Mr Gérard Coquet Malfront, les fantômes de la combe et les mémoires de Mathilde chez in-octavo Edition

Cette semaine, nous rendons visite à Mr Gérard Coquet auteur de deux excellents romans : Malfront, les fantômes de la combe et  les mémoires de Mathilde chez in-octavo Edition.

 

Comment parler d ‘un tel auteur qui pour moi est unique dans son écriture?

 

Comment lier humour et roman noir? Lui seul est capable de le faire avec tant de virtuosité.

 

Ambiance lourde, oppressante et chargée de secrets résume assez bien ce que le lecteur ressent en lisant les livres de Mr Coquet.

 

Avez-vous visitez la maison de Balzac à Paris ? La pièce la plus impressionnante est, sans conteste, la salle dédiée à la généalogie des personnages de la « Comédie Humaine ». Les murs sont recouverts de visages et de silhouettes dessinés par Charles Huard, d’après les descriptions de l’auteur. Les générations se succèdent sur de grandes tables généalogiques, avec environ 1 000 personnages référencés.

 

Eh bien, Gérard Coquet à créé son propre univers unique et incroyablement réussit.

Un auteur à découvrir absolument vous ne serez pas déçu et vous vivrez une expérience unique d’un romancier inclassable.

Voici un résumé de ses deux romans publiés :

 

Malfront, les fantômes de la combe :

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An trois de la République. Lyon, ville insoumise, endure la plus sanglante des répressions. Fuyant la soldatesque, une nonne accepte l’invitation d’une étrange vieille, croisée au détour d’un chemin.

Marceline restera à Malfront, contrainte et forcée par les effets d’onguents qui vont l’éloigner du Seigneur. Elle accouchera, malgré elle, d’une descendance bercée de maléfices qui ne s’éteindront jamais.

Juin 2007. À Martebrun, paisible bourgade des Monts du Lyonnais, on égorge, on flingue, on assassine ! Trio improbable, un commissaire alcoolo-dépressif, un écrivain fantôme et une fliquette néogothique tentent d’enrayer l’hémorragie de notables…

 

 

Les Mémoires de Mathilde :

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Après le décès de son mari, Mathilde soigne sa maladie, motivée par la volonté farouche de terminer ses mémoires. Hugo Boscowich, à qui elle sest adressée pour les mettre en forme, hésite à replonger dans un passé qui ne le concerne pas. Devant linsistance de la veuve, il accepte, pour apprendre que Mathilde vient de se suicider!

Suicide ou meurtre? Pourquoi tous ceux qui lont aidée à les rédiger passent-ils de vie à trépas? Qui est cette inconnue surgie à Martebrun? Que peut-elle chercher dans les sombres recoins de la Combe de Malfront? Qui possède la clé des mémoires interdites?

 

Je vous souhaite une très bonne lecture et la semaine prochaine nous partons dans l’un des derniers hôpitaux militaires de la Côte atlantique.

 

 

 Bonjour et merci d’être sur le divan du concierge ;-) Ma première question : Parlez-nous de votre enfance et comment vous êtes venu à écrire des romans ?

 

 

gerardCoquetBonjour « Concierge », merci d’ouvrir ta porte.

Je suis né, en compagnie d’une sœur jumelle, dans l’autre siècle, avant la télé en couleur. Je crois même qu’il n’y avait qu’une seule chaine et les présentateurs vedettes fumaient comme des pompiers des Gauloises sans filtre. Mon enfance resta facile jusqu’à ce qu’un concours de circonstances m’expédie en pension, chez les Frères des Écoles Chrétiennes, en tant que pensionnaire. J’avais 10 ans et ce jour-là,  j’ai découvert les vertus de l’adage « aide toi, le ciel t’aidera. »

À cette époque, qui dura 8 ans, je me gargarisais de San Antonio. En dehors de quelques bafouilles expédiées à des amours d’acné juvénile, je n’écrivais pas. C’est arrivé plus tard. Le week-end, je retrouvais un groupe de potes branché musique… Deep Purple, The Who, Led Zeeplin.  J’étais plutôt  ”flute traversière” et pour ne pas sombrer dans le ridicule, j’ai proposé de chanter: ce fut encore pire. Ce jour-là, le bassiste n’était pas là. J’ai donc hérité de sa Fender.  Le préposé au chant avait une belle voix mais un accent anglais à rendre bègue. Le groupe a donc décidé de produire ses propres chansons et j’ai été affecté aux textes : c’était ça ou la porte.

L’aventure a duré presque 25 ans et pendant cette période, j’ai pondu plus de 100 chansons. Quand le groupe s’est séparé, les textes ont été mis au placard. Un jour de grand nettoyage printanier, je suis tombé sur ces vieux souvenirs. Je les ai modifiés, corrigés, j’en ai écrit d’autres et l’idée de me lancer dans quelque chose de plus long a commencé à germer.  C’est parti comme ça, sans le vouloir vraiment.

 

Comment  vous est venu l’idée d’écrire votre roman  Malfront , les fantômes de la combe chez In octavo Edition ?

Gerard Coquet Malfront 1

 

 

Malfront, du moins le 1er livre, est la suite logique d’une expérience familiale. Mon grand-père était une sorte de conteur et, lorsqu’il m’emmenait pêcher la truite, les journées étaient agrémentées d’histoires toutes plus invraisemblables les unes que les autres. Il y était question de villages, de secrets de familles, de malédictions remontant le temps. Chaque fois, il inventait un narrateur différent et ce narrateur était un arbre. Le  chêne  avait sa préférence : puisque les glands étaient donnés en nourriture aux cochons, il était une créature du diable.

La ruralité avec ses secrets, ses qualités et ses défauts, m’a toujours interpellé.

 

Si je vous dit que ton style d’écriture est propre a vous car je n’ai pas lu d’autre auteurs avec ce même style : Faire parler un chêne ces pas courant ! Et un nombre de personnage impressionnant ! J’ai vu que t’avais fait un arbre généalogique.

 

 

J’ai choisi de faire parler un chêne pour toutes ces raisons mais aussi parce qu’il j’avais besoin d’un narrateur capable de raconter une histoire s’étalant sur près de trois siècles : ça ne pouvait pas être un humain.

On me reproche parfois que « MALFRONT » comporte trop de personnages mais le héros principal est un village, pas ceux qui y vivent. Une communauté paysanne ne s’exprime que par sa diversité, ses histoires transversales, ses généalogies quelques fois arrangées. On ne peut pas rester en vase clos dans ces conditions.

 

Ont remonte le temps avec ton roman, on commence par la révolution française et une nonne nommé Marceline…Parle nous de la malédiction ?

 

 

La malédiction de Marceline résulte de ce qui précède. Le milieu rural est bourré d’histoires sombres, plus ou moins liées à la magie noire. La « Dame Blanche », les chouettes ou les corbeaux cloués sur les portes des granges, les bougies piquées d’aiguilles.

Ces  « malédictions » sont des vengeances sournoises s’inscrivent dans une forme de chamanisme noir chargé de punir son ennemi sans vraiment s’attirer les foudres du Seigneur Tout Puissant. Dans certaines régions, les rites magiques n’interdisaient pas d’aller à la messe le dimanche, au contraire.

 

Avez-vous une anecdote as nous raconter sur votre roman et à partager avec vos lecteurs?

 

Un jour de dédicace dans un salon de la région lyonnaise, je vois arriver une dame plutôt bien mise (chez nous on dit une galante) s’avancer avec le livre sous le bras. Elle hésite, tourne, vire, s’en va et puis revient. « Dans quel village se situe l’action ? » demande-t-elle un peu pincée. Je lui réponds que le village n’existe pas et qu’il est le fruit de mon imagination. Peu convaincue, elle insiste : « C’est une histoire vécue ? ». Je lui assure que non. « J’ai adoré… mais je vais vous le rendre ». Un rien décontenancé, je lui propose de le lui dédicacer afin qu’elle l’offre à quelqu’un. « Je me prénomme Mathilde, dit-elle et mon mari est notaire, ça ne va pas être possible, vous comprenez ? » ; Effectivement, je comprenais.

 

Parle –nous de ton second opus Dans Malfront, les mémoires de Mathilde.

 

Le second opus, MALFRONT, LES MÉMORES DE MATHILDE, boucle la boucle, même si les 2 livres peuvent se lire séparément. À la fin du 1er, le drame se dénoue, mais une porte reste ouverte sur un personnage secondaire : Mathilde. Elle se sait gravement malade et n’ayant pas grand-chose à perdre, va régler ses comptes avec le village en écrivant l’histoire de sa vie de femme bafouée. Page 12, elle passe par la fenêtre mais (je ne dévoile rien, c’est écrit au dos du livre.) Cette disparition va mettre une pagaille monstre dans ce microcosme, chacun ayant peur d’apparaître au générique de ses mémoires.

 

Pouvez-vous nous parlez de votre prochain roman, donnez l’eau à la bouche aux lecteurs ?

 

Changement complet de décor : le prochain livre se situe en Irlande et devrait s’intituler CONNEMARA BLACK. Initialement, je souhaitais reprendre mon tout premier bouquin car certains points ne me satisfaisaient pas, notamment le travail sur les personnages et le fait que l’histoire se déroulait à la fois en France et en Irlande. Je pensais bénéficier du travail déjà effectué. C’est en partie vrai, car je suis arrivé page 230 et je suis en train de le réécrire complètement. Pour info, la « Connemara black » est le nom d’une mouche artificielle utilisée pour la pêche à la truite. Avec elle, un pêcheur ne rentre jamais bredouille… Où ne revient pas.

 

Comment écrivez  vous ?

maxresdefaultChaque auteur(e) (e) a ses manies. D’une manière générale, je préfère écrire le matin très tôt.  Comme j’ai encore une activité professionnelle importante, je ne touche plus au livre jusqu’au soir. L’idéal serait 5 heures de « colle à cul » le matin, un bon repas à midi, l’après-midi passé à des recherches, le soir dédié aux élucubrations diverses et variées, aux modifications, à l’écriture rapide d’un synopsis pour un chapitre à venir, à de la relecture… Mais ça, ce serait dans un monde idéal.

 

 

Quels sont vos écrivains préférés ? Et que lisez-vous actuellement ?

Sans être un dévoreur, je lis beaucoup, pas longtemps, mais tous les jours. Par contre, je suis capable (sans aucune honte !) d’abandonner un livre en cours de route si ça coince au niveau du style ou si les incohérences sont trop criardes.

Mes auteur (es) préférés sont Craig Johnson, Trévanian, James Ellroy, Sam  Millar, Victor Del Arbol, pour les étrangers. Chez les français ? Oppel, Pouy, et SURTOUT Fred Vargas et Maud Tabachnick. Bon, la liste n’est pas exhaustive… mais si je continue, je risque de me fâcher avec des amis.

 

 

Le con qui s’adore une nouvelle à trois qui se trouve dans le recueil des aventures du Concierge Masqué pour l’association APCH , parlez-nous de vos deux collègues écrivains et qu’avez-vous pensez de cette aventure ?

 

 

L’aventure de « L’Exquise nouvelle » était surprenante et pas si facile que ça à gérer. Nous étions 3 et le hasard a voulu que je sois le « ventre ». Il n’est déjà pas évident de se jeter dans une nouvelle mais l’exercice s’avère encore plus périlleux lorsque l’on hérite d’une introduction imaginée par un autre zigoto. Là, question zigoto, j’étais tombé sur un pro de l’embrouille : François Lefebvre… Comme « tête », l’animal se posait là ! La palme revient quand même à nos « jambes » : St2phane PAJOT, parce que sortir sans encombres d’un tel sac d’embrouille exige une dextérité verbale d’un niveau supérieur. François et moi lui présentons nos plus respectueuses salutations.

 

Vous êtes  anxieux à 10%, histrionique à 11%, obsessionnel à 5%, narcissique à 2%. Restent 72% de tempérament schizoïde qui m’autorisent à soumettre la question suivante : Pourquoi la terre est-elle ronde, alors que l’on trouve des cons dans tous les coins ? ;-)

 

 

Vaste question ! D’abord pourquoi partir du principe que la terre est ronde ? Acceptons simplement l’axiome selon lequel bien des cons s’y reproduisent. Que pouvons-nous faire pour ne pas être englobés dans cette catastrophe ? Aussi étrange que cela puisse paraître et sans aucune forfanterie, j’ai la réponse à cette énigme : s’acoquiner avec des gens ayant la même déficience mentale que soi. Je suis fier d’y être parvenu grâce à mon côté schizoïde.

Pour information, ce genre d’individu, appartient au clan des caractères difficiles à gérer ayant une forte propension à devenir borderline. Pour éclairer la lanterne des esprits lobotomisés, le comportement schizoïde se manifeste souvent dans le milieu rural. Faites cette expérience… Le dimanche, après un bon repas, vous organisez en famille une promenade digestive. Vous apercevez au loin, un homme en train de bêcher son jardin. En vous voyant arriver, il cesse son travail, enlève sa casquette et pose son outil pour en saisir un autre. Comme vous êtes bien élevés (et un peu stupide) vous pensez à un signe de bienvenue ; donc vous vous dirigez vers l’auguste travailleur histoire de tailler un bout de gras sur le temps qu’il fait. C’est alors que deux coups de douze claquent au-dessus de votre tête. Vous êtes en présence d’un schizoïde.

 

Je sais que vous retravailliez ce roman : L’Alphabet D’Esdras, pouvez-vous nous en parlez ?

 

 

Retravailler L’ALPHABET D’ESDRAS ? L’affaire est commencée et se traduit par une réécriture complète sous un autre titre : CONNEMARA BLACK (voir réponse à la question N°7)

 

Quels sont vos films préférés ?

 

 

Le premier qui me vient à l’esprit est : The Man From Earth…. Une claque !! Puis-je utiliser mon joker ? En tant que DVDVORE, je suis incapable de répondre honnêtement à cette question. Si, un autre (même si je n’ai rien compris) : CLOUD ATLAS. J’ai bien aimé l’ODYSSEE DE PI… Tous les Ventura, les Gabin… J’ai adoré les séries comme TRUE DETECTIVE, HOUSE OF CARDS, GAME OF THRONE, les 5 saisons de MAFIOSA et celles D’ENGRENAGE.

Quel sera votre mot de fin à cette interview ?

 Le mot de la fin ? Deux plutôt. MERCI et BRAVO !

BRAVO pour les « Balais » du Concierge que tu organises avec tant de passion. Le polar a besoin de CONTIN !