher Concierge, c’est quand vous voulez, je vous attends !

 

 

Avez-vous une anecdote à partager avec vos lecteurs sur votre roman ?

 

Oh oui, et j’en souris encore ! Figurez-vous qu’après qu’on ait pris la photo de couverture du livre (la fameuse statue dite du « Belge reconnaissant » qui trône au milieu du village), la statue a été vandalisée et le Belge a perdu son nez ! Madame le Maire, qui avait beaucoup aimé mon histoire, en était toute désolée. Elle s’est donc débrouillée, malgré la minceur du budget municipal, pour faire voter quelques crédits destinés à refaire le nez du Belge. Ce dont va s’occuper une association locale, dont je suis devenue un soutien actif, et dans quelques mois, avec fanfare et flonflons, nous inaugurerons le nouveau nez du Belge reconnaissant !

 

Comment écrivez-vous ?

 

maxresdefaultComme nombre d’auteurs, j’écris d’abord « dans ma tête ». Je pense et rumine mes histoires, je m’invente des dialogues, je rêve mes intrigues. Et puis, un jour, le besoin se fait sentir d’écrire tout ça. Alors je me mets au clavier et ça sort, ça court sur les pages, ça part aussi, souvent, sur des chemins que je n’avais pas explorés « dans ma tête » et c’est alors de vraies surprises pour moi. Et puis je n’aime écrire que dans mon « donjon », ma très vieille maison de village dont les pierres séculaires m’abritent et m’inspirent. Le problème, c’est que je n’y suis pas souvent, « au village », prise par mes activités professionnelles à Paris. Alors, bien sûr, j’ai mis du temps pour écrire « Les Belges… ». Faudra que je m’organise autrement pour le suivant mais, comme par ailleurs je n’aime pas écrire sous pression, seulement par plaisir, ça peut encore être long…

 

 

Quels sont vos écrivains préférés ? Et que lisez-vous actuellement ?

 

Je suis une lectrice addictive, alors, des écrivains préférés, j’en ai beaucoup ! J’ai adoré, très jeune, les romans d’aventure et Le lion etLes Cavaliers de Joseph Kessel ont été parmi mes livres fondateurs. Plus tard, le roman social du XIXème siècle (Zola, Balzac, Vallès entre autres) a forgé ma conscience politique et porté mes premiers engagements. Il y a une dizaine d’années, j’ai découvert le monde du polar, et je suis tombée dedans, tout en continuant de suivre, avec gourmandise, des écrivains « hors polar », comme Djian, Houellebecq, Sollers, Ph. Roth ou Paul Auster. Et côté polar, ou plutôt « rom’pol’, pour moi, loin devant, ma préférée c’est incontestablement Fred Vargas. Hier, j’ai terminé Arab Jazz, de Karim Miské, brillant et cruellement d’actualité, puis tout de suite commencé L’étrange destin de Katherine Carr, de Thomas H. Cook.

 

Nous avons vécu des jours tristes avec le drame à Charlie Hebdo. Pour vous que représente la liberté d’expressions pour un écrivain ?

 

Pour un écrivain et comme pour tout être humain pensant et civilisé, la liberté d’expression c’est absolument fondamental, aussi indispensable et précieux que l’eau, l’oxygène ou l’amour. J’ai crié, moi aussi, « Je suis Charlie » et s’il est une cause, après en avoir épousé et rejeté plusieurs, pour laquelle j’ai toujours envie de me battre, c’est bien celle de la liberté…liberté d’expression, liberté de penser, liberté de bouger, liberté…toutes, pour tous les être humains, quels qu’ils soient…

 

Quelles sont vos passions dans la vie ?

 

1012423 Ben..les livres ! … Et puis j’aime aussi énormément découvrir les ailleurs : contrées, cultures, sociétés. Alors je voyage, dés que je peux. Et puis je marche, dans les garrigues du Languedoc mais aussi sur les sentiers de l’Himalaya, les sables des déserts ou les pistes africaines…partout où mes pieds me portent.

 

 

Comment avez-vous connu les Editions du Caïman ?

 

Lorsque mon tapuscrit fut enfin « présentable », j’ai cherché dans mon fichier d’éditeurs, en fonction de leur ligne éditoriale, celui ou ceux à qui je pourrais le proposer. Quand j’ai lu comment se présentaient les Editions du Caïman, que je ne connaissais pas encore, je me suis écrié, avec une grande claque sur le front, « Bon sang, mais c’est bien sûr !! ».

 

Quels sont vos films préférés ?

 

 J’avoue que je ne suis pas très « cinéma » …il m’arrive souvent de quitter la salle avant la fin du film… Je n’aime pas les films dits « d’action », le comique burlesque m’ennuie… Quant à ceux que j’ai aimés, il s’agit en général de comédies sociétales ou de docu-fictions. Parmi ceux, récents, qui m’ont retenue dans la salle, je citerais « Jimmy P. » d’Arnault Desplechin, ou « Samba », d’Eric Toledano. Je n’ai pas encore vu « Timbuktu » ni « Allah bénisse la France » mais ce sont des films qui sont sur ma « liste à voir ».

Dans votre roman, il y a beaucoup d’humour, il y a une scène qui m’a marqué : la scène avec le juge enfermé dans le bureau avec Pénélope… ça va plaire aux féministes  ;-)

 Cher concierge, vous êtes un coquin !! … Cette scène, dans le bureau du juge, révèle effectivement une autre facette de la personnalité de Pénélope : en femme libre et joyeuse, elle vit librement ses désirs et s’en amuse. Cette liberté plaira peut-être aux féministes (quoique…) mais je peux vous dire déjà, que parmi les premiers lecteurs, beaucoup de messieurs ont aussi apprécié !

 Quel sera votre mot de fin à cette interview ?

 

 J’ai juste envie de vous dire « merci », cher Concierge. Merci de l’intérêt que vous avez manifesté pour mon livre. Et merci aussi pour le super boulot que vous faites, avec passion et de façon tellement sympathique, à travers le blog et les activités du Concierge Masqué, pour faire découvrir et faire connaître les auteurs et leur travail. Continuez, s’il vous plaît, la planète polar a besoin de « militants » comme vous, soyez fort…et, surtout, restez joyeux !!